{"id":3909,"date":"2017-01-30T17:34:22","date_gmt":"2017-01-30T16:34:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3909"},"modified":"2023-08-04T10:00:33","modified_gmt":"2023-08-04T08:00:33","slug":"di-fulvio-luca-le-gang-des-reves-2016","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3909","title":{"rendered":"Di Fulvio, Luca \u00abLe gang des r\u00eaves\u00bb (2016)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur\u00a0<\/strong>: Luca Di Fulvio &#8211; n\u00e9 le 13 mai 1957 \u00e0 Rome et mort le 31 mai 2023 &#8211; est un homme de th\u00e9\u00e2tre et un \u00e9crivain italien, auteur de roman policier, de fantastique et de litt\u00e9rature d\u2019enfance et de jeunesse. Il est devenu l\u2019un des nouveaux ph\u00e9nom\u00e8nes litt\u00e9raires \u00e0 suivre avec la sortie de \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3909\">Le gang des r\u00eaves<\/a><\/span>\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0La gang dei sogni\u00a0\u00bb, 2008) publi\u00e9 en France en juin 2016 chez Slatkine &amp; Cie et premier tome d\u2019une forme de trilogie. Pl\u00e9biscit\u00e9 par les libraires et les lecteurs, le livre, qui raconte le New York des ann\u00e9es 20 par les yeux d\u2019un jeune Italien, s\u2019est lentement mais s\u00fbrement transform\u00e9 en best-seller. Suivra, un an plus tard, \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7653\">Les enfants de Venise<\/a>\u00a0<\/span>\u00bb (La ragazza che toccava il cielo, 2013) puis \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=9107\">Le soleil des rebelles\u00a0<\/a><\/span>\u00bb (Il bambino che trov\u00f2 il sole di notte 2015), \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"> <a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=9387\">Les prisonniers de la libert\u00e9<\/a> <\/span>\u00bb (la figlia della libert\u00e0 2018) RL2019,\u00a0\u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14564\">Mamma Roma<\/a><\/span> \u00bb (La ballata della citt\u00e0 eterna 2020) (RL2021), \u00ab Le paradis cach\u00e9 \u00bb (RL2023)<\/p>\n<p>En 2020 il publie son premier roman jeunesse \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=12309\">Les aventuriers de l&rsquo;autre monde<\/a><\/span>\u00bb (I ragazzi dell&rsquo;altro mare)<\/p>\n<p><strong>La trilogie<\/strong>\u00a0:\u00a0L\u2019incroyable g\u00e9nie de Luca Di Fulvio tient \u00e0 ce qu\u2019il emprisonne son lecteur. On lit un petit millier de page en deux nuits, et on se rend compte en refermant le livre qu\u2019on s\u2019est fait attraper, par une intrigue men\u00e9e tambours battants. Dans Le Gang des r\u00eaves, nous \u00e9tions tous Christmas, projet\u00e9s dans un New York cin\u00e9matographique o\u00f9 les enfants se jouaient comme ils le pouvaient de la violence des hommes. Avec Les Enfants de Venise, nous avons fui avec Mercurio dans la myst\u00e9rieuse Venise des balbutiements de la Renaissance. Le Soleil des rebelles jette le lecteur dans la l\u00e9gende imm\u00e9moriale d\u2019un temps oubli\u00e9, d\u2019une r\u00e9gion inconnue, entre lacs et for\u00eats, ou tout rel\u00e8ve du conte. Les \u00e9poques et les histoires de ces romans-torrents n\u2019ont rien \u00e0 voir. Pourtant, elles disent le m\u00eame monde : l\u2019amour, la loyaut\u00e9 et l\u2019amiti\u00e9 contre l\u2019argent, la haine de l\u2019autre, les violences faites aux femmes et aux enfants. C\u2019est \u00e0 New York en 1920, \u00e0 Venise en 1515, en Boh\u00e8me en 1407. C\u2019est hier comme aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Editions <strong><em>Slatkine<\/em><\/strong> et Cie (02\/06\/2016) &#8211; 720 pages (premier tome d\u2019une trilogie)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: \u2013 Manhattan, 1909 : Cetta et son fils, renomm\u00e9 Christmas par les fonctionnaires d\u2019Ellis Island, s\u2019\u00e9lancent dans le r\u00eave am\u00e9ricain, fuyant la mis\u00e8re de leur Italie natale\u2026<\/p>\n<p>\u2013 New Jersey \u2013 Manhattan. 1922 : Ruth, treize ans, fait le mur avec le jardinier pour s\u2019\u00e9manciper des m\u0153urs bourgeoises de sa famille\u2026<\/p>\n<p>\u2013 Manhattan, 1922 : Les Diamond Dogs, le Gang de Christmas a d\u00e9sormais un nom\u2026<\/p>\n<p>Ce gros roman qui se lit d\u2019un trait nous a boulevers\u00e9 par son \u00e9criture aussi efficace qu\u2019\u00e9prouvante. Le style de Di Fulvio ne prend pas le temps de se chausser pour courir mais tous ses personnages prennent corps, m\u00eame, et surtout, les personnages secondaires. R\u00e9flexion sur la violence faite aux femmes, sur l\u2019identit\u00e9 malheureuse, le racisme et l\u2019incommunicabilit\u00e9 sociale, ce roman noir, \u00e9touffant d\u00e9gage une violence animale et r\u00e9demptrice : chacun s\u2019y bat pour conserver son int\u00e9grit\u00e9 et, dans la boue, le sang, la piti\u00e9, garder l\u2019illusion de la puret\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: 720 pages. 3 jours. Vous me croyez si je vous dis que je n\u2019ai pas l\u00e2ch\u00e9 le livre (ou presque\u00a0?) En le lisant j\u2019avais l\u2019impression d\u2019\u00eatre au cin\u00e9ma\u2026 de voir l\u2019histoire se d\u00e9rouler sous mes yeux. Direction le pays de l\u2019espoir, l\u00e0 o\u00f9 tout est possible (enfin o\u00f9 tout \u00e9tait possible au XX\u00e8me si\u00e8cle\u2026 esp\u00e9rons que ce sera toujours le cas en 2017\u2026) Palpitant, \u00e9mouvant, attachant&#8230; Merci Loup et CatW de m&rsquo;avoir conseill\u00e9 cette fresque que j&rsquo;ai ador\u00e9e !<\/p>\n<p>Poussons ensemble les portes du fameux \u00ab\u00a0R\u00eave am\u00e9ricain\u00a0\u00bb si cher \u00e0 tous ceux qui ont quitt\u00e9 l\u2019Europe pour l\u2019Am\u00e9rique dans les ann\u00e9es 20\u2026 \u00ab Je ne suis pas Italien, je suis Am\u00e9ricain \u00bb \u2026 Point de d\u00e9part L\u2019Italie, direction l\u2019Am\u00e9rique : arriv\u00e9e Lower East Side \u2026 visite de Brooklyn\u2026 de Manhattan, de Harlem&#8230; de la Californie\u2026<\/p>\n<p>Faisons connaissance des immigr\u00e9s juifs, italiens, polonais\u2026 des blancs, des presque blancs, des \u00ab\u00a0n\u00e8gres\u00a0\u00bb. Explorons le monde de la rue, les beaux quartiers. Le monde de la cr\u00e9ation aussi\u00a0: le th\u00e9\u00e2tre, la radio, le cin\u00e9ma\u2026<\/p>\n<p>Confrontation du monde du c\u0153ur et de celui de l\u2019argent. Des pauvres qui agissent spontan\u00e9ment et des riches qui ne savent pas dire merci autrement qu\u2019en payant. La p\u00e8gre \u00e0 tous les niveaux\u00a0: la mafia\u2026 Les parrains sensibles et les durs de durs\u2026 Un peu comme dans la s\u00e9rie \u00ab\u00a0Les Sopranos\u00a0\u00bb &#8230; Et l&rsquo;importance des rencontres, des bonnes comme des mauvaises&#8230;<\/p>\n<p>Et la peur\u2026 la peur int\u00e9rieure et ext\u00e9rieure, le mur que l\u2019on construit pour se prot\u00e9ger et au final nous isole. La peur du bonheur, la peur de la solitude. L\u2019influence de l\u2019argent et de la r\u00e9ussite\u2026<\/p>\n<p>Et une fois encore (c\u2019est marrant de rapport \u00e0 l\u2019image dans beaucoup de livres que j\u2019ai lus r\u00e9cemment) la photo qui r\u00e9v\u00e8le le fond des \u00eatres\u2026 L\u2019importance aussi des \u00e9l\u00e9ments\u00a0; les personnages sont renvers\u00e9s par des vagues, des ouragans, des temp\u00eates \u2026 de peur, de frissons, de vie quoi\u2026 Alors il ne faut pas h\u00e9siter\u00a0: Plongez \u2026 Parfois vous aurez l\u2019impression de couler, de vous noyer\u2026 de vous faire aspirer vers le bas\u2026 mais quand on touche le fond, on remonte et la lumi\u00e8re est encore plus belle quand on cr\u00e8ve la surface\u2026 Faut juste y croire&#8230; Et y croire encore\u2026<\/p>\n<p>On passe de l\u2019obscurit\u00e9 \u00e0 la lumi\u00e8re, guid\u00e9s par le vert \u00e9meraude des yeux et le blond soleil des cheveux\u2026<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Elle n\u2019\u00e9tait pas attir\u00e9e par lui mais s\u2019enchantait de ce rire qui \u00e9clatait sans que nul n\u2019en comprenne la raison, et qui venait violer, profaner l\u2019atmosph\u00e8re sinistre de la maison.<\/p>\n<p>Et lorsqu\u2019elle se leva du divan, elle avait dans le regard une douleur et une haine qu\u2019elle avait pourtant cru trop profond\u00e9ment ensevelies pour jamais pouvoir \u00eatre exhum\u00e9es<\/p>\n<p>Cetta n\u2019aurait jamais imagin\u00e9 qu\u2019il puisse exister autant de peuples ni de langues. Elle n\u2019aurait jamais cru que des hommes et des femmes puissent \u00eatre si petits et d\u2019autres si grands, ni avoir tant de couleurs d\u2019yeux et de cheveux diff\u00e9rentes. Elle n\u2019avait pas id\u00e9e que des gens puissent \u00eatre si forts ou si faibles, si na\u00effs ou\u00a0si fourbes, si riches ou si pauvres\u00a0\u2013\u00a0et \u00eatre tous m\u00e9lang\u00e9s. Comme dans la tour de Babel dont le cur\u00e9 parlait \u00e0 la messe, au village.<\/p>\n<p>Elle l\u2019avait effac\u00e9 par sa seule volont\u00e9, par sa seule pens\u00e9e: le pass\u00e9 n\u2019existait plus.<\/p>\n<p>\u00abNe me compare jamais plus \u00e0 un mort! lan\u00e7a-t-il d\u2019une voix mena\u00e7ante. \u00c7a porte malheur!\u00bb<\/p>\n<p>un monde int\u00e9rieur qui la tenait \u00e9loign\u00e9e de tout\u00a0\u2013\u00a0qui ne la prot\u00e9geait pas, mais la tenait \u00e9loign\u00e9e.<\/p>\n<p>Les explications ne l\u2019int\u00e9ressaient pas. Les choses \u00e9taient ce qu\u2019elles \u00e9taient. Et pourtant, rien ni personne ne pourrait la soumettre. Cetta, tout simplement, ne leur appartenait pas. Elle n\u2019appartenait \u00e0 personne.<\/p>\n<p>Ils avaient tous des faces de rats, m\u00eame ceux qui \u00e9taient grands et forts. Parce qu\u2019ils venaient des \u00e9gouts et vivaient dans les \u00e9gouts.<\/p>\n<p>Mais il adorait menacer les gens. C\u2019\u00e9tait comme tirer avec un pistolet. Mais au lieu de voir le sang jaillir d\u2019une blessure, on le voyait injecter les yeux.<\/p>\n<p>Or, l\u2019amour, \u00e7a enflammait, \u00e7a consumait, \u00e7a faisait devenir beau mais laid aussi. L\u2019amour changeait les gens, ce n\u2019\u00e9tait pas une fable. La vie n\u2019\u00e9tait pas une fable.<\/p>\n<p>Il les entendait parler du ciel et du soleil de leur pays natal, qu\u2019ils avaient fui sans pouvoir s\u2019en d\u00e9barrasser et gardaient accroch\u00e9 \u00e0 leurs \u00e9paules comme un parasite ou une mal\u00e9diction;<\/p>\n<p>Quand il est arriv\u00e9 ici, il n\u2019avait rien. Il a rencontr\u00e9 une femme qui n\u2019avait rien non plus, ils se sont mari\u00e9s et ils ont continu\u00e9 \u00e0 n\u2019avoir rien ensemble. Puis je suis n\u00e9 et, pour la premi\u00e8re fois, ils ont eu un truc.<\/p>\n<p>Oui, c\u2019\u00e9tait vraiment\u00a0un autre monde. Et pourtant, c\u2019\u00e9tait aussi le m\u00eame. Rempli de gens qui n\u2019y arrivaient pas.<\/p>\n<p>Quand on devient adulte, on trouve que tout est moche?\u00bb<\/p>\n<p>Certaines questions n\u2019appelaient pas de r\u00e9ponses, parce que la r\u00e9ponse serait aussi p\u00e9nible que la question.<\/p>\n<p>Le hasard, c\u2019est un coup de pied dans le cul que la vie te donne pour te\u00a0faire avancer. Le hasard, dans le monde des adultes, c\u2019est une possibilit\u00e9 qu\u2019il ne faut pas g\u00e2cher.<\/p>\n<p>\u00abJe ne veux pas vivre comme un malade pour mourir en bonne sant\u00e9!\u00bb<\/p>\n<p>Elle n\u2019avait pas r\u00e9ussi \u00e0 verser la moindre larme. C\u2019\u00e9tait comme si, en un instant, son corps tout entier s\u2019\u00e9tait transform\u00e9 en glace.<\/p>\n<p>\u00abTu sais ce que c\u2019est, l\u2019amour? fit-elle. C\u2019est r\u00e9ussir \u00e0 voir ce que personne d\u2019autre ne peut voir. Et laisser voir ce que tu ne voudrais faire voir \u00e0 personne d\u2019autre.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abL\u2019amour des jeunes, c\u2019est comme un orage d\u2019\u00e9t\u00e9, soupira-t-elle d\u2019un ton las. En un instant, l\u2019eau s\u00e8che au soleil, et bient\u00f4t on ne sait m\u00eame plus qu\u2019il a plu.\u00bb<\/p>\n<p>Un voyou. Et il deviendrait un assassin. Parce que, quand on pense que sa propre vie ne vaut rien, quand on n\u2019a pas de respect pour soi-m\u00eame, les autres finissent par compter pour du beurre.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait pass\u00e9 d\u2019une jeunesse insouciante \u00e0 une jeunesse d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, sans que ni l\u2019une ni l\u2019autre ne laisse de trace en lui.<\/p>\n<p>il comprit qu\u2019il \u00e9tait comme tous les gar\u00e7ons des rues: sans avenir, sans r\u00eaves. Seulement plein de rage.<\/p>\n<p>Et il retrouva brusquement ses propres r\u00eaves, comme s\u2019ils n\u2019\u00e9taient jamais morts mais avaient simplement \u00e9t\u00e9 mis de c\u00f4t\u00e9<\/p>\n<p>Il n\u2019y avait rien, en Californie, qui ne contienne un peu de jaune. Le jaune de l\u2019or que les chercheurs de p\u00e9pites avaient trouv\u00e9, le jaune du soleil qui chauffait le moindre recoin, ou encore le jaune clair, presque blanc, des plages qui faisaient face \u00e0 l\u2019oc\u00e9an.<\/p>\n<p>Dans l\u2019obscurit\u00e9 de la chambre noire, les sujets photographi\u00e9s apparaissaient sur le papier comme de n\u00e9buleux fant\u00f4mes.<\/p>\n<p>Pour le moment, je me contente de pleurer.<br \/>\nMais pleurer ainsi, c\u2019est une lib\u00e9ration, tu sais! Pouvoir pleurer toutes les larmes de mon corps, sans les arr\u00eater, sans qu\u2019elles soient prisonni\u00e8res de ma glace int\u00e9rieure et sans craindre que ma vie, \u00e0 son tour, ne rompe toutes ses digues.<\/p>\n<p>Pardonne-moi d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 incapable de grandir et d\u2019\u00eatre simplement devenue vieille.<\/p>\n<p>Notre r\u00eave doit commencer \u00e0 rapporter, sinon\u2026<br \/>\n\u2014\u00a0Sinon, c\u2019est qu\u2019un r\u00eave.<\/p>\n<p>les Indiens ont peut-\u00eatre raison lorsqu\u2019ils disent que les photos volent l\u2019\u00e2me.<\/p>\n<p>\u00c0 force de poursuivre ses r\u00eaves orgueilleux d\u2019accomplissement, il s\u2019\u00e9tait perdu en route.<\/p>\n<p>Avoir peur, c\u2019est pas \u00eatre l\u00e2che. Mais mentir, si!<\/p>\n<p>Il n\u2019y a qu\u2019un cr\u00e9tin qui n\u2019aurait pas peur d\u2019escalader une tour avec une trompette et une \u00e9p\u00e9e en bois accroch\u00e9es \u00e0 la ceinture!<\/p>\n<p>Tu es un ouragan. Et pour ta gouverne, sache qu\u2019un ouragan, c\u2019est pire qu\u2019une simple catastrophe!<\/p>\n<p>Or, en ce moment, l\u2019Am\u00e9rique r\u00e9clame quelque chose de diff\u00e9rent. Elle veut du sang, de la vie, des h\u00e9ros n\u00e9gatifs\u2026 parce que tout a aussi un c\u00f4t\u00e9 sombre. L\u2019important c\u2019est qu\u2019\u00e0 la fin, la lumi\u00e8re triomphe. Vous, dans vos histoires, vous \u00e9voquez \u00e0 la fois la lumi\u00e8re et l\u2019obscurit\u00e9.<\/p>\n<p>Pour le moment, ce n\u2019est qu\u2019un morceau de papier blanc. Rien d\u2019autre. Mais sur cette page, toi tu peux inscrire tes mots. Et tes mots vont faire na\u00eetre un personnage. Un homme, une femme, un enfant\u2026 Tu vas attribuer un destin \u00e0 ce personnage. Gloire, trag\u00e9die, succ\u00e8s ou d\u00e9faite.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re lettre d\u2019un mot. La\u00a0premi\u00e8re lettre d\u2019une phrase. La premi\u00e8re lettre d\u2019un destin, d\u2019une vie qui ne d\u00e9pendrait plus uniquement de lui.<\/p>\n<p>Il n\u2019y avait plus ni questions ni explications. Ce qui avait pu se produire auparavant, le pass\u00e9, les pens\u00e9es et les inqui\u00e9tudes, tout ne semblait qu\u2019un dessin d\u2019enfant sur la plage, effac\u00e9 en un instant par la r\u00e9alit\u00e9 imp\u00e9tueuse des vagues de l\u2019oc\u00e9an. Et c\u2019\u00e9tait eux, l\u2019oc\u00e9an. Sans d\u00e9but et sans fin.<\/p>\n<p>elle se sentit submerg\u00e9e par un incontr\u00f4lable et p\u00e9rilleux sentiment de bonheur. Voil\u00e0 ce qui la terrorisait, la\u00a0suffoquait et lui coupait le souffle. L\u2019\u00e9crasait, l\u2019envahissait et la d\u00e9chirait. La d\u00e9truisait. Elle \u00e9tait ravag\u00e9e par une temp\u00eate, un fleuve en crue.<\/p>\n<p>Ses yeux se noy\u00e8rent de pleurs devant ce bonheur plus grand qu\u2019elle, plus grand que son c\u0153ur et que son \u00e2me.<\/p>\n<p>Parce qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9e pour le bonheur, se dit-elle. Parce que le bonheur ressemblait de plus en plus \u00e0 la violence. Ni l\u2019un ni l\u2019autre n\u2019avaient de limites. Ni l\u2019un ni l\u2019autre n\u2019avaient de p\u00e9rim\u00e8tre, de cl\u00f4ture. Ils ne pouvaient survivre en captivit\u00e9. Tous deux \u00e9taient sauvages. Des b\u00eates f\u00e9roces.<\/p>\n<p>On aurait dit que, tout \u00e0 coup, le monde lui paraissait une affaire s\u00e9rieuse, et que le succ\u00e8s et l\u2019argent, au lieu d\u2019accro\u00eetre sa hardiesse, l\u2019avaient rendu plus prudent. Comme si, maintenant qu\u2019il avait quelque chose \u00e0 perdre, il n\u2019avait plus le courage de prendre des risques.<\/p>\n<p>On aurait dit que quelque chose en lui s\u2019\u00e9tait tu. Ou que le monde autour de lui s\u2019\u00e9tait tu. \u00c0 moins qu\u2019il n\u2019ait \u00e9lev\u00e9 un mur\u00a0entre le monde et lui. Comme s\u2019il avait endoss\u00e9 une cuirasse qui l\u2019aurait incroyablement endurci.<\/p>\n<p>Or, dans le silence de sa solitude, elle vivait tout un tumulte de souvenirs et de sensations, anciennes et nouvelles.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Luca Di Fulvio &#8211; n\u00e9 le 13 mai 1957 \u00e0 Rome et mort le 31 mai 2023 &#8211; est un homme de th\u00e9\u00e2tre et un \u00e9crivain italien, auteur de roman policier, de fantastique et de litt\u00e9rature d\u2019enfance et de jeunesse. 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