{"id":4826,"date":"2017-08-23T14:17:27","date_gmt":"2017-08-23T13:17:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4826"},"modified":"2024-09-12T18:43:30","modified_gmt":"2024-09-12T16:43:30","slug":"cayre-hannelore-serie-christophe-leibowitz","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4826","title":{"rendered":"Cayre, Hannelore \u00abS\u00e9rie Christophe Leibowitz\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><strong>Autrice<\/strong> : Hannelore Cayre est une romanci\u00e8re, sc\u00e9nariste et r\u00e9alisatrice fran\u00e7aise, n\u00e9e le 24 f\u00e9vrier 1963 \u00e0 Neuilly-sur-Seine1. Elle est \u00e9galement avocate \u00e0 la cour d\u2019appel de Paris en tant que p\u00e9naliste et collabore \u00e0 la Revue XXI.<br \/>\nApr\u00e8s <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4826\">sa s\u00e9rie Christophe Leibowitz<\/a><\/span>, elle publie en 2012 Comme au cin\u00e9ma \u2013 Petite fable judiciaire. En 2017, \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4521\">La Daronne\u00a0<\/a><\/span>\u00bb obtient le Prix Le Point du polar europ\u00e9en et sera adapt\u00e9 au cin\u00e9ma. En 2020 elle publie \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Cayre, Hannelore \u00abRichesse oblige\u00bb (2020) 224 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20836\">Richesse oblige<\/a><\/span>\u00a0\u00bb et en 2024 \u00ab\u00a0les Doigts coup\u00e9s\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Les trois tomes sont comment\u00e9s sur\u00a0la m\u00eame\u00a0\u00a0page\u00a0: \u00ab\u00a0Commis d\u2019office\u00a0\u00bb, \u00ab<\/strong><strong> Toiles de maitre\u00a0\u00bb et \u00abGround XO\u00a0\u00bb\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Tome 1. Commis d\u2019office (<\/strong><strong>2004, prix Polar derri\u00e8re les murs 2005)<\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0:<\/strong> Comment Christophe Leibowitz, avocat revenu de tout, loin des belles affaires d&rsquo;Assises dont tout le monde parle, \u00e9ternel commis d&rsquo;office \u00e0 la d\u00e9fense de d\u00e9lits minables, est-il enfin parvenu \u00e0 \u00eatre satisfait de son sort ? Est-ce parce qu&rsquo;il occupe ses journ\u00e9es \u00e0 convertir avec une patience extr\u00eame un prox\u00e9n\u00e8te albanais \u00e0 la lecture de L&rsquo;Education sentimentale derri\u00e8re les barreaux de la prison de Fresnes ? Ou est-ce parce que son nom s&rsquo;\u00e9tale en premi\u00e8re page aux c\u00f4t\u00e9s de celui de l&rsquo;ennemi public num\u00e9ro un ?\u00a0 La justice au quotidien, des personnages surprenants, une intrigue solide, des situations cocasses pour un premier roman qui s&rsquo;impose imm\u00e9diatement par son rythme et un ton original et rapide.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Apr\u00e8s avoir ador\u00e9 \u00ab\u00a0la Daronne\u00a0\u00bb, et sur les conseils de mon homme, j\u2019ai encha\u00een\u00e9 sur la trilogie\u00a0! J\u2019adore\u00a0! Cet humour, cette verve, cette l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. D\u00e8s le premier le style de Hannelore Cayre est reconnaissable et je susi totalement addict\u00a0! Anti-h\u00e9ros par excellence, dans un monde de petits d\u00e9linquants peu reluisants, elle r\u00e9ussit \u00e0 nous faire nous int\u00e9resser \u00e0 un personnage sans \u00e9paisseur et sans charisme. Un avocat qui n\u2019aime semble-t-il que son m\u00e9tier mais qui est totalement largu\u00e9, au point de prendre la place d\u2019un d\u00e9tenu qui lui ressemble\u2026 Mais c\u2019est jouissif \u00e0 lire. Une petite incursion dans le monde des avocats p\u00e9nalistes commis d\u2019office, qui gal\u00e8rent et ne font pas la une, qui rament pour survivre. Bienvenue dans le monde des petites arnaques plus ou moins minables, de la magouille et du pas net\u2026 C\u2019est court, c\u2019est enlev\u00e9, et sympa \u00e0 lire.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Ma vie commen\u00e7ait mal car elle commen\u00e7ait sans passion.<\/p>\n<p>Dou\u00e9 en rien et bon \u00e0 tout, je m\u2019\u00e9tais inscrit apr\u00e8s le bac sur les conseils de mon p\u00e8re dans ce qui \u00e9tait d\u2019abord une fac de droite avant d\u2019\u00eatre une fac de droit.<\/p>\n<p>Une douche froide, \u00e9videmment, non pas parce qu\u2019il n\u2019y a plus d\u2019eau chaude mais parce qu\u2019\u00e0 Fresnes, il n\u2019y a jamais eu l\u2019eau chaude.<\/p>\n<p>vous \u00eates \u00e0 l\u2019avocat ce que le Pinscher est au chien\u00a0: un truc tremblotant et d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 pour vieille dame. Une imposture.<\/p>\n<p>Lorsque je suis venu me pr\u00e9senter \u00e0 lui, j\u2019ai lu dans ses yeux qu\u2019il savait qui j\u2019\u00e9tais, pourquoi j\u2019\u00e9tais l\u00e0, pour qui j\u2019avais travaill\u00e9 et bien d\u2019autres choses encore que je ne savais probablement m\u00eame pas moi-m\u00eame.<\/p>\n<p><strong>Tome 2\u00a0: Toiles de maitre (2005)<\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0:<\/strong> Sorti de prison et plus que jamais dans la ligne de mire de son Ordre, l&rsquo;avocat Christophe Leibowitz renoue difficilement avec son m\u00e9tier. C&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;une \u00e9tonnante affaire de tableaux vol\u00e9s qu&rsquo;il s&rsquo;aper\u00e7oit qu&rsquo;un front invisible se mobilise pour l&rsquo;\u00e9radiquer. Flanqu\u00e9 de ses sulfureux amis, Leibowitz part sans le savoir \u00e0 la recherche de sa propre histoire et va d\u00e9couvrir une France hant\u00e9e par ses vieux d\u00e9mons. Une intrigue bien construite, une vision hilarante et sans piti\u00e9 de la justice, des situations aussi rocambolesques qu&rsquo;absurdes et surtout un style au rythme et \u00e0 la puissance inimitables.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Maintenant qu\u2019il est riche ill\u00e9galement, il n\u2019\u2019est pas plus heureux et mieux entour\u00e9\u00a0! Il va donc retourner au turbin, et replonger dans son monde de petits malfrats (ou plus gros) mais toujours aussi peu fr\u00e9quentables. Et comme si la vie n\u2019\u00e9tait pas assez ure, il est en plus dans le collimateur du fisc. Il va se prendre d\u2019amiti\u00e9 pour un vieux facho qu\u2019il va faire lib\u00e9rer, et oppos\u00e9 avec un avocat de la haute qui le d\u00e9teste et lui en veut. Au c\u0153ur du probl\u00e8me un cambriolage qui fait ressurgir des tableaux qu\u2019il vaudrait mieux ne jamais avoir \u00e9voqu\u00e9. On ajoute \u00e0 cela l\u2019ancienne fianc\u00e9 de Leibowitz qui refait son apparition, divorc\u00e9e et avec 3 filles\u2026<\/p>\n<p>D\u00e9jant\u00e9 comme j\u2019aime, imag\u00e9, caustique, soupoudr\u00e9 d\u2019actualit\u00e9 en mati\u00e8re de p\u00e9nalisation des d\u00e9lits. A force d\u2019\u00eatre \u00e0 la masse, avec sa logique bien \u00e0 lui, le petit avocat en devient sympathique. Et toujours cet humour d\u00e9tergeant et cette galerie de personnages \u00e0 coucher dehors et pourtant cr\u00e9dibles\u2026 Des petits plaisirs courts qui s\u2019enchainent avec bonheur\u2026<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Un r\u00e9cidiviste. Au sens m\u00e9dical du terme\u00a0; du latin recidivus\u00a0:\u00a0r\u00e9apparition d\u2019une maladie infectieuse apr\u00e8s sa gu\u00e9rison.<\/p>\n<p>Il vaut toujours mieux se faire violer par des types \u00e0 l\u2019ADN\u00a0d\u00e9favorablement connu des services de police que par des violeurs de passage venus \u00e9tudier le fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Des images d\u00e9ferl\u00e8rent dans mon esprit comme dans une exp\u00e9rience de mort imminente\u00a0\u2026<\/p>\n<p>Les trottoirs entourant la Sant\u00e9 \u00e9taient d\u2019une tristesse infinie depuis que le code p\u00e9nal \u00e9tait venu interdire quelques mois plus t\u00f4t les parloirs sauvages. Un an de taule, qu\u2019elles encouraient \u00e0 pr\u00e9sent, les pauvres femmes de d\u00e9tenus, qui jadis debout sur les voitures montraient leurs enfants ou criaient des mots d\u2019amour \u00e0 leurs hommes.<\/p>\n<p>Ce petit monde judiciaire formant avec les autres professions lib\u00e9rales du coin, les m\u00e9decins, les dentistes et les p\u00e9dicures, ce gotha minable d\u00e9crit avec soin par Balzac\u00a0:\u00a0les notables de province.<\/p>\n<p>Le mot \u201cParis\u201d ne manque jamais son effet chez l\u2019avocat de province, d\u00e9clenchant l\u2019in\u00e9vitable \u201cah\u00a0!\u201d de celui qui ne dit rien mais qui n\u2019en pense pas moins.<\/p>\n<p>Clairvaux pour un p\u00e9naliste, c\u2019est un peu comme Memphis pour un rocker ou Zion pour un rasta\u00a0: \u00e7a n\u2019est pas rien.<br \/>\nUn sanctuaire de la r\u00e9pression.<\/p>\n<p>C\u2019est le souvenir des \u201ccages \u00e0 poules\u201d, des cellules \u00e0 la Louis\u00a0XI d\u2019un m\u00e8tre cinquante sur deux avec des grillages en bois qui n\u2019ont ferm\u00e9 qu\u2019en 71, la m\u00eame ann\u00e9e o\u00f9 Buffet, accompagn\u00e9 du pauvre Bontemps, a \u00e9gorg\u00e9 un gardien et une infirmi\u00e8re. Ce sont les \u00e9vasions sanglantes et les mutineries, les incendies \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition\u2026<\/p>\n<p>C\u2019est l\u2019illustration de ce que les avocats s\u2019acharnent \u00e0 faire comprendre aux magistrats\u00a0: la soci\u00e9t\u00e9 ne gagne rien \u00e0 acculer un homme \u00e0 ne plus rien avoir \u00e0 perdre.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019instar des vieux truands, il \u00e9tait une encyclop\u00e9die vivante de la vie carc\u00e9rale et un annuaire des t\u00e9nors du Barreau des cinquante derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00e0 la Lib\u00e9ration, les autorit\u00e9s avaient incarc\u00e9r\u00e9 tout ce que les filets de l\u2019\u00e9puration avaient pu attraper comme gamins de collabos qui erraient sans parents.<\/p>\n<p>Juif\u2026\u201d Un mot plein de myst\u00e8res\u2026 Un mot lourd\u2026 Qui, en me permettant de me draper dans la souffrance des autres, me rendait vachement int\u00e9ressant.<\/p>\n<p>\u00c0 une heure du matin, alors que les gar\u00e7ons nous poussaient dehors avec ce m\u00e9talangage si parisien qui consiste \u00e0 empiler les chaises sur les tables avec un potin effroyable, nous d\u00e9cid\u00e2mes de nous replier sur le bar du Lutetia<\/p>\n<p>D\u2019aucuns diront que je vivais comme un convalescent, d\u2019autres comme une cerise confite \u00e0 l\u2019eau-de-vie.<\/p>\n<p>On l\u2019appelle Chamalow. Parce qu\u2019il est rose, gros et mou.<\/p>\n<p>Ce n\u2019\u00e9tait pas l\u2019argent qui me motivait \u00e0 faire des conneries. Loin de l\u00e0. J\u2019\u00e9tais investi d\u2019une mission d\u00e9ique\u00a0: je livrais une croisade contre l\u2019hypocrisie des magistrats donneurs de le\u00e7ons et des confr\u00e8res int\u00e9ress\u00e9s uniquement par l\u2019argent.<\/p>\n<p>D\u2019habitude, je fuis les victimes. Collantes comme la piti\u00e9, elles sont par essence tyranniques en ce qu\u2019elles puisent dans leur souffrance judiciairement reconnue une l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 faire chier leur conseil.<\/p>\n<p>Vous \u00eates une mine antipersonnelle enterr\u00e9e dans le sol et c\u2019est moi qui ai eu la malchance de vous marcher dessus.<\/p>\n<p>Je me sentais triste. Un peu comme Icare qui se serait pris les ailes dans une ligne \u00e0 haute tension.<\/p>\n<p><strong>Tome 3\u00a0: Ground XO (2007) <\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0:<\/strong> Christophe Leibowitz-Berthier, l&rsquo;avocat d\u00e9sastreux dont Hannelore Cayre nous a racont\u00e9 les aventures dans Commis d&rsquo;office et Toiles de ma\u00eetre, exerce depuis vingt ans, il sombre dans l&rsquo;alcoolisme et se voit contraint par la loi de suivre un traitement psychologique. Il devra donc \u00e9crire r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 son psy, jusqu&rsquo;au moment o\u00f9 il va se d\u00e9couvrir h\u00e9ritier d&rsquo;une partie des cognacs Berthier et d\u00e9cider d&rsquo;en faire la boisson \u00e0 la mode dans les banlieues fran\u00e7aises, comme le R\u00e9my Martin l&rsquo;est aux \u00c9tats-Unis chez les mauvais gar\u00e7ons du rap.\u00a0 En compagnie du rapeur et fin versificateur Termite, aussi un peu dealer, Hannelore Cayre nous fait explorer les embrouilles du rap et ses mythologies. Leibowitz n&rsquo;arrivera pas \u00e0 faire fortune mais nous visiterons avec lui des territoires aussi exotiques que les tribunaux ou une exploitation viticole familiale de la r\u00e9gion de Cognac.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: C\u2019est reparti pour un tour\u00a0! L\u2019auteur continue de nous faire d\u00e9couvrir les coulisses du monde p\u00e9nal, carc\u00e9ral, judiciaire. Nul doute que notre h\u00e9ros\/antih\u00e9ros va transformer cet h\u00e9ritage en gal\u00e8re\u2026 Comme d\u2019hab\u2019, il en loupe pas une et a le chic pour se foutre dans les confles les plus incroyables. Toujours aussi inventif\u00a0! La r\u00e9insertion vue par Leibo est une belle tentative. Sera-t-elle couronn\u00e9e de succ\u00e8s\u00a0? Une fois de plus, il va agir dangereusement\u2026 pour le bien de ses clients\u2026 Quel sera le r\u00e9sultat\u00a0? Son changement de \u00ab\u00a0carri\u00e8re\u00a0\u00bb va-t-il sse passer comme il le souhaite\u00a0? \u00a0Le personnage me fait penser aux sucettes colle-aux-dents de mon enfance\u2026 Tu peux pas t\u2019en d\u00e9faire, avec un cot\u00e9 sucr\u00e9 et un cot\u00e9 acide\u2026 J\u2019ai ador\u00e9 ce looser qui repart toujours au turbin pour d\u00e9fendre des causes perdues et qui croit en l\u2019a\u00e2me humaine\u2026 La description du monde de la justice est savoureuse et sans piti\u00e9\u2026<\/p>\n<p>Belle d\u00e9couverte que cette romanci\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Moi, le type gangren\u00e9 par la n\u00e9vrose, qui me sentais an\u00e9anti chaque fois que je me rem\u00e9morais avoir eu un jour des parents, j\u2019avais quelque part une Famille\u00a0!<\/p>\n<p>Il existait dans le droit p\u00e9nal une infinit\u00e9 de sous-sp\u00e9cialit\u00e9s.<br \/>\nL\u2019avocat qui faisait dans le noich (chinois)\u00a0: atelier clandestin, service d\u2019hygi\u00e8ne, r\u00e8glement de comptes, \u00e9migration\u2026 n\u2019\u00e9tait pas le m\u00eame par exemple que celui qui faisait dans le cul\u00a0: tapin, proxo, bar \u00e0 h\u00f4tesses, sex-shop, vid\u00e9o p\u00e9dophile\u2026<\/p>\n<p>Bref, des bobos trop respectueux des lois pour se fournir au kilo dans les cit\u00e9s, mais pas suffisamment pour s\u2019abstenir de fumer.<\/p>\n<p>\u2026 On les jugeait. Ils refaisaient un peu de taule pour la forme puis ils sortaient, pris en charge par des \u00e9ducateurs. Ils reprenaient ensuite leur place comme si de rien n\u2019\u00e9tait dans cette immense entit\u00e9 au visage noir que le bobo continuerait d\u2019appeler \u201cmon dealer\u201d au m\u00eame titre que la bourgeoise du XVIe\u00a0disait \u201cmon traiteur\u201d ou \u201cmon boucher\u201d.<\/p>\n<p>Bien qu\u2019il n\u2019y ait soi-disant aucun dossier merdique, il y en avait tout de m\u00eame des particuli\u00e8rement \u00e0 chier.<\/p>\n<p>Le\u00e7on n\u00b0\u00a01 prodigu\u00e9e par la justice\u00a0: \u00e7a co\u00fbte plus cher de braquer une bagnole de prix que de cogner sa femme ou son m\u00f4me, d\u2019escroquer des millions \u00e0 l\u2019\u00c9tat ou de faire travailler pour que dalle deux cents Chinois dans une cave.<br \/>\nCar il est bien l\u00e0, le trouble \u00e0 l\u2019ordre public\u00a0: que deviendrait notre monde si les gens commen\u00e7aient \u00e0 avoir peur de parader dans des produits de luxe\u00a0?<\/p>\n<p>Ma cousine n\u2019\u00e9tait pas \u00e0 proprement parler une cr\u00e9tine. Elle \u00e9tait juste\u2026 pathologiquement normale.<\/p>\n<p>En quelques phrases, ils \u00e9num\u00e9r\u00e8rent leurs connaissances communes dans cette bourgade que l\u2019on nomme Paris pour en conclure qu\u2019ils pouvaient sans danger \u00eatre les meilleurs amis du monde.<\/p>\n<p>Le rap, \u00e7a transcende la violence.<\/p>\n<p>A\u00a0part \u00e7a, mon quotidien est le m\u00eame que le v\u00f4tre\u00a0: r\u00e9p\u00e9titif et frustrant\u00a0: une psychose croquignolette pour des heures interminables de bovarysme.<\/p>\n<p>la dame patronnesse au tailleur plouc que j\u2019avais devant moi \u00e9tait \u00e0 peu pr\u00e8s aussi excitante qu\u2019une maman qui se d\u00e9m\u00e8ne pour vendre des quatre-quarts pleins de grumeaux \u00e0 une kermesse de gens fauch\u00e9s.<\/p>\n<p>Alors, leurs couilles prises dans l\u2019\u00e9tau du pouvoir ex\u00e9cutif, ces magistrats allaient comme toujours me regarder plaider d\u2019un air fig\u00e9, et puis ils me diraient \u201cnon\u201d, parce que \u201cnon\u201d c\u2019est toujours moins risqu\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice : Hannelore Cayre est une romanci\u00e8re, sc\u00e9nariste et r\u00e9alisatrice fran\u00e7aise, n\u00e9e le 24 f\u00e9vrier 1963 \u00e0 Neuilly-sur-Seine1. Elle est \u00e9galement avocate \u00e0 la cour d\u2019appel de Paris en tant que p\u00e9naliste et collabore \u00e0 la Revue XXI. Apr\u00e8s sa s\u00e9rie Christophe Leibowitz, elle publie en 2012 Comme au cin\u00e9ma \u2013 Petite fable judiciaire. En &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4826\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4827,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[2,5,12,81],"tags":[420,450,449,67,170,313,393],"class_list":["post-4826","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-lectures","category-lecture-polar","category-litterature-france","category-roman-noir","tag-alcoolisme","tag-anti-heros","tag-avocat","tag-dejante","tag-humour","tag-justice","tag-prison"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4826","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4826"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4826\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20843,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4826\/revisions\/20843"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/4827"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4826"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4826"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4826"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}