{"id":4203,"date":"2017-04-11T08:57:49","date_gmt":"2017-04-11T07:57:49","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4203"},"modified":"2017-04-11T09:27:39","modified_gmt":"2017-04-11T08:27:39","slug":"viel-tanguy-article-353-du-code-penal-2017","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4203","title":{"rendered":"Viel, Tanguy \u00abArticle 353 du code p\u00e9nal\u00bb (2017)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong> : Apr\u00e8s une enfance en Bretagne, Tanguy Viel vit successivement \u00e0 Bourges, Tours puis Nantes avant de venir s&rsquo;installer pr\u00e8s d&rsquo;Orl\u00e9ans.<\/p>\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 pensionnaire de la Villa M\u00e9dicis en 2003-20042. Publi\u00e9 d\u00e8s son premier ouvrage par les \u00e9ditions de Minuit, il a re\u00e7u le prix F\u00e9n\u00e9on et le prix litt\u00e9raire de la vocation pour son roman L&rsquo;Absolue Perfection du crime et le Grand prix RTL-Lire pour Article 353 du Code p\u00e9nal3. Il est l\u2019un des 3 finalistes du Prix\u00a0du Public\u00a0Salon du Livre Gen\u00e8ve\u00a02017 :<\/p>\n<p>176 pages \u2013 Editions de Minuit &#8211;<\/p>\n<p><strong>Petit conseil<\/strong>: C&rsquo;est le premier livre que je lis de cet auteur : bouleversant, prenant,\u00a0\u00e0 lire absolument\u00a0! Gros coup de c\u0153ur. C\u2019est en voyant qu\u2019il \u00e9tait parmi les trois finalistes du Prix du Salon du livre de Gen\u00e8ve que j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de le lire. J\u2019ai juste voulu savoir qui serait \u00ab en face\u00a0\u00bb de la Baleine Th\u00e9ba\u00efde de Raufast (et je pense aussi lire <em>La Sonate \u00e0 Bridgetower<\/em> d\u2019Emmanuel Dongala) .\u00a0 si je puis vous donner un conseil&#8230; ne lisez pas le r\u00e9sum\u00e9 du livre ( raison pour laquelle exceptionnellement le r\u00e9sum\u00e9 est apr\u00e8s mon ce petit conseil) \u00a0.. Lisez ce petit livre qui est un gros coup de c\u0153ur et seulement apr\u00e8s lisez le r\u00e9sum\u00e9 et mon commentaire..\u00a0.. <em>c&rsquo;est un\u00a0roman qui devrait plaire \u00e0\u00a0Laurence, CatW , Corinne,\u00a0Marie-Jos\u00e8phe, B\u00e9abab\u00a0et aussi \u00e0 ceux qui aiment les romans de soci\u00e9t\u00e9.<\/em> Plongez d&rsquo;abord et lisez les critiques apr\u00e8s&#8230; <strong><em>Donc STOP et rendez vous apr\u00e8s la lecture&#8230;<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Pour avoir jet\u00e9 \u00e0 la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d&rsquo;\u00eatre arr\u00eat\u00e9 par la police. Au juge devant lequel il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9f\u00e9r\u00e9, il retrace le cours des \u00e9v\u00e9nements qui l&rsquo;ont men\u00e9 l\u00e0 : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis surtout, les miroitants projets de Lazenec. Il faut dire que la tentation est grande d&rsquo;investir toute sa prime de licenciement dans un bel appartement avec vue sur la mer. Encore faut-il qu&rsquo;il soit construit.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong> : En lisant le titre j\u2019avais pens\u00e9 petit cot\u00e9 polar\u2026 et bien non. Roman psychologique, social, sur la lutte des classes, sur le rapport p\u00e8re\/fils, riche\/ouvrier. Tout en finesse. De fait un sujet sur les r\u00e9actions des braves gens face \u00e0 des promoteurs v\u00e9reux. Sur le sens de l\u2019honneur, la honte, la cr\u00e9dulit\u00e9, sur l\u2019herm\u00e9tisme des marins bretons. C\u2019est le cheminement sinueux int\u00e9rieur d\u2019un homme. Deux personnages\u00a0: un juge \u00e0 l\u2019\u00e9coute et la confession d&rsquo;un homme qui se fait pi\u00e9ger par un r\u00eave au-dessus de sa condition, mais c\u2019est moins un \u00e9change qu\u2019un monologue. C\u2019est un livre sur la confiance\u2026 le style est en ad\u00e9quation avec le mental du meurtrier. je n&rsquo;en dis pas plus car je ne veux rien d\u00e9florer&#8230;<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>tout, \u00e0 cet instant, s\u2019\u00e9crivait \u00e0 l\u2019encre noire dans l\u2019\u0153il d\u2019un autre.<\/p>\n<p>Je crois que c\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu\u2019il a commenc\u00e9 \u00e0 pleuvoir\u00a0un peu, une bruine sans vent qui ne fait pas de bruit quand elle touche le sol et m\u00eame enveloppe l\u2019air d\u2019une sorte de douceur \u00e9trange \u00e0 force de p\u00e9n\u00e9trer la mati\u00e8re et comme la faisant taire.<\/p>\n<p>un couteau dans une plaie qu\u2019il rouvrait en moi sans que je distingue s\u2019il le faisait par amusement ou si seulement il suivait la ligne\u00a0droite des faits, si la ligne droite des faits, c\u2019\u00e9tait aussi la somme des omissions\u00a0et renoncements et choses inaccomplies, si la ligne droite des faits, c\u2019\u00e9tait comme l\u2019encha\u00eenement de mauvaises r\u00e9ponses \u00e0 un grand questionnaire.<\/p>\n<p>elle a commenc\u00e9 \u00e0 trouver que je passais trop de temps \u00e0 la maison, comme quoi nous, les hommes, il vaut mieux qu\u2019on soit tr\u00e8s occup\u00e9s, sinon visiblement on devient insupportables, en tout cas les femmes elles nous trouvent vite insupportables<\/p>\n<p>si on pouvait seulement entrevoir le d\u00e9mon dans le c\u0153ur des gens, si on pouvait voir \u00e7a au lieu d\u2019une peau bien lisse et souriante, cela se saurait, n\u2019est-ce pas\u00a0?<\/p>\n<p>alors il s\u2019est d\u00e9brouill\u00e9 avec ce qu\u2019il pouvait, avec des \u00ab\u00a0c\u2019est-\u00e0-dire\u00a0\u00bb, des \u00ab\u00a0enfin\u00a0\u00bb et des \u00ab\u00a0vous voyez\u00a0\u00bb, pourvu qu\u2019\u00e0 la fin, je comprenne que \u00ab\u00a0servitude\u00a0\u00bb, \u00e7a ne voulait peut-\u00eatre pas dire esclave, mais enfin \u00e7a voulait quand m\u00eame dire \u00ab\u00a0\u00e9pine dans le pied\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>ce n\u2019est jamais bon signe de croiser deux fois dans la m\u00eame journ\u00e9e un gars qu\u2019on ne connaissait pas la veille.<\/p>\n<p>le premier qui s\u2019approche et rompt la solitude, on s\u2019en fiche de savoir qui c\u2019est, pourvu que tout s\u2019engouffre et s\u2019encastre en vous comme une pi\u00e8ce de puzzle que vous auriez d\u00e9coup\u00e9e expr\u00e8s pour qu\u2019elle \u00e9pouse les contours de votre \u00e2me.<\/p>\n<p>Parce que c\u2019est un probl\u00e8me insoluble, de savoir quand quelqu\u2019un comme lui s\u2019approche de vous, de savoir \u00e0 quel instant la piq\u00fbre a eu lieu.<\/p>\n<p>Il y a eu une faille en moi et il y est entr\u00e9 comme le vent, parce qu\u2019il soufflait autant que le vent,\u00a0toujours pr\u00eat \u00e0 se jeter dans toute br\u00e8che ou fissure du faux mur que j\u2019avais pourtant essay\u00e9 de faire passer pour de la brique, mais enfin je ne suis pas en granit.<\/p>\n<p>c\u2019est comme si le capitaine qui \u00e9tait cens\u00e9 habiter avec moi dans mon cerveau, c\u2019est comme s\u2019il avait d\u00e9sert\u00e9 le navire avant m\u00eame le d\u00e9but du naufrage.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas qu\u2019il y ait long en distance du cerveau vers les l\u00e8vres mais quelquefois quand m\u00eame \u00e7a peut vous para\u00eetre des kilom\u00e8tres, que le trajet pour une phrase, ce serait comme traverser un territoire en guerre avec un sac de cailloux sur l\u2019\u00e9paule, au point qu\u2019\u00e0 un moment la pens\u00e9e pourtant ferme et solide et rumin\u00e9e cent fois, elle pr\u00e9f\u00e8re se retrancher comme derri\u00e8re des sacs de sable.<\/p>\n<p>Maintenant je demande\u00a0: est-ce que le silence, c\u2019est comme l\u2019obscurit\u00e9\u00a0? Un trop bon climat pour les champignons et les mauvaises pens\u00e9es\u00a0? Maintenant c\u2019est s\u00fbr que je dirais volontiers \u00e7a, que les vraies plantes et les fleurs, elles s\u2019\u00e9panouissent en plein jour, et qu\u2019il faut parler, oui, il faut parler et faire de la lumi\u00e8re partout, oui, dans toutes les enfances, il ne faut pas laisser la nuit ni l\u2019inqui\u00e9tude gagner.<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre que la m\u00e9moire ce n\u2019est rien d\u2019autre que \u00e7a, les bords coupants des images int\u00e9rieures, je veux dire, pas les images elles-m\u00eames mais le ballottement d\u00e9chirant des images \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de nous, comme serr\u00e9es par des cha\u00eenes qui les emp\u00eachent de se d\u00e9tacher, mais les frottements qui les tendent et les retiennent, \u00e7a fait comme un vautour qui vous d\u00e9chire les chairs, et qu\u2019alors s\u2019il n\u2019y a pas un d\u00e9mon ou un dieu pour vous lib\u00e9rer, le supplice peut durer des ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Les gens comme moi, ils ont besoin de logique, et la logique voudrait qu\u2019un gars m\u00e9chant soit m\u00e9chant tout le temps, pas seulement un tiers du temps.<\/p>\n<p>l\u2019alcool et le vent qui faisaient comme deux serre-livres qui nous maintenaient droits, parfaitement droits dans la nuit claire.<\/p>\n<p>Il y a toujours cela, un jour et une heure o\u00f9 les choses basculent et alors on ne peut plus faire comme si\u00a0\u2013\u00a0je veux dire, comme si \u00e7a n\u2019avait pas eu lieu. Ce n\u2019est peut-\u00eatre qu\u2019un grain de plus qui tombe dans le sablier, mais enfin c\u2019est le grain de trop, apr\u00e8s quoi plus rien n\u2019est pareil, tout s\u2019\u00e9croule ou se succ\u00e8de, les \u00e9v\u00e9nements tombent les uns sur les autres comme les vers d\u2019un po\u00e8me.<\/p>\n<p>je n\u2019ai pas tourn\u00e9 la t\u00eate d\u2019un centi\u00e8me vers lui quand dans le silence on partageait bien assez nos pens\u00e9es, quand le langage lui-m\u00eame est un luxe inutile, puisqu\u2019il n\u2019y avait rien de plus \u00e0 dire, rien de plus \u00e0 comprendre, du moins si comprendre c\u2019est faire une phrase qui justement s\u2019articule et s\u2019\u00e9claire avec des \u00ab\u00a0donc\u00a0\u00bb et des \u00ab\u00a0alors\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>j\u2019ai essay\u00e9 de faire le point comme on peut faire quelquefois dans sa vie, \u00e0 vouloir en reprendre toutes les coordonn\u00e9es, comme au compas sur une carte marine mesurer les distances des amers et conclure d\u2019une petite croix faite au crayon de papier \u00ab\u00a0voil\u00e0, j\u2019en suis l\u00e0\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Photo<\/strong>\u00a0: mouette (Lago Nahuel Huap\u00ed \/ Patagonie)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur : Apr\u00e8s une enfance en Bretagne, Tanguy Viel vit successivement \u00e0 Bourges, Tours puis Nantes avant de venir s&rsquo;installer pr\u00e8s d&rsquo;Orl\u00e9ans. 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