{"id":5458,"date":"2018-01-24T11:01:23","date_gmt":"2018-01-24T10:01:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5458"},"modified":"2025-05-06T16:46:23","modified_gmt":"2025-05-06T14:46:23","slug":"minoui-delphine-les-passeurs-de-livres-de-daraya-une-bibliotheque-secrete-en-syrie-2017","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5458","title":{"rendered":"Minoui, Delphine   \u00abLes Passeurs de livres de Daraya &#8211; Une biblioth\u00e8que secr\u00e8te en Syrie\u00bb (2017)"},"content":{"rendered":"<p><b>Autrice<\/b>: Delphine Minoui, n\u00e9e en 1974, est une journaliste franco-iranienne sp\u00e9cialiste du Moyen-Orient et plus particuli\u00e8rement de l&rsquo;Iran.<br \/>\nDelphine Minoui\u00a0est grande reporter au\u00a0Figaro, sp\u00e9cialiste du Moyen-Orient. Prix Albert Londres 2006 pour ses reportages en Iran et en Irak, elle sillonne le monde arabo-musulman depuis 20 ans. Apr\u00e8s T\u00e9h\u00e9ran, Beyrouth et Le Caire, elle vit aujourd\u2019hui \u00e0 Istanbul, o\u00f9 elle continue \u00e0 suivre de pr\u00e8s l\u2019actualit\u00e9 syrienne.<\/p>\n<p><b>Ecrits<\/b> :<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Jeunesse d&rsquo;Iran\u00a0: Les Voix du changement ( Autrement &#8211; 2001) &#8211;<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Les\u00a0Pintades \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran\u00a0(Jacob-Duvernet &#8211; 2007),\u00a0Moi, Nojoud, dix ans, divorc\u00e9e\u00a0(Michel Lafon), de\u00a0Tripoliwood\u00a0(Grasset &#8211; 2011), Je vous \u00e9cris de T\u00e9h\u00e9ran\u00a0(Seuil &#8211; 2015), <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5458\">Les Passeurs de livres de Daraya<\/a><\/span> (Seuil &#8211; 2017), <span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Minoui, Delphine \u00ab\u00a0L\u2019alphabet du silence\u00a0\u00bb (2023) 261 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=22265\">L&rsquo;Alphabet du silence<\/a><\/span> (\u00c9ditions Iconoclaste &#8211; 2023), <span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=21149\">Badjens<\/a><\/span>(Seuil 2024)<\/p>\n<p>Editions du Seuil \u2013 Documents &#8211; 19\/09\/2017 &#8211; 160 pages<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: De 2012 \u00e0 2016, la banlieue rebelle de Daraya a subi un si\u00e8ge implacable impos\u00e9 par Damas. Quatre ann\u00e9es de descente aux enfers, rythm\u00e9es par les bombardements au baril d\u2019explosifs, les attaques au gaz chimique, la soumission par la faim. Face \u00e0 la violence du r\u00e9gime de Bachar al-Assad, une quarantaine de jeunes r\u00e9volutionnaires syriens a fait le pari insolite d\u2019exhumer des milliers d\u2019ouvrages ensevelis sous les ruines pour les rassembler dans une biblioth\u00e8que clandestine, calfeutr\u00e9e dans un sous-sol de la ville.<\/p>\n<p>Leur r\u00e9sistance par les livres est une all\u00e9gorie : celle du refus absolu de toute forme de domination politique ou religieuse. Elle incarne cette troisi\u00e8me voix, entre Damas et Daech, n\u00e9e des manifestations pacifiques du d\u00e9but du soul\u00e8vement anti-Assad de 2011, que la guerre menace aujourd&rsquo;hui d&rsquo;\u00e9touffer. Ce r\u00e9cit, fruit d&rsquo;une correspondance men\u00e9e par Skype entre une journaliste fran\u00e7aise et ces activistes insoumis, est un hymne \u00e0 la libert\u00e9 individuelle, \u00e0 la tol\u00e9rance et au pouvoir de la litt\u00e9rature.<\/p>\n<p>Delphine Minoui est grande reporter au Figaro, sp\u00e9cialiste du Moyen-Orient. Prix Albert Londres 2006 pour ses reportages en Iran et en Irak, elle sillonne le monde arabo-musulman depuis 20 ans. Apr\u00e8s T\u00e9h\u00e9ran, Beyrouth et Le Caire, elle vit aujourd&rsquo;hui \u00e0 Istanbul, o\u00f9 elle continue \u00e0 suivre de pr\u00e8s l\u2019actualit\u00e9 syrienne. Elle est \u00e9galement l&rsquo;auteur des Pintades \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran (Jacob-Duvernet), de Moi, Nojoud, dix ans, divorc\u00e9e (Michel Lafon), de Tripoliwood (Grasset) et de Je vous \u00e9cris de T\u00e9h\u00e9ran (Seuil).<\/p>\n<p><strong>La presse<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Fran\u00e7ois Busnel <em>La Grande Librairie\u00a0: <\/em>\u00ab\u00a0Un livre formidable. Une arme d&rsquo;instruction massive.\u00a0\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Olivia de Lamberterie <em>T\u00e9l\u00e9 Matin<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0L&rsquo;histoire est formidable ! C&rsquo;est poignant. \u00c7a faisait longtemps que je n&rsquo;avais pas \u00e9t\u00e9 aussi transport\u00e9e par un livre. La langue de Delphine Minoui est gracieuse.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong> <strong>(\u00e9tay\u00e9 par l\u2019\u00e9coute de l\u2019auteure) : \u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>Syrie<\/strong>\u00a0: un pays partag\u00e9 entre deux endoctrinements\u00a0: El Assad et le Front Islamiste. Deux pens\u00e9es uniques qui s\u2019affrontent. Et le r\u00f4le des livres va se r\u00e9v\u00e9ler fondamental\u00a0: il contrebalance la pens\u00e9e unique par le partage, l\u2019explication, le dialogue, la diversit\u00e9 des points de vue.<\/p>\n<p><strong>Daraya<\/strong>\u00a0: une ville qui se situe \u00e0 moins de 10 km de Damas qui va \u00eatre \u00e0 90 % d\u00e9truite pendant les 4 ann\u00e9es que va durer le si\u00e8ge et la destruction de la ville. Une ville de 250\u2019000 habitants qui n\u2019en compte plus que 12&rsquo;000 dont 2\u2019000 combattants\u2026 Une ville qui a toujours pr\u00f4n\u00e9 la non-violence. Daraya, c\u2019est la troisi\u00e8me voix de la Syrie, entre Damas et Daech. C\u2019est une ville qui a toujours \u00e9t\u00e9 un symbole de libert\u00e9, et qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pacifiste et ouverte bien avant la guerre de 2012. Cette ville a une histoire propre qui commence dans les ann\u00e9es 90, \u00e9poque de la mobilisation des jeunes r\u00e9sistants qui vont instaurer des initiatives citoyennes (Les chebab de Daraya) . Cette ville est de fait un \u00ab\u00a0gouvernorat civil\u00a0\u00bb qui d\u00e9cide tout en d\u00e9mocratie. Maintenant la ville a \u00e9t\u00e9 vid\u00e9e de ses habitants et tous les acteurs de ce livre ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9par\u00e9s. Il est possible de raser une ville mais pas de d\u00e9truire les id\u00e9es.<\/p>\n<p>L\u2019auteur va se faire le porte-voix d\u2019une partie de la population qui n\u2019a pas la parole. N\u2019ayant pas la possibilit\u00e9 de se rendre sur place elle va communiquer par internet avec les jeunes rest\u00e9s sur place et reconstituer l\u2019histoire \u00e0 partir des informations auxquelles elle aura acc\u00e8s.<\/p>\n<p>Au c\u0153ur du chaos, une poign\u00e9e de jeunes va constituer une biblioth\u00e8que clandestine en sous-sol. Et ce ne sont pas des jeunes qui lisaient avant. Ils \u00e9tudiaient pour la plupart d\u2019entre eux pour devenir des ing\u00e9nieurs et associaient la lecture \u00e0 la propagande \u00e9tatique. \u00a0Et tous vont devenir des lecteurs\u00a0: ces livres vont \u00eatre la porte d\u2019acc\u00e8s au monde. Les combattants du front \u00e9galement\u00a0: il va m\u00eame se constituer une mini \u00e9tag\u00e8re d\u2019une dizaine de livres au front. Les lecteurs vont aller jusqu\u2019\u00e0 organiser des conf\u00e9rences pour partager et expliquer les lectures et assurer la transmission.<\/p>\n<p>Ce ne sont pas moins de 15&rsquo;000 ouvrages qui seront mis \u00e0 la lumi\u00e8re, d\u00e9livr\u00e9s par les bombardement, mis \u00e0 disposition. Tous ces livres seront \u00e9tiquet\u00e9s et ce qui est magnifique, dans chaque livre les jeunes vont noter les coordonn\u00e9es des gens qui en \u00e9taient les propri\u00e9taires avec l\u2019espoir de les leur restituer apr\u00e8s la guerre. Il y a de tout dans cette r\u00e9cup\u00e9ration au milieu des gravats\u00a0: des livres interdits, des livres \u00e9trangers, des ouvrages de sociologie, de comportement, des classiques, de philosophie, de po\u00e9sie\u2026 \u00a0Un des livres le plus lu est <em>\u00ab\u00a0l\u2019Alchimiste\u00a0\u00bb de Paolo Coelho<\/em> dans lequel les jeunes se retrouvent\u00a0: un livre miroir de leur qu\u00eate identitaire. Un autre un manuel de d\u00e9veloppement personnel, best-seller am\u00e9ricain qui a atterri par miracle dans leur sous-sol\u2026<\/p>\n<p>J\u2019ai \u00e9t\u00e9 interpell\u00e9e par le jeune cr\u00e9ateur de la biblioth\u00e8que qui nous dit que le premier livre qu\u2019il a pioch\u00e9 a signifi\u00e9 pour lui l\u2019appel de la libert\u00e9., un appel vers l\u2019ouverture et un cri de d\u00e9sespoir. Ce qui est int\u00e9ressant aussi est de voir le lien qui se cr\u00e9e avec le reste du monde. Au fil des lectures ils se rendent compte qu\u2019ils ne sont pas les seuls \u00e0 vivre ce qu\u2019ils vivent\u00a0: ils d\u00e9couvrent Sarajevo \u2013 vingt ans apr\u00e8s \u2013 et d\u00e9couvrent l\u2019universalit\u00e9 de ce qu\u2019ils subissent.<\/p>\n<p>Ce document ne nous parle pas que de la biblioth\u00e8que\u00a0; il nous parle de la vie de tous les jours sous les bombardements, des rapports entre les \u00eatres vivants, de leurs moments de joies aussi ( ils transforment leur sous-sol biblioth\u00e8que en dancing ), de leur transgression et r\u00e9bellion via la lecture, la culture,\u00a0 l\u2019apprentissage.. \u00a0Avec plusieurs t\u00e9moins, principalement \u00a0Ahmad et Shadi, qui s\u2019est improvis\u00e9 reporter photographe\/vid\u00e9aste, qui ont pour objectif de <em>\u00ab\u00a0<\/em><em>crier la v\u00e9rit\u00e9 en images quand les cam\u00e9ras du r\u00e9gime s\u2019affairent \u00e0 l\u2019occulter\u00a0\u00bb.<\/em> Leur fa\u00e7on de r\u00e9sister\u00a0? l\u2019autod\u00e9rision, l\u2019ironie, le langage pare-balles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Des ventres qui se vident. Des soupes de feuilles pour conjurer la faim. Et de toutes ces lectures effr\u00e9n\u00e9es pour se nourrir l\u2019esprit. Face aux bombes, la biblioth\u00e8que est leur forteresse d\u00e9rob\u00e9e. Les livres, leurs armes d\u2019instruction massive.<\/p>\n<p>Ouvrir les yeux sur une ville qui se donne \u00e0 voir \u00e0 travers un \u00e9cran d\u2019ordinateur, c\u2019est prendre le risque d\u2019\u00e9corcher la r\u00e9alit\u00e9. Fermer les yeux, c\u2019est la condamner au silence.<\/p>\n<p>Bachar al-Assad a voulu mettre Daraya entre parenth\u00e8ses, l\u2019enfermer entre crochets. J\u2019aimerais lui ouvrir les guillemets.<\/p>\n<p>\u00c0 quoi bon sauver des livres quand on n\u2019arrive pas \u00e0 sauver des vies\u00a0?<\/p>\n<p>Cette sensation troublante d\u2019ouvrir la porte du savoir. De s\u2019\u00e9chapper, un instant, de la routine du conflit. De sauver un petit bout, m\u00eame infime, des archives du pays. De se faufiler \u00e0 travers les pages comme on fuit vers l\u2019inconnu.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Notre r\u00e9volution s\u2019est faite pour construire, pas pour d\u00e9truire.<\/p>\n<p>Par crainte de repr\u00e9sailles, ce mus\u00e9e de papier serait maintenu au plus grand secret. Il n\u2019aurait ni nom ni enseigne.\u00a0Un espace souterrain, \u00e0 l\u2019abri des radars et des obus, o\u00f9 se retrouveraient petits et grands lecteurs. La lecture comme refuge. Une page ouverte sur le monde lorsque toutes les portes sont cadenass\u00e9es.<\/p>\n<p>Au milieu du fracas, ils s\u2019accrochent aux livres comme on s\u2019accroche \u00e0 la vie.<\/p>\n<p>Il aime fl\u00e2ner entre les pages. Feuilleter sans fin. Se perdre entre les points et les virgules. Naviguer sur des territoires inconnus.<\/p>\n<p>Les livres, ces armes d\u2019instruction massive qui font trembler les tyrans.<\/p>\n<p>La plupart des intellectuels de la ville sont soit en prison, soit morts, soit en exil, pr\u00e9cise Shadi. Il fallait trouver un moyen de prendre la rel\u00e8ve pour maintenir le niveau culturel de la ville.<\/p>\n<p>En ce mois de f\u00e9vrier\u00a02016, plus les bombes pleuvent, plus la vie s\u2019organise en sous-sol. Un univers souterrain, doublement parall\u00e8le, qui \u00e9clot \u00e0 quelques jets de pierre de la ligne de front. Biblioth\u00e8que, \u00e9coles, conseil local, centre des m\u00e9dias, abris, tunnels\u2026 M\u00eame l\u2019h\u00f4pital a pris ses quartiers sous terre.<\/p>\n<p>Elle s\u2019appr\u00e9hende en trois paliers\u00a0: le ciel, et ses h\u00e9licopt\u00e8res qui ont chass\u00e9 les \u00e9toiles\u00a0; la terre, d\u00e9figur\u00e9e par les bombes\u00a0; les sous-sols clandestins \u00e0 l\u2019ombre du chaos. Pour se prot\u00e9ger, les habitants sans cave improvisent des terriers \u00e0 la va-vite sous les fondations de leurs immeubles et am\u00e9nagent des passages entre les murs des maisons.<\/p>\n<p>Est-ce la compagnie des livres qui offre \u00e0 ce guerrier anti-Assad le recul n\u00e9cessaire pour se remettre en question\u00a0? \u00c0\u00a0moins que ce ne soit l\u2019environnement singulier de la biblioth\u00e8que, si propice \u00e0 l\u2019\u00e9change et \u00e0 la discussion\u00a0: des d\u00e9bats teint\u00e9s de nuances quand Damas ne veut voir qu\u2019en noir ou blanc\u2026<\/p>\n<p>je repense \u00e0 cette phrase de Kafka dans sa \u00ab\u00a0Lettre \u00e0 Oskar Pollak\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0Un livre doit \u00eatre la hache qui brise la mer gel\u00e9e en nous.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ce qui importe, c\u2019est la pens\u00e9e. Ne laisse personne te manipuler pour servir ses objectifs.<\/p>\n<p>refuser la pens\u00e9e unique et castratrice, ne pas tomber dans le pi\u00e8ge d\u2019une v\u00e9rit\u00e9 falsifi\u00e9e.<\/p>\n<p>Cette fable sur la fabrication du mensonge par la\u00a0force fait \u00e9cho \u00e0 la \u00ab\u00a0fausse formule\u00a0\u00bb \u00e9voqu\u00e9e dans l\u2019incontournable<em>1984<\/em>\u00a0de George Orwell.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Avant, on blaguait en disant\u00a0: pourvu que l\u2019\u00e9cole s\u2019effondre. Et elle s\u2019est effondr\u00e9e.\u00a0\u00bb L\u2019autod\u00e9rision, cet autre \u00e9tui de protection.<\/p>\n<p>le sablier du temps s\u2019\u00e9coule en faveur de Bachar al-Assad\u00a0: les mains libres, la lunette fix\u00e9e sur Daraya, il allume des brasiers en toute impunit\u00e9.<em>\u00a0<\/em><em>Fahrenheit\u00a0451<\/em>, \u00e7a vous dit quelque chose\u00a0?<\/p>\n<p>Face aux destructions inflig\u00e9es par les bombes, ils n\u2019ont pas seulement sauv\u00e9 des livres. Ils ont b\u00e2ti des mots. \u00c9rig\u00e9 des syntaxes. Jour et nuit,\u00a0ils n\u2019ont jamais cess\u00e9 de croire en la vertu de la parole. \u00c0 son invincibilit\u00e9. Ils ont rompu le silence, relanc\u00e9 le r\u00e9cit. Construit un langage de paix.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Infos\u00a0: la chute de Daraya<\/strong>\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/syrie\/article\/2016\/08\/26\/le-regime-syrien-reprend-daraya-symbole-de-la-revolte_4988443_1618247.html\">http:\/\/www.lemonde.fr\/syrie\/article\/2016\/08\/26\/le-regime-syrien-reprend-daraya-symbole-de-la-revolte_4988443_1618247.html<\/a><\/p>\n<p><strong>Photo<\/strong>\u00a0: Omar Haj Kadour (AFP)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice: Delphine Minoui, n\u00e9e en 1974, est une journaliste franco-iranienne sp\u00e9cialiste du Moyen-Orient et plus particuli\u00e8rement de l&rsquo;Iran. Delphine Minoui\u00a0est grande reporter au\u00a0Figaro, sp\u00e9cialiste du Moyen-Orient. Prix Albert Londres 2006 pour ses reportages en Iran et en Irak, elle sillonne le monde arabo-musulman depuis 20 ans. Apr\u00e8s T\u00e9h\u00e9ran, Beyrouth et Le Caire, elle vit aujourd\u2019hui &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5458\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5459,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[35,12,1,518,192],"tags":[519,517,281,412],"class_list":["post-5458","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-coup-de-coeur-lectures","category-litterature-france","category-non-classe","category-syrie","category-xxieme-siecle","tag-bibliotheque","tag-document","tag-guerre","tag-temoignage"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5458","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5458"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5458\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22275,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5458\/revisions\/22275"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/5459"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5458"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5458"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5458"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}