{"id":4546,"date":"2017-07-01T12:18:27","date_gmt":"2017-07-01T11:18:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4546"},"modified":"2017-07-01T12:19:01","modified_gmt":"2017-07-01T11:19:01","slug":"jahn-ryan-david-la-tendresse-de-lassassin-06-2016","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4546","title":{"rendered":"Jahn, Ryan David \u00abLa tendresse de l\u2019assassin\u00bb (06.2016)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: Ryan David Jahn, n\u00e9 en 1979 en Arizona, est un \u00e9crivain et sc\u00e9nariste am\u00e9ricain.<\/p>\n<p>Il a d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 plusieurs romans chez Actes Sud\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=609\">De bons voisins<\/a> (2012), <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=614\">Emergency 911<\/a> (2013), Le Dernier Lendemain (2014) et <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4546\">La Tendresse de l\u2019assassin<\/a> (2016). Dark Hours, et The Breakout, ne sont pas encore traduits<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>: Andrew \u00e9tait encore un nourrisson quand sa m\u00e8re fut froidement abattue sous ses yeux \u00e0 Dallas, en 1964. Pourtant, il se souvient avec une pr\u00e9cision d\u00e9concertante de ce jour fatidique \u2013 l\u2019intrusion d\u2019un homme dans la maison, les coups de feu, les corps de sa m\u00e8re et de son amant gisant sur le sol \u2013, et l\u2019identit\u00e9 de l\u2019assassin ne fait pour lui aucun doute.<\/p>\n<p>Vingt-six ans plus tard, l\u2019heure de la vengeance a sonn\u00e9. S\u2019il veut tirer un trait sur son pass\u00e9, Andrew n\u2019a pas le choix, il doit retrouver et \u00e9liminer le responsable de ce drame : son propre p\u00e8re, Harry, ex-tueur \u00e0 gages, d\u00e9sormais libraire \u00e0 Louisville, remari\u00e9 et vivant sous un patronyme d\u2019emprunt.<\/p>\n<p>Mais l\u2019irruption d\u2019un priv\u00e9 mena\u00e7ant de r\u00e9v\u00e9ler sa v\u00e9ritable identit\u00e9 et celle d\u2019Andrew va mettre en p\u00e9ril cette nouvelle vie ch\u00e8rement acquise, et contraindre Harry \u00e0 sortir de sa retraite pour faire taire le ma\u00eetre chanteur.<\/p>\n<p>Acceptant de faire \u00e9quipe avec son fils et de l\u2019initier au m\u00e9tier de tueur, Harry est loin de se douter qu\u2019il s\u2019engage avec Andrew dans un jeu \u00e0 la vie \u00e0 la mort.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: On ne peut pas tuer ce qui n\u2018existe plus, il faut lui rendre sa forme premi\u00e8re, le faire revivre pour ensuite pouvoir s\u2019en d\u00e9barrasser. Pour exister, faut-il \u00ab\u00a0tuer le p\u00e8re\u00a0\u00bb\u00a0? Un p\u00e8re et un fils li\u00e9s par le sang, le sang des morts. Un homme qui a pass\u00e9 plus de 25 ans \u00e0 se reconstruire en faisant table-rase de son pass\u00e9 est replong\u00e9 brutalement dans l\u2019ambiance de sa jeunesse\u00a0: comment va-t-il r\u00e9agir\u00a0? Emotions ou Intellect\u00a0? Equation math\u00e9matique ou pulsions humaines\u00a0? Un livre psychologique sur les motivations des tueurs, sur les circonstances de la vie qui vous poussent \u00e0 touer ou pas\u2026 J\u2019ai aim\u00e9 aussi les dialogues int\u00e9rieurs des personnages. Tr\u00e8s prenant et suspense jusqu\u2019au bout. Quelles sont les priorit\u00e9s dans la vie\u00a0? Rattraper les erreurs pass\u00e9es\u00a0? vivre le pr\u00e9sent\u00a0? Faire ce qu\u2019on estime bon pour soi\u00a0? Faire ce que les autres attendent de vous\u00a0? La haine est-elle plus importante que l\u2019amour\u00a0? Peut-on vivre avec son pass\u00e9\u00a0? L\u2019homme peut-il changer sur le fond\u00a0? passionnant\u00a0!<\/p>\n<p>C\u2019est le troisi\u00e8me livre que je lis de cet auteur et j\u2019aime beaucoup. Je viens de voir qu\u2019il m\u2019en reste un. Je me r\u00e9jouis d\u2019avance.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>son pass\u00e9 \u00e9tait une biblioth\u00e8que dont des rayons entiers \u00e9taient garnis de volumes vierges. Lorsqu\u2019on en prenait un pour le feuilleter, il ne comportait que des pages blanches du d\u00e9but \u00e0 la fin.<\/p>\n<p>Ce n\u2019\u00e9tait pas dans les eaux troubles du pass\u00e9 qu\u2019il trouverait la clart\u00e9<\/p>\n<p>Le\u00a0pourquoi\u00a0tenait \u00e0 une sensation au creux de son estomac, quelque chose qui s\u2019apparentait \u00e0 de l\u2019angoisse sans en \u00eatre, et il ne pouvait pas lui r\u00e9pondre \u00e7a.<\/p>\n<p>Au bout d\u2019un moment, le monde finit par se r\u00e9duire \u00e0 la bo\u00eete dans laquelle on vit, au point que rien de ce qui y est ext\u00e9rieur n\u2019a d\u2019importance et que si la bo\u00eete vient \u00e0 \u00eatre d\u00e9truite, on pr\u00e9f\u00e8re dispara\u00eetre avec elle plut\u00f4t que se hasarder au-dehors.<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre \u00e9tait-ce pour \u00e7a que les capitaines coulaient avec leur navire. La mort \u00e9tait plus attrayante que l\u2019inconnu. Car au moins, elle apportait la paix au lieu d\u2019un \u00e9trange sentiment d\u2019\u00e9garement total, \u00e0 la fois intime et g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9<\/p>\n<p>Tel un b\u00e2timent historique, il \u00e9tait l\u00e0 depuis toujours et par cons\u00e9quent, il faisait partie du d\u00e9cor. Quand un objet demeure assez longtemps au m\u00eame endroit, on cesse de le voir<\/p>\n<p>une chance d\u2019\u00eatre en s\u00e9curit\u00e9 n\u2019est-elle pas pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 la certitude de plonger\u00a0?<\/p>\n<p>Les f\u00ealures s\u2019\u00e9taient depuis consolid\u00e9es, mais elles attestaient toujours le trauma qu\u2019il s\u2019\u00e9tait inflig\u00e9.<\/p>\n<p>Il appr\u00e9hendait depuis la douleur et le deuil d\u2019une mani\u00e8re qui lui \u00e9tait auparavant \u00e9trang\u00e8re, et cette compr\u00e9hension s\u2019accompagnait d\u2019une empathie dont il \u00e9tait jusqu\u2019alors d\u00e9nu\u00e9.<\/p>\n<p>On parle de surmonter le chagrin, mais il n\u2019en est rien. M\u00eame une fois les morceaux recoll\u00e9s, les f\u00ealures continuent \u00e0 vous lanciner. Vous apprenez simplement \u00e0 vivre avec.<\/p>\n<p>Une part de lui aurait souhait\u00e9 oublier, effacer cette vie-l\u00e0 de sa m\u00e9moire.<\/p>\n<p>Mais le reste de son \u00eatre voulait pr\u00e9server le pass\u00e9.<\/p>\n<p>Il avait toujours m\u00e9pris\u00e9 les gens qui entretenaient leur souffrance, la cultivaient ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e, rien que pour se repa\u00eetre de ses fruits amers \u2013\u00a0il les tenait pour des faibles\u00a0\u2013, de sorte que l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00eatre des leurs \u00e9tait \u00e9trange.<\/p>\n<p>On ne s\u2019accroche pas \u00e0 une pierre pour \u00e9viter de se noyer, et il n\u2019est de pierre aussi lourde qu\u2019un amour d\u00e9funt.<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, il \u00e9tait plong\u00e9 en lui-m\u00eame. \u00c7a se voyait \u00e0 son expression, l\u2019air absent d\u2019une personne indiff\u00e9rente au monde alentour, errant de par les vastes espaces int\u00e9rieurs du fol univers miniature qu\u2019est la conscience.<\/p>\n<p>Il avait beau avoir conscience que c\u2019\u00e9tait inutile, \u00e7a ne changeait pas le cours de ses pens\u00e9es. Elles suivaient la direction qui leur plaisait, prenaient la forme qui leur convenait.<\/p>\n<p>ils auraient l\u2019un ou l\u2019autre pu engager la conversation, mais aucun n\u2019en prit l\u2019initiative avant un long moment. Seul s\u2019\u00e9tirait entre eux le silence.<\/p>\n<p>Tout ce dont il a envie, c\u2019est de se replier sur lui-m\u00eame comme une chaise de camping et de dormir pendant six mois ou un an.<\/p>\n<p>Il ignore comment il se forcera \u00e0 aller de l\u2019avant une fois qu\u2019il aura uniquement \u00e0 se soucier de lui, parce qu\u2019il se fiche de son sort. Il se d\u00e9teste. Il d\u00e9teste \u00e0 la fois ce qu\u2019il est et ce qu\u2019il a \u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Vous ne vous demandez pas pourquoi. Il n\u2019y a pas de pourquoi. Seuls comptent quoi, qui et comment \u2013\u00a0ce que vous \u00eates sur le point de faire, \u00e0 quelle personne et de quelle mani\u00e8re.<\/p>\n<p>On\u00a0ne crache pas sur ce qu\u2019un autre homme tient pour sacr\u00e9 et, \u00e0 d\u00e9faut de croire \u00e0 la vie \u00e9ternelle ou en Dieu, Harry croit \u00e0 l\u2019amour.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s tout, s\u2019il pouvait se mettre \u00e0 sa place, c\u2019\u00e9tait parce qu\u2019il \u00e9tait semblable \u00e0 cet homme<\/p>\n<p>Les gens ne changeaient pas. Ils \u00e9taient ce qu\u2019ils \u00e9taient, la somme de leurs actes. Parfois \u2013\u00a0toujours, peut-\u00eatre\u00a0\u2013, ils recelaient des contradictions. Des \u00eatres mauvais pouvaient avoir des moments de bont\u00e9, de vuln\u00e9rabilit\u00e9. Mais ils n\u2019en \u00e9taient pas moins mauvais.<\/p>\n<p>Il fut bri\u00e8vement submerg\u00e9 par une profonde tristesse. L\u2019espace d\u2019un moment, ce fut tout ce qu\u2019il ressentit \u2013\u00a0rien d\u2019autre. Puis, le sentiment se dissipa avec lenteur, telle la nuit, ne laissant qu\u2019un vide.<\/p>\n<p>Il faut avoir des liens de sang pour ha\u00efr quelqu\u2019un \u00e0 ce point\u00a0;\u00a0les haines familiales sont les plus fortes qui soient, et la sienne ne saurait \u00eatre plus forte.<\/p>\n<p>il avait l\u2019impression d\u2019\u00eatre transport\u00e9 dans le pass\u00e9, et le pass\u00e9 \u00e9tait une triste contr\u00e9e. Toute visite \u00e9tait douloureuse et, m\u00eame si une part de lui aimait cette douleur \u2013\u00a0du moins, jusque-l\u00e0\u00a0\u2013, ce matin, il n\u2019\u00e9tait pas d\u2019humeur.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait dur de faire fi du pass\u00e9 quand on n\u2019en avait pas fini avec lui.<\/p>\n<p>La haine, en particulier, \u00e9tait une \u00e9motion trop corrosive\u00a0; elle vous rongeait de l\u2019int\u00e9rieur. Inassouvie, elle vous d\u00e9truisait, elle d\u00e9vorait votre \u00e2me jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il n\u2019en reste plus rien, ou en tout cas rien qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre sauv\u00e9.<\/p>\n<p>je vais vous apprendre un truc\u00a0: quand on est au fond du trou, on ne s\u2019en sort pas en creusant.<\/p>\n<p>Tous les jours, des millions de personnes ach\u00e8tent des steaks au rayon boucherie sans m\u00eame songer que c\u2019est la chair d\u2019un \u00eatre vivant qu\u2019elles s\u2019appr\u00eatent \u00e0 manger. Rares sont celles qui abattraient personnellement une vache. Mais en un sens, collectivement, c\u2019est comme si elles avaient elles-m\u00eames mani\u00e9 le pistolet d\u2019abattage.<\/p>\n<p>Parfois, il regrettait de ne pas mieux se conna\u00eetre \u2013\u00a0mais la connaissance de soi pouvait \u00eatre dangereuse. Ce n\u2019\u00e9tait pas un hasard si la lumi\u00e8re \u00e9tait absente des plus sombres recoins de l\u2019esprit humain.<\/p>\n<p>Il y avait des choses qu\u2019on n\u2019\u00e9tait pas cens\u00e9 voir.<\/p>\n<p>Quelque mauvaise graine avait pris racine et poussait en lui, refermait ses vrilles autour de son c\u0153ur et de son esprit, s\u2019emparait compl\u00e8tement de lui.<\/p>\n<p>les gens m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre jug\u00e9s d\u2019apr\u00e8s ce qu\u2019il y a de mieux en eux, pas de pire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Ryan David Jahn, n\u00e9 en 1979 en Arizona, est un \u00e9crivain et sc\u00e9nariste am\u00e9ricain. Il a d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 plusieurs romans chez Actes Sud\u00a0: De bons voisins (2012), Emergency 911 (2013), Le Dernier Lendemain (2014) et La Tendresse de l\u2019assassin (2016). 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