{"id":5478,"date":"2018-01-26T13:04:13","date_gmt":"2018-01-26T12:04:13","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5478"},"modified":"2024-09-28T15:25:10","modified_gmt":"2024-09-28T13:25:10","slug":"de-vigan-delphine-les-loyautes-2018","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5478","title":{"rendered":"de Vigan, Delphine \u00abLes Loyaut\u00e9s\u00bb (2018)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteure\u00a0<\/strong>: N\u00e9e le 1er mars 1966 \u00e0 Boulogne, Delphine de Vigan est une romanci\u00e8re et r\u00e9alisatrice fran\u00e7aise. Apr\u00e8s avoir accumul\u00e9 divers petits emplois, elle a atterri sur un poste de cadre dans un institut de sondage \u00e0 Alfortville. M\u00e8re de deux enfants, l\u2019\u00e9crivain ne vit que de sa plume depuis 2007..<\/p>\n<p><b>Ses romans<\/b>\u00a0: 2001 : Jours sans faim (sous le pseudonyme de Lou Delvig) \u2013 2005 : Les Jolis Gar\u00e7ons, \u2013 2005 : Un soir de d\u00e9cembre \u2013 2007 : <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20792\">No et moi<\/a> <\/span>(Prix des libraires 2008 \u2013 Prix du Rotary International 2009) \u2013 2008 : Sous le manteau \u2013 2009 : Les Heures souterraines \u2013 2011 : <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11138\">Rien ne s\u2019oppose \u00e0 la nuit<\/a> <\/span>\u2013 2015 : D\u2019apr\u00e8s une histoire vraie (prix Renaudot et le prix Goncourt des lyc\u00e9ens) \u2013 2018 :<span style=\"color: #0000ff;\"> <a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5478\">Les Loyaut\u00e9s<\/a><\/span> \u2013 2019 : Les Gratitudes \u2013 2021 : <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"De Vigan, Delphine \u00ab\u00a0Les enfants sont rois\u00a0\u00bb (2021) 368 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20892\">Les enfants sont rois<\/a><\/span> &#8211;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature fran\u00e7aise &#8211; \u00c9ditions JC Latt\u00e8s \/ Le Masque Parution : 03\/01\/2018 &#8211; 208 pages<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>:<\/p>\n<p>\u00ab Chacun de nous abrite-t-il quelque chose d&rsquo;innommable susceptible de se r\u00e9v\u00e9ler un jour, comme une encre sale, antipathique, se r\u00e9v\u00e8lerait sous la chaleur de la flamme ? Chacun de nous dissimule-t-il en lui-m\u00eame ce d\u00e9mon silencieux capable de mener, pendant des ann\u00e9es, une existence de dupe ?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Mon avis\u00a0<\/strong>: Je fais connaissance avec cette romanci\u00e8re.<\/p>\n<p>Plong\u00e9e dans les probl\u00e8mes familiaux, les drames de l\u2019adolescence. Le monde des adultes, le monde des ados\u2026 Probl\u00e8me de communication entre ces deux mondes. D\u00e9fiance.<br \/>\nLes personnages principaux\u00a0: Deux adolescents\u00a0: Th\u00e9o et Mathis, son meilleur ami.\u00a0 Une prof, Hel\u00e8ne. Une m\u00e8re, C\u00e9cile.<br \/>\nTh\u00e9o, l\u2019enfant du divorce\u00a0qui subit la garde partag\u00e9e, entre deux univers totalement distincts, deux camps en guerre.\u00a0 Il cristallise la haine que sa m\u00e8re voue \u00e0 son p\u00e8re qu\u2019elle abhorre depuis qu\u2019il l\u2019a laiss\u00e9 tomber\u2026 Deux mondes, un mur infranchissable entre les deux\u00a0: impossible de communiquer. Il ne parle pas, ne raconte pas, garde tout pour lui, cloisonne sa vie et ses pens\u00e9es. Ce n\u2019est pas pour autant qu\u2019il est du genre \u00e0 se laisser faire. Les loyaut\u00e9s qui emmurent le jeune Th\u00e9o dans le silence, sorte de bouclier derri\u00e8re lequel il se prot\u00e8ge et qui prot\u00e8ge \u00e9galement les autres. Loyaut\u00e9 envers son p\u00e8re qui est en pleine d\u00e9confiture\u00a0\u2026 Mais \u00e0 treize ans, on a beau vouloir \u00eatre loyal et tenter de tout occulter, c\u2019est dur de tout enfouir en soi\u2026 alors il va se se r\u00e9fugier l\u00e0 o\u00f9 il peut, dans l\u2019alcool\u2026<br \/>\nMathis, un enfant seul et vuln\u00e9rable, soulag\u00e9 de se sentir sous la protection physique de Th\u00e9o et qui veille sur lui en retour\u2026<br \/>\nC\u00e9cile, la m\u00e8re de Mathis. Une femme qui se m\u00e9fie de Th\u00e9o et craint l\u2019influence qu\u2019il pourrait avoir sur son fils. Une femme coup\u00e9e de sa famille, qui a petit \u00e0 petit remplac\u00e9 la communication avec ses proches par un dialogue avec elle-m\u00eame et qui va voir un psychiatre en cachette et va d\u00e9couvrir la face cach\u00e9e de son mari qu\u2019elle croyait connaitre. Sa loyaut\u00e9 de couple va-t-elle voler en \u00e9clats\u00a0? Une femme au foyer qui bien que solitaire en a assez de n\u2019\u00eatre qu\u2019une potiche transparente\u2026<br \/>\nH\u00e9l\u00e8ne, la prof, loyale envers une promesse faite \u00e0 elle-m\u00eame\u00a0: ne pas laisser les jeunes vivre une enfance aussi difficile que la sienne. Son enfance maltrait\u00e9e remonte\u2026\u00a0 Elle croit d\u00e9celer un probl\u00e8me et va s\u2019investir envers et contre tout \/ tous pour tenter de sauver le jeune adolescent.<br \/>\nElles sont multiples les loyaut\u00e9s\u00a0: \u00e0 la famille, \u00e0 soi-m\u00eame, \u00e0 ses amis, \u00e0 son environnement, \u00e0 son milieu social\u2026<br \/>\nJ\u2019ai beaucoup aim\u00e9 sa mani\u00e8re d\u2019\u00e9crire, d\u2019aborder avec sensibilit\u00e9 des personnages caboss\u00e9s. Des sujets tr\u00e8s importants sont abord\u00e9s :le mal-\u00eatre des adolescents, leur sens de la responsabilit\u00e9 vis-\u00e0-vis de leurs parents, le r\u00f4le des enseignants, \u00a0l\u2019alcoolisme chez les ados \u2013 de plus en plus jeunes &#8211; qui vivent mal leur pr\u00e9sent et ne voient pas d\u2019avenir, pour tenter de fuir leur quotidien<br \/>\nCe qui est certain\u00a0: je vais lire d\u2019autres livres de cette romanci\u00e8re\u00a0!<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Ce sont les tremplins sur lesquels nos forces se d\u00e9ploient et les tranch\u00e9es dans lesquelles nous enterrons nos r\u00eaves.<\/p>\n<p>Je les observe par la fen\u00eatre quand ils sont dans la cour, ils forment un seul corps, farouche, une sorte de m\u00e9duse qui se r\u00e9tracte d\u2019un coup lorsqu\u2019on l\u2019approche, puis s\u2019\u00e9tire de nouveau une fois le\u00a0danger pass\u00e9.<\/p>\n<p>Il marche sur un tapis liquide aux motifs g\u00e9om\u00e9triques, sur la pointe des pieds, il se sent en dehors de lui-m\u00eame,\u00a0juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9, comme s\u2019il avait quitt\u00e9 son corps mais qu\u2019il continuait de lui tenir la main.<\/p>\n<p>J\u2019ignore combien de temps cela a dur\u00e9, dans ma t\u00eate les mots se bousculaient \u2013\u00a0parents, maison, fatigue, tristesse, tout va bien\u00a0?\u00a0\u2013, mais aucun n\u2019aboutissait \u00e0 la formulation d\u2019une question que j\u2019aurais pu m\u2019autoriser \u00e0 lui poser.<\/p>\n<p>\u00c0 huit stations de m\u00e9tro\u00a0: une autre culture, d\u2019autres m\u0153urs, une autre langue. Il n\u2019a que quelques minutes pour s\u2019acclimater.<\/p>\n<p>La mar\u00e9e noire du souvenir commen\u00e7ait \u00e0 remonter vers la surface, les bruits d\u2019abord, frigo d\u00e9glingu\u00e9, ronronnement asthmatique, jingles de t\u00e9l\u00e9vision en fond sonore, rires, encouragements, applaudissements, et puis les images\u00a0: rideaux jaunis par la nicotine, chaises bancales, bibelots \u00e9br\u00e9ch\u00e9s.<\/p>\n<p>Je parle toute seule, oui, pour me rassurer, me consoler, m\u2019encourager. Je me tutoie, parce que malgr\u00e9 tout les deux parties de moi-m\u00eame se connaissent depuis longtemps.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait un homme us\u00e9, qui noyait dans l\u2019alcool une sensibilit\u00e9 encombrante, inadapt\u00e9e \u00e0 son environnement.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e9trange, d\u2019ailleurs, cette sensation d\u2019apaisement lorsque enfin \u00e9merge ce que l\u2019on refusait de voir mais que l\u2019on savait l\u00e0, enseveli pas tr\u00e8s loin, cette sensation de soulagement quand se confirme le pire.<\/p>\n<p>Quiconque vit ou a v\u00e9cu en couple sait que l\u2019Autre est une \u00e9nigme. Je le sais aussi. Oui, oui, oui, une part de l\u2019Autre nous \u00e9chappe, r\u00e9solument, car l\u2019Autre est un \u00eatre myst\u00e9rieux qui abrite ses propres secrets, et une \u00e2me t\u00e9n\u00e9breuse et fragile, l\u2019Autre rec\u00e8le par-devers lui sa part d\u2019enfance, ses blessures secr\u00e8tes, tente de r\u00e9primer ses troubles \u00e9motions et ses obscurs sentiments, l\u2019Autre doit comme tout un chacun apprendre \u00e0 devenir soi, et s\u2019adonner \u00e0 je ne sais quelle optimisation de sa personne, l\u2019Autre-cet- inconnu cultive donc son petit jardin secret, mais oui, bien s\u00fbr, tout cela je le sais depuis longtemps, je ne suis pas tomb\u00e9e de la derni\u00e8re pluie.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019o\u00f9 peut-on \u00eatre complice de l\u2019autre\u00a0? Jusqu\u2019o\u00f9 doit-on le suivre, le prot\u00e9ger, le couvrir, voire lui servir d\u2019alibi\u00a0?<\/p>\n<p>Cela s\u2019appelle le coma \u00e9thylique.<br \/>\nIl aime ces mots, leur consonance, leur promesse\u00a0: un moment de disparition, d\u2019effacement, o\u00f9 l\u2019on ne doit plus rien \u00e0 personne.<\/p>\n<p>Tout se passe comme si la femme au foyer \u00e9tait, par d\u00e9finition, assign\u00e9e \u00e0 r\u00e9sidence et que son cerveau, ayant souffert d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 trop longtemps priv\u00e9 d\u2019oxyg\u00e8ne, fonctionnait au ralenti.<\/p>\n<p>Parfois je me dis que devenir adulte ne sert \u00e0 rien d\u2019autre qu\u2019\u00e0 \u00e7a\u00a0: r\u00e9parer les pertes et les dommages du commencement. Et tenir les promesses de l\u2019enfant que nous avons \u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, il sait que les photos sont des mystifications comme les autres.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteure\u00a0: N\u00e9e le 1er mars 1966 \u00e0 Boulogne, Delphine de Vigan est une romanci\u00e8re et r\u00e9alisatrice fran\u00e7aise. Apr\u00e8s avoir accumul\u00e9 divers petits emplois, elle a atterri sur un poste de cadre dans un institut de sondage \u00e0 Alfortville. M\u00e8re de deux enfants, l\u2019\u00e9crivain ne vit que de sa plume depuis 2007.. 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