{"id":3854,"date":"2017-01-11T15:32:37","date_gmt":"2017-01-11T14:32:37","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3854"},"modified":"2025-09-26T17:46:21","modified_gmt":"2025-09-26T15:46:21","slug":"goby-valentine-sept-jours-082003","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3854","title":{"rendered":"Goby, Valentine \u00ab Sept jours \u00bb (08\/2003)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur\u00a0: <\/strong>Ecrivaine fran\u00e7aise n\u00e9e \u00e0 Grasse en 1974. Elle vit en r\u00e9gion parisienne. Ses th\u00e8mes de pr\u00e9dilection\u00a0sont<strong>: <\/strong>La place des femmes, leur corps, les yeux des femmes \u00e0 cause de leur corps, de leur sexe, comment une femme regarde et change le monde, par amour, par envie, par orgueil, par ennui, par vengeance, en tant que s\u0153ur, m\u00e8re, fille, amante. Comment l\u2019Histoire les affecte, comme elles l\u2019affectent, du Paris contemporain \u00e0 la Provence atemporelle, \u00e0 l\u2019Afrique de l\u2019apr\u00e8s-guerre, \u00e0 la Bretagne des ann\u00e9es 1940. Les lieux, comment les lieux nous traversent, comment nous les traversons, comme l\u2019espace nous fa\u00e7onne et comment nous le transformons. L\u2019enfance, comment elle nous survit et s\u2019acharne \u00e0 nous habiter, dans chaque moment de la vie, dans chaque \u00e2ge et en toutes circonstances, comment chaque geste est porteur d\u2019une histoire toujours ancr\u00e9e dans l\u2019enfance. Ce qui est valable pour un homme est valable pour une nation, alors l\u2019Histoire, la grande, me passionne aussi, c\u2019est en elle que je cherche et trouve les racines de toutes les blessures pr\u00e9sentes, je l\u2019explore, la diss\u00e8que, comme les origines individuelles. ( <a href=\"http:\/\/www.m-e-l.fr\/valentine-goby,ec,384\">source<\/a>) .<\/p>\n<p><b>Ses romans : <\/b><i>( je ne les cite pas tous)<\/i>\u00a0:\u00a0 La note sensible, 2002 \u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3854\">Sept Jours<\/a>,<\/span>\u00a02003 \u2013 L\u2019Antilope blanche, 2005 \u2013 Petit \u00e9loge des grandes villes, recueil de textes, 2007 \u2013 L\u2019\u00e9chapp\u00e9e, 2007\u00a0 \u2013 Qui touche \u00e0 mon corps je le tue , 2008 \u2013 Des corps en silence, 2010 \u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=638\">Banquises<\/a><\/span>, 2011 &#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=213\">Kinderzimmer<\/a>,<\/span> 2013 \u2013 M\u00e9duses, 2013 &#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3779\">Baumes<\/a> (<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3762\">Collection Essences- Actes Sud<\/a>)<\/span>, 2014 &#8211;\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=21866\">Un paquebot dans les arbres<\/a><\/span>, 2016 &#8211; Tu seras mon arbre (2018) &#8211; Mur\u00e8ne (2019) &#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=17691\">L\u2019\u00cele haute<\/a><\/span> (2023) &#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Goby, Valentine \u00ab\u00a0Le palmier\u00a0\u00bb (RL2025) 336 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=22963\">Le palmier<\/a><\/span> (2025)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: \u00abComme ils sont beaux. Mes enfants.<br \/>\nIls sont assis, tous les quatre, sur le muret. Immobiles. Silencieux. La maison dans le dos. En face, la mer.<br \/>\nIls regardent loin devant. Et loin derri\u00e8re ; un soupir, un sourire p\u00e2le, un battement de cils. Les volets clos, les bagages pos\u00e9s sur le gravier, le soleil de septembre&#8230; c&rsquo;est le d\u00e9cor d&rsquo;un commencement ; d&rsquo;un \u00e9pilogue. L&rsquo;un et l&rsquo;autre peut-\u00eatre.<br \/>\nUn homme remonte l&rsquo;all\u00e9e, aveugl\u00e9 de lumi\u00e8re. Dans sa main, il tient une Bible, le livre du d\u00e9but et de la fin ; ou l&rsquo;inverse. Il ne sait pas que les quatre ombres assises l\u00e0-bas, sur le muret, ont elles aussi peupl\u00e9 un vide immense.<br \/>\n\u00c9bauch\u00e9 un monde.<br \/>\nEn sept jours.\u00bb<\/p>\n<p>Quatre fr\u00e8res et s\u0153urs se retrouvent, entre les murs de la maison o\u00f9 ils ont grandi. Seuls pour la premi\u00e8re fois. En qu\u00eate d&rsquo;une rencontre. \u00c0 la recherche d&rsquo;un point de d\u00e9part, au-del\u00e0 des liens du sang.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Cela se confirme. J\u2019aime la fa\u00e7on d\u2019\u00e9crire de Valentine Goby. Cette po\u00e9sie, cette intimit\u00e9, cette sensibilit\u00e9. Ses images font ressurgir non seulement ses \u00e9motions mais les n\u00f4tres. L\u2019importance de la maison de notre enfance, les souvenirs qui surgissent en fonction des images, des odeurs, des bruits. Le rapport avec les personnes disparues et avec les personnes qui restent, la disparition d\u2019un monde. Et l\u2019importance des liens s\u00e9pia de ces photos d\u2019enfance\u2026 A la mort de leur m\u00e8re, les quatre enfants se retrouvent pour la derni\u00e8re fois dans la bastide qui \u00e9tait en quelque sorte le ciment familial pour la derni\u00e8re fois C\u2019est l\u2019heure du partage. C\u2019est aussi la derni\u00e8re (\u00a0?) r\u00e9union familiale des quatre enfants ( deux filles et deux hommes) qui ont des vies et des caract\u00e8res bien diff\u00e9rent et qui sont difficilement conciliables apr\u00e8s le d\u00e9part de la Maman. Avec en toile de fond\u00a0: l\u2019avenir des relations entre eux maintenant que l\u2019h\u00e9ritage doit \u00eatre partag\u00e9\u2026<\/p>\n<p>Ce qui est dr\u00f4le c\u2019est que j\u2019ai eu l\u2019impression de me replonger dans un m\u00e9lange de deux livres sur la nostalgie que je viens de lire r\u00e9cemment\u00a0: le livre d\u2019 Anne-Marie Garat, \u00abLa Premi\u00e8re Fois\u00a0\u00bb m\u00e9lang\u00e9 \u00e0 celui de Florence Seyvos, Florence \u00abLa sainte famille\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Le diaphragme s\u2019ouvre et se referme\u00a0dans un beau bruit mat. Je viens de prendre ma premi\u00e8re photographie. Une solitude vol\u00e9e \u00e0 ma m\u00e8re.<\/p>\n<p>J\u2019enroule un drap autour de moi. Le vent s\u2019engouffre dans la toile. Elle gonfle comme les voiles d\u2019un bateau. J\u2019\u00e9carte le tissu qui ondule, un autre m\u2019enveloppe.<\/p>\n<p>Jamais photographi\u00e9s, les alo\u00e8s. Superbe d\u00e9coupe de pointes et d\u2019\u00e9pines, reflets moir\u00e9s des feuilles, explosion g\u00e9om\u00e9trique de la rosette.<\/p>\n<p>Je ne distinguais vraiment que les trois premi\u00e8res lettres de chaque mot,\u00a0prolongeant l\u2019un infiniment\u00a0:<em>r\u00eaverie, r\u00e9versible, r\u00e9volu, r\u00e9volte<\/em>, butant sur l\u2019autre avec obstination.<\/p>\n<p>Un nuage passe sur le soleil. Ils sont plusieurs qui s\u2019effilochent vers la mer, lambeaux des cumulus accroch\u00e9s aux montagnes. Un voile d\u2019ombre au bas des collines, un frisson sur la peau. Je marche vers la maison. Un \u00e0 un, les pans de nuages vont se rejoindre sur\u00a0l\u2019eau. Heure apr\u00e8s heure, pr\u00e8s des c\u00f4tes, ils vont fomenter des orages.<\/p>\n<p>Nous chantons tous ensemble. Faux, peut-\u00eatre\u00a0; mais de concert.<\/p>\n<p>J\u2019ai oubli\u00e9 de tirer les rideaux. Le soleil joue sur le mur, \u00e0 quelques centim\u00e8tres de mes yeux. Des taches jaunes et rouges sur le cr\u00e9pi blanc. Je voudrais dormir, remettre \u00e0 plus tard la journ\u00e9e qui vient. La repousser, l\u2019acc\u00e9l\u00e9rer. Y \u00eatre le moins possible<\/p>\n<p>La maison repeinte, les meubles chang\u00e9s.<br \/>\nD\u2019autres voix, d\u2019autres odeurs.<\/p>\n<p>J\u2019ai eu envie de pleurer. J\u2019ai frott\u00e9 mes yeux comme l\u2019enfant sort du sommeil. Lorsque je les ai ouverts, rien n\u2019avait chang\u00e9.<\/p>\n<p>On appelle \u00e7a, je crois, une charni\u00e8re. Un moment, de dur\u00e9e variable o\u00f9, plus ou moins confus\u00e9ment, la vie bascule. Un accouchement, en quelque sorte. L\u2019accomplissement d\u2019une naissance et, aussit\u00f4t, l\u2019appr\u00e9hension de l\u2019inconnu. Sentir, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de soi, se fondre la fin et le commencement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Ecrivaine fran\u00e7aise n\u00e9e \u00e0 Grasse en 1974. Elle vit en r\u00e9gion parisienne. 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