{"id":3461,"date":"2016-10-14T16:58:34","date_gmt":"2016-10-14T15:58:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3461"},"modified":"2020-09-16T18:35:48","modified_gmt":"2020-09-16T16:35:48","slug":"del-arbol-victor-les-pigeons-de-paris-2016","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3461","title":{"rendered":"del \u00c1rbol, Victor \u00abLes Pigeons de Paris\u00bb (2016)"},"content":{"rendered":"<p>Petit livre publi\u00e9 aux : Editions la Contre All\u00e9e &#8211; La collection \u00ab Fictions d\u2019Europe \u00bb &#8211; Petite collection : Ce que l\u2019Europe \u00e9voque dans l\u2019imaginaire &#8211; Les autres titres de cette petite collection (<em>Berlin, Bucarest-Budapest : Budapest-Bucarest<\/em> de l\u2019\u00e9crivain portugais Gon\u00e7alo M. Tavares &#8211; <em>Les Enfants verts<\/em> d\u2019Olga Tokarczuk &#8211;\u00a0 <em>Terre de col\u00e8re<\/em> du grec Christos Chryssopoulos &#8211; <em>Des lions comme des danseuses<\/em> du fran\u00e7ais Arno Bertina\u00a0 &#8211; <em>Le Sommeil d&rsquo;Europe<\/em> de Yoko Tawada &#8211;<em>Le C\u0153ur de l&rsquo;Europe<\/em> de Emmanuel Ruben &#8211; <em>Ces histoires qui arrivent<\/em> de\u00a0Roberto Ferrucci &#8211;<\/p>\n<p>Editions la Contre All\u00e9e &#8211; collection \u00ab Fictions d\u2019Europe \u00bb &#8211; 26.04. 2016 &#8211; 96 pages &#8211; Claude Bleton (traducteur)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>: Dans un village isol\u00e9 d\u2019Espagne,\u00a0Juan attend sur le pas de sa porte\u00a0celles et ceux qui viennent pour\u00a0exproprier le vieil homme de l\u00e0 o\u00f9 il a\u00a0v\u00e9cu et grandi. Ils sont jeunes et ambitieux,\u00a0press\u00e9s de faire table rase du\u00a0pass\u00e9. Ce sont les enfants de Clio fille\u00a0d\u2019\u00e9migr\u00e9s \u00e0 Paris revenus au village le temps d\u2019un \u00e9t\u00e9 durant l\u2019enfance de\u00a0Juan. C\u2019\u00e9tait alors les ann\u00e9es 60, Clio\u00a0rencontrait Juan, lui apprenait \u00e0 lire et\u00a0lui faisait d\u00e9couvrir un monde vaste et\u00a0diversifi\u00e9. Elle incarnait la promesse\u00a0d\u2019un avenir meilleur\u2026<\/p>\n<p>De la petite \u00e0 la grande Histoire, un texte sur le fil.<\/p>\n<p>Si la nostalgie sous-tend le texte, c\u2019est dans le contexte d\u2019un enjeu m\u00e9moriel, incarn\u00e9 par les destin\u00e9es de Juan et Clio (Muse de l\u2019Histoire). L\u2019histoire de Juan t\u00e9moigne que depuis l\u2019apr\u00e8s-guerre, la confrontation des valeurs s\u2019est faite au d\u00e9triment de celles d\u2019une politique qui pr\u00f4nerait une Europe dite sociale. Quant \u00e0 Clio, elle refl\u00e8te une Europe malade, en perte de sens, dont la promesse d\u2019un monde meilleur \u00e0 vivre \u00e9choue. On conna\u00eet bien Victor del Arbol pour son art du sc\u00e9nario. Une fois encore, il excelle ici, dans une forme pour autant beaucoup plus courte qu\u2019\u00e0 son accoutum\u00e9e.\u00a0 Un texte d\u2019une grande force m\u00e9taphorique &#8211;<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Du \u00ab\u00a0del \u00c1rbol\u00a0\u00bb comme je le ressens :\u00a0 le pass\u00e9 et le pr\u00e9sent qui s\u2019entrelacent, avec la petite phrase sur les id\u00e9aux des r\u00e9volutionnaires en fin de r\u00e9cit\u2026. La vie de Juan pourrait presque se r\u00e9sumer \u00e0 un olivier, qui plante ses racines dans le sol aride et l\u00e8ve ses branches vers le ciel. A l\u2019aube de sa vie, son chien y trouvera la paix&#8230; et au cr\u00e9puscule&#8230; il y sera rejoint par l\u2019amour de sa jeunesse qui n\u2019aura jamais quitt\u00e9 son c\u0153ur. Un arbre, une vie<\/p>\n<p>Il y a bien longtemps, l\u2019Espagne c\u2019\u00e9tait comme l\u2019Afrique&#8230; une contr\u00e9e \u00e9loign\u00e9e, \u00e9pargn\u00e9e par la course du temps. Puis les habitants sont partis, ils sont all\u00e9s vers la civilisation.: ils y ont perdu leur \u00e2me, troqu\u00e9 l\u2019\u00eatre contre l\u2019avoir, le vrai contre le para\u00eetre\u00a0; ils ont ramen\u00e9 une fois par an dans leurs valises de quoi faire naitre la suspicion et l\u2019envie . Dans le temps, on vivait le lieu et l\u2019instant. Et l\u2019Europe \u00ab\u00a0clinquante\u00a0\u00bb\u00a0s\u2019est infiltr\u00e9e comme un poison\u00a0: la modernit\u00e9 et le progr\u00e8s ont chang\u00e9 la donne. Le temps de vivre, de r\u00eaver, de ne rien faire&#8230;tout cela est mal per\u00e7u. Maintenant il faut courir apr\u00e8s le temps, apr\u00e8s l\u2019argent\u2026 Ne rien faire est un p\u00e9ch\u00e9. Le progr\u00e8s a certes cr\u00e9\u00e9 le confort mais il a aussi cr\u00e9\u00e9 des besoins, trac\u00e9 des fissures et \u00e9loign\u00e9 les \u00eatres les uns des autres. Le futile a remplac\u00e9 l\u2019essentiel et les hommes en sont venus \u00e0 consid\u00e9rer essentiel ce qui est superflu. Les bonheurs simples s\u2019en sont all\u00e9s, remplac\u00e9s par la technologie.\u00a0la solidarit\u00e9 et\u00a0la coh\u00e9sion ont laiss\u00e9 place \u00e0 l&rsquo;indiff\u00e9rence et au silence. On passe sa vie \u00e0 vouloir gagner (du temps, de l\u2019argent) et \u00e0 la fin on perd tout (la m\u00e9moire, les souvenirs, la vie). Dans cette nouvelle, l\u2019auteur remet l\u2019essentiel au centre de la vie\u2026 l\u2019amour, la confiance, l\u2019espoir\u2026 Juan, rest\u00e9 en marge des turbulences incarne la force tranquille et Clio, qui est partie, s\u2019est brul\u00e9e les ailes.<\/p>\n<p>Del \u00c1rbol prouve une fois encore qu\u2019il est <strong>un tout grand.<\/strong> Au-del\u00e0 des romans noirs, des fresques historiques, celui qui a remport\u00e9 cette ann\u00e9e le Prix Nadal (l\u2019\u00e9quivalent du Goncourt espagnol) nous distille une prose \u00e0 la fois puissante et po\u00e9tique, empreinte de tendresse et d\u2019\u00e9motion, qui fait la part belle \u00e0 la nature, \u00e0 la m\u00e9moire, aux sentiments \u2026<\/p>\n<p>Comme le chantait Georges Brassens \u2026 <em>Aupr\u00e8s de mon arbre, Je vivais heureux, J&rsquo;aurais jamais d\u00fb m&rsquo;\u00e9loigner de mon arbre&#8230;<\/em><br \/>\n<em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>[\u2026] je ne pourrais rester \u00e9ternellement au bord de l\u2019oubli, m\u00eame si je voulais me rendre le plus invisible possible. Tout a une fin, nous le savons depuis le d\u00e9but.<\/p>\n<p>[\u2026] car le temps ne s\u2019\u00e9crit pas sur les aiguilles, mai dans le ciel.<\/p>\n<p>Le temps transforme tout en ruines si on a la patience d\u2019attendre.<\/p>\n<p>La m\u00e9moire est ainsi\u00a0: les vieilles choses entrent et on oublie les nouvelles, comme si on marchait \u00e0 reculons au lieu d\u2019aller de l\u2019avant.<\/p>\n<p>[\u2026] \u00eatre vieux, c\u2019est avoir une accumulation de vie.<\/p>\n<p>La tumeur qui me tue, c\u2019est le souvenir. Le souvenir des choses comme elles \u00e9taient ou comme je pensais qu\u2019elles \u00e9taient, car avant, bien avant, les choses \u00e9taient comme on voulait qu\u2019elles soient [\u2026]<\/p>\n<p>Tout est une m\u00e9taphore de quelque chose, si nous laissons de la place \u00e0 l\u2019irr\u00e9el, si nous nous \u00e9loignons suffisamment pour que les mots soient d\u2019abord des images et ensuite du silence.<\/p>\n<p>Il y a des silences qui soignent, d\u2019autres qui blessent et d\u2019autres sur lesquels il vaut mieux passer sur la pointe des pieds.<\/p>\n<p>Comme il est doux le mensonge qu\u2019on boit avec un d\u00e9sir de v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Tant d\u2019ann\u00e9es \u00e0 accumuler des images et des moments, et voil\u00e0 qu\u2019ils s\u2019effacent \u00e0 une vitesse impressionnante. Il est \u00e9vident que l\u2019avarice des instants ne sert \u00e0 rien.<\/p>\n<p>Ici, nous avons toujours \u00e9t\u00e9 habitu\u00e9s \u00e0 vivre plus qu\u2019\u00e0 raconter.<\/p>\n<p>Aucun r\u00e9volutionnaire ne d\u00e9fendra ses id\u00e9aux avec la f\u00e9rocit\u00e9 qu\u2019un vieux mettra \u00e0 prot\u00e9ger ses souvenirs.<\/p>\n<p>Partir, comme s\u2019il y avait des patries o\u00f9 aller en dehors des souvenirs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ecouter\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.franceculture.fr\/emissions\/le-temps-des-libraires\/le-temps-des-libraires-lundi-13-juin-2016\">http:\/\/www.franceculture.fr\/emissions\/le-temps-des-libraires\/le-temps-des-libraires-lundi-13-juin-2016<\/a><u> &#8211; <\/u>La m\u00e9moire d\u2019un homme qui a v\u00e9cu les guerres, la fermeture des fronti\u00e8res, la r\u00e9ouverture et les esprits qui se ferment au fur et \u00e0 mesure que les fronti\u00e8res s\u2019ouvrent. Souvenirs d\u2019une Espagne, pays pauvre et sale qui est devenu au fil des ans un pays attractif.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Petit livre publi\u00e9 aux : Editions la Contre All\u00e9e &#8211; La collection \u00ab Fictions d\u2019Europe \u00bb &#8211; Petite collection : Ce que l\u2019Europe \u00e9voque dans l\u2019imaginaire &#8211; Les autres titres de cette petite collection (Berlin, Bucarest-Budapest : Budapest-Bucarest de l\u2019\u00e9crivain portugais Gon\u00e7alo M. 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