{"id":5369,"date":"2017-12-24T14:56:53","date_gmt":"2017-12-24T13:56:53","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5369"},"modified":"2025-09-18T10:26:47","modified_gmt":"2025-09-18T08:26:47","slug":"salvayre-lydie-tout-homme-est-une-nuit-2017","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5369","title":{"rendered":"Salvayre, Lydie \u00abTout homme est une nuit\u00bb (2017)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Autrice <\/strong>: N\u00e9e en 1946 d\u2019un p\u00e8re Andalou et d\u2019une m\u00e8re catalane, r\u00e9fugi\u00e9s en France en f\u00e9vrier 1939, Lydie Salvayre passe son enfance \u00e0 Auterive, pr\u00e8s de Toulouse.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une Licence de Lettres modernes \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Toulouse, elle fait ses \u00e9tudes de m\u00e9decine \u00e0 la Facult\u00e9 de M\u00e9decine de Toulouse, puis son internat en Psychiatrie. Elle devient p\u00e9dopsychiatre, et est M\u00e9decin Directeur du CMPP de Bagnolet pendant 15 ans. Lydie Salvayre est l\u2019auteur d\u2019une vingtaine de livres traduits dans de nombreux pays et dont certains ont fait l\u2019objet d\u2019adaptations th\u00e9\u00e2trales.<\/p>\n<p><b>Publications<\/b> : \u00ab\u00a0La D\u00e9claration\u00a0\u00bb (1990) est salu\u00e9e par le Prix Herm\u00e8s du premier roman. En 1991 elle publie \u00ab\u00a0La vie commune\u00a0\u00bb, en 1993 \u00ab\u00a0la m\u00e9daille\u00a0\u00bb, en 1995 \u00ab\u00a0la puissance des mouches\u00a0\u00bb,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>\u00ab\u00a0La Compagnie des spectres\u00a0\u00bb (1997) re\u00e7oit le prix Novembre (aujourd\u2019hui prix D\u00e9cembre), en 1997 \u00ab\u00a0Quelques conseils aux \u00e9l\u00e8ves huissiers\u00a0\u00bb, en 1999 \u00ab\u00a0La conf\u00e9rence de Cintegabelle\u00a0\u00bb, en 2000 \u00ab\u00a0 les belles \u00e2mes\u00a0\u00bb, en 2001 \u00ab\u00a0le vif du vivant\u00a0\u00bb, en 2002 \u00abEt que les vers mangent le b\u0153uf mort\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Contre\u00a0\u00bb, en 2003 \u00ab\u00a0Passage \u00e0 l\u2019ennemie\u00a0\u00bb, en 2005 \u00ab\u00a0La M\u00e9thode Mila\u00a0\u00bb, en 2006 \u00ab\u00a0Dis pas \u00e7a\u00a0\u00bb,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>en 2007 \u00ab\u00a0Portrait de l\u2019\u00e9crivain en animal domestique\u00a0\u00bb, en 2008 \u00ab\u00a0Petit trait\u00e9 d\u2019\u00e9ducation lubrique\u00a0\u00bb, en 2009 \u00a0\u00ab\u00a0BW\u00a0\u00bb(le prix Fran\u00e7ois-Billetdoux), en 2011 \u00ab\u00a0Hymne\u00a0\u00bb, en 2013 \u00ab\u00a0Sept femmes\u00a0\u00bb, en 2014 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1170\">Pas pleurer<\/a><\/span> (r\u00e9compens\u00e9 par le prix Goncourt 2014), en 2017, elle publie \u00ab<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5369\"><span style=\"color: #0000ff;\">Tout homme est une nuit<\/span><\/a>\u00bb, en 2019 \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11316\">Marcher jusqu&rsquo;au soir<\/a><\/span>\u00bb, en 2021 \u00ab\u00a0R\u00eaver debout\u00a0\u00bb, en 2023 \u00ab\u00a0Irr\u00e9futable essai de successologie\u00a0\u00bb, en 2024 \u00abDepuis toujours nous aimons les dimanches\u00a0\u00bb, \u00abL\u2019honneur des chiens\u00a0\u00bb, \u00a0\u00ab\u00a0Lydie Salvayre &#8211; \u00c9crire entre deux langues (Collectif)\u00a0\u00bb, en 2025 \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Salvayre, Lydie \u00ab\u00a0Autoportrait \u00e0 l\u2019encre noire\u00a0\u00bb (RL2025) 224 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=22902\">Autoportrait \u00e0 l\u2019encre noire<\/a><\/span>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Editions Seuil 05.10.2017 &#8211; 256 pages &#8211; Point poche 18.10.2018 &#8211; 216 pages<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Des hommes retournent sur d&rsquo;autres la brutalit\u00e9 d&rsquo;un ordre dont ils souffrent. Ils s&rsquo;inventent \u00e0 peu de frais de commodes ennemis. Certaines frayeurs en eux les agissent.<\/p>\n<p>Des questions vieilles comme le monde mais d\u2019une br\u00fblante actualit\u00e9, auxquelles Lydie Salvayre donne ici forme litt\u00e9raire.<\/p>\n<p>Un roman, donc, et d\u2019une causticit\u00e9 jubilatoire, o\u00f9 vont se faire face, d&rsquo;une part : un solitaire, un lettr\u00e9, un pas-tout-\u00e0-fait-pareil, un pas-tout-\u00e0-fait-conforme, un homme malade qui a choisi de se retirer dans un lieu de beaut\u00e9, et de l&rsquo;autre : les habitants d&rsquo;un paisible village que l&rsquo;arriv\u00e9e de ce nouveau, de cet intrus, bouscule et profond\u00e9ment d\u00e9concerte.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s vite surgiront, entre l&rsquo;un et les autres, l&rsquo;incompr\u00e9hension et la m\u00e9fiance, puis les malentendus et les soup\u00e7ons mauvais, puis les grandes peurs infond\u00e9es et les violences que sourdement elles s\u00e9cr\u00e8tent. Puisque tout homme est une nuit.<\/p>\n<p>Lydie Salvayre a \u00e9crit douze romans traduits dans une vingtaine de langues. Elle a obtenu le Prix Herm\u00e8s du premier roman pour La D\u00e9claration, le prix Novembre (aujourd&rsquo;hui Prix D\u00e9cembre) et le Prix du Meilleur Livre de l&rsquo;ann\u00e9e pour la Compagnie des spectres, le prix Fran\u00e7ois-Billetdoux pour B.W., et le Prix Goncourt pour Pas pleurer.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: C\u2019est <strong>LE<\/strong> coup de c\u0153ur de l\u2019ann\u00e9e 2017. Tout est somptueux dans l\u2019\u00e9criture de ce roman. Le choix du sujet, la fa\u00e7on de l\u2019aborder, la langue\u2026<\/p>\n<p>En connaissant la vie de la romanci\u00e8re, on ne peut que reconna\u00eetre certains \u00e9l\u00e9ments autobiographiques dans cette fiction\u00a0: ses origines espagnoles, sa maladie, sa double culture classique fran\u00e7aise et baroque espagnole, son analyse de la soci\u00e9t\u00e9)<\/p>\n<p>Un village qui se meurt avec des habitants qui se raccrochent au pass\u00e9. Y arrive un homme\u00a0: un peu diff\u00e9rent, mais pas tant que cela. Et les commentaires des habitants\u00a0: toujours la m\u00e9fiance, la d\u00e9fiance, le rejet d\u2019office, le non-dialogue. Et des mondes qui ne se m\u00ealent pas\u2026 la peur se mue en agression perp\u00e9tuelle et l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 devient un danger palpable.<\/p>\n<p>Le nouvel arrivant, bless\u00e9, n\u2019arrive pas \u00e0 leur parler et se sent de plus en plus rejet\u00e9 par ses repr\u00e9sentants du vieux monde, des personnes chouchout\u00e9s par certains politiciens de la vieille garde qui distillent la peur et la haine.<\/p>\n<p>De fait c\u2019est le regard de la France sur l\u2019\u00e9tranger (et cela ne date pas d\u2019hier)\u00a0; un livre litt\u00e9raire, qui raconte une histoire mais aussi un reflet politique. On y retrouve les arguments de certains pendant la campagne pr\u00e9sidentielle\u00a0; ce climat de tension, de manipulation, d\u2019incitation \u00e0 la violence, de haine de l\u2019\u00e9tranger. Cette mont\u00e9e haineuse du populisme qui v\u00e9hicule des id\u00e9es fausses pour justifier son agressivit\u00e9, son mal-\u00eatre et son repli sur soi. L\u2019auteur ne juge pas les gens, elle porte juste son regard sur les personnages, sur le syst\u00e8me qui \u00e9rige l\u2019angoisse en mode de vie.<\/p>\n<p>Ceux qui font un pas vers l\u2019\u00e9tranger ont bien peu de soutien\u2026 c\u2019est m\u00eame le contraire\u2026<\/p>\n<p>Ce qui est remarquable c\u2019est que la diff\u00e9rence est \u00e9galement bien traduite par la fa\u00e7on de s\u2019exprimer. La langue du narrateur, la langue du peuple du village\u00a0: deux langues diff\u00e9rentes qui refl\u00e8tent les deux France qui se c\u00f4toient mais ne se m\u00e9langent pas\u2026 La ville s\u2019oppose \u00e0 la campagne comme l\u2019homme qui vient d\u2019ailleurs au natif du village\u2026. D\u2019ailleurs les livres et la culture font peur aux gens qui fr\u00e9quentent le caf\u00e9 et ils le disent.<\/p>\n<p>On voit tr\u00e8s bien que tout ce qui est un peu diff\u00e9rent les regroupe en meute et les\u00a0compacte pour attiser leur violence\u00a0: les homosexuels, les personnes instruites, les personnes qui n\u2019ont pas la m\u00eame religion, ceux qui viennent d&rsquo;ailleurs\u2026 On reconna\u00eet bien cette incitation \u00e0 la haine \u2026 Pour \u00eatre accept\u00e9s, il faut \u00eatre blanc, boire du pastis et du rouge, lire l\u2019Equipe, aimer le foot, \u00a0jurer et roter, \u00eatre vulgaire et machistes. Il y a vers la fin du livre deux pages juste exceptionnelles sur la col\u00e8re que je ne vais pas mettre dans les extraits car trop longues\u2026 Quand on pense que le patron du bistrot est mari\u00e9 \u00e0 une espagnole et que son fils est tout ce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas&#8230;Magnifique id\u00e9e de la romanci\u00e8re.<\/p>\n<p>J\u2019ai aussi beaucoup aim\u00e9 la description du Jacques, cet \u00e9tranger fran\u00e7ais qui est accept\u00e9 par les habitants mais qui se sent tr\u00e8s mal. Il n\u2019ose pas dire ce qu\u2019il ressent et ce qu\u2019il pense par peur d\u2019\u00eatre rejet\u00e9 et a honte en m\u00eame temps de laisser dire et laisser faire. D\u2019ailleurs ils sont plusieurs (et m\u00eame dans la clique du caf\u00e9) \u00e0 ne pas savoir comment se sortir de cette violence qui va trop loin mais qu\u2019ils n\u2019osent pas freiner sous peur de perdre la face devant les copains\u2026<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Sur le coup je ne ressentis rien, ne pensai rien, n\u2019exprimai rien. Puis je coulai dans le chagrin en essayant de m\u2019agripper \u00e0 ses murs verticaux.<\/p>\n<p>l\u2019annonce de la maladie me jeta dans un vagabondage de l\u2019esprit, dans un d\u00e9semparement, un affairement et une dispersion, aussi \u00e9puisants que st\u00e9riles.<\/p>\n<p>Avec lui, une angoisse inconnue m\u2019\u00e9tait venue, une angoisse griffue, une angoisse m\u00e9chante qui plombait toutes mes pens\u00e9es et les rendait m\u00e9chantes et me rendait m\u00e9chant. Les maladies tr\u00e8s graves ont une puissance anxiog\u00e8ne in\u00e9gal\u00e9e parce qu\u2019elles vous obligent \u00e0 faire, de votre vivant, le deuil de vous-m\u00eame.<\/p>\n<p>La maladie m\u2019avait tari. Ne restaient au fond de moi que des\u00a0cailloux et la boue noire.<\/p>\n<p>L\u2019arriv\u00e9e de l\u2019\u00e9tranger d\u00e9concertait leurs habitudes, et pas seulement les r\u00e9tiniennes, toutes leurs habitudes et le doux engourdissement qu\u2019elles conf\u00e9raient et dont ils \u00e9taient douillettement captifs<\/p>\n<p>Gueuler, de toute \u00e9vidence, inspirait ici le respect.<\/p>\n<p>Et leurs regards avides toujours braqu\u00e9s sur moi me jet\u00e8rent au-dehors aussi violemment qu\u2019un coup de pied.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait comme si tous les efforts que j\u2019avais d\u00e9ploy\u00e9s depuis mes dix-huit ans pour faire oublier aux autres l\u2019endroit o\u00f9 j\u2019avais grandi, corriger mes mani\u00e8res peuple et gravir l\u2019\u00e9chelle sociale par la voie des \u00e9tudes, s\u2019effondraient brusquement et me laissaient \u00e0 nu.<\/p>\n<p>j\u2019avais le sentiment que, \u00e0 force de ne pas user des mots de l\u2019amiti\u00e9 ou de l\u2019amour, ils s\u2019\u00e9taient atrophi\u00e9s au point de dispara\u00eetre.<\/p>\n<p>Il se demandait jusqu\u2019\u00e0 quand il pourrait les supporter sans qu\u2019ils l\u2019entra\u00eenent dans un engrenage odieux dont il aurait honte un jour et auquel il ne pourrait plus \u00e9chapper. Devant certaines paroles, se taire, il le savait, c\u2019\u00e9tait abdiquer et donner la victoire au pire.<\/p>\n<p>Nous \u00e9tions ensemble comme deux \u00e9trangers.<\/p>\n<p>Et d\u2019une certaine fa\u00e7on, nous mourions \u00e0 notre couple avant de mourir \u00e0 nous-m\u00eames.<\/p>\n<p>Alors que je m\u2019\u00e9vertuais \u00e0 n\u2019exister qu\u2019\u00e0 peine, j\u2019avais la p\u00e9nible impression que, pour les gens d\u2019ici, je n\u2019existais que trop.<\/p>\n<p>Comment une grande partie du village en \u00e9tait-elle arriv\u00e9e \u00e0 croire, sans preuve ni fondement, de pareilles invraisemblances\u00a0? Et jusqu\u2019o\u00f9 leurs folies pouvaient-elles les mener\u00a0?<\/p>\n<p>Utile en leur offrant \u00e0 peu de frais, voire au rabais, un ennemi commode, disponible et \u00e0 port\u00e9e de main, un ennemi\u00a0bien avantageux en somme. Utile aussi parce que je les rassemblais et les rendais plus proches les uns des autres qu\u2019ils ne l\u2019avaient sans doute jamais \u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>des compagnons de mis\u00e8re, disais-je, qui essaient juste de r\u00e9sister \u00e0 la folle fureur qui les cerne, en s\u2019accordant mutuellement un peu de chaleur humaine et un peu de douceur, avant d\u2019\u00eatre fauch\u00e9s. C\u2019est ainsi que je nous voyais.<\/p>\n<p>Mais moi je me rends bien compte que \u00e7a lui retourne l\u2019esprit,\u00a0\u00e0 mon fils, tous ces livres. Je vois bien que \u00e7a le d\u00e9boussole, que \u00e7a le d\u00e9s\u00e9quilibre, que \u00e7a l\u2019emp\u00eache de prendre pied sur le sol ferme, tu comprends\u00a0?<\/p>\n<p>Il avait la conviction que les col\u00e8res par exemple leur \u00e9taient souffl\u00e9es qu\u2019ils reprenaient \u00e0 leur compte, et que l\u2019esprit du temps, qui \u00e9tait \u00e0 la violence, aux sombres insinuations et aux mises au pilori quotidiennes, se r\u00e9fl\u00e9chissait affreusement sur leurs discours et leurs \u00e9mois, et sur les siens propres tout autant.<\/p>\n<p>Mais rester \u00e0 \u00e9couter, comme il le faisait depuis des mois, des propos infects vocif\u00e9r\u00e9s en ch\u0153ur par l\u2019union des apeur\u00e9s afin de se donner l\u2019illusion de la force, simplement les \u00e9couter, n\u2019\u00e9tait-ce pas d\u00e9j\u00e0 courir le risque d\u2019\u00eatre contamin\u00e9\u00a0? de s\u2019y salir\u00a0? N\u2019\u00e9tait-ce pas les accr\u00e9diter\u00a0? et m\u00eame, d\u2019une certaine fa\u00e7on, en jouir\u00a0?<\/p>\n<p>On s\u2019avisait de surcro\u00eet que la col\u00e8re avait cette vertu \u00f4 combien pr\u00e9cieuse de rapprocher les hommes et de les r\u00e9unir autant sinon mieux que la joie. S\u2019indigner, s\u2019enflammer et foutre une racl\u00e9e plus ou moins meurtri\u00e8re \u00e0 des ind\u00e9sirables\u00a0\u00e9taient des actes qui se pratiquaient mieux, plus all\u00e8grement et plus f\u00e9rocement, lorsqu\u2019on \u00e9tait en meute, toute l\u2019Histoire l\u2019enseignait.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice : N\u00e9e en 1946 d\u2019un p\u00e8re Andalou et d\u2019une m\u00e8re catalane, r\u00e9fugi\u00e9s en France en f\u00e9vrier 1939, Lydie Salvayre passe son enfance \u00e0 Auterive, pr\u00e8s de Toulouse. 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