{"id":5327,"date":"2017-12-17T18:27:02","date_gmt":"2017-12-17T17:27:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5327"},"modified":"2024-10-13T18:48:30","modified_gmt":"2024-10-13T16:48:30","slug":"nimrod-gens-de-brume-2017","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5327","title":{"rendered":"Nimrod \u00ab Gens de brume \u00bb (2017)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: Po\u00e8te, essayiste et romancier, Nimrod est n\u00e9 au Tchad et vit en France depuis plus de vingt ans. Apr\u00e8s Les <em>Jambes d\u2019Alice<\/em> (2001 ; Babel n\u00b0 864) <em>Le D\u00e9part<\/em> (2005), <em>Le Bal des princes<\/em> (2008), <em>Un balcon sur l\u2019Alg\u00e9rois<\/em> (2013) est son quatri\u00e8me roman de publi\u00e9 par Actes Sud.<br \/>\nR\u00e9cemment chez Actes Sud\u00a0: <em>L\u2019Or des rivi\u00e8res<\/em> (recueil de r\u00e9cits po\u00e9tiques, 2010).<br \/>\nSon oeuvre po\u00e9tique est publi\u00e9e aux \u00e9ditions Obsidiane.<\/p>\n<p><strong>Paru dans La Collection \u00ab\u00a0Essences\u00a0\u00bb d\u2019Actes Sud \u2013 Octobre 2017 \u2013 64 pages<\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Je suis seul avec la montagne, avec la vigne, avec le chemin, avec ce bleu, l\u00e0-bas, qui ne demande qu\u2019\u00e0 \u00eatre surpris. Je sais que les oliviers sont dans la m\u00eame disposition. Les champs, les animaux, la Provence.<br \/>\nMa maison se situe sur une petite colline au-dessus de Sauve. Sa pente est douce. La vigne la couvre enti\u00e8rement. Sur sa face ouest, une for\u00eat de ch\u00eanes court \u00e0 l\u2019infini. C\u2019est l\u00e0 que le cr\u00e9puscule m\u2019a surpris.<\/p>\n<p>L&rsquo;Afrique, encrage du po\u00e8me, des r\u00e9miniscences du temps fragile de l&rsquo;enfance. Un temps retrouv\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9vocation des parfums, des odeurs de sucre et de peau, les odeurs du fleuve, celles de la boue. Entre le po\u00e8me et la prose Nimrod ne choisit pas. Sa langue est une voie d\u00e9rob\u00e9e o\u00f9 marchent depuis trente ans ses Gens de brume aux lisi\u00e8res de l&rsquo;aube.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Comme j\u2019ai \u00e9t\u00e9 contente de retrouver les senteurs de la collection Essence. Ce petit texte m\u2019a permis de d\u00e9couvrir l\u2019univers po\u00e9tique et sensuel de Nimrod. Comme il le dit si joliment il a atteint le Sud de son \u00eatre. Un parcours qui nous entraine de l\u2019Afrique \u00e0 la France, au gr\u00e9 des r\u00e9miniscences olfactives et visuelles de Nimrod. Des bords du fleuve \u00e0 la Provence, de l\u2019odeur de la brume africaine \u00e0 celle du coucher de soleil gardois\u2026 en passant par la magie des saveurs \u2026 Un petit bijou une fois de plus que le texte propos\u00e9 par \u00ab\u00a0Essences\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Elle s\u2019exhalait, tel un parfum de grand prix, pour ces lyc\u00e9ens qui \u00e0 raison de cinq ou six heures par jour se trouvaient \u00e0 l\u2019abri de leurs langues maternelles, de leurs tribus, de leurs coutumes, pour vibrer aux d\u00e9lices d\u2019une langue ch\u00e8re entre toutes\u00a0: le fran\u00e7ais. Il explorait notre futur et, par l\u00e0, nous enseignait les ressources de l\u2019amour.<\/p>\n<p>\u201cCette excroissance m\u2019a rendu sensible aux belles-lettres. Je la b\u00e9nis. Mes fr\u00e8res, ce n\u2019est pas un nez, c\u2019est un thermom\u00e8tre. Je sens vos phrases avant que vous les formiez, je sens l\u2019eau de leur gestation, je sens leur marinade, je sens leur mont\u00e9e en r\u00e9gime, je sens leur extase entre terre et ciel.\u201d<\/p>\n<p>L\u2019accoutumance neutralise les sensibilit\u00e9s. C\u2019est comme les \u00e9toiles. Nous oublions qu\u2019elles sont en nous. Quand vient le soir, tels ceux des gosses, nos yeux errent \u00e0 la face du ciel comme pour y fixer leur lumi\u00e8re.<\/p>\n<p>L\u2019or et les couleurs sont les seules mati\u00e8res d\u00e9di\u00e9es aux mains artistes pour qu\u2019elles traduisent pour nous le paradis qu\u2019aucun dieu ne nous offrira jamais.<\/p>\n<p>Je crois au Saint-Esprit tel que le repr\u00e9sentent les peintres de la Renaissance dans les fresques des \u00e9glises de Florence, de Sienne, d\u2019Agrigente\u2026 J\u2019aime les ciels d\u2019orage, j\u2019aime l\u2019eau, j\u2019aime la terre et les dieux.<\/p>\n<p>Opium ou caf\u00e9, les parfumeurs nous proposent aujourd\u2019hui des armures ou des prisons,\u00a0comme si d\u00e9sormais ils avaient exclu de composer avec la fra\u00eecheur. Passe encore que les fragrances deviennent des prisons.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3762\"><strong>La Collection \u00ab\u00a0Essences\u00a0\u00bb d\u2019Actes Sud <\/strong><\/a>\u00a0<strong>(voir page sur le blog)<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Photo\u00a0: Sur le fleuve Chari vers N&rsquo;Djam\u00e9na, une horde de canards ne trouble pas les hippopotames. ( https:\/\/www.artmajeur.com\/fr\/art-gallery\/katroz\/299902\/le-chari-vers-ndjamena-au-tchad-jpg\/8643928 )<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Po\u00e8te, essayiste et romancier, Nimrod est n\u00e9 au Tchad et vit en France depuis plus de vingt ans. Apr\u00e8s Les Jambes d\u2019Alice (2001 ; Babel n\u00b0 864) Le D\u00e9part (2005), Le Bal des princes (2008), Un balcon sur l\u2019Alg\u00e9rois (2013) est son quatri\u00e8me roman de publi\u00e9 par Actes Sud. 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