{"id":5180,"date":"2017-11-06T13:10:58","date_gmt":"2017-11-06T12:10:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5180"},"modified":"2017-11-06T13:11:35","modified_gmt":"2017-11-06T12:11:35","slug":"morandini-claudio-le-chien-la-neige-un-pied-03-2017","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5180","title":{"rendered":"Morandini, Claudio \u00abLe chien, la neige, un pied\u00bb (03.2017)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: Claudio Morandini a obtenu avec Le chien, la neige, un pied le <em>prestigieux Premio Procida-isola di Arturo-Elsa Morante 2016<\/em>. Auteur d&rsquo;une demi- douzaine de romans, il est regard\u00e9 comme un \u00e9crivain des plus prometteurs en Italie.<\/p>\n<p>144 pages \u2013 Editions Anacharsis<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Avec Le chien, la neige, un pied, Claudio Morandini compose un conte cruel, une de ces histoires fascinantes et terribles qu\u2019on se raconte le soir \u00e0 la veill\u00e9e.<br \/>\nAdelmo Farandola vit seul dans son chalet perdu dans la montagne. Depuis un temps imm\u00e9morial. Les ann\u00e9es ont pass\u00e9, identiques \u00e0 elles-m\u00eames. Quoique. Adelmo Farandola n\u2019a pas le souvenir tr\u00e8s lucide. Les saisons s\u2019empilent dans sa m\u00e9moire comme en un brouillard indistinct.<br \/>\nUne longue grisaille v\u00e9cue \u00e0 l\u2019\u00e9cart des hommes, dans une solitude absolue, entretenue, rev\u00eache, un peu m\u00e9chante. Mais cet hiver-l\u00e0 surgit un chien. Bavard. P\u00e9tulant. La truffe en \u00e9veil. Il adopte Adelmo Farandola.<br \/>\nAu printemps, la fonte des neiges r\u00e9v\u00e8le peu \u00e0 peu un pied humain non loin de leur cabane. \u00c0 qui appartient-il\u00a0? Qui l\u2019a mis l\u00e0\u00a0? Adelmo Farandola ne se souvient pas tr\u00e8s bien des \u00e9v\u00e9nements de l\u2019an pass\u00e9\u2026<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Un livre qui m\u2019est pass\u00e9 par les mains totalement par hasard, gr\u00e2ce \u00e0 un ami qui sait que j\u2019aime les auteurs italiens\u2026 Juste avant l\u2019hiver\u2026 cela met dans l\u2019ambiance\u2026 J\u2019ai beaucoup aim\u00e9 ce roman psychologique que je recommande chaudement (!) &#8211; je crois qu&rsquo;il est limite coup de c\u0153ur&#8230;<\/p>\n<p>Adelmo, est un vieil homme taiseux atteint d\u2019Alzheimer avec un parcours de vie solitaire qui va soudainement \u00eatre adopt\u00e9 par \u2026 un chien bavard. Quelques personnages : le garde-chasse, l\u2019\u00e9pici\u00e8re du village, les personnages de sa jeunesse au travers de quelques souvenirs, tous per\u00e7us comme des agressions. Un hiver rude, long, ou la nourriture vient \u00e0 manquer et la survie est tout sauf assur\u00e9e\u2026<\/p>\n<p>Ses interlocuteurs\u00a0? son chien (eh oui\u00a0!) avec qui il dialogue et les \u00e9l\u00e9ments de la nature qui l\u2019entoure. Nature et \u00e9l\u00e9ments vivent, crient, se brisent, comme des humains au gr\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements. Il a aussi pour compagnons depuis toujours, depuis sa jeunesse difficile qui lui a appris \u00e0 survivre et \u00e0 \u00e9chapper aux soldats- trois compagnons qui font partie int\u00e9grante de son \u00eatre\u00a0: Faim, Froid, Sommeil\u2026<\/p>\n<p>Le regard de la soci\u00e9t\u00e9, les conditions de sa jeunesse et de sa vie renvoient l\u2019homme \u00e0 sa solitude. Un homme qui a toujours v\u00e9cu dans l\u2019angoisse des humains, et surtout des humains en uniforme. Un \u00eatre pour qui la montagne, la nature, la solitude, les endroits recul\u00e9s tels les cabanes et les grottes inaccessibles et invisibles sont synonyme de survie et de non-agression. Bien s\u00fbr il est \u00e0 la limite de la folie, il est repoussant, mais personne ne lui tend la main pour l\u2019aider. Pour moi ce n\u2019est pas un livre sur la maladie, sur l\u2019oubli, mais sur la solitude, le rapport avec la nature et les animaux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Adelmo Farandola, quant \u00e0 lui, accoutum\u00e9 aux silences qui durent des mois, a perdu la capacit\u00e9 de parler, mais aussi celle d\u2019\u00e9couter.<\/p>\n<p>Il ne se souvient pas \u2013 il ne se souvient pas qu\u2019il a oubli\u00e9.<\/p>\n<p>Ruminer sa vengeance l\u2019apaise un peu, lui offre une petite satisfaction. Ce n\u2019est pas comme le faire pour\u00a0de vrai, mais enfin on s\u2019en approche, surtout quand une solitude accumul\u00e9e pendant des arm\u00e9es m\u00e9lange la r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9ritable des choses et la r\u00e9alit\u00e9 r\u00eav\u00e9e.<\/p>\n<p>Les gargouillis de la faim sont une sorte de voix int\u00e9rieure, avec laquelle il discute parfois de tout et de rien. Mais \u00e0 pr\u00e9sent il a le chien avec qui parler.<\/p>\n<p>[\u2026] ses mots \u00e9taient une petite haleine blanche dans l\u2019obscurit\u00e9 glaciale.<\/p>\n<p>[\u2026] les arguments \u00e9taient une chose, les coups en \u00e9taient une autre et, dans l\u2019ensemble, ces derniers fonctionnaient mieux, sur les uns et sur les autres.<\/p>\n<p>Faim, Froid et Sommeil s\u2019asseyaient devant lui, enroul\u00e9s dans de sombres haillons. Ils avaient des visages normaux, des expressions lasses. Ils \u00e9taient \u00e0 court d\u2019arguments et s\u2019\u00e9changeaient des regards manifestement g\u00ean\u00e9s.<\/p>\n<p>Les gens imaginent que la montagne enneig\u00e9e est le royaume du silence. Mais la neige et la glace sont des cr\u00e9atures bruyantes, \u00e9hont\u00e9es, moqueuses. Tout craque, sous le poids de la neige, et ces craquements coupent la respiration, car ils semblent pr\u00e9luder au fracas d\u2019un effondrement. Les affaissements des masses de neige et de glace r\u00e9sonnent longuement, leur raffut traverse la terre et se communique \u00e0 l\u2019air. Les grandes avalanches s\u2019expriment avec un grondement effarant qui remplit d\u2019horreur et avec un sifflement f\u00e9roce, celui du d\u00e9placement d\u2019air.<\/p>\n<p>Les pas crissent avec difficult\u00e9 sur la neige fra\u00eeche, et chaque pas ressemble \u00e0 un sanglot. Chaque flocon frappe les fen\u00eatres et toute surface avec un petit bruit nerveux, similaire \u00e0 celui de pages tourn\u00e9es dans un livre trop long. Et quand la temp\u00e9rature s\u2019adoucit, voil\u00e0 que les blocs de glace hurlent jusqu\u2019\u00e0 se fissurer, ils sont en proie \u00e0 des quintes de toux, ils se laissent aller \u00e0 des \u00e9clats de tonnerre ou de flatuosit\u00e9.<\/p>\n<p>Il avait vu toute sa vie des animaux\u00a0mourir, des plantes mourir, des roches tomber et s\u2019effriter, et il s\u2019est dit que pour l\u2019homme aussi \u00e7a finit comme \u00e7a, un \u00e9boulement par usure, un \u00e9tiolement soudain\u00a0; si on est au lit, on y reste, sinon, on s\u2019\u00e9croule, le b\u00e2ton \u00e0 la main dans un raidillon, ou encore, pench\u00e9 pour cueillir une plante comestible, on ne se redresse plus. Tout meurt, et puis voil\u00e0.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Claudio Morandini a obtenu avec Le chien, la neige, un pied le prestigieux Premio Procida-isola di Arturo-Elsa Morante 2016. 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