{"id":3779,"date":"2016-12-24T18:44:30","date_gmt":"2016-12-24T17:44:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3779"},"modified":"2025-09-26T17:44:38","modified_gmt":"2025-09-26T15:44:38","slug":"goby-valentine-baumes-10-2014","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3779","title":{"rendered":"Goby, Valentine \u00abBaumes\u00bb (10.2014)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur\u00a0: <\/strong>Ecrivaine fran\u00e7aise n\u00e9e \u00e0 Grasse en 1974. Elle vit en r\u00e9gion parisienne. Ses th\u00e8mes de pr\u00e9dilection\u00a0sont<strong>: <\/strong>La place des femmes, leur corps, les yeux des femmes \u00e0 cause de leur corps, de leur sexe, comment une femme regarde et change le monde, par amour, par envie, par orgueil, par ennui, par vengeance, en tant que s\u0153ur, m\u00e8re, fille, amante. Comment l\u2019Histoire les affecte, comme elles l\u2019affectent, du Paris contemporain \u00e0 la Provence atemporelle, \u00e0 l\u2019Afrique de l\u2019apr\u00e8s-guerre, \u00e0 la Bretagne des ann\u00e9es 1940. Les lieux, comment les lieux nous traversent, comment nous les traversons, comme l\u2019espace nous fa\u00e7onne et comment nous le transformons. L\u2019enfance, comment elle nous survit et s\u2019acharne \u00e0 nous habiter, dans chaque moment de la vie, dans chaque \u00e2ge et en toutes circonstances, comment chaque geste est porteur d\u2019une histoire toujours ancr\u00e9e dans l\u2019enfance. Ce qui est valable pour un homme est valable pour une nation, alors l\u2019Histoire, la grande, me passionne aussi, c\u2019est en elle que je cherche et trouve les racines de toutes les blessures pr\u00e9sentes, je l\u2019explore, la diss\u00e8que, comme les origines individuelles. ( <a href=\"http:\/\/www.m-e-l.fr\/valentine-goby,ec,384\">source<\/a>) .<\/p>\n<p><b>Ses romans : <\/b><i>( je ne les cite pas tous)<\/i>\u00a0:\u00a0 La note sensible, 2002 \u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3854\">Sept Jours<\/a>,<\/span>\u00a02003 \u2013 L\u2019Antilope blanche, 2005 \u2013 Petit \u00e9loge des grandes villes, recueil de textes, 2007 \u2013 L\u2019\u00e9chapp\u00e9e, 2007\u00a0 \u2013 Qui touche \u00e0 mon corps je le tue , 2008 \u2013 Des corps en silence, 2010 \u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=638\">Banquises<\/a><\/span>, 2011 &#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=213\">Kinderzimmer<\/a>,<\/span> 2013 \u2013 M\u00e9duses, 2013 &#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3779\">Baumes<\/a> (<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3762\">Collection Essences- Actes Sud<\/a>)<\/span>, 2014 &#8211;\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=21866\">Un paquebot dans les arbres<\/a><\/span>, 2016 &#8211; Tu seras mon arbre (2018) &#8211; Mur\u00e8ne (2019) &#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=17691\">L\u2019\u00cele haute<\/a><\/span> (2023) &#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Goby, Valentine \u00ab\u00a0Le palmier\u00a0\u00bb (RL2025) 336 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=22963\">Le palmier<\/a><\/span> (2025)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Je me demande si le p\u00e8re de mon p\u00e8re, que je n&rsquo;ai pas connu, portait l&rsquo;odeur d&rsquo;usine dans toute sa peau et tout son v\u00eatement. S&rsquo;il rentrait lui aussi impr\u00e9gn\u00e9 d&rsquo;essences pures, si sa pr\u00e9sence provoquait de semblables, silencieuses apocalypses, pouvait d\u00e9faire le monde dans lequel il surgissait, en imposer un autre, avec ses propres protocoles, que sa disparition renversait aussit\u00f4t et les souris dansaient. S&rsquo;ils se sont transmis \u00e7a, en m\u00eame temps que le patronyme, le patriarcat, la maison magnifique parmi les oliviers : cette capacit\u00e9 \u00e0 occuper l&rsquo;espace, le saturer. Le confisquer.<\/p>\n<p>Valentine Goby aborde ici ouvertement le r\u00e9cit autobiographique. Pour la collection\u00a0<em>Essences<\/em>, elle revisite son enfance \u00e0 Grasse, pays des parfumeurs et territoire du p\u00e8re, \u00e0 travers les odeurs qui ont fa\u00e7onn\u00e9 les premi\u00e8res ann\u00e9es de sa vie, de s\u00e9duction en crises d&rsquo;asthmes&#8230;<\/p>\n<p><strong>Paru dans <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3762\">La Collection \u00ab\u00a0Essences\u00a0\u00bb d\u2019Actes Sud<\/a> &#8211; <\/strong><strong>Octobre 2014 \u2013 72 pages<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Mon avis\u00a0:<\/strong> Un petit livre magnifique\u00a0! Sur les odeurs et les essences, sur le parfum mais pas seulement. Sur la vie, sur les rapports entre les \u00eatres, sur l\u2019art et la cr\u00e9ation\u2026 Sur le parfum et sa correspondance avec la vie, la musique\u2026 au travers des mots \u2026 sur les senteurs qui font remonter les gouts et les images\u2026 Que r\u00e9v\u00e8le le choix de notre parfum sur nous-m\u00eame\u00a0? est-il notre seconde peau\u00a0? Quand on lit ce livre, il est impossible de ne pas rechercher dans notre m\u00e9moire les parfums qui ont jalonn\u00e9 notre existence. Ceux des \u00eatres chers et notre parcours\u2026 Dans ce livre le parfum est aussi une affirmation de son existence et une confrontation avec la figure du p\u00e8re. Magnifiquement \u00e9crit, je tombe une fois de plus sous le charme de l\u2019\u00e9criture de cette romanci\u00e8re ( apr\u00e8s avoir lu \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=638\">Banquises<\/a>\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Kinderzimmer\u00a0\u00bb ) . Bien s\u00fbr ce livre me donne envie de relire Le Parfum\u00a0de Patrick S\u00fcskind et j\u2019en profite pour vous sugg\u00e9rer de lire le petit livre d\u2019Ellena (comment\u00e9 sur mon blog) sur l\u2019univers d\u2019un parfumeur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Mes parfums<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Nah\u00e9ma\u00a0(Pour l\u2019hiver) : Oriental Floral Fruit\u00e9. Troublant, velout\u00e9, unique. C\u2019est d\u2019abord une bouff\u00e9e de roses choisies dans les meilleures familles de cette esp\u00e8ce innombrable. En c\u0153ur, la senteur fra\u00eeche et verte de la jacinthe. Puis des fruits, p\u00eaches et fruits de la passion, symboles depuis Eve de la tentation. Le fond de la composition est soutenu par le bois de santal et le patchouli. Inspir\u00e9 par une rose orientale au charme enivrant, Nahema est un v\u00e9ritable elixir \u00e9nigmatique.<\/p>\n<p>Insolence\u00a0: (pour l\u2019\u00e9t\u00e9) Floral Fruit\u00e9 Poudr\u00e9. Surprenant, audacieux, f\u00e9minin. Philtre sensuel, Insolence nous emm\u00e8ne tout de suite dans le c\u0153ur du parfum. Cette fragrance florale fruit\u00e9e allie les notes de fruits rouges, aux notes f\u00e9minines de violette et de fleur d&rsquo;oranger, ainsi qu&rsquo;au luxe velout\u00e9 de l\u2019iris pour former un accord sulfureux et voluptueux. Insolence met en sc\u00e8ne une violette sur-dos\u00e9e, survolt\u00e9e ; une violette triomphante, aux antipodes du murmure timide que d\u2019ordinaire on traite en demi-teinte et contre-jour. A c\u00f4t\u00e9 de cette violette \u00e9clatante, est jou\u00e9e un iris f\u00e9minin, au chic intemporel. Avec Insolence, c&rsquo;est aussi la premi\u00e8re fois chez Guerlain que sont utilis\u00e9s les fruits rouges<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Le parfum est aussi \u00e9l\u00e9mentaire que le peigne et la brosse \u00e0 dents.<\/p>\n<p>Je n\u2019ai m\u00eame pas la vision de champs de lavande, d\u2019orangers aux fleurs de cire, de lilas en grappes\u00a0; je vois l\u2019usine<\/p>\n<p>Dans mes souvenirs d\u2019enfance mon p\u00e8re n\u2019a pas de visage et quasi pas de corps. Son corps et son visage sont en voyage d\u2019affaires ou dissous dans l\u2019odeur d\u2019usine.<\/p>\n<p>Parfois, il d\u00e9balle des gourmandises plus famili\u00e8res, loukoums \u00e0 la rose, nougat, carr\u00e9s de Zan \u00e0 la violette, toutes choses comestibles \u00e0 la lisi\u00e8re du go\u00fbt et de l\u2019odorat, des flaveurs et des fragrances dans lesquelles entrent des essences pures mais qui contrairement \u00e0 l\u2019odeur sont mati\u00e8res domptables, par les muqueuses, la salive et la mastication. Nous les dominons. Nous les ing\u00e9rons. Nous les dig\u00e9rons. Nous les d\u00e9truisons.<\/p>\n<p>Ce livre m\u2019invite et me tient \u00e0 distance.<\/p>\n<p>Lire c\u2019est pour d\u00e9camper. C\u2019est pour filer avec Durrell dans les \u00eeles grecques, fuguer avec Meaulnes jusqu\u2019au ch\u00e2teau d\u2019Yvonne de Galais, descendre au fond de la mine avec Zola.<\/p>\n<p>[\u2026] l\u2019\u00e9criture de S\u00fcskind fabrique des odeurs\u00a0; des odeurs puissantes comme des essences pures. La langue est sa mati\u00e8re premi\u00e8re.\u00a0Mon p\u00e8re traque les plantes \u00e0 parfum \u00e0\u00a0travers le monde, S\u00fcskind d\u00e9busque les mots dans la jungle de la langue et \u00e0 la fin, tous les deux fabriquent des odeurs. Je d\u00e9couvre que le mot \u00e0 lui seul provoque la sensation. Par l\u2019\u00e9criture, S\u00fcskind cr\u00e9e le r\u00e9el, et d\u2019embl\u00e9e il s\u2019en affranchit. Une libert\u00e9 pareille me colle le vertige.<\/p>\n<p>l\u2019odeur te signe et te distingue.<\/p>\n<p>Je trace dans les rues un \u00e9cheveau de pistes olfactives, et je me planque dans les impasses et sur des placettes d\u00e9sertes pour m\u2019impr\u00e9gner \u00e0 nouveau de parfum, pour laisser partout une empreinte, je me sature et je sature l\u2019espace.<\/p>\n<p>je colonise le champ\u00a0lexical des odeurs, frontalier de celui de la musique, ses mots essentiels,\u00a0<em>notes<\/em>,\u00a0<em>gamme<\/em>,<em>\u00a0<\/em><em>harmonie<\/em>,<em>\u00a0<\/em><em>accord<\/em>,<em>\u00a0<\/em><em>clavier<\/em><em>\u00a0<\/em>et <em>touches\u00a0<\/em>;<\/p>\n<p>C\u2019est un empire \u00e9conomique que son domaine de cr\u00e9ation rend aimable, il ouvre sur le r\u00eave, la beaut\u00e9, il est presque pardonn\u00e9.<\/p>\n<p>l\u2019animal code l\u2019\u00e9motion en flux olfactifs perceptibles, interpr\u00e9tables par ses semblables, mais ce langage d\u2019hormones et ph\u00e9romones, nous ne le d\u00e9chiffrons plus depuis longtemps, camoufl\u00e9 sous les cosm\u00e9tiques et le gaz carbonique<\/p>\n<p>Je veux \u00e9crire chaque \u00e9motion avec la pr\u00e9cision d\u2019une formule olfactive.<\/p>\n<p>Toute mon enfance dit le caract\u00e8re n\u00e9cessaire, indiscutable du choix d\u2019un parfum, qui t\u2019annonce avec la m\u00eame \u00e9vidence que ton pr\u00e9nom, la forme de ta bouche, la couleur de tes yeux.<\/p>\n<p>Tout \u00e7a n\u2019existe plus que dans la m\u00e9moire olfactive, il se souvient.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3762\"><strong>La Collection \u00ab\u00a0Essences\u00a0\u00bb d\u2019Actes Sud (voir page sur le blog) <\/strong><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Ecrivaine fran\u00e7aise n\u00e9e \u00e0 Grasse en 1974. 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