{"id":4664,"date":"2017-07-25T14:11:30","date_gmt":"2017-07-25T13:11:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4664"},"modified":"2017-07-25T14:11:30","modified_gmt":"2017-07-25T13:11:30","slug":"sansal-boualem-petit-eloge-de-la-memoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4664","title":{"rendered":"Sansal, Boualem \u00ab Petit \u00e9loge de la m\u00e9moire \u00bb"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Petit \u00e9loge de la m\u00e9moire. Quatre mille et une ann\u00e9es de nostalgie\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Collection Folio 2 \u20ac (n\u00b0\u00a04486), Gallimard &#8211; Parution : 04-01-2007<\/p>\n<p>S\u00e9rie\u00a0: \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4660\">Petit \u00e9loge\u00a0<\/a>\u00bb\u00a0: voir page sur le blog<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: \u00ab C\u2019est le plus lointain, celui que j&rsquo;aime \u00e0 explorer, qui me donne le plus de frissons. \u00c9coutez-moi raconter mon pays, l&rsquo;\u00c9gypte, la m\u00e8re du monde. Remplissez bien votre clepsydre, le voyage compte quatre mille et une ann\u00e9es et il n&rsquo;y a pas de halte.<\/p>\n<p>Jadis, en ces temps fort lointains, avant la Mal\u00e9diction, j&rsquo;ai v\u00e9cu en \u00c9gypte au temps de Pharaon. J&rsquo;y suis n\u00e9 et c&rsquo;est l\u00e0 que je suis mort, bien avanc\u00e9 en \u00e2ge&#8230; \u00bb<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: J\u2019ai d\u00e9couvert Boualem Sansal en lisant \u00ab<a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2301\">2084. La fin du monde<\/a>\u00bb\u00a0comme beaucoup de personnes je pense mais je suis un peu pass\u00e9e \u00e0 cot\u00e9 de l\u2019engouement g\u00e9n\u00e9ral\u2026 . Comme j\u2019aime cette s\u00e9rie \u00ab\u00a0Petite \u00e9loge\u00a0\u00bb, j\u2019ai continu\u00e9 ma d\u00e9couverte de l\u2019auteur. Et puis, quand on me parle d\u2019Egypte\u2026 je lis\u2026 Sa nostalgie est segment\u00e9e en trois p\u00e9riodes de l\u2019histoire\u00a0: L\u2019Egypte, la Numidie, l\u2019Alg\u00e9rie. Trop factuel, trop de r\u00e9f\u00e9rences, qui s\u2019enchainent en toute logique certes mais sont trop livre d\u2019histoire\/g\u00e9o\u00a0; Alors oui, le th\u00e8me est passionnant\u00a0; le pass\u00e9 et le cot\u00e9 historique tr\u00e8s instructifs\u00a0; je comprends le chemin pour nous amener \u00e0 sa conclusion mais un peu indigeste quand m\u00eame. A part \u00e7a, tr\u00e8s bien \u00e9crit et nombre de phrases\/citations parlantes. Une fois encore, pas convaincue. Int\u00e9ress\u00e9e mais pas accroch\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi\u00a0ce commentaire<\/strong> : <a href=\"http:\/\/la-plume-francophone.over-blog.com\/article-24146958.html\">http:\/\/la-plume-francophone.over-blog.com\/article-24146958.html<\/a><\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>la nostalgie, le mal du pays comme on dit, est une richesse, un formidable gisement. Le tout est de savoir o\u00f9 est son pays, ce qu\u2019il a \u00e9t\u00e9, ce qu\u2019il est devenu, comment et pourquoi on s\u2019en est \u00e9loign\u00e9, et par quel fil on s\u2019y rattache encore. C\u2019est tout le probl\u00e8me. Cela fait que souvent la nostalgie m\u00e8ne \u00e0 l\u2019errance, \u00e0 l\u2019apathie, \u00e0 la col\u00e8re, au renoncement. Au mieux, on s\u2019invente un mythe et l\u2019on s\u2019y r\u00e9fugie comme dans une prison.<\/p>\n<p>La nostalgie est comme la sp\u00e9l\u00e9ologie, une d\u00e9marche risqu\u00e9e, on entre en soi, on avance pas \u00e0 pas dans les profondeurs de son \u00e2me, de sa m\u00e9moire, de son histoire, avec toujours\u00a0l\u2019espoir d\u2019atteindre le fond et de pouvoir retrouver le chemin du retour.<\/p>\n<p>l\u2019\u00c9gypte, la m\u00e8re du monde. Remplissez bien votre clepsydre, le voyage compte quatre mille et une ann\u00e9es et il n\u2019y a pas de halte.<\/p>\n<p>je faisais l\u2019apprentissage de la nostalgie et d\u00e9couvrais combien elle aide \u00e0 passer les jours, \u00e0 se reposer de ses peines, \u00e0 \u00e9changer des r\u00eaves, \u00e0 se construire un avenir commun.<\/p>\n<p>le temps est avant tout une illusion et la m\u00e9moire une sensation fugitive.<\/p>\n<p>Ainsi vont les choses, on palabre pour s\u2019aider \u00e0 passer les jours, \u00e0 se reposer de ses peines, puis on \u00e9change des r\u00eaves et des amabilit\u00e9s et l\u2019on se construit un avenir commun.<\/p>\n<p>Pourquoi, comment, je ne le sais pas, l\u2019histoire donne peut-\u00eatre la direction mais la g\u00e9ographie a le dernier mot.<\/p>\n<p>Si le Nil, l\u2019Euphrate, le Gange furent sacralis\u00e9s, c\u2019est bien que la civilisation sur leurs rives a atteint des cimes et donn\u00e9 le vertige aux hommes.<\/p>\n<p>L\u2019histoire a deux portes, la monumentale par laquelle s\u2019invitent les conqu\u00e9rants et\u00a0les b\u00e2tisseurs d\u2019empires, et\u00a0une petite, d\u00e9rob\u00e9e et branlante, par laquelle disparaissent les perdants et les oisifs.<\/p>\n<p>La l\u00e9gende commence o\u00f9 s\u2019arr\u00eate l\u2019histoire.<\/p>\n<p>Comme le roulement de tonnerre survient apr\u00e8s l\u2019\u00e9clair, le mal arrive apr\u00e8s le choc et parfois si longtemps apr\u00e8s qu\u2019on y voit un nouveau coup des dieux.<\/p>\n<p>C\u2019est par le r\u00eave et l\u2019imagination que l\u2019on peut sonder le pass\u00e9 lointain et c\u2019est bien ainsi, nos lointains descendants oublieront nos mis\u00e8res et nos mesquineries et nous verront avec des yeux pleins d\u2019enthousiasme.<\/p>\n<p>C\u2019est la nostalgie que j\u2019ai de ce temps qui m\u2019a permis de combler les trous et de mettre de la vie l\u00e0 o\u00f9 tout me semblait mort et de la lumi\u00e8re l\u00e0 o\u00f9 nos oublis avaient install\u00e9 l\u2019obscurit\u00e9.<\/p>\n<p>Lire l\u2019histoire ne suffit pas, il faut chercher en soi et imaginer.<\/p>\n<p>Les dieux qui font et d\u00e9font le monde, les h\u00e9ros qui font et d\u00e9font les empires, comptent moins que les r\u00e9sistants dans le c\u0153ur des hommes. Ceux-l\u00e0 sont au plus pr\u00e8s de notre nostalgie, ils disent le combat \u00e9ternel pour la libert\u00e9.<\/p>\n<p>Les princes et les notables se rendaient \u00e0 Rome ou \u00e0 Ath\u00e8nes comme aujourd\u2019hui nos ra\u00efs et nos vizirs vont \u00e0 Paris ou \u00e0 Gen\u00e8ve se soigner, faire des affaires, leur march\u00e9, visiter des proches, mener grande vie.<\/p>\n<p>Les Berb\u00e8res ne sont jamais plus impr\u00e9visibles que lorsqu\u2019ils se montrent infiniment patients.<\/p>\n<p>Je le disais, la nostalgie ouvre parfois sur des gouffres insondables, des contradictions mortelles.<\/p>\n<p>Nous conn\u00fbmes les premiers schismes et pareillement nous f\u00fbmes somm\u00e9s de choisir. Des conciles se tinrent dans la pr\u00e9cipitation, on condamnait, on consacrait, sans parvenir \u00e0 la paix. Tous voulaient la paix, leur paix, et c\u2019\u00e9tait le probl\u00e8me.<\/p>\n<p>Il n\u2019y a pas mieux que les po\u00e8tes pour voir clair quand r\u00e8gnent l\u2019obscurit\u00e9 et le d\u00e9sordre. Mais qui comprend les po\u00e8tes sinon les po\u00e8tes eux-m\u00eames et les rebelles\u00a0?<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>L\u2019Alg\u00e9rie est terre, l\u2019Alg\u00e9rie est soleil, l\u2019Alg\u00e9rie est m\u00e8re, cruelle et adul\u00e9e, souffrante et passionnelle, caillouteuse et nourrici\u00e8re. Plus que dans nos zones temp\u00e9r\u00e9es, s\u2019y v\u00e9rifient l\u2019imbrication du bien et du mal, la dialectique\u00a0inextricable de l\u2019amour et de la haine, la fusion des contraires qui se partagent l\u2019humanit\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb, dira Camus deux mille ans plus tard.<\/p>\n<p>La Numidie entrait dans une \u00e8re nouvelle, elle \u00e9tait le Maghreb, le couchant, l\u2019occident de l\u2019Arabie, et peu \u00e0 peu les Berb\u00e8res perdirent ce qui faisait d\u2019eux des Berb\u00e8res, ils s\u2019arabis\u00e8rent et se proclam\u00e8rent Arabes. Le z\u00e8le poussa certains\u00a0\u00e0 se croire plus authentiques que les vrais, ils d\u00e9truisirent tout ce qui pouvait rappeler leurs origines et leurs croyances pass\u00e9es. Il en est ainsi, le reniement de ce qu\u2019on a \u00e9t\u00e9 est le premier acte de foi.<\/p>\n<p>Les\u00a0 peuples devraient toujours pouvoir suivre leur voie, en elle est leur g\u00e9nie et leur substance vitale. C\u2019est triste de les voir d\u00e9railler parce que quelque part un \u00e9tranger, un mage, un roi, un empereur, un calife, un\u00a0pr\u00e9sident, l\u2019a d\u00e9cid\u00e9.<\/p>\n<p>Les civilisations doivent-elles toujours s\u2019affronter, faut-il que l\u2019une disparaisse pour que\u00a0l\u2019autre s\u2019\u00e9panouisse sur ses cendres\u00a0? Il en a \u00e9t\u00e9 ainsi depuis les origines mais on aimerait maintenant que \u00e7a cesse.<\/p>\n<p>Les usages \u00e9taient form\u00e9s, les sillons trac\u00e9s, les r\u00eaves born\u00e9s, il suffisait de r\u00e9gler son sablier\u00a0et de suivre le cours lancinant des choses. La baraka pourvoyait au reste et le mektoub passait le tout aux pertes et profits de l\u2019histoire.<\/p>\n<p>On ne sait pas toujours o\u00f9 m\u00e8ne la nostalgie, il suffit de rien, un air qui passe, un mot, une id\u00e9e, et on part l\u00e0 plut\u00f4t que l\u00e0.<\/p>\n<p>ma nostalgie se\u00a0nourrit d\u2019\u00e9v\u00e9nements pr\u00e9cis, de choses concr\u00e8tes, de chiffres honn\u00eates, l\u2019imagination \u00e0 partir de la fum\u00e9e je m\u2019en m\u00e9fie.<\/p>\n<p>nous avions perdu la force de marcher vers le futur, ce lieu unique, qui n\u2019est ni du nord ni du sud, ni de l\u2019est ni de l\u2019ouest, ni chr\u00e9tien ni musulman ni ath\u00e9e ni pa\u00efen, o\u00f9 Dieu et la v\u00e9rit\u00e9 des v\u00e9rit\u00e9s attendent l\u2019humanit\u00e9 depuis le commencement des temps.<\/p>\n<p>Eux n\u2019avaient pas de r\u00eaves, la r\u00e9alit\u00e9 leur appartenait.<\/p>\n<p>Ce qui reste lorsque tout est pass\u00e9, c\u2019est bien la pierre.<\/p>\n<p>la nostalgie m\u00eame parcellaire aide \u00e0 passer les jours, \u00e0 se reposer de ses peines, \u00e0 \u00e9changer des r\u00eaves, \u00e0 imaginer un avenir meilleur.<\/p>\n<p>Si longue soit l\u2019absence, le pr\u00e9sent nous attend, il nous requiert. Le pr\u00e9sent c\u2019est aussi de l\u2019histoire, ma foi, de l\u2019histoire en marche.<\/p>\n<p><strong>Photo<\/strong> : Abou-Simbel<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Petit \u00e9loge de la m\u00e9moire. Quatre mille et une ann\u00e9es de nostalgie\u00a0\u00bb Collection Folio 2 \u20ac (n\u00b0\u00a04486), Gallimard &#8211; Parution : 04-01-2007 S\u00e9rie\u00a0: \u00ab\u00a0Petit \u00e9loge\u00a0\u00bb\u00a0: voir page sur le blog R\u00e9sum\u00e9\u00a0: \u00ab C\u2019est le plus lointain, celui que j&rsquo;aime \u00e0 explorer, qui me donne le plus de frissons. \u00c9coutez-moi raconter mon pays, l&rsquo;\u00c9gypte, la m\u00e8re &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4664\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4665,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[126,2,70,43,16,144],"tags":[172,75,258,223],"class_list":["post-4664","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-algerie","category-lectures","category-egypte","category-histoire","category-litterature-du-proche-et-moyen-orient-du-magreb","category-maroc","tag-civilisation","tag-essai","tag-memoire","tag-nostalgie"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4664","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4664"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4664\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4666,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4664\/revisions\/4666"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/4665"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4664"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4664"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4664"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}