{"id":437,"date":"2014-04-15T14:33:58","date_gmt":"2014-04-15T13:33:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=437"},"modified":"2014-04-15T14:33:58","modified_gmt":"2014-04-15T13:33:58","slug":"pancol-katherine-muchachas-ii-04-2014","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=437","title":{"rendered":"Pancol, Katherine \u2013 Muchachas II (04.2014)"},"content":{"rendered":"<p>(Paru chez Albin Michel)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;\u00e9diteur<\/strong>: Ces filles-l\u00e0 sont intr\u00e9pides. Elles ne demandent rien aux autres. Tout \u00e0 elles-m\u00eames. Cachent leur peur sous un sourire. C\u2019est le plus s\u00fbr moyen pour avancer, inventer, s\u2019inventer. Elles se sentent pousser des ailes, s\u2019envolent, tombent et repartent de plus belle. Il y a des secrets, des myst\u00e8res, des trahisons. Des obstacles \u00e0 surmonter. Des mots d\u2019amour lanc\u00e9s \u00e0 la vol\u00e9e. La vie quoi !<\/p>\n<p>Katherine Pancol : un des plus grands ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019\u00e9dition de ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Un succ\u00e8s mondial (traduite dans 27 pays). Depuis leurs sorties, Les Yeux jaunes des crocodiles, La Valse lente des tortues et Les Ecureuils de Central Park sont tristes le lundi sont devenus des classiques.<\/p>\n<p><strong>Mon avis:<\/strong> Ah oui \u2026 Apr\u00e8s un Muchachas 1 un peu poussif, j\u2019ai replong\u00e9 dans Muchachas 2.<\/p>\n<p>J\u2019ai retrouv\u00e9 l\u2019esprit des yeux jaunes. Un livre plein d&rsquo;\u00e9motions, qui donne la p\u00eache, men\u00e9 tambour battant .. enfin tembour.. plut\u00f4t piano et violon ! \u00a0Les deux h\u00e9ros de ce 5\u00e8me tome de la \u00ab\u00a0saga Cort\u00e8s\u00a0\u00bb: Hortense et Gary. Mais aussi des nouveaux ; la violoniste Calypso et sa famille \u00e0 distance, la presque centenaire Elena\u2026 et aussi Jos\u00e9phine et ses doutes, Philippe, Shirley, Zo\u00e9\u2026 et les univers de le musique et de la mode\u2026 Vivement le 3 !<\/p>\n<p><strong>\u00a0Extraits<\/strong>:<\/p>\n<p>Moi, je me couche tellement tard et me l\u00e8ve tellement t\u00f4t que je me croise dans l\u2019escalier<\/p>\n<p>Pourquoi dire oui \u00e0 un truc moyen quand je pourrai bient\u00f4t dire oui \u00e0 un truc formidable<\/p>\n<p>Je ne sais pas ce qui nous arrive, il y a des trous partout entre nous, on marche sur une toile d\u2019araign\u00e9e<\/p>\n<p>On peut \u00e9couter et ne rien entendre, voir et ne rien regarder, regarder et ne rien voir.<\/p>\n<p>On \u00e9tait le 1er avril. Et le printemps faisait semblant de na\u00eetre.<\/p>\n<p>Je suis ce qu\u2019il y a de plus triste au monde : une fille qui ne sert \u00e0 rien\u2026<\/p>\n<p>Il d\u00e9testait ce genre de pimb\u00eaches qui vous piquent sans vergogne le taxi que vous aviez h\u00e9l\u00e9 et lancent d\u00e9sol\u00e9e ! Je l\u2019avais vu avant ! Ces femmes qui sourient sans plisser les yeux, aiment sans donner leur c\u0153ur, mangent sans rien avaler, que du vent, de l\u2019air, z\u00e9ro calorie garanti<\/p>\n<p>J\u2019ai tendu la main pour attraper l\u2019id\u00e9e, et pfft, elle s\u2019est envol\u00e9e<\/p>\n<p>La peur que tu enjambes est le pont vers la r\u00e9ussite.<\/p>\n<p>Laisse faire le temps. C\u2019est lui qui d\u00e9cide. Va te balader. L\u2019artiste travaille m\u00eame quand il est oisif. \u00ab L\u2019artiste est une exception : son oisivet\u00e9 est un travail, et son travail un repos \u00bb, disait Balzac. Prom\u00e8ne-toi.<\/p>\n<p>Tes yeux, quand ils sont heureux, on dirait des noisettes vertes. Quand ils sont col\u00e8re, du mazout sur la mer.<\/p>\n<p>L\u2019une a aim\u00e9, a \u00e9t\u00e9 aim\u00e9e, est rest\u00e9e vibrante, curieuse, g\u00e9n\u00e9reuse. L\u2019autre, avare de sentiments, d\u2019\u00e9motions, d\u2019effusions, est devenue une vieille dame s\u00e8che et rude<\/p>\n<p>Car ce n\u2019est pas tout de r\u00e9ussir, il faut ensuite forger sa l\u00e9gende, s\u2019inventer une vie, grimper sur la lune afin d\u2019\u00e9pater ceux qui, rest\u00e9s en bas, voudraient y monter mais n\u2019ont pas trouv\u00e9 d\u2019\u00e9chelle.<\/p>\n<p>Dr\u00f4le de fille ! Je ne la comprends pas. Souvent elle m\u2019\u00e9nerve mais je l\u2019aime. Je voudrais la prot\u00e9ger<\/p>\n<p>&#8230; et la gifler. La secouer et la cajoler. On est si diff\u00e9rentes<\/p>\n<p>C\u2019est toujours la m\u00eame chose, la m\u00eame vie \u00e0 deux, mais c\u2019est toujours nouveau<\/p>\n<p>Ses yeux racontent bien plus de choses depuis qu\u2019il travaille<\/p>\n<p>Hier donc, il a ouvert les Lettres de Madame de S\u00e9vign\u00e9 et il a soupir\u00e9, moi, j\u2019ouvre les Lettres et je respire l\u2019air frais. L\u2019air qui met de bonne humeur. Qui remplit de belles choses.<\/p>\n<p>Tu sais, je pourrais vivre dans les livres, les manger, les boire, m\u2019en draper. C\u2019est beau, les livres, c\u2019est beau, la vie.<\/p>\n<p>J\u2019ai compris tout d\u2019un coup pourquoi certaines filles disent moi, je tomberai plus jamais amoureuse. J\u2019ai compris que si tu tombes, t\u2019es foutue, parce que si jamais \u00e7a s\u2019arr\u00eate, si jamais le degr\u00e9 de peur d\u00e9passe la limite autoris\u00e9e, c\u2019est la d\u00e9gringolade assur\u00e9e au pays des \u00e9dredons, des fraises Tagada et des musiques supertristes genre Radiohead.<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019amour est ce que tu veux qu\u2019il soit. C\u2019est une grande \u00e9chelle. Elle t\u2019emm\u00e8ne au ciel ou en enfer. \u00c0 toi de choisir<\/p>\n<p>J\u2019aime bien te lire. Et j\u2019aime bien t\u2019\u00e9crire. Et puis je t\u2019aime tout court. Y a pas beaucoup de gens que j\u2019aime. Profites-en ! \u00bb<\/p>\n<p>Elle est tellement concentr\u00e9e qu\u2019elle en devient captive<\/p>\n<p>Elle n\u2019a pas faim, elle le go\u00fbte des yeux et cela la remplit d\u2019une joie gourmande. Soulev\u00e9e par un \u00e9lan myst\u00e9rieux qui l\u2019emporte aussi s\u00fbrement que les notes de son violon<\/p>\n<p>Elle sourit \u00e0 demi. Son c\u0153ur chante. Elle aime ! Elle aime ! L\u2019univers se r\u00e9sume \u00e0 ces mots-l\u00e0. Elle n\u2019a besoin de rien d\u2019autre. Elle n\u2019a plus faim, elle n\u2019a plus soif, elle le boit, elle le mange. Elle n\u2019a plus peur non plus. La peur a recul\u00e9 devant ce grand plein de grand bonheur<\/p>\n<p>Il p\u00e9n\u00e8tre la musique tel un sculpteur, ses mains entrent dans la glaise. Elle ferme les yeux, s\u2019\u00e9l\u00e8ve au-dessus du sol, s\u2019enivre. Je n\u2019ai pas besoin d\u2019alcool, il me suffit de l\u2019entendre jouer. Attentif, pr\u00e9cis, il ne prend pas toute la place comme ces pianistes qui \u00e9crasent le soliste.<\/p>\n<p>De la pointe de l\u2019archet, j\u2019ouvre la note, la d\u00e9veloppe, la nourris de couleurs, d\u2019odeurs, de cris heureux, d\u2019un sourire de grand-p\u00e8re qui joignait les mains et les levait au ciel pour saluer un accord r\u00e9ussi<\/p>\n<p>Elle affirme que si l\u2019on veut que quelque chose existe, il faut trouver le mot exact. Si on vous dit \u00ab arbre \u00bb et que vous ne connaissez pas la vari\u00e9t\u00e9 de l\u2019arbre, ce dernier n\u2019est qu\u2019un tronc. Alors que si on vous dit \u00ab ch\u00eane \u00bb, \u00ab palmier \u00bb, \u00ab bougainvillier \u00bb ou \u00ab magnolia \u00bb, l\u2019arbre d\u00e9ploie ses branches, ses fleurs, ses fruits, ses parfums. Vous pouvez vous asseoir \u00e0 son ombre, le saluer en passant. Il existe. Il a un nom, un pr\u00e9nom, une famille, un emploi.<\/p>\n<p>On ne trouve rien en restant coinc\u00e9. On ne trouve que dans le mouvement qui transporte, fait na\u00eetre des mots, des sons qui vous submergent d\u2019\u00e9motion.<\/p>\n<p>Elle se promenait sur la plus haute vague. Qu\u2019elle \u00e9tait haute, la vague, et comme elle l\u2019emportait ! Elle aurait voulu parler, vider son c\u0153ur dans le c\u0153ur d\u2019une amie, d\u2019un confident attendri.<\/p>\n<p>Dans la nuit qui tombe, une petite fl\u00fbte joue le bonheur. Quelle all\u00e9gresse d\u2019aimer et comme les murs de la vie sont roses !<\/p>\n<p>Elle a envie de l\u2019embrasser. Elle ne sait pas embrasser. Elle n\u2019a jamais approch\u00e9 la bouche d\u2019un gar\u00e7on. Un jour, elle a essay\u00e9 avec une golden jaune et a recul\u00e9 en apercevant la trace de ses dents dans la chair du fruit. Il ne faut donc pas mordre, elle s\u2019\u00e9tait dit. Juste poser d\u00e9licatement ses l\u00e8vres et<\/p>\n<p>Elle a le don d\u2019empoigner la vie et de vous en \u00e9clabousser<\/p>\n<p>Il pense au ciel de Manhattan, il pense que Schubert n\u2019avait pas besoin d\u2019h\u00e9licopt\u00e8re pour aller plus loin que le ciel, et les notes d\u2019un piano imaginaire, m\u00eal\u00e9es \u00e0 l\u2019aube qui pointe et agrandit le rectangle parfait, l\u2019emportent si haut, si haut qu\u2019il sourit et ferme les yeux, heureux<\/p>\n<p>Et les arbres dans la rue, pas une feuille ! On est en avril, qu\u2019est-ce qu\u2019ils attendent ? Faut leur crier dessus pour qu\u2019ils poussent ?<\/p>\n<p>Arr\u00eate d\u2019endosser tous les malheurs du monde ! Tu n\u2019as que deux omoplates !<\/p>\n<p>La pluie battait le trottoir brillant, les gouttes tombaient en spirale et explosaient sur le noir comme les fleurs d\u2019un feu d\u2019artifice sans couleurs.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, on cultive le malheur, on s\u2019en d\u00e9lecte. C\u2019est d\u2019un conventionnel ! C\u2019est bien plus original de chercher \u00e0 \u00eatre heureux, plus difficile, certes, mais plus entra\u00eenant.<\/p>\n<p>C\u2019est mieux qu\u2019un cadeau, c\u2019est un secret de bonheur. \u00c9coute bien et grave ces mots dans ta m\u00e9moire : en faisant attention, on prend conscience de soi, des autres, de la vie, on devient grand et fort comme une tour imprenable<\/p>\n<p>Elles disparaissent pour toujours dans le ciel, les femmes qui portent ce parfum ? \u2013 Oui, mais elles te laissent leur empreinte et tu ne les oublies jamais<\/p>\n<p>Tout devient terrible, la nuit. Les ombres s\u2019allongent et sortent leurs griffes<\/p>\n<p>Le mensonge est le pire des guides. Il t\u2019entra\u00eene dans des souterrains mena\u00e7ants et d\u00e9tale en ricanant<\/p>\n<p>Elle est seule. Ou elle se sent seule. Quelle est la diff\u00e9rence ?<\/p>\n<p>Seule une femme amoureuse d\u00e9chiffre les regards, les soupirs, une l\u00e8vre qui tremble, une main qui se crispe. Une femme amoureuse est toujours \u00e0 l\u2019aff\u00fbt<\/p>\n<p>Elle n\u2019est pas en col\u00e8re. C\u2019est pire, elle est r\u00e9sign\u00e9e. Quand on est en col\u00e8re, on est encore vivant<\/p>\n<p>Le coupable n\u2019est pas celui qui commet l\u2019erreur, \u00e7a arrive \u00e0 tout le monde, mais celui qui se compla\u00eet dans l\u2019erreur.<\/p>\n<p>J\u2019avais perdu ma place dans la vie. Je n\u2019\u00e9tais plus rien qu\u2019une femme qui attend<\/p>\n<p>Une femme, il faut que tu lui parles\u2026 Alors qu\u2019un livre, c\u2019est lui qui te parle<\/p>\n<p>\u2013 Mais quel mal y a-t-il \u00e0 se d\u00e9barrasser d\u2019un objet qui ne nous pla\u00eet plus ? \u2013 Tu ne sais m\u00eame pas s\u2019il ne te pla\u00eet plus ! La publicit\u00e9 t\u2019ordonne de le penser pour que tu le remplaces aussit\u00f4t. On nie la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019objet qui peut encore durer, on nie la r\u00e9alit\u00e9 humaine qui est enferm\u00e9e dans cet objet. On nie aussi l\u2019id\u00e9e de consommer moins vite pour prot\u00e9ger nos r\u00e9serves d\u2019\u00e9nergie<\/p>\n<p>Quand vous \u00eates petit, on vous fait m\u00eame croire que la vie va \u00eatre belle, on vous donne des bons points, des esquimaux au chocolat, on vous plante des arbres de No\u00ebl et puis apr\u00e8s, on vous retire tous les soleils, tous les palmiers, toutes les noisettes et on vous laisse le mazout, les mouettes qui cr\u00e8vent la gueule ouverte<\/p>\n<p>J\u2019aime apprendre. C\u2019est mon kif. J\u2019aime entasser le savoir comme d\u2019autres font du shopping. Quand on sait, on cloue le bec au monde entier et il vous respecte. Alors, \u00e9tonne-moi, apprends-moi mille choses nouvelles. Raconte-moi la mode, le luxe, les rois, Versailles, Marie-Antoinette, retrace-moi l\u2019histoire des premi\u00e8res maisons de couture, des plus belles \u00e9toffes, le pourquoi du style, le comment de l\u2019\u00e9l\u00e9gance et nous ferons affaire.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me des hommes, c\u2019est qu\u2019ils prennent les limites de leur savoir pour les limites du monde. Le monde est bien plus vaste ! Faisons marcher notre imagination. \u00bb Schopenhauer pense comme Einstein qu\u2019inventer est plus important que savoir. On est \u00e0 l\u2019\u00e9troit dans le savoir, jamais dans l\u2019imagination<\/p>\n<p>On est comme deux troncs qui seraient devenus un seul arbre<\/p>\n<p>Arr\u00eate d\u2019avoir peur tout le temps. \u00c0 force d\u2019avoir peur sans raison, tu vas finir par avoir des raisons d\u2019avoir peur !<\/p>\n<p>il voit tout en blanc, il n\u2019a pas de couleurs, il est triste, il n\u2019a rien \u00e0 quoi se raccrocher, il flotte, je crois qu\u2019il est perdu. Il cherche ses mots, mais il ne les trouve pas. Il ne sait pas comment poser des mots sur tout ce blanc qui l\u2019\u00e9touffe. C\u2019est trop pour lui. Il se l\u00e8ve et va vers le parc, les arbres, le gazon, les p\u00e9tunias, les cannas, les myosotis sous la mousse, il cherche des couleurs<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas les choses qui arrivent, c\u2019est toi qui fais arriver les choses !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(Paru chez Albin Michel) R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;\u00e9diteur: Ces filles-l\u00e0 sont intr\u00e9pides. Elles ne demandent rien aux autres. Tout \u00e0 elles-m\u00eames. Cachent leur peur sous un sourire. C\u2019est le plus s\u00fbr moyen pour avancer, inventer, s\u2019inventer. Elles se sentent pousser des ailes, s\u2019envolent, tombent et repartent de plus belle. 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