{"id":3873,"date":"2017-01-17T17:41:21","date_gmt":"2017-01-17T16:41:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3873"},"modified":"2017-01-17T17:41:21","modified_gmt":"2017-01-17T16:41:21","slug":"de-giovanni-maurizio-le-printemps-du-commissaire-ricciardi2013","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3873","title":{"rendered":"De Giovanni,  Maurizio \u00abLe printemps du commissaire Ricciardi\u00bb(2013)"},"content":{"rendered":"<p>S\u00e9rie\u00a0: \u00a0Commissaire Ricciardi\u00a0 (Naples 1931)<\/p>\n<p>2<sup>\u00e8me<\/sup> enqu\u00eate<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0:<\/strong> \u00a0Luigi Alfredo Ricciardi, commissaire \u00e0 la questure royale de Naples, a un don particulier : il voit la souffrance des morts et les entend \u00ab\u00a0parler\u00a0\u00bb. Aid\u00e9 de son fid\u00e8le adjoint, il enqu\u00eate dans les quartiers pauvres de la ville o\u00f9 on a d\u00e9couvert le corps de la vielle Carmela Calise, cartomancienne et usuri\u00e8re \u00e0 ses heures. Que va r\u00e9v\u00e9ler la morte au commissaire ? Les secrets de ses clients sont bien gard\u00e9s.<\/p>\n<p>En ce printemps de l&rsquo;ann\u00e9e 1931, la ville de Naples a l&rsquo;odeur de la haine, du sang et des amours d\u00e9\u00e7ues.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Plus je d\u00e9couvre le Commissaire Ricciardi et plus je l\u2019appr\u00e9cie pour son humanit\u00e9. Le th\u00e8me sous-jacent\u00a0: le monde de ceux qui ont envie de croire au bonheur, \u00e0 l\u2019avenir\u2026\u00a0Mais malheureusement il ne suffit pas de le souhaiter\u2026 et les moyens pour y parvenir tournent au cauchemar\u2026 Entre les envies qui n\u00e9cessitent des moyens financiers qui nous font d\u00e9faut et le besoin de croire en l\u2019avenir en se faisant guider par des diseuses de bonne aventure\u2026 On ajoutera cette fois ci une r\u00e9flexion sur les difficult\u00e9s engendr\u00e9es par le fait d\u2019\u00eatre beaux\u2026 Tout comme la laideur, la beaut\u00e9 peut se convertir en mal\u00e9diction car elle attire la haine, l\u2019envie, la solitude, les faux sentiments\u2026 ( tiens comme dans le dernier Am\u00e9lie Nothomb\u00a0\u00ab\u00a0Riquet \u00e0 la houppe\u00a0\u00bb)\u00a0et toujours cette m\u00e9lancolie, cette solitude&#8230; Deux enqu\u00eates se d\u00e9roulent en parall\u00e8le\u00a0: le meurtre d\u2019une vielle femme et l\u2019agression d\u2019une jeune femme. A premi\u00e8re vue rien ne les relie.. Les amours impossibles ou difficiles sont au centre de ce roman\u00a0: un couple en d\u00e9samour, le brigadier Maione et son \u00e9loignement programm\u00e9 avec sa femme qui ne se remet pas de la mort de l\u2019un de ses fils, la relation \u00e0 distance du Commissaire et de sa voisine\u2026 A nouveau un joli moment de lecture\u2026<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>il voyait la douleur.<br \/>\nLa douleur qui d\u00e9vaste, la douleur qui revient. Il percevait la col\u00e8re, l\u2019amertume, m\u00eame l\u2019ironie hautaine de la derni\u00e8re pens\u00e9e qui accompagnait la mort. Il savait que la mort naturelle r\u00e9glait correctement ses comptes avec la vie.<\/p>\n<p>\u00c0 vrai dire, personne ne le comprenait. Sa mani\u00e8re de travailler, solitaire et silencieuse, son apparent\u00a0manque de faiblesses, l\u2019absence de ragots sur sa vie priv\u00e9e n\u2019incitaient ni \u00e0 la camaraderie, ni \u00e0 la solidarit\u00e9.<\/p>\n<p>Pour le r\u00e9gime en place, le fascisme devait imposer, dans les grandes villes, l\u2019image de la s\u00e9curit\u00e9 et de l\u2019optimisme<\/p>\n<p>Elle pensait que si deux routes avaient pour destin de se r\u00e9unir, t\u00f4t ou tard elles se r\u00e9uniraient, quels que soient les kilom\u00e8tres qui les s\u00e9paraient.<\/p>\n<p>il d\u00e9testait sa manie de ne pas porter de chapeau\u00a0; il la consid\u00e9rait comme de l\u2019indiff\u00e9rence, du m\u00e9pris \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019autrui. En ville, on disait \u00ab\u00a0hommes en cheveux\u00a0\u00bb pour parler des pauvres, ceux qui n\u2019avaient ni nom, ni famille, qui, la nuit, s\u2019agglutinaient sous les porches, et, le jour, chipaient les bourses.<\/p>\n<p>L\u2019usure est vile, pensait Ricciardi\u00a0: elle fait partie des d\u00e9lits les plus tristes parce qu\u2019elle tire profit de\u00a0la confiance pour en abuser ensuite contre celui qui l\u2019a donn\u00e9e. \u00c0 la mani\u00e8re d\u2019une sangsue, elle pompe le travail, les espoirs, les attentes\u00a0: elle vole l\u2019avenir.<\/p>\n<p>Ils n\u2019\u00e9taient pas si diff\u00e9rents, apr\u00e8s tout, ces deux m\u00e9tiers. La cartomancienne et l\u2019usuri\u00e8re su\u00e7aient confiance et esp\u00e9rances, tarissaient les c\u0153urs.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait une des choses \u00ab\u00a0venues apr\u00e8s\u00a0\u00bb\u00a0: \u00e0 tout moment, elle avait besoin de voir le ciel.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Venues apr\u00e8s\u00a0\u00bb avoir perdu son sourire, l\u2019envie de rire, le d\u00e9sir de regarder la mer. Apr\u00e8s. Elle s\u00e9parait sa vie en \u00ab\u00a0avant\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0apr\u00e8s\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Elle lui avait donn\u00e9 la lumi\u00e8re et, lui, il avait \u00e9teint la sienne.<\/p>\n<p>Il suivait ses gestes bien connus, comme s\u2019il \u00e9coutait son disque pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 et pass\u00e9 des milliers de fois\u00a0: il pr\u00e9voyait ses mouvements, \u00e9tudiait ses pas.<\/p>\n<p>Davantage encore que de t\u2019embrasser et de te serrer dans mes bras, j\u2019aimerais prendre place dans tes r\u00eaves. Et y demeurer seul pour toi.<\/p>\n<p>Tu sais ce que je pense\u00a0? Qu\u2019il est facile d\u2019\u00eatre ensemble quand tout va bien. C\u2019est plus difficile quand il y a une montagne \u00e0 gravir, qu\u2019il fait froid et que le vent souffle. Alors, peut-\u00eatre que pour trouver un peu de chaleur, l\u2019un des deux doit se rapprocher un petit peu plus de l\u2019autre. C\u2019est quelqu\u2019un qui vit dans le froid qui te le dit. Et qui n\u2019a personne pour le r\u00e9chauffer.<\/p>\n<p>Mais pour moi, il n\u2019y a pas de hi\u00e9rarchie dans la douleur, la mienne plus que la tienne, la tienne plus que la mienne. La douleur parfois peut r\u00e9unir. Vous devriez peut-\u00eatre parler un peu, le soir. \u00c0 moi, ce froid dont je te parlais, je le sens le soir. Et alors\u2026 je me mets devant ma fen\u00eatre et je prends un peu l\u2019air. J\u2019\u00e9coute de la musique \u00e0 la radio. Et je vais me coucher en esp\u00e9rant ne pas faire de r\u00eaves.<\/p>\n<p>Tu te rends compte que \u00e7a fait trois ou quatre ans que je ne prescris plus de purges, pour ne pas \u00eatre pris pour un fasciste\u00a0?<\/p>\n<p>Il y a un moment o\u00f9 on meurt. Non, je ne parle pas de l\u2019instant pr\u00e9cis de la mort, mais de celui o\u00f9 s\u2019amorce un processus irr\u00e9versible qui m\u00e8ne in\u00e9vitablement \u00e0 la mort. \u00c7a peut durer des arm\u00e9es, mais on ne peut pas l\u2019\u00e9viter. Un verre de vin, une cigarette. La goutte qui fait d\u00e9border le vase. Je trouve des tumeurs, des l\u00e9sions aux poumons, des foies en charpie. Et \u00e7a peut \u00eatre aussi une parole, un regard. Un amour. Un fils. Qui peut dire quand on commence \u00e0 mourir\u00a0?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Sur le blog\u00a0<\/strong>: <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3848\"><span style=\"color: #8a6119;\">article sur la s\u00e9rie des enqu\u00eates du Commissaire Ricciardi<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>S\u00e9rie\u00a0: \u00a0Commissaire Ricciardi\u00a0 (Naples 1931) 2\u00e8me enqu\u00eate R\u00e9sum\u00e9\u00a0: \u00a0Luigi Alfredo Ricciardi, commissaire \u00e0 la questure royale de Naples, a un don particulier : il voit la souffrance des morts et les entend \u00ab\u00a0parler\u00a0\u00bb. 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