{"id":4315,"date":"2017-05-08T13:40:29","date_gmt":"2017-05-08T12:40:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4315"},"modified":"2017-05-08T13:40:29","modified_gmt":"2017-05-08T12:40:29","slug":"challandes-pierre-la-main-2017","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4315","title":{"rendered":"Challandes, Pierre \u00abLa main\u00bb (2017)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur\u00a0<\/strong>: Pierre Challandes est n\u00e9 \u00e0 Lausanne en 1943. En 1969, avec seulement 5 000 francs suisses, son \u00e9pouse et lui partent \u00e0 travers le Sahara et l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest. Pendant un an et demi ils parcourent 39 000 km en 2 CV Citro\u00ebn. A leur retour, la d\u00e9cision est prise : se lever non pas pour travailler, mais pour le plaisir de r\u00e9aliser ses passions, ses r\u00eaves et de rencontrer son prochain. En 1972, l&rsquo;auteur cr\u00e9e un parc d&rsquo;accueil pour animaux sauvages. Il y travaille b\u00e9n\u00e9volement jusqu&rsquo;\u00e0 ce jour, exer\u00e7ant divers m\u00e9tiers pour nourrir sa famille et les pensionnaires du parc. En 2010, lib\u00e9r\u00e9 des travaux journaliers du parc, il profite de toutes les possibilit\u00e9s pour entreprendre des exp\u00e9ditions dans les contr\u00e9es les plus recul\u00e9es de notre Terre, ferments peut-\u00eatre de futurs \u00e9crits.<\/p>\n<p>(Editions Pers\u00e9e \u2013 mars 2017)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>: La rencontre et le contact entre la main d&rsquo;un mourant et celle d&rsquo;un vivant entra\u00eenent l&rsquo;un et l&rsquo;autre dans un r\u00eave o\u00f9 se m\u00ealent amiti\u00e9, souvenirs, r\u00e9confort, bonheur, humour, d\u00e9lires et philosophie, composant un v\u00e9ritable hymne \u00e0 la vie. \u00ab\u00a0La facult\u00e9 de se mettre dans la peau des autres et de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la mani\u00e8re dont on agirait \u00e0 leur place est tr\u00e8s utile si on veut apprendre \u00e0 aimer quelqu&rsquo;un\u00a0\u00bb, (Dala\u00ef-lama)<\/p>\n<p><strong>Avant-propos<\/strong>\u00a0: Les d\u00e9lires et les vagues souvenirs d\u2019un mourant qui se m\u00e9langent avec humour aux r\u00eaves philosophiques et aux souvenirs d\u2019un vivant donnent par empathie et par une amiti\u00e9 subite un troisi\u00e8me personnage qui vit toute une vie dans les quelques heures qui pr\u00e9c\u00e8dent sa mort. C\u2019est un r\u00eave, dans lequel le cours du temps n\u2019existe plus.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Tout d\u2019abord merci \u00e0 mon amie Genevi\u00e8ve de m\u2019avoir fait d\u00e9couvrir ce petit livre. L\u2019auteur, je le\u00a0vois \u00e9voluer\u00a0depuis 40 ans\u2026 Du temps du Man\u00e8ge de Gen\u00e8ve, puis\u00a0dans\u00a0ses parcs animaliers, il a eu mon chat Nedjem qui vient de disparaitre en pension et j\u2019ai toujours aim\u00e9 sa douceur et sa disponibilit\u00e9. Alors ce petit livre ne fait que me conforter dans l\u2019humanit\u00e9 d\u00e9tect\u00e9e dans l\u2019homme et dans sa conception de la vie.<\/p>\n<p>La vie est fleurs, nature, animaux, odeurs, sons, couleurs\u2026 Mais la vie est avant tout \u00ab\u00a0tactile\u00a0\u00bb. Pas besoin de mots pour se comprendre et aimer. Un regard, un contact, une caresse. Le geste qui parle et dit \u00ab\u00a0je suis l\u00e0, je t\u2019accompagne\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Alors oui le sujet est grave\u00a0; les derniers moments d\u2019une personne atteinte d\u2019un cancer qui m\u00e9lange pass\u00e9 et pr\u00e9sent, s\u2019attarde dans ses r\u00eaves, se soucie de personnes qui ne sont plus et qui tente de se rattacher \u00e0 l&rsquo;existence par le faibles fils qui restent \u00e0 sa disposition. Les quelques pages qui parlent de la maladie sont difficiles, surtout pour celles et ceux qui sont ou ont \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s \u00e0 la disparition de proches. Mais ce livre est surtout un livre d\u2019amour, de partage, de don. Qui nous montre que la pr\u00e9sence est l\u2019ultime preuve de r\u00e9confort et d\u2019amour \u00e0 donner \u00e0 ceux qui ne peuvent plus communiquer\u2026 Une main tendue, la chaleur d&rsquo;une pr\u00e9sence, m\u00eame silencieuse&#8230; Un contact qui rassure, qui donne l\u2019amour et accompagne. On ne parle pas avec des mots mais on donne de soi. On perp\u00e9tue le lien entre les \u00eatres. La chaleur, humaine ou animale,\u00a0 accompagne les moments difficiles, m\u00eal\u00e9s aux souvenirs qui se tissent avec les r\u00eaves\u2026 Pierre Challandes parle aux \u00eatres, aux animaux, mais surtout il tend la main et offre paix et amour\u2026 Et nul doute que le jour venu d\u2019accompagner \u00e0 nouveau des \u00eatres qui souffrent, je vais\u00a0prendre d\u00e9licatement\u00a0la main, pour \u00eatre le lien entre le vivant qui reste et la vie qui s\u2019enfuit\u2026Bouleversant dans sa v\u00e9rit\u00e9 et sa simplicit\u00e9&#8230; Quand les mots s&rsquo;estompent, sachons garder le contact et simplement accompagner&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0: ( j\u2019ai peut-\u00eatre mis trop de citations\u00a0; merci de me le signaler si jamais)<\/p>\n<p>Le temps n\u2019existe plus, mon existence a fondu. Le pass\u00e9, le pr\u00e9sent se sont rejoints et il n\u2019y a plus de futur.<\/p>\n<p>Illusion, mon regard est retourn\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Il ne voit que les images de mes souvenirs. Souvenirs, reflets, illusions ou r\u00e9alit\u00e9\u2009? Je ne sais plus<\/p>\n<p>Nous restons clo\u00eetr\u00e9s dans des convictions, des pr\u00e9jug\u00e9s et des conventions qui nous ferment le c\u0153ur \u00e0 ces rencontres tactiles, qui vont au-del\u00e0 d\u2019un simple geste de salutation ou de compassion. Lorsque la vieillesse ou la maladie nous rend vacillants et que le voile de la mort commence \u00e0 recouvrir notre visage, comme l\u2019enfant, nous recherchons la main secourable.<\/p>\n<p>Les souvenirs sont importants. \u00c0 travers ceux-ci, on peut revivre et faire revivre ceux qu\u2019on a aim\u00e9s\u2026 Dans une autre dimension\u2026<\/p>\n<p>Dans un sursaut de survie, j\u2019ai accept\u00e9 cette empathie et attrap\u00e9 au vol la Main qui se tendait et qui m\u2019a apport\u00e9 un bien-\u00eatre, un bonheur jusqu\u2019alors inconnu.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je suis responsable de ce que je dis, mais pas de ce que tu comprends\u00a0\u00bb. Il ne prenait pas de risque, il se taisait.<\/p>\n<p>Mon \u00e2me n\u2019\u00e9tait qu\u2019une auberge de passage dans laquelle aucune \u00e9motion ou souvenir ne s\u2019arr\u00eatait. Je n\u2019avais plus de r\u00e9actions ou si minimes que je ne tenais plus rien pour mal plut\u00f4t que de protester devant rien.<\/p>\n<p>Le doute nous bouscule, il est le chemin de la connaissance, de la libert\u00e9 de penser, de la Libert\u00e9 tout simplement. La certitude, pr\u00f4n\u00e9e par les dogmes, nous ouvre un chemin tout droit, sans bosses ni creux, sans intersection. C\u2019est la voie et la voix de l\u2019ignorance, voire du fanatisme.<\/p>\n<p>Pout \u00eatre libre, il faut en avoir conscience. Il faut avoir la libert\u00e9 d\u2019inventer sa vie \u00e0 chaque instant et de s\u2019accepter tel que l\u2019on est.<\/p>\n<p>Les gens \u00e0 chiens sont des sages, ils gagnent sur deux tableaux\u2009: non seulement ils ont la possibilit\u00e9 de dialoguer avec leur chien, mais ils peuvent aussi en parler\u2009!<\/p>\n<p>Depuis que j\u2019ai un chien, je ne trouve plus cela ridicule. Je lui parle sans cesse dans un langage particulier. C\u2019est un langage du c\u0153ur pour lequel aucune langue \u00e9trang\u00e8re n\u2019a besoin d\u2019\u00eatre apprise, elle n\u2019a pas besoin de paroles. C\u2019est avant tout un \u00e9change tactile plein de mots d\u2019amiti\u00e9, de mots oubli\u00e9s, de compliments comme je n\u2019en fais \u00e0 personne. C\u2019est un langage du c\u0153ur, le m\u00eame que celui que j\u2019ai d\u00e9couvert avec la Main lorsqu\u2019elle s\u2019est tendue vers moi<\/p>\n<p>Je ne sais si elle ajoute des jours \u00e0 ma vie, mais elle ajoute de la vie aux jours qu\u2019il me reste \u00e0 vivre.<\/p>\n<p>Comme avec mon chien, je peux lui parler sans parole, avec le c\u0153ur\u2026 Et lui me r\u00e9pond de m\u00eame\u2026<\/p>\n<p>La parole n\u2019est plus n\u00e9cessaire. Ce bonheur peut \u00eatre un chat qui se frotte dans vos jambes, un ronron qui r\u00e9sonne sous votre caresse, un regard mi-clos qui vous rassure sur la vie.<\/p>\n<p>Avoir un animal, c\u2019est pouvoir lui parler sans retenue, lui exprimer tous nos sentiments, nos douleurs, nos pens\u00e9es, sans qu\u2019il mette en doute\u00a0ou s\u2019amuse de nos paroles.<\/p>\n<p>la trace de ses pattes est toujours l\u00e0, grav\u00e9e dans mon c\u0153ur\u2026 \u00c7a ne se voit pas, mais \u00e7a me rend heureux.<\/p>\n<p>Des souvenirs\u2026 Ils sont partout, ils nagent autour de moi, poissons rouges, bruns, noirs, multicolores\u2026 IIs gobent le soleil, ma vie\u2026 Pourvu qu\u2019ils n\u2019avalent pas mes r\u00eaves.<\/p>\n<p>Le cancer laisse un peu d\u2019espoir \u00e0 la vie. Comme le milan, je vole, je plane au-dessus de ma condamnation\u2009; je flotte dans mes nuages\u2026<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre que dans un couple l\u2019important n\u2019est pas de vouloir rendre l\u2019autre heureux, mais d\u2019\u00eatre heureux, afin\u00a0d\u2019offrir cette joie \u00e0 l\u2019autre\u2026 Pour aimer quelqu\u2019un, il est n\u00e9cessaire de s\u2019aimer soi-m\u00eame. Alors cet amour ricoche sur l\u2019autre\u2026<\/p>\n<p>Le jour n\u2019a plus d\u2019heure, le temps s\u2019est arr\u00eat\u00e9 sur mes souvenirs intemporels. Chaque moment de r\u00e9veil, de lucidit\u00e9 semble irr\u00e9el\u2026<\/p>\n<p>il recherche notre pr\u00e9sence et, d\u00e9bordant d\u2019amour, vient frotter son museau contre ma main. Il a besoin de r\u00e9confort, il a besoin de ma main, d\u2019un contact qui le tranquillise.<\/p>\n<p>Il pose sa t\u00eate dans ma main. Derri\u00e8re son regard l\u00e9g\u00e8rement voil\u00e9, r\u00eave-t-il aussi\u2009? Galope-t-il,\u00a0court-il\u00a0apr\u00e8s ses souvenirs\u2009? Je le caresse. C\u2019est chaud et r\u00e9confortant. Si tu ne sais pas quoi faire de tes mains, transforme-les en caresses et des caresses, j\u2019en ai besoin.<\/p>\n<p>Le vieillissement d\u2019un chien ou d\u2019un ami a toujours quelque chose de poignant. La vieillesse, la maladie arrivent tout doucement, sur la pointe des pieds. Au d\u00e9but on ne voit pas arriver cette d\u00e9ch\u00e9ance, puis on ne veut pas la voir, on la refuse pour soi et pour les autres\u2026<\/p>\n<p>Une derni\u00e8re caresse, la t\u00eate du\u00a0chien devient lourde sur votre bras, lourde de souvenirs\u2026 Les souvenirs s\u2019encha\u00eenent, se m\u00ealent, en engendrent d\u2019autres<\/p>\n<p>J\u2019ai toujours l\u2019empreinte de ses pattes dans mon c\u0153ur.<\/p>\n<p>Je suis taiseux. C\u2019est depuis peu que je parle\u2026 Silencieusement dans ma t\u00eate\u2026 Ce doit \u00eatre lors de mon op\u00e9ration\u2026 L\u2019anesth\u00e9siste a d\u00fb me piquer avec une aiguille de gramophone\u2026<\/p>\n<p><strong>Le Parc Challandes<\/strong>\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.parc-challandes.ch\/fr\/\">http:\/\/www.parc-challandes.ch\/fr\/<\/a><\/p>\n<p><strong>Image<\/strong>\u00a0: Mon chat qui est parti trop t\u00f4t\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Pierre Challandes est n\u00e9 \u00e0 Lausanne en 1943. En 1969, avec seulement 5 000 francs suisses, son \u00e9pouse et lui partent \u00e0 travers le Sahara et l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest. Pendant un an et demi ils parcourent 39 000 km en 2 CV Citro\u00ebn. A leur retour, la d\u00e9cision est prise : se lever non &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4315\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4316,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[2,28],"tags":[197,142,342,340,343,339,318,344,341],"class_list":["post-4315","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-lectures","category-suisse","tag-amour","tag-animaux","tag-communication","tag-depart","tag-douleur","tag-main","tag-mort","tag-reconfort","tag-souffrance"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4315","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4315"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4315\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4317,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4315\/revisions\/4317"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/4316"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4315"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4315"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4315"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}