{"id":5342,"date":"2017-12-21T16:27:05","date_gmt":"2017-12-21T15:27:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5342"},"modified":"2026-03-31T15:56:30","modified_gmt":"2026-03-31T13:56:30","slug":"black-benjamin-la-double-vie-de-laura-swan-2012","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5342","title":{"rendered":"Black, Benjamin \u00abLa Double Vie De Laura Swan\u00bb (2012)"},"content":{"rendered":"<p><b>Auteur<\/b> : N\u00e9 \u00e0 Wexford, en Irlande, le 8 d\u00e9cembre 1945, John Banville vit \u00e0 Dublin. Depuis ses d\u00e9buts, l\u2019\u0153uvre de cet\u00a0 \u00bb orf\u00e8vre des mots\u00a0 \u00bb a \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9e par de nombreux grands prix litt\u00e9raires. Avec <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=635\"><i>La Mer<\/i><\/a>,<\/span> pl\u00e9biscit\u00e9e par la critique et le public anglais, publi\u00e9e dans une trentaine de pays, il a remport\u00e9 le plus prestigieux d\u2019entre eux : le Booker Prize. Ses derniers romans, L\u2019intouchable (1998),\u00a0 Eclipse (2002), Impostures (2003) ,<span style=\"color: #0000ff;\"> <a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=635\"><i>La Mer<\/i><\/a><\/span>, \u00a0Ath\u00e9na (2005), \u00a0Infinis (2011), <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=17922\">La lumi\u00e8re des \u00e9toiles mortes<\/a><\/span> (2014), <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=10203\">La guitare bleue<\/a> <\/span>(2018 ), <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=17239\">Neige sur Ballyglass House<\/a><\/span> (2022)<\/p>\n<p>Il est consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;un des auteurs vivants les plus importants de langue anglaise. Il est laur\u00e9at d&rsquo;un prix Booker [ <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=635\"><i>La Mer<\/i><\/a>,<\/span>] et il a re\u00e7u en 2014 le c\u00e9l\u00e8bre prix Prince des Asturies pour l\u2019ensemble de son \u0153uvre romanesque, publi\u00e9e en grande partie chez Robert Laffont, dans la collection \u00ab Pavillons \u00bb.<\/p>\n<p>Passionn\u00e9 de litt\u00e9rature polici\u00e8re des ann\u00e9es 50, il \u00e9crit \u00e9galement des romans noirs \u2013 <strong><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5309\">S\u00e9rie <i>Quirke<\/i><\/a><\/span><\/strong> \u2013\u00a0 sous le pseudonyme de \u00ab\u00a0Benjamin Black\u00a0\u00bb : <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5312\">Les Disparus de Dublin<\/a><\/span> \u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5342\">La Double Vie de Laura Swan<\/a><\/span>\u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5393\">La Disparition d\u2019April Latimer<\/a><\/span> \u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5416\">Mort en \u00e9t\u00e9<\/a> <\/span>\u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6145\">Vengeance<\/a> <\/span>\u2013\u00a0<i>Holy Orders (2013)<\/i> &#8211; <i>Even the Dead (2016)<\/i> &#8211; Le printemps basque d&rsquo;April Latimer (2025) (<i>April in Spain (2021) &#8211;\u00a0<\/i><i><\/i><\/p>\n<p><b>Autre roman <\/b>(traduit) : \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Black, Benjamin (Banville, John ) \u00ab\u00a0La Blonde aux yeux noirs: Le Retour de Philip Marlowe\u00a0\u00bb (2015) 377 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=24083\">La Blonde aux yeux noirs: Le Retour de Philip Marlowe\u00a0<\/a><\/span>\u00bb (2016) ressorti en 2023 sous le titre \u00ab\u00a0Marlowe\u00a0\u00bb . (Nouveau titre suite \u00e0 la sortie du film<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span><b><i>Marlowe<\/i><\/b><i> ou D\u00e9tective Marlowe au Qu\u00e9bec, une coproduction internationale r\u00e9alis\u00e9e par Neil Jordan et sorti en 2022<\/i><i>. Le sc\u00e9nario, sign\u00e9 William Monahan, est adapt\u00e9 du roman The Black-Eyed Blonde de John Banville qui met en sc\u00e8ne le personnage de Philip Marlowe cr\u00e9\u00e9 par Raymond Chandler.<\/i>)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Quand un grand \u00e9crivain (John Banville, Booker Prize 2005 pour La Mer) se lance dans le roman noir sous le nom de Benjamin Black, cela donne un des policiers les plus excitants de ces derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/strong><\/p>\n<p>Editions 10\/18 Domaine policier<br \/>\n10\/18 \u2013 avril 2012 \u2013 408 pages<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5309\"><strong>SERIE : QUIRKE, m\u00e9decin l\u00e9giste<\/strong><\/a><\/p>\n<p><strong>Quirke 02 &#8211; La Double Vie De Laura Swan<\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong> :<br \/>\nDepuis sa pr\u00e9c\u00e9dente enqu\u00eate (Les Disparus de Dublin), Quirke a perdu Sarah, l\u2019amour de sa vie, son p\u00e8re est mourant, il est quasiment brouill\u00e9 avec Phoebe, sa fille unique. Et il a arr\u00eat\u00e9 de boire. Pour le reste, il est toujours aussi maladroit et bourru, coinc\u00e9 dans son \u00e9norme carcasse de grand dur au c\u0153ur (presque) tendre. Et cette fois encore, les ennuis vont lui tomber dessus sans qu\u2019il les ait cherch\u00e9s. Alors qu\u2019il travaille dans son antre, \u00e0 la morgue du Holy Family Hospital, Billy Hunt, un vieux copain de fac (pas si copain que \u00e7a, en r\u00e9alit\u00e9), le contacte, \u00e9plor\u00e9 : Deirdre, sa femme, s\u2019est jet\u00e9e du haut d\u2019une falaise dans la baie de Dublin. Et Hunt supplie Quirke de ne pas pratiquer d\u2019autopsie : imaginer sa ravissante \u00e9pouse d\u00e9coup\u00e9e en morceaux lui fend le c\u0153ur. \u00c9videmment, Quirke est oblig\u00e9 de pratiquer cette autopsie, durant laquelle il d\u00e9couvre que la jeune femme n\u2019est pas du tout morte noy\u00e9e (elle n\u2019a pas d\u2019eau dans les poumons), mais d\u2019une overdose de morphine\u2026 Pourtant, le l\u00e9giste va laisser classer l\u2019affaire comme un suicide. En restera-t-il l\u00e0 pour autant ? Bien s\u00fbr que non. D\u2019abord parce que, commen\u00e7ant \u00e0 fureter dans le pass\u00e9 de la victime, Quirke d\u00e9couvre qu\u2019elle avait une double vie, une double identit\u00e9, entour\u00e9e de personnages aussi troubles que les circonstances de sa mort. Ensuite parce que Phoebe en vient \u00e0 \u00eatre impliqu\u00e9e dans l\u2019affaire. Impliqu\u00e9e et probablement en danger\u2026L\u2019enqu\u00eate de Quirke alterne avec le r\u00e9cit du pass\u00e9 de Deirdre et plonge le lecteur dans un Dublin des ann\u00e9es 1950 envo\u00fbtant, l\u2019entra\u00eenant dans une intrigue digne des meilleurs films noirs am\u00e9ricains. Et puis il y a les liens, sombres et complexes, entre les personnages, leurs conflits irr\u00e9solus, leurs zones d\u2019ombre, leurs d\u00e9sirs refoul\u00e9s\u2026 Et l\u00e0, Banville\/Black s\u2019impose comme un v\u00e9ritable ma\u00eetre du polar d\u2019atmosph\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong> : Je continue avec plaisir \u00e0 d\u00e9couvrir le m\u00e9decin l\u00e9giste Quirke. Il ne boit plus qu\u2019une seule fois par semaine, lors de son d\u00e9jeuner habituel avec sa fille. Son univers familial a chang\u00e9. Alors que dans le premier tome il avait de bons contacts avec sa fille (qui croyait \u00eatre sa ni\u00e8ce), le fait de voir la v\u00e9rit\u00e9 r\u00e9tablie empoisonne leurs relations. Phoebe a perdu sa joie de vivre et est devenue aigrie. J\u2019aime ses descriptions ; que ce soit celles des personnages ou de la nature, et aussi la fa\u00e7on dont il s\u2019inspire des \u00e9l\u00e9ments pour d\u00e9peindre les protagonistes. Quirke est un homme bourru et malheureux, que son enfance en orphelinat a traumatis\u00e9 bien qu\u2019il s\u2019en soit sorti de belle mani\u00e8re. Il n\u2019arrive pas \u00e0 faire confiance : ni \u00e0 lui, ni aux autres. Il a peur de s\u2019exprimer et laisse faire au lieu d\u2019intervenir, m\u00eame quand sa fille se fourvoie dans ses choix. Cot\u00e9 enqu\u00eate : une fois encore il va se m\u00ealer de ce qui ne le regarde pas et enqu\u00eater alors qu\u2019on lui demande express\u00e9ment de ne pas s\u2019en m\u00ealer\u2026 On ne le refait pas\u2026<br \/>\nTout le monde est pitoyable dans cette aventure, y compris le s\u00e9ducteur qui sous des dehors flatteurs n\u2019est qu\u2019un magouilleur sans consistance.<\/p>\n<p>John Banville n\u2019est jamais bien loin\u2026 tant dans la mani\u00e8re d\u2019\u00e9crire que dans les th\u00e8mes abord\u00e9s : un \u00eatre solitaire, confront\u00e9 \u00e0 la probl\u00e9matique du suicide, \u00e0 ses d\u00e9mons de l\u2019enfance et de jeunesse. Un homme tourment\u00e9, hant\u00e9 par le pass\u00e9. Tout est myst\u00e8re et brume chez lui\u2026 les personnages et le climat. Et cet art de la psychologie complexe sert magnifiquement bien les polars noirs qu\u2019il cis\u00e8le \u2026 Les descriptions sont magnifiques, j\u2019aime les couleurs, les tons, les ambiances, la noirceur et les nuances\u2026 et l\u2019humour aussi\u2026 Bred, j\u2019aime Black\/Banville !<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong> :<\/p>\n<p>[\u2026]il avait par moments l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre un \u00e9cheveau de terminaisons nerveuses ambulant assailli de toutes parts de senteurs, de go\u00fbts et de contacts atroces.<\/p>\n<p>La salle se remplissait de plus en plus et les bruits de la foule venue d\u00e9jeuner avaient tout d&rsquo;un rugissement maintenant.<\/p>\n<p>Ward, son nom de jeune fille, nota Quirke, sugg\u00e9rait qu&rsquo;elle avait du sang de tinker, de romanichels irlandais [\u2026]<\/p>\n<p>Il \u00e9tait grand et mince, si mince qu&rsquo;on avait du mal \u00e0 comprendre comment son corps pouvait loger ses organes vitaux [\u2026]<\/p>\n<p>Ce premier jour, il ne la regarda pas une seule fois, pas directement, mais elle sentit qu&rsquo;il l&rsquo;\u00e9tudiait : c&rsquo;est l&rsquo;effet que \u00e7a lui fit, qu&rsquo;en un sens il l&rsquo;absorbait.<\/p>\n<p>L&rsquo;espace d&rsquo;une seconde, le m\u00e9lange des odeurs du jardin lui parut \u00e9maner du pass\u00e9, un pass\u00e9 qui n&rsquo;\u00e9tait pas vraiment le leur, mais plut\u00f4t un autre o\u00f9 leur moi plus jeune aurait continu\u00e9 \u00e0 vivre, d&rsquo;une certaine fa\u00e7on, dans un pr\u00e9sent depuis longtemps disparu et n\u00e9anmoins immuable.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;int\u00e9rieur, la salle d&rsquo;accueil, tout en ombres terre de Sienne et particules de poussi\u00e8re en suspension, sentait les copeaux de crayon et les documents oubli\u00e9s au soleil<\/p>\n<p>Le docteur, avec une gr\u00e2ce et une aisance merveilleuses, se replia rapidement sur le sol, pareil \u00e0 un tire-bouchon qui s&rsquo;enfonce dans un bouchon, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il soit assis en tailleur sur l&rsquo;un des coussins autour de la table.<\/p>\n<p>Elle voyait aujourd&rsquo;hui sa vie comme une prudente progression sur un mince fil de fer vibrant au-dessus d&rsquo;un gouffre noir. Compte tenu de cet \u00e9quilibre pr\u00e9caire, elle savait qu&rsquo;il valait mieux ne pas regarder trop souvent, ni avec trop de curiosit\u00e9, \u00e0 droite ou \u00e0 gauche et m\u00eame au-dessous d&rsquo;elle \u2013 en fait, il ne fallait absolument pas qu&rsquo;elle regarde ce qui se passait au-dessous d&rsquo;elle. L\u00e0-haut, o\u00f9 elle avan\u00e7ait en funambule, l&rsquo;atmosph\u00e8re \u00e9tait lumineuse et fra\u00eeche, c&rsquo;\u00e9tait une atmosph\u00e8re grisante et n\u00e9anmoins porteuse. Et, malgr\u00e9 son d\u00e9pouillement, cette situation en hauteur, claire, lui suffisait, elle qui avait connu bien assez d&rsquo;ab\u00eemes et de t\u00e9n\u00e8bres. Pourquoi aurait-elle d\u00fb s&rsquo;interroger sur la foule en contrebas qu&rsquo;elle sentait la regarder avec envie, admiration et aussi avec des attentes p\u00e9tries de malveillance ?<\/p>\n<p>La vie est faite d&rsquo;une longue s\u00e9rie d&rsquo;erreurs de jugement, se dit-elle avec une clairvoyance prosa\u00efque.<\/p>\n<p>[\u2026] un cadavre \u00e9tait un r\u00e9ceptacle renfermant une \u00e9nigme, l&rsquo;\u00e9nigme \u00e9tant la cause de la mort.<\/p>\n<p>Swan, le cygne, anciennement vilain petit canard.<\/p>\n<p>\u00catre soufi, c&rsquo;est \u00eatre perp\u00e9tuellement en chemin, sans se soucier d&rsquo;arriver. C&rsquo;est le cheminement qui compte.<\/p>\n<p>C&rsquo;est curieux, n&rsquo;est-ce pas, comme deux pr\u00e9noms peuvent sonner juste ensemble, je veux dire, \u00e7a para\u00eet naturel, comme une formule, alors qu&rsquo;en r\u00e9alit\u00e9 ce ne sont que des&#8230; noms ? Rom\u00e9o et Juliette.<\/p>\n<p>Il pr\u00e9f\u00e9rait ses propres opinions et, \u00e0 dire vrai, sa propre compagnie aussi.<\/p>\n<p>C&rsquo;\u00e9tait pas le genre de personne qu&rsquo;on for\u00e7ait. Tout ce qu&rsquo;on gagnait, c&rsquo;\u00e9tait un mur de silence, ou bien elle vous envoyait promener.<\/p>\n<p>On croirait vraiment que la mort vous colle aux trousses.<br \/>\n\u2014 Les risques du m\u00e9tier, riposta Quirke.<br \/>\n\u2014 Bien s\u00fbr&#8230; j&rsquo;oublie toujours votre profession.<\/p>\n<p>le bout de leurs cigarettes, pareil \u00e0 des lucioles, tissait des formes angulaires au milieu des ombres<\/p>\n<p>Et souvent, il se surprenait \u00e0 reculer, comme incapable d&rsquo;intervenir, tandis que cet autre lui en lui commen\u00e7ait \u00e0 fomenter quelque nouvelle \u00e9normit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans la cuisine, l&rsquo;obscurit\u00e9 avide de la nuit bleu noir pesait contre les carreaux.<\/p>\n<p>Une lumi\u00e8re s&rsquo;\u00e9tait \u00e9teinte en lui, on aurait cru qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait estomp\u00e9.<\/p>\n<p>Elle demeura immobile un long moment, l&rsquo;oreille tendue, mais ne surprit aucun bruit \u00e0 l&rsquo;exception d&rsquo;un bourdonnement sourd et r\u00e9gulier qu&rsquo;elle savait n&rsquo;exister que dans sa t\u00eate.<\/p>\n<p>[\u2026] malgr\u00e9 son allure de vierge des glaces et son comportement assorti, elle avait fondu rudement vite.<\/p>\n<p>\u2014 Votre mari \u00e9tait un homme remarquable. \u00bb<br \/>\nElle eut un petit rire, pas plus fort qu&rsquo;un reniflement.<br \/>\n\u00ab Vous ne l&rsquo;admiriez pas.<br \/>\n\u2014 Je n&rsquo;ai pas dit qu&rsquo;il \u00e9tait admirable. \u00bb<\/p>\n<p>J&rsquo;imagine que, m\u00eame longtemps apr\u00e8s leur d\u00e9c\u00e8s, les morts ont encore une emprise sur nous.<\/p>\n<p>Quand elle se retourna vers le couloir, la solitude de la maison lui fon\u00e7a dessus, comme si elle-m\u00eame \u00e9tait un vide dans lequel tout se d\u00e9versait irr\u00e9pressiblement.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la pluie et la fra\u00eecheur de l&rsquo;air, il avait l&rsquo;impression de se consumer totalement, \u00e0 la fa\u00e7on d&rsquo;un arbre que la foudre vient de frapper.<\/p>\n<p>[\u2026] le grand nuage bleu fonc\u00e9, qui \u00e0 son insu avait mont\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement dans le ciel, barbota habilement la pi\u00e8ce en argent terni que formait la lune.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5309\">S\u00e9rie : Quirke<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur : N\u00e9 \u00e0 Wexford, en Irlande, le 8 d\u00e9cembre 1945, John Banville vit \u00e0 Dublin. Depuis ses d\u00e9buts, l\u2019\u0153uvre de cet\u00a0 \u00bb orf\u00e8vre des mots\u00a0 \u00bb a \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9e par de nombreux grands prix litt\u00e9raires. Avec La Mer, pl\u00e9biscit\u00e9e par la critique et le public anglais, publi\u00e9e dans une trentaine de pays, il a &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5342\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5343,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[2,489,490,511,27,31,1],"tags":[512,370],"class_list":["post-5342","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-lectures","category-au-fil-du-rasoir-polars","category-thrillers","category-dublin","category-irlande","category-litterature-irlandaise","category-non-classe","tag-medecin-legiste","tag-suspense"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5342","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5342"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5342\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":24102,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5342\/revisions\/24102"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/5343"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5342"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5342"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5342"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}