{"id":3293,"date":"2016-09-04T16:42:40","date_gmt":"2016-09-04T15:42:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3293"},"modified":"2018-09-01T15:45:39","modified_gmt":"2018-09-01T14:45:39","slug":"appanah-nathacha-tropique-de-la-violence-08-2016","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3293","title":{"rendered":"Appanah, Nathacha \u00ab\u00a0Tropique de la violence\u00a0\u00bb (08.2016)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong> : Ayant le cr\u00e9ole mauricien comme langue maternelle, Nathacha Devi Pathareddy Appanah, dont la famille descend d\u2019\u00ab\u00a0engag\u00e9s\u00a0\u00bb indiens immigr\u00e9s \u00e0 Maurice, \u00e9crit en fran\u00e7ais. Elle travaille d\u2019abord \u00e0 l\u2019\u00eele Maurice comme journaliste pour Le Mauricien et Week-End Scope. Elle s\u2019installe en 1998 en France, o\u00f9 elle poursuit sa carri\u00e8re de journaliste dans la presse \u00e9crite et en radio. Ses articles sont publi\u00e9s dans G\u00e9o Magazine, Air France Magazine, Viva Magazine et elle fait des reportages pour la Radio suisse romande, RFI, France Culture.<br \/>\nSon premier roman, <a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4505\"><em>Les Rochers de Poudre d\u2019Or<\/em><\/a>, publi\u00e9 en 2003 aux \u00c9ditions Gallimard raconte l\u2019\u00e9pop\u00e9e des travailleurs indiens venus remplacer les esclaves dans les champs de canne \u00e0 sucre \u00e0 l\u2019\u00eele Maurice. Son deuxi\u00e8me roman <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3737\"><em>Blue Bay Palace<\/em><\/a> (Gallimard, 2004) donne \u00e0 voir la schizophr\u00e9nie d\u2019une \u00eele Maurice entre l\u2019image de la carte postale et une soci\u00e9t\u00e9 tr\u00e8s marqu\u00e9e par les classes, les castes et les pr\u00e9jug\u00e9s.<br \/>\nDans <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3314\"><em>La Noce d\u2019Anna<\/em><\/a>, publi\u00e9 en 2005 aux \u00e9ditions Gallimard, la narratrice, tout en vivant la journ\u00e9e du mariage de sa fille, Anna, s\u2019interroge sur la transmission entre m\u00e8re et fille.<br \/>\n<em>Le Dernier Fr\u00e8re<\/em>, publi\u00e9 en 2007, aux \u00e9ditions de l\u2019Olivier, raconte l\u2019histoire de Raj, un gar\u00e7on mauricien et de David, un jeune juif qui se retrouve enferm\u00e9 \u00e0 la prison de Beau-Bassin pendant la Seconde Guerre mondiale. Le Dernier Fr\u00e8re a re\u00e7u plusieurs prix litt\u00e9raires dont le prix du roman Fnac 2007, le prix des lecteurs de L\u2019Express 2008, le prix de la Fondation France-Isra\u00ebl. Il a \u00e9t\u00e9 traduit dans plus de quinze langues. En 2015, parution de <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3365\"><em>En attendant demain<\/em> <\/a>(Gallimard 2105)<br \/>\nParu en 2016, son roman <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3293\"><em>Tropique de la violence<\/em> <\/a>est issu de l\u2019exp\u00e9rience de son s\u00e9jour \u00e0 Mayotte o\u00f9 elle d\u00e9couvre une jeunesse \u00e0 la d\u00e9rive . Et toujours en 2016, <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3373\">\u00abPetit \u00e9loge des fant\u00f4mes\u00bb<\/a> , 7 petites nouvelles. <span style=\"display: inline !important; float: none; background-color: transparent; color: #333333; cursor: text; font-family: Georgia,'Times New Roman','Bitstream Charter',Times,serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: left; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\">\u00ab<\/span>Une ann\u00e9e lumi\u00e8re<span style=\"display: inline !important; float: none; background-color: transparent; color: #333333; cursor: text; font-family: Georgia,'Times New Roman','Bitstream Charter',Times,serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: left; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\">\u00bb<\/span> (Gallimard 4 oct. 2018)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>: \u00abNe t\u2019endors pas, ne te repose pas, ne ferme pas les yeux, ce n\u2019est pas termin\u00e9. Ils te cherchent. Tu entends ce bruit, on dirait le roulement des barriques vides, on dirait le tonnerre en janvier mais tu te trompes si tu crois que c\u2019est \u00e7a. \u00c9coute mon pays qui gronde, \u00e9coute la col\u00e8re qui rampe et qui rappe jusqu\u2019\u00e0 nous. Tu entends cette musique, tu sens la braise contre ton visage balafr\u00e9 ? Ils viennent pour toi. \u00bb<\/p>\n<p>Tropique de la violence est une plong\u00e9e dans l\u2019enfer d\u2019une jeunesse livr\u00e9e \u00e0 elle-m\u00eame sur l\u2019\u00eele fran\u00e7aise de Mayotte, dans l\u2019oc\u00e9an Indien. Dans ce pays magnifique, sauvage et au bord du chaos, cinq destins vont se croiser et nous r\u00e9v\u00e9ler la violence de leur quotidien.\u00a0 (Collection Blanche, Gallimard)<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong> : En 2015, le coup de poing est venu avec Pascal Manoukian et \u00ab\u00a0les \u00e9chou\u00e9s\u00a0\u00bb. Et bien celui de 2016, il est l\u00e0\u2026 Mayotte&#8230; c\u2019est la France\u2026 Moi qui imaginais Mayotte comme le paradis\u2026cela remet sacr\u00e9ment les choses en place et les id\u00e9es re\u00e7ues en question\u2026 Moins de 200 pages.. mais quelles pages&#8230;<\/p>\n<p>Il y a Marie, Mo\u00efse, Bruce, Bosco le chien, St\u00e9phane (le b\u00e9n\u00e9vole de l\u2019ONG) et Olivier (le policier) \u2026 Et Mayotte\u00a0: ses plages, ses poissons multicolores et ses dugongs (lamentins), mais aussi l\u2019envers du d\u00e9cor, la mis\u00e8re, la violence, les bidons villes et en particulier celui qui est rebaptis\u00e9 \u00abGaza\u00bb et qui n\u2019a rien \u00e0 envier \u00e0 l\u2019original.. il ne manque que les bombes.<\/p>\n<p>Il y avait le pass\u00e9, la vie tranquille de Mo\u00efse avec sa Maman adoptive, Marie. Le jour o\u00f9 Marie meurt, la vie de Mo\u00efse bascule\u2026 Sous l\u2019influence de \u00ab\u00a0Bruce\u00a0\u00bb, le chef de bande de la racaille de la banlieue, il va vivre l\u2019horreur\u2026 Passif, gentil, bien \u00e9lev\u00e9, la violence de l\u2019environnement va le d\u00e9truire. Son refuge\u00a0? un livre qu\u2019il relit et relit encore, des images du pass\u00e9\u2026 Bruce, chef de gang, agit par peur d\u2019\u00eatre destitu\u00e9 car il n\u2019a pas un mauvais fond\u00a0; il est juste contraint \u00e0 \u00eatre violent et impitoyable pour rester \u00e0 la t\u00eate des bandes de voyous. S\u2019il en est arriv\u00e9 l\u00e0, c\u2019est la faute \u00e0 l\u2019instruction qu\u2019il n\u2019a jamais pu avoir, les professeurs ayant d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas assez intelligent pour continuer des \u00e9tudes normales. Rejet\u00e9 par sa famille, il s\u2019est improvis\u00e9 ca\u00efd. Dans cette ile ou les l\u00e9gendes et les coutumes font partie de la vie, Mo, n\u00e9 avec un \u0153il brun et un \u0153il vert est un \u00eatre \u00e0 part, qu\u2019il faut conjurer\u2026 pour la population \u00e0 majorit\u00e9 musulmane, il existe des \u00eatres invisibles : ce sont les djinns; les contes relatent leurs interventions dans la vie des Mahorais qui n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 les accuser en cas de difficult\u00e9s dans la vie quotidienne. Raison pour laquelle il est important de ne pas\u00a0 laisser \u00ab\u00a0grandir\u00a0\u00bb MO\u2026 Lui, doux et cultiv\u00e9 va finir par tuer et \u2026 je ne vous en dis pas plus\u2026 plongez dans les eaux bleues et vertes de Mayotte\u2026 et surtout n\u2019oubliez pas \u2026 Mayotte, c\u2019est la France\u2026 avec ses enfants abandonn\u00e9s, ses arrivages massifs de migrants&#8230; et l\u2019indiff\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale\u2026<\/p>\n<p>Le th\u00e8me : les mineurs isol\u00e9s, enfants de rues.. issus d&rsquo;une immigration massive &#8230; qui engendre la violence&#8230; Mayotte c&rsquo;est la \u00ab\u00a0Gr\u00e8ce\u00a0\u00bb de l&rsquo;immigration.. L&rsquo;Etat fran\u00e7ais est tenu par la loi de garder les mineurs.. et ils s&#8217;empilent\u00a0et engendrent la tension&#8230; vus par les yeux de jeunes adolescents&#8230; De fait c&rsquo;est la voix de 5 personnes qui donnent leur avis, tous amoureux de l&rsquo;\u00eele qui est abandonn\u00e9e par la France&#8230; Mayotte c&rsquo;est un paysage avec plusieurs cultures, \u00e0 la marge de l&rsquo;Africanit\u00e9&#8230; le premier pas vers la survie&#8230;<\/p>\n<p>Le tout racont\u00e9 dans une langue po\u00e9tique\u2026 En route pour un prix litt\u00e9raire \u2026 je le lui souhaite en tous cas. Le fond et la forme\u2026<\/p>\n<p><strong>Extraits <\/strong>( il y en a beaucoup mais je vous dis pas le nombre de phrases encore not\u00e9es dans mon carnet !)<\/p>\n<p><span style=\"font-family: 'Arial',sans-serif;\"><span style=\"color: #000000;\">Je ne me souviens pas de toute ma vie car ici ne subsistent que le bord des choses et le bruit de ce qui n\u2019est plus <\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: 'Arial',sans-serif;\"><span style=\"color: #000000;\">j\u2019aime regarder la nuit de notre balcon. Elle est bleue par endroits, noire \u00e0 d\u2019autres. Les \u00e9toiles sont agglutin\u00e9es par centaines dans le ciel <\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: 'Arial',sans-serif;\"><span style=\"color: #000000;\">je ferme mon livre et peut-\u00eatre que ce soir-l\u00e0, j\u2019oublie de fermer mon c\u0153ur <\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: 'Arial',sans-serif;\"><span style=\"color: #000000;\">J\u2019ai envie de vivre cette vie-l\u00e0 qui est douce et que je bois \u00e0 petites gorg\u00e9es pour ne pas la gaspiller <\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: 'Arial',sans-serif;\"><span style=\"color: #000000;\">J\u2019aime lui dire qu\u2019il est n\u00e9 dans mon c\u0153ur, que j\u2019ai travers\u00e9 les continents et les mers pour le retrouver et que je l\u2019ai attendu longtemps <\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: 'Arial',sans-serif;\"><span style=\"color: #000000;\">je mets Barbara comme ma m\u00e8re, autrefois. C\u2019est \u00e9trange comme \u00e7a nous rattrape ces choses-l\u00e0. Quand vient L\u2019aigle noir, nous attendons la partie que nous pr\u00e9f\u00e9rons de cette chanson et l\u00e0, en ch\u0153ur, moi dans la cuisine, lui dans le salon, nous entonnons \u00e0 voix haute Dis l\u2019oiseau, oh dis, emm\u00e8ne-moi. Retournons au pays d\u2019autrefois, comme avant, dans mes r\u00eaves d\u2019enfant, pour cueillir en tremblant des \u00e9toiles, des \u00e9toiles. Comme avant, dans mes r\u00eaves d\u2019enfant, comme avant, sur un nuage blanc, comme avant, allumer le soleil, \u00eatre faiseur de pluies et faire des merveilles <\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: 'Arial',sans-serif;\"><span style=\"color: #000000;\">Qu\u2019est-ce qu\u2019on sait de nos c\u0153urs et de ces choses de notre enfance qui nous rattrapent par la cheville et nous retournent brusquement <\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: 'Arial',sans-serif;\"><span style=\"color: #000000;\">Mes propres paroles tournent autour de moi comme de grands oiseaux aux ailes d\u00e9mesur\u00e9es et il n\u2019y a jamais rien eu de plus vrai dans ma vie <\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: 'Arial',sans-serif;\"><span style=\"color: #000000;\">La nuit \u00e9tait silencieuse, \u00e9paisse et chaude. Elle se pressait contre moi et j\u2019ai eu l\u2019impression qu\u2019elle pourrait m\u2019avaler et que ce serait sans douleur et tout doucement <\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: 'Arial',sans-serif;\"><span style=\"color: #000000;\">Il m\u2019est arriv\u00e9 d\u2019esp\u00e9rer quand il y a eu le petit Syrien \u00e9chou\u00e9 sur une plage turque. Je me suis dit que quelqu\u2019un, quelque part, se souviendrait de cette \u00eele fran\u00e7aise et dirait qu\u2019ici aussi les enfants meurent sur les plages <\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: 'Arial',sans-serif;\"><span style=\"color: #000000;\">Pourtant, il n\u2019y a jamais rien qui change et j\u2019ai parfois l\u2019impression de vivre dans une dimension parall\u00e8le o\u00f9 ce qui se passe ici ne traverse jamais l\u2019oc\u00e9an et n\u2019atteint jamais personne. Nous sommes seuls. D\u2019en haut et de loin, c\u2019est vrai que ce n\u2019est qu\u2019une poussi\u00e8re ici mais cette poussi\u00e8re existe, elle est quelque chose. Quelque chose avec son envers et son endroit, son soleil et son ombre, sa v\u00e9rit\u00e9 et son mensonge. Les vies sur cette terre valent autant que toutes les vies sur les autres terres, n\u2019est-ce pas <\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: 'Arial',sans-serif;\"><span style=\"color: #000000;\">L\u2019histoire d\u2019un pays qui brille de mille feux et que tout le monde veut rejoindre. Il y a des mots pour \u00e7a : eldorado, mirage, paradis, chim\u00e8re, utopie, Lampedusa. C\u2019est l\u2019histoire de ces bateaux qu\u2019on appelle ici kwassas kwassas, ailleurs barque ou pirogue ou navire, et qui existent depuis la nuit des temps pour faire traverser les hommes pour ou contre leur gr\u00e9. C\u2019est l\u2019histoire de ces \u00eatres humains qui se retrouvent sur ces bateaux et on leur a donn\u00e9 de ces noms \u00e0 ces gens-l\u00e0, depuis la nuit des temps : esclaves, engag\u00e9s, pestif\u00e9r\u00e9s, bagnards, rapatri\u00e9s, Juifs, boat people, r\u00e9fugi\u00e9s, sans-papiers, clandestins. <\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: 'Arial',sans-serif;\"><span style=\"color: #000000;\">Je me dis que mes paroles de morte peuvent se m\u00ealer aux vapeurs de ses r\u00eaves et qu\u2019en se r\u00e9veillant pour de bon, tout \u00e0 l\u2019heure, il pourra peut-\u00eatre s\u2019en souvenir <\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: 'Arial',sans-serif;\"><span style=\"color: #000000;\">J\u2019ai eu l\u2019impression que si je ne sortais pas, moi aussi, si je ne me pr\u00e9sentais pas dehors, au jour, au matin, si je ne r\u00e9pondais pas pr\u00e9sent, la vie continuerait sans moi <\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: 'Arial',sans-serif;\"><span style=\"color: #000000;\">J\u2019ai ferm\u00e9 les yeux. J\u2019aurais voulu pouvoir voler, regarder ce foutu monde de haut, de tr\u00e8s haut, \u00eatre inatteignable, inattaquable, invincible, invisible. J\u2019aurais aim\u00e9 \u00eatre un homme oiseau, non j\u2019aurais aim\u00e9 \u00eatre un oiseau tout court et piailler ici et partout. J\u2019ai imagin\u00e9 mes os et mon corps r\u00e9tr\u00e9cir, mes pores s\u2019ouvrir pour laisser sortir des plumes vertes du m\u00eame vert que mon \u0153il, j\u2019ai senti ma cicatrice dispara\u00eetre, mes yeux s\u2019arrondir et devenir hypermobiles, mon visage s\u2019allonger, ma bouche se transformer en un bec pointu, noir et luisant, mon cerveau se ramasser en un petit pois, mes souvenirs s\u2019envoler en fum\u00e9e, mes pattes d\u00e9coller, mes ailes s\u2019ouvrir et alors, je vole, je me pose sur la grande branche solide et \u00e9paisse du flamboyant. Je suis l\u00e9ger et puissant \u00e0 la fois. Je chante. J\u2019allume le soleil, je suis faiseur de pluies, je fais des merveilles <\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: 'Arial',sans-serif;\"><span style=\"color: #000000;\">ce livre-l\u00e0 \u00e9tait comme un talisman qui me prot\u00e9geait du monde r\u00e9el, que les mots de ce livre que je connaissais par c\u0153ur \u00e9taient comme une pri\u00e8re que je disais et redisais et peut-\u00eatre que personne ne m\u2019entendait, peut-\u00eatre que \u00e7a ne servait \u00e0 rien mais qu\u2019importe. Ouvrir ce livre c\u2019\u00e9tait comme ouvrir ma propre vie <\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: 'Arial',sans-serif;\"><span style=\"color: #000000;\">Photo\u00a0: Bandrakouni (Mayotte)<\/span><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur : Ayant le cr\u00e9ole mauricien comme langue maternelle, Nathacha Devi Pathareddy Appanah, dont la famille descend d\u2019\u00ab\u00a0engag\u00e9s\u00a0\u00bb indiens immigr\u00e9s \u00e0 Maurice, \u00e9crit en fran\u00e7ais. Elle travaille d\u2019abord \u00e0 l\u2019\u00eele Maurice comme journaliste pour Le Mauricien et Week-End Scope. Elle s\u2019installe en 1998 en France, o\u00f9 elle poursuit sa carri\u00e8re de journaliste dans la presse &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3293\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3294,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[2,35,86,174,167],"tags":[168,169],"class_list":["post-3293","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-lectures","category-coup-de-coeur-lectures","category-litterature-africaine","category-litterature-ile-maurice","category-mayotte","tag-migrants","tag-violence"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3293","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3293"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3293\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6975,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3293\/revisions\/6975"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3294"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3293"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3293"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3293"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}