{"id":3402,"date":"2016-10-01T16:54:29","date_gmt":"2016-10-01T15:54:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3402"},"modified":"2016-10-01T16:54:29","modified_gmt":"2016-10-01T15:54:29","slug":"makine-andrei-la-musique-dune-vie-2001","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3402","title":{"rendered":"Makine, Andre\u00ef \u00abLa musique d\u2019une vie\u00bb (2001)"},"content":{"rendered":"<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 <\/strong>: \u00ab\u00a0Le premier concert du jeune pianiste Alexe\u00ef Berg est annonc\u00e9 pour le 24 mai 1941. Fin du long purgatoire que sa famille a v\u00e9cu durant les ann\u00e9es de terreur. Promesse de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 future, de nouvelles rencontres parmi la jeunesse dor\u00e9e de la capitale. Or, ce concert n&rsquo;aura pas lieu. La vie d&rsquo;Alexe\u00ef se jouera sur une partition diff\u00e9rente, marqu\u00e9e par l&rsquo;amour sans nom, par la familiarit\u00e9 avec la mort, par la d\u00e9couverte de la dignit\u00e9 des vaincus. Car ce \u00ab\u00a0roman-destin\u00a0\u00bb est d&rsquo;abord un \u00e9loge de l&rsquo;indomptable force de l&rsquo;esprit, de la r\u00e9sistance int\u00e9rieure. Et c&rsquo;est aussi une histoire pleine d&rsquo;un charme profond, qu&rsquo;on lira et qu&rsquo;on relira, un vrai joyau.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong> : Au moment o\u00f9 la vie du jeune homme aurait d\u00fb basculer vers le beau, elle bascule dans le sombre\u2026 Comme il le dit.. un peu comme la bataille navale\u2026 touch\u00e9, coul\u00e9\u2026 Et au lieu de passer de l\u2019ombre \u00e0 la lumi\u00e8re, il se trouvera oblig\u00e9 \u00e0 fuir, se cacher, usurper l\u2019identit\u00e9 d\u2019un soldat tomb\u00e9 sur le champ de bataille. Il survivra avec la peur d\u2019\u00eatre reconnu, la peur de se trahir. Il vivra aussi plusieurs sortes d\u2019amour\u2026 Il se rendra insensible \u00e0 la musique, jusqu\u2019au jour o\u00f9 celle-ci explosera, jaillira de ses doigts, d\u00e9livrant son \u00eatre int\u00e9rieur en m\u00eame temps qu\u2019elle le fera emprisonner. Encore une fois du grand Makine, un style magnifique, la sensibilit\u00e9 slave \u00e0 fleur de peau.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>:<\/p>\n<p>\u00ab Soudain cette musique! Le sommeil se retire comme le rouleau d&rsquo;une vague dans laquelle un enfant tente d&rsquo;attraper un coquillage entrevu, et moi, ces quelques notes que je viens de r\u00eaver. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Et cette gare assi\u00e9g\u00e9e par la temp\u00eate n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que le r\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;histoire du pays. Ces espaces qui rendent absurde toute tentative d&rsquo;agir. La surabondance d&rsquo;espace qui engloutit le temps, qui \u00e9galise tous les d\u00e9lais, toutes les dur\u00e9es, tous les projets. Demain signifie \u00ab\u00a0un jour, peut-\u00eatre\u00a0\u00bb, le jour o\u00f9 l&rsquo;espace, les neiges, le destin le permettront. Le fatalisme &#8230; \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab \u2026 ces marques du pass\u00e9 lui \u00e9chappent et me laissent deviner qu\u2019il se prom\u00e8ne dans une ville qui n\u2019existe plus. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Il pensa de nouveau \u00e0 la d\u00e9calcomanie. Le monde tout entier ressemblait \u00e0 ce jeu de couleurs : il suffisait de retirer une mince feuille gris\u00e2tre de mauvais souvenirs et la joie \u00e9clatait. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab M\u00eame sous la verdure des boulevards, la torpeur moite stagnait, amortissant les bruits, enveloppant les arbres, les bancs, les poteaux des r\u00e9verb\u00e8res d\u2019un reflet gris, celui d\u2019une journ\u00e9e d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cue avant et dans laquelle on aurait p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 par erreur. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab La tranquillit\u00e9 des champs, le ciel, les \u00e9toiles embu\u00e9es de chaleur, tout l\u2019invitait \u00e0 la confiance, \u00e0 la joie de la vie. Tout mentait. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Cette pens\u00e9e, cette id\u00e9e livresque \u00e9tait probablement l\u2019unique attache qui le reliait encore \u00e0 son pass\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Avec \u00e9tonnement, il se sentait de plus en plus distinct du vent, de la terre, du froid dans lesquels il avait failli se fondre. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Distraitement, il suivait le glissement des flocons qui semblaient voltiger dans une journ\u00e9e tr\u00e8s ancienne, sur une ville oubli\u00e9e. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Elle d\u00e9couvrait l\u2019un des attraits les plus intenses de l\u2019amour, celui de se faire ob\u00e9ir, de manipuler l\u2019autre et, avec son consentement fervent, de lui enlever sa libert\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab \u2026et se sentit d\u00e9sempar\u00e9 devant ces souvenirs, o\u00f9 tout d\u00e9bouchait sur les ruptures, la solitude, la mort. \u00bb<br \/>\n\u00ab Il n&rsquo;avait pas l&rsquo;impression de jouer. Il avan\u00e7ait \u00e0 travers une nuit, respirait sa transparence fragile faite d&rsquo;infinies facettes de glace, de feuilles, de vent. Il ne portait plus aucun mal en lui. Pas de crainte de ce qui allait arriver. Pas d&rsquo;angoisse ou de remords. La nuit \u00e0 travers laquelle il avan\u00e7ait disait et ce mal, et cette peur, et l&rsquo;irr\u00e9m\u00e9diable brisure du pass\u00e9 mais tout cela \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 devenu musique et n&rsquo;existait que par sa beaut\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab douze mois d\u2019hiver, le reste c\u2019est l\u2019\u00e9t\u00e9 \u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9 : \u00ab\u00a0Le premier concert du jeune pianiste Alexe\u00ef Berg est annonc\u00e9 pour le 24 mai 1941. Fin du long purgatoire que sa famille a v\u00e9cu durant les ann\u00e9es de terreur. Promesse de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 future, de nouvelles rencontres parmi la jeunesse dor\u00e9e de la capitale. 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