{"id":414,"date":"2014-04-03T14:12:28","date_gmt":"2014-04-03T13:12:28","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=414"},"modified":"2014-04-03T14:12:29","modified_gmt":"2014-04-03T13:12:29","slug":"couto-mia-poisons-de-dieu-remedes-du-diable-01-2013","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=414","title":{"rendered":"Couto Mia \u00ab\u00a0\u00a0\u00bbPoisons de Dieu, rem\u00e8des du diable\u00a0\u00bb (01\/ 2013)"},"content":{"rendered":"<p>aru chez M\u00e9taili\u00e9<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong> : Sid\u00f3nio Rosa est tomb\u00e9 \u00e9perdument amoureux de Deolinda, une jeune Mozambicaine, au cours d&rsquo;un congr\u00e8s m\u00e9dical \u00e0 Lisbonne, ils se sont aim\u00e9s puis elle est repartie chez elle. Il se met \u00e0 sa recherche et s&rsquo;installe comme coop\u00e9rant \u00e0 Vila Cacimba. Il y rencontre les parents de sa bien-aim\u00e9e, entame des relations ambigu\u00ebs avec son p\u00e8re et attend patiemment qu&rsquo;elle revienne de son stage. Mais reviendra-t-elle un jour ?<\/p>\n<p>L\u00e0, dans la brume qui envahit paysage et \u00e2mes, il d\u00e9couvre les secrets et les myst\u00e8res de la petite ville, la famille des Sozinho, Munda et Bartolomeu, le vieux marin. L&rsquo;Administrateur et sa Petite \u00c9pouse, la messag\u00e8re myst\u00e9rieuse \u00e0 la robe grise qui r\u00e9pand les fleurs de l&rsquo;oubli. Les femmes d\u00e9sirantes et abandonn\u00e9es. L&rsquo;absence dont on ne gu\u00e9rit jamais.<\/p>\n<p>Un roman au charme inqui\u00e9tant \u00e9crit dans une langue unique.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong> :<\/p>\n<p>Le personnage principal ? Un mourant&#8230; ou une Afrique moribonde atteinte d\u2019un mal qui attaque les fondements m\u00eame de son \u00eatre et de ses pens\u00e9es.. Un r\u00e9cit sur le mal de vivre, sur le manque et la solitude, l\u2019enfermement, la non-communication, la peur \u2026 Les personnages vivent-ils dans le pass\u00e9 ou le pr\u00e9sent, dans l\u2019espoir ou les souvenirs ? Tout se m\u00e9lange et la magie de l\u2019Afrique impr\u00e8gne le r\u00e9cit. Un blanc, des mul\u00e2tres, des noirs\u2026 des incompr\u00e9hensions tant culturelles que \u00ab colorielles \u00bb\u2026 Un pays, une ville, une maison, des personnages\u2026 tous s\u2019accrochent au pass\u00e9 et tentent de r\u00e9sister dans une atmosph\u00e8re ou tout se d\u00e9lite, se d\u00e9labre, s\u2019effrite, tombe en poussi\u00e8re\u2026 le monde dans lequel ils vivent est un enchev\u00eatrement de croyances, de mensonges, de haines, de ranc\u0153ur, et d\u2019amour aussi\u2026 Mais qui sont r\u00e9ellement les personnages? des ombres, des vivants, des souvenirs ? les objets se muent en personnages et les personnages deviennent ombres. \u00abApr\u00e8s tant d&rsquo;ann\u00e9es, on ne vit plus dans la maison, on devient la maison o\u00f9 l&rsquo;on vit. C&rsquo;est comme si les murs habillaient notre \u00e2me\u00bb. Magnifiquement \u00e9crit et superbement traduit, dans une langue qui m\u2019appartient qu\u2019\u00e0 lui.<\/p>\n<p>Un bijou ! Un roman et \u00e0 la fois un long po\u00e8me d\u00e9senchant\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong> :<\/p>\n<p><em>\u00a0(Difficile de ne pas recopier tout le livre!!!!!!)<\/em><\/p>\n<p>\u00ab On fait tous l&rsquo;\u00e9loge du r\u00eave qui est la compensation de la vie. Mais c&rsquo;est le contraire, docteur. Vivre est n\u00e9cessaire pour se reposer des r\u00eaves.<\/p>\n<p>&#8211; R\u00eaver ne vous rend que plus vivant.<\/p>\n<p>&#8211; Pourquoi ? Je suis fatigu\u00e9 d\u2019\u00eatre vivant. Etre vivant ce n\u2019est pas vivre \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Apr\u00e8s tant d&rsquo;ann\u00e9es, on ne vit plus dans la maison, on devient la maison o\u00f9 l&rsquo;on vit. C&rsquo;est comme si les murs habillaient notre \u00e2me\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Je n&rsquo;aime pas que vous me demandiez de respirer. Ce n&rsquo;est pas une chose \u00e0 demander \u00e0 quelqu&rsquo;un \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019est l\u2019oubli et non la mort qui nous maintiennent en dehors de la vie \u00bb<\/p>\n<p>\u00abA tant aller et venir, il confondait d\u00e9part et destination. A tant vivre en mer, il avait perdu sa patrie sur terre. Il n\u2019\u00e9tait de nulle part. D\u2019une vague d\u00e9faite en \u00e9cume : c\u2019\u00e9tait celle-l\u00e0 son appartenance. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u2026 il a foutu mes ann\u00e9es en l\u2019air, maintenant je souffre de rides jusque dans mon \u00e2me. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Celui qui n\u2019est au courant de rien se m\u00e9fie toujours de tout. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Ce n&rsquo;est pas que je sois malheureuse. C&rsquo;est heureuse que je ne suis pas.<\/p>\n<p>Et elle explique : la double absence de bonheur et de malheur est encore plus douloureuse que la souffrance. Le v\u00e9ritable ch\u00e2timent, ce n&rsquo;est pas l&rsquo;enfer avec ses flammes d\u00e9voratrices. La plus grande punition, c&rsquo;est le purgatoire \u00e9ternel.<\/p>\n<p>&#8212; J&rsquo;ai appris une chose dans la vie. Celui qui a peur du malheur ne parvient jamais \u00e0 \u00eatre heureux.<\/p>\n<p>\u00ab La m\u00e8re passe ses doigts sur le papier comme si elle peignait les lignes du manuscrit. L\u2019index d\u00e9chiffre lettre par lettre un quelconque code occulte, une carte dessin\u00e9es sur son c\u0153ur. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab \u2026cette nuit, quand les \u00e9toiles na\u00eetront, il ouvrira la porte de la terrasse et restera l\u00e0 \u00e0 discuter avec les absents. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab A quel moment pr\u00e9cis s\u2019endort-on ? Quand quitte-t-on le monde, tomb\u00e9 au fond de l\u2019\u00e2me ? Quand ne nous reste-t-il plus qu\u2019un dernier rai de lumi\u00e8re, des \u00e9chos de voix souffl\u00e9es de si loin qu\u2019on dirait les rumeurs des anges ? \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab \u2026le fait d\u2019avoir v\u00e9cu n\u2019existe pas. Vivre est un verbe sans pass\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019\u00e2ge est une maladie soudaine : il surgit quand on s\u2019y attend le moins, une simple d\u00e9sillusion, une violation de l\u2019espoir. Nous ne sommes ma\u00eetres du Temps que lorsque le Temps nous oublie. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Avant je recevais des lettres, maintenant on m\u2019\u00e9crit des ordonnances. Ce que j\u2019ai maintenant, \u00e0 cot\u00e9 de mon lit, ce n\u2019est plus une petite table de chevet. C\u2019est une table pour m\u2019achever. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Les photos transforment les membres de la famille en meubles. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab En amour, seuls les infinis existent \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Cette nuit-l\u00e0, le corps de l\u2019un fut le drap de l\u2019autre. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Aimer, dit-il, C\u2019est \u00eatre toujours en train d\u2019arriver. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab On part \u00e0 l\u2019\u00e9tranger lorsque notre pays nous a d\u00e9j\u00e0 quitt\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019\u00e9vanouissement est une mort paresseuse, un d\u00e9c\u00e8s de courte dur\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00ab Rire ensemble, c\u2019est parler la m\u00eame langue. Ou, peut-\u00eatre, le rire est-il une langue ant\u00e9rieure que nous avons perdue peu \u00e0 peu \u00e0 mesure que le monde cessait d\u2019\u00eatre \u00e0 nous. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab &#8211; O\u00f9 est-ce que vous vivez ? lui demandait-on.<\/p>\n<p>&#8211; Je ne vis pas, j\u2019habite seulement, r\u00e9pondait-il invariablement. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab &#8211; J\u2019ai des \u00e9tourdissements, docteur.<\/p>\n<p>&#8211; Des \u00e9tourdissements ou des vertiges ?<\/p>\n<p>&#8211; Quelle est la diff\u00e9rence?<\/p>\n<p>&#8211; Dans l\u2019\u00e9tourdissement, on se sent tourner et le monde est arr\u00eat\u00e9. Dans le vertige, c\u2019est le monde qui tourne.<\/p>\n<p>&#8211; Dans mon cas, tout tourne, docteur. Moi et le monde dansons ensemble. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Elle pr\u00e9f\u00e9rait ainsi qu\u2019il subsist\u00e2t une poussi\u00e8re de doute sur le sujet. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Le temps est le mouchoir de chaque larme.<\/p>\n<p>Et elle compl\u00e8te le proverbe : l\u2019oubli est la derni\u00e8re mort des morts. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab R\u00eaver est une fa\u00e7on de mentir \u00e0 la vie, une vengeance contre un destin toujours tardif et rare. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Le secret dans une vie rafistol\u00e9e, c\u2019est de garder le fils dans l\u2019aiguille et savoir profiter de l\u2019occasion. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab La personne qu\u2019on aime est enterr\u00e9e partout. \u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>aru chez M\u00e9taili\u00e9 R\u00e9sum\u00e9 : Sid\u00f3nio Rosa est tomb\u00e9 \u00e9perdument amoureux de Deolinda, une jeune Mozambicaine, au cours d&rsquo;un congr\u00e8s m\u00e9dical \u00e0 Lisbonne, ils se sont aim\u00e9s puis elle est repartie chez elle. 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