{"id":4089,"date":"2017-03-09T15:11:47","date_gmt":"2017-03-09T14:11:47","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4089"},"modified":"2025-10-05T16:16:00","modified_gmt":"2025-10-05T14:16:00","slug":"germain-sylvie-a-la-table-des-hommes-01-2016","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4089","title":{"rendered":"Germain, Sylvie \u00abA la table des hommes\u00bb (01.2016)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong> : coup de c\u0153ur (<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=660\">voir article<\/a>)<\/span><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Son obscure naissance au c\u0153ur d&rsquo;une for\u00eat en pleine guerre civile a fait de lui un enfant sauvage qui ne conna\u00eet rien des conduites humaines. S&rsquo;il d\u00e9couvre peu \u00e0 peu leur complexit\u00e9, \u00e0 commencer par celle du langage, il garde toujours en lui un lien intime et p\u00e9n\u00e9trant avec la nature et l&rsquo;esp\u00e8ce animale, dont une corneille qui l&rsquo;accompagne depuis l&rsquo;origine.<\/p>\n<p>\u00c0 la table des hommes tient autant du fabuleux que du r\u00e9alisme le plus contemporain. Comme Magnus, c&rsquo;est un roman hant\u00e9 par la violence pr\u00e9datrice des hommes, et illumin\u00e9 par la pr\u00e9sence bienveillante d&rsquo;un \u00eatre qui \u00e9chappe \u00e0 toute assignation, et de ce fait \u00e0 toute soumission.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0A la table des hommes\u00a0\u00bb s\u00e9lectionn\u00e9 pour le Prix Cazes Brasserie Lipp 2016, ainsi que pour le Prix Cabourg du Roman.<\/p>\n<p>Publi\u00e9 chez Albin Michel (272 pages)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: (\u00e9tay\u00e9 par l\u2019\u00e9coute d\u2019une interview de l\u2019auteure) Sylvie Germain est je pense mon auteur (femme) pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. Alors \u00e0 chaque lecture je me fends d\u2019une jolie critique\/analyse\u2026 pour faire durer le plaisir \u2026 et peut-\u00eatre vous donner envie d\u2019approfondir\u2026<\/p>\n<p>Ce roman est une sorte de fable fantastique \u00e0 la gloire de l\u2019humain dont le fil rouge est un enfant et sa corneille (r\u00e9put\u00e9e pour \u00eatre l\u2019un des animaux les plus intelligents) . Sylvie Germain n\u2019a pas fait des \u00e9tudes de philosophie pour rien et ce livre transpire la sagesse \u2026 Il traite de la vie, de la mort (qui est d\u2019ailleurs le d\u00e9but de la fable), de la lutte pour la survie, du d\u00e9sir de vie de l\u2019humain\u00a0; l\u2019homme et l\u2019animal vont aller jusqu\u2019\u00e0 se fondre l\u2019un dans l\u2019autre pour la survie de l\u2019un (cela fait penser aux greffes o\u00f9 la mort de l\u2019un permet la vie de l\u2019autre\u00a0: une vie contre deux morts). Cette fable sur l\u2019animalit\u00e9 met en avant le point commun entre l\u2019homme et l\u2019animal\u00a0: le refus de la mort. On y parle aussi de la guerre. M\u00eame si elle ne dit pas de quelle guerre il s\u2019agit, on penche pour la guerre en ex-Yougoslavie. Et souvenons-nous \u2026 le m\u00eame th\u00e8me \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 celui de son premier roman \u00ab\u00a0Le livre des nuits\u00a0\u00bb\u00a0; la guerre arrive, d\u00e9truit tout sur son passage, fait tout basculer dans l\u2019horreur. Tout commence par une explosion\u00a0: une bombe, deux survivants \u2026 Une femme et un petit porcelet. Ils vont fuir ensemble, se tenir chaud, s\u2019aider au mieux jusqu\u2019\u00e0 la mort de la femme. L\u2019entraide va continuer pour tenir le petit porcelet en vie\u00a0: les diff\u00e9rentes esp\u00e8ces d\u2019animaux forment une chaine de survie\u00a0; une daine, puis d\u2019autres. A la diff\u00e9rence des hommes qui m\u00eame fr\u00e8res s\u2019entretuent, les animaux s\u2019entraident.<\/p>\n<p>Dans la premi\u00e8re partie du livre nous sommes dans la peau d\u2019un petit cochon qui lutte pour vivre\u00a0; son arme\u00a0: l\u2019odorat tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9 qui lui donne les informations pour appr\u00e9hender le monde et lui donne l\u2019alerte en cas de danger.<\/p>\n<p>Puis le cochonnet se transforme en adolescent et \u00e0 son r\u00e9veil, il va devoir vivre sa diff\u00e9rence et faire se rencontrer la part humaine et la part animale qui compose les \u00eatres humains. La souffrance qui rend les hommes violents et mauvais\u00a0; contrairement aux animaux qui, si ils agissent d\u2019instinct, ne veulent pas se venger, ne vont pas nuire juste pour nuire\u2026<\/p>\n<p>Seule la corneille (constance du roman) semble ne pas se formaliser de l\u2019\u00e9volution de l\u2019esp\u00e8ce, de la transformation de l\u2019animale en homme (il passe de la position 4 pattes \u00e0 la position debout, puis apprend la communication orale)\u00a0; le changement lui importe peu\u00a0; seule la pr\u00e9sence et l\u2019amiti\u00e9 ont de l\u2019importance.<\/p>\n<p>Le langage et les mots ont d\u2019ailleurs une place tr\u00e8s importante dans le r\u00e9cit (ainsi que les nuances de couleurs, les ombres et le soleil, comme dans tous les livres de Sylvie Germain)\u00a0: le vocabulaire de l\u2019insulte qui utilise les noms d\u2019animaux, l\u2019enfant qui sera le bouc-\u00e9missaire\u00a0; l\u2019h\u00f4tel avec ses r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la lecture, le dictionnaire \u2013 passerelle entre les mots et les notions &#8211;\u00a0; Importance aussi du nom \u2026. Babel, l\u2019enfant sauvage (symbole de confusion) va apprendre \u00e0 devenir un \u00eatre humain (comme on dit\u00a0\u2026). Il a une m\u00e9moire vierge de tout souvenir de ses premi\u00e8res ann\u00e9es de vie. Pour les gens qu\u2019il rencontre, il est possible que cette amn\u00e9sie soit cons\u00e9cutive \u00e0 un choc, \u00e0 une trop forte douleur\u00a0; ce peut aussi \u00eatre de la dissimulation (il vient de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re, il est \u00e9tranger et c\u2019est la raison pour laquelle il ne parle pas la langue). Quand il perdra son caract\u00e8re fractionn\u00e9 pour se \u00ab\u00a0compacter\u00a0\u00bb il se transformera en Abel (symbole de l\u2019innocence, premi\u00e8re victime d\u2019une lutte fratricide). Devenu adulte, il posera un regard sur l\u2019humanit\u00e9, fa\u00e7onn\u00e9 par sa dualit\u00e9. Et Dieu dans tout cela\u00a0? Je vous laisse lire le livre\u00a0: il en est question\u00a0; de jolie mani\u00e8re, \u00e0 la mani\u00e8re du \u00ab\u00a0Dieu inconnu\u00a0\u00bb qui repr\u00e9senterait tous les Dieux, qui rassemblerait au lieu de diviser et annihilerait toute guerre au nom d\u2019un Dieu sp\u00e9cifique..<\/p>\n<p>A la table de hommes\u2026 il y a des hommes et des animaux\u2026 mais malheureusement, l\u2019animal est plus souvent sur la table \u2026 Ce livre est une merveille\u2026 C&rsquo;est le livre des oppos\u00e9s qui se compl\u00e8tent ( jour\/nuit, inn\u00e9\/appris, animal\/homme, solaire\/lunaire ) Un coup de c\u0153ur, comme tous les Sylvie Germain<\/p>\n<p><strong>Lire aussi<\/strong> : Entretien avec Sylvie Germain \u00e0 propos de son roman <em>A la table des hommes<\/em>\u00a0\u00a0: http:\/\/www.babelio.com\/auteur\/Sylvie-Germain\/5325<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Elle marche au ralenti, comme un automate dont les ressorts seraient rel\u00e2ch\u00e9s.<\/p>\n<p>Elle ne r\u00e9fl\u00e9chit pas, ses pieds la m\u00e8nent ainsi que le font les sabots des b\u00eates au soir quand la faim, la soif, la fatigue les conduisent vers leur mangeoire, l\u2019abreuvoir, l\u2019\u00e9table ou l\u2019\u00e9curie. Mais elle n\u2019a pas de lieu d\u2019ancrage, de repos, en vue.<\/p>\n<p>Tout corps, m\u00eame pris de folie, garde un savoir de ses limites\u00a0; celui de la femme s\u2019arr\u00eate lorsqu\u2019il vacille d\u2019\u00e9puisement.<\/p>\n<p>Une main, aussi l\u00e9g\u00e8re\u00a0qu\u2019une feuille, se pose sur sa t\u00eate, et quelques mots de la berceuse bruissent, non chant\u00e9s. Ils se d\u00e9tachent un \u00e0 un comme des gouttelettes quand fondent des cristaux de givre, presque inaudibles.<\/p>\n<p>Leur silence est \u00e9coute et manducation de la vie en eux, autour d\u2019eux. Ils sont en placide accord avec la terre, ils font corps avec elle.<\/p>\n<p>Ils ne croient pas aux m\u00eames mythes, ils \u00e9chafaudent des interpr\u00e9tations mensong\u00e8res de l\u2019histoire, ils ont des revendications indues. Ils se r\u00e9v\u00e8lent une menace. Trop de diff\u00e9rences, et trop de dangers, visibles ou non\u00a0; les plus discrets sont les pires.<\/p>\n<p>appartenir \u00e0 la terre, de respirer l\u2019espace, de faire peau avec les \u00e9l\u00e9ments, chair avec le monde.<\/p>\n<p>\u00catre et se maintenir un vivant est un parcours de combattant, mais ce labeur toujours reste scand\u00e9 de moments d\u2019\u00e9battements, de jeux, de d\u00e9lassement, de simple et ample volupt\u00e9.<\/p>\n<p>Les odeurs si diverses des b\u00eates qui furent vivantes se confondent en une seule, la m\u00eame, toujours la\u00a0m\u00eame, douce\u00e2tre et m\u00e9tallique, ent\u00eatante, celle du sang d\u00e9vers\u00e9 hors du corps et qui stagne en flaques visqueuses, brunissantes.<\/p>\n<p>Babel a l\u2019impression que ses paroles se fondent dans la fum\u00e9e de ses cigarettes, qu\u2019elles s\u2019envolent en spirales bleut\u00e9es qui se fanent, s\u2019effacent, et sans cesse se renouvellent. Des paroles aromatiques, chaudes, \u00e0 go\u00fbt de cire et de pain d\u2019\u00e9pice, et qui reviennent en boucle.<\/p>\n<p>Commence alors une lente d\u00e9rive vers l\u2019insignifiance, il ressent une sensation de fadeur, une impression de vide. Il d\u00e9couvre l\u2019\u00e9tranget\u00e9 de l\u2019ennui, dont il ne comprend pas la cause, et qu\u2019il ne sait pas nommer.<\/p>\n<p>Ce qui gr\u00e9sille en lui, ce sont les mots. Le peu de vocabulaire qu\u2019il avait acquis s\u2019est disloqu\u00e9 sous le choc de l\u2019agression, puis dissous dans la fi\u00e8vre, et des lambeaux de vocables flottent dans sa t\u00eate, s\u2019y heurtent les uns aux autres. Tous ces mots concass\u00e9s, il veut les ressaisir, les reformer, les aff\u00fbter, et surtout les multiplier, il lui faut compenser l\u2019amenuisement de son odorat en s\u2019emparant du langage comme d\u2019un instrument d\u2019exploration des choses et des gens, en faire une facult\u00e9 de perception, un sixi\u00e8me sens qui ramasse et concentre les cinq autres. Une arme pour comprendre tout ce qui se dit, et ce qui se trame dans ces dires.<\/p>\n<p>Il veut aussi pouvoir nommer les choses, les sensations, les sentiments, et plus encore ce qui \u00e9chappe aux sens, \u00e0 la saisie imm\u00e9diate, \u00e0\u00a0l\u2019\u00e9vidence.<\/p>\n<p>Il vit dans la pl\u00e9nitude du pr\u00e9sent au sein d\u2019une rondeur temporelle chaque jour renouvel\u00e9e, non dans l\u2019\u00e9tendue ind\u00e9finie du temps.<\/p>\n<p>Les seules d\u00e9marcations qu\u2019il connaisse sont celles qui serpentent entre le ciel et la terre, un cours d\u2019eau et ses berges, la for\u00eat et ses lisi\u00e8res, et celles, plus incertaines encore, qui se faufilent entre le jour et la nuit, entre hier et aujourd\u2019hui, entre les mots et ce qu\u2019ils nomment\u00a0; et enfin celle, qu\u2019il vient de d\u00e9couvrir, entre la veille et le r\u00eave. Mais ces lignes-l\u00e0 n\u2019instaurent pas de v\u00e9ritable s\u00e9paration, elles sont souples, poreuses, et personne ne les surveille.<\/p>\n<p>La voiture s\u2019engage dans une all\u00e9e bord\u00e9e de platanes \u00e9lagu\u00e9s, plant\u00e9s \u00e0 distance r\u00e9guli\u00e8re. Des centenaires qui dressent leurs branches en \u00e9querre comme des bras de lutteurs aux coudes renfl\u00e9s et aux poings \u00e9normes h\u00e9riss\u00e9s de bourgeons.<\/p>\n<p>Bibliotel.\u00a0Il avait donn\u00e9 au rez-de-chauss\u00e9e et aux \u00e9tages le nom de \u00ab\u00a0tomes\u00a0\u00bb, aux chambres celui de \u00ab\u00a0chapitres\u00a0\u00bb, les couloirs s\u2019appelaient \u00ab\u00a0marges\u00a0\u00bb, les portes \u00ab\u00a0pages de garde\u00a0\u00bb, les lits \u00ab\u00a0in-folio\u00a0\u00bb, les draps et les taies d\u2019oreillers \u00ab\u00a0buvards\u00a0\u00bb, car selon lui s\u2019y impr\u00e9gnaient les r\u00eaves, les g\u00e9missements, les souffles et les humeurs des corps des dormeurs. Aux miroirs qui ornaient les murs des chambres en abondance, revenait le titre de \u00ab\u00a0palimpsestes\u00a0\u00bb, les reflets de tous ceux et celles qui s\u2019y \u00e9taient un instant profil\u00e9s se recouvrant les uns les autres en strates impalpables. Les fen\u00eatres \u00e9taient qualifi\u00e9es de \u00ab\u00a0pupitres\u00a0\u00bb, le jour y d\u00e9posant des feuillets de lumi\u00e8re, la pluie des signes follets, le brouillard des touffes d\u2019ombre, la nuit un volume noir.<\/p>\n<p>La compagnie de la corneille, et celle des b\u00eates qu\u2019il croisait, parfois c\u00f4toyait dans la for\u00eat, lui manquent d\u2019un coup terriblement. Jamais, aupr\u00e8s d\u2019elles, il n\u2019a connu l\u2019angoisse, la m\u00e9fiance, la d\u00e9ception ou la solitude, si l\u2019une est hostile, agressive, la menace est manifeste, si l\u2019une se laisse approcher, amadouer, son innocuit\u00e9 est r\u00e9elle, elles ne feignent pas, ne trichent pas.<\/p>\n<p>Ils se flairent du regard, ils s\u2019inspectent droit dans les yeux sans ciller, sans embarras, leur curiosit\u00e9 a l\u2019effronterie placide de la candeur.<\/p>\n<p>Ils ne d\u00e9c\u00e8lent rien qui puisse les mettre en garde, pas de danger embusqu\u00e9 dans un recoin mental du vis-\u00e0-vis, ils ne sentent l\u2019un chez l\u2019autre que du vide en \u00e9moi, que du r\u00eave en alarme, que des murmures en attente d\u2019un lever d\u2019\u00e9locution.<\/p>\n<p>Le lunaire Babel, en lieu et place de l\u2019\u00e9clatante Zelda. Comme il a autrefois troqu\u00e9 la gu\u00e9rilla contre une vie rang\u00e9e, s\u00e9dentaire, aupr\u00e8s d\u2019un fr\u00e8re somnambulique.<\/p>\n<p>Sa force, peut-\u00eatre, r\u00e9sulte de cette indiff\u00e9rence \u00e0 son pass\u00e9 inconnu, englouti dans la guerre, \u00e0 cette part abolie de sa m\u00e9moire. S\u2019il se retournait, il risquerait d\u2019\u00eatre saisi de vertige, de d\u00e9gringoler dans le gouffre qui b\u00e9e derri\u00e8re lui.<\/p>\n<p>J\u2019ai appris que nous avons la m\u00eame origine, nous, les vivants, tous les vivants. La terre, les \u00e9l\u00e9ments.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait effac\u00e9 \u00e0 l\u2019extr\u00eame, un homme-ombre qui ne faisait aucun bruit.<\/p>\n<p>Certains jours, en prenant connaissance de l\u2019actualit\u00e9 ou de bas faits du pass\u00e9, il ressent une honte cuisante d\u2019appartenir \u00e0 l\u2019esp\u00e8ce humaine. La plus f\u00e9roce des b\u00eates sauvages para\u00eet inoffensive en comparaison, sa nuisance reste limit\u00e9e et d\u00e9nu\u00e9e de calcul, d\u2019orgueil et de duplicit\u00e9.<\/p>\n<p>Ce recours aux animaux pour d\u00e9fouler sa rage, sa peur ou son m\u00e9pris, et tout autant pour les exciter, s\u2019il est diffus dans le langage quotidien, se concentre \u00e0 l\u2019exc\u00e8s dans certains films d\u2019horreur et jeux vid\u00e9o o\u00f9 telle esp\u00e8ce d\u2019oiseaux, telle cat\u00e9gorie d\u2019insectes ou de mammif\u00e8res allant du chat au singe est diabolis\u00e9e.<\/p>\n<p>Il n\u2019aime pas \u00eatre agress\u00e9 par le fracas du monde d\u00e8s son lever, ou plomb\u00e9 juste avant d\u2019aller dormir par le poids des mauvaises nouvelles dont regorgent les informations.<\/p>\n<p>Ne pas dire la mort, ne pas la nommer, pour tenter d\u2019en limiter la port\u00e9e, de contenir la douleur.<\/p>\n<p>Et il faut vaille que vaille essayer de sauvegarder une capacit\u00e9 d\u2019\u00e9merveillement devant le monde, et d\u2019amiti\u00e9 entre humains.<\/p>\n<p>Il a re\u00e7u sa part de fraternit\u00e9, des destructeurs la lui ont arrach\u00e9e, mais sous la douleur de ce rapt, il conserve la joie d\u2019avoir un jour re\u00e7u cette part d\u2019amour et d\u2019amiti\u00e9, et cette joie, personne ne pourra la lui retirer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Voir aussi\u00a0: Auteur coup de c\u0153ur (<a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=660\">article<\/a>)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur : coup de c\u0153ur (voir article) R\u00e9sum\u00e9\u00a0: Son obscure naissance au c\u0153ur d&rsquo;une for\u00eat en pleine guerre civile a fait de lui un enfant sauvage qui ne conna\u00eet rien des conduites humaines. 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