{"id":5570,"date":"2018-02-17T12:44:35","date_gmt":"2018-02-17T11:44:35","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5570"},"modified":"2019-01-19T17:26:44","modified_gmt":"2019-01-19T16:26:44","slug":"ivey-eowyn-la-fille-de-lhiver-2012","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5570","title":{"rendered":"Ivey, Eowyn \u00abLa fille de l&rsquo;hiver\u00bb (2012)"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: Eowyn Ivey a grandi en Alaska o\u00f9 elle vit toujours avec son mari et leurs deux filles. Cette ancienne journaliste, devenue libraire, aime \u00e0 se d\u00e9finir comme une entremetteuse, qui pr\u00e9sente des livres aux lecteurs. \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5570\">La fille de l&rsquo;hiver<\/a>\u00a0\u00bb est son premier roman, inspir\u00e9 d&rsquo;un conte russe, mais aussi de ses exp\u00e9riences personnelles et de son cadre de vie. En 2018 elle publie \u00ab\u00a0A<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7732\">u bord de la terre glac\u00e9e<\/a> \u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Fleuve Editions (12\/01\/2012) 430 pages \/ 10\/18 \u2013 (12.2013) p.480 \u2013<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0:\u00a0 Pour oublier la mort de leur b\u00e9b\u00e9, Mabel et Jack s\u2019exilent en Alaska. Mais sur ces terres sauvages, le couple s\u2019enferme dans sa douleur. Jusqu&rsquo;\u00e0 ce soir d&rsquo;hiver o\u00f9 il sculpte un bonhomme de neige : une petite fille appara\u00eet pr\u00e8s de leur cabane, talonn\u00e9e par un renard roux. Hallucination, miracle ? Et si cette enfant farouche \u00e9tait la cl\u00e9 d\u2019un bonheur qu&rsquo;ils n&rsquo;attendaient plus ?<\/p>\n<p>Premier roman \u00e9blouissant, au r\u00e9alisme po\u00e9tique et \u00e0 l\u2019\u00e9criture \u00e9l\u00e9gante,<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5570\"><em> La fille de l&rsquo;hiver<\/em><\/a> est un conte intemporel, hant\u00e9 par le d\u00e9sir et le merveilleux. Ensorcelant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Premi\u00e8re chose que j\u2019ai faite en commen\u00e7ant le livre. Allez rechercher le livre de mon enfance (<em>La petite fille de la neige<\/em>, par Arthur Ransome, traduit par Andr\u00e9 Bay, dans\u00a0<em>Contes des pays des neiges<\/em>, Flammarion, 1955, p. 99.) et relire le conte.<\/p>\n<p>Juste f\u00e9\u00e9rique\u2026 Tout comme ce conte des neiges revu et revisit\u00e9. J\u2019ai ador\u00e9 ce moment de po\u00e9sie et de magie, de douceur et de r\u00eave. Un roman qui parle \u00e0 l&rsquo;imagination, entre r\u00e9alit\u00e9, l\u00e9gende et fantastique&#8230; Juste superbe et gros coup de c\u0153ur, pour qui aime s&rsquo;\u00e9vader&#8230;<\/p>\n<p>Un voyage dans la magie des grands espaces. Un conte fantastique sur ce que c\u2019est que d\u2019\u00eatre parents aussi\u2026 Alors certes il y a de la tristesse, de la m\u00e9lancolie, de la solitude. Mais tellement d\u2019amour, de solidarit\u00e9\u2026 Les caresses de la neige, les baisers des flocons, le rapport \u00e0 la nature, aux animaux. Les solitudes qui se rapprochent, la couverture silencieuse des \u00e9l\u00e9ments\u2026 des peurs et des angoisses, et des \u00e9clats de joie et de spontan\u00e9it\u00e9 pour faire briller des \u00e9toiles\u2026 Et quel joli pr\u00e9nom que Fa\u00efna\u00a0(grec &#8211; brillante, lumineuse). Le blanc et le bleu, la neige et le ciel, les \u00e9toiles et le firmament, la nature\u2026 Des habits couleur hiver, scintillants et \u00e9tincelants\u2026 des plumes de cygne blanc\u2026 et une touche de couleur\u00a0: le renard roux\u2026<\/p>\n<p>Cela se passe en Alaska mais cela pourrait \u00eatre dans n\u2019importe quel endroit ou l\u2019hiver est rude et la nature hostile, ou il faut se battre pour survivre et vivre de la terre\u2026 Et aussi un maitre mot\u00a0: espoir \u2026<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Quand elle faisait le m\u00e9nage, les crins de son balai crissaient sur le plancher telles les dents pointues d\u2019une furie qui lui grignoterait le c\u0153ur.<\/p>\n<p>Elle n\u2019ouvrait plus aucun de ses chers livres, dont les pages lui paraissaient sans \u00e2me.<\/p>\n<p>Elle ne se rappelait pas quand elle avait caress\u00e9 ces mains, ce visage pour la derni\u00e8re fois. \u00c0 cette pens\u00e9e, elle se sentit tr\u00e8s seule. Quelques fils d\u2019argent se m\u00ealaient \u00e0 sa barbe d\u2019un roux fonc\u00e9. Quand \u00e9taient-ils apparus ? Ainsi, lui aussi grisonnait. Ils vieillissaient de conserve, mais chacun de son c\u00f4t\u00e9, \u00e0 l\u2019insu de l\u2019autre.<\/p>\n<p>Comme elle les d\u00e9testait, ces r\u00e9unions. Enfant d\u00e9j\u00e0, elle ne se sentait pas \u00e0 l\u2019aise quand il y\u00a0avait beaucoup de gens autour d\u2019elle, mais en vieillissant, elle trouvait tout ce d\u00e9ballage, cet \u00e9talage d\u2019indiscr\u00e9tions, atroce. Pendant que les hommes discutaient affaires en se promenant dans le verger, elle restait prisonni\u00e8re du cercle des femmes passant en revue les d\u00e9c\u00e8s et les naissances, comme si l\u2019on pouvait papoter pour ne rien dire \u00e0 ce sujet.<\/p>\n<p>Tandis que la conversation reprenait autour d\u2019elle, elle se demanda si elle avait vraiment dit la v\u00e9rit\u00e9. \u00c9tait-ce pour cela qu\u2019ils \u00e9taient mont\u00e9s jusque sous ces latitudes&#8230; pour reconstruire leur vie? Ou avait-elle fui, la peur aux trousses ? Peur du gris, pas seulement celui d\u00e9celable dans sa chevelure et sur la peau fan\u00e9e de ses joues, mais le gris qui creuse son lit plus profond, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019os, la mena\u00e7ant de la r\u00e9duire en une fine poussi\u00e8re que le vent viendrait balayer comme un rien.<\/p>\n<p>L\u2019Alaska n\u2019\u00e9tait pas une terre g\u00e9n\u00e9reuse. Peu fertile, sauvage, indiff\u00e9rente aux souffrances humaines. Tout cela, il l\u2019avait vu dans les yeux fendus de ce renard roux.<\/p>\n<p>Des pieds \u00e0 la t\u00eate, elle \u00e9tait paillet\u00e9e de cristal de glace, \u00e0 croire qu\u2019elle venait de traverser une temp\u00eate de neige ou une pluie d\u2019\u00e9toiles.<\/p>\n<p>Tout ce qu\u2019il lui restait de ce conte de f\u00e9es, c\u2019\u00e9taient quelques illustrations. Ces\u00a0bribes du pass\u00e9 se mirent \u00e0 l\u2019obs\u00e9der. S\u2019il existait un tel r\u00e9cit, peut-\u00eatre \u00e9tait-il bas\u00e9 sur un fait r\u00e9el ?<\/p>\n<p>Mais on n\u2019a pas besoin de comprendre les miracles pour y croire, au contraire, songeait Mabel. Pour avoir la foi, il fallait cesser de chercher des explications et se contenter de tenir la petite chose au creux de votre main, le temps qu\u2019elle se change en eau et vous glisse entre les doigts.<\/p>\n<p>Mais elle avait beau prendre plaisir \u00e0 coudre, c\u2019\u00e9tait dans la broderie qu\u2019elle comptait exprimer son regain d\u2019espoir, chaque point serait un reflet de sa d\u00e9votion, chaque flocon l\u2019accomplissement d\u2019un miracle.<\/p>\n<p>Telle une truite arc-en-ciel qui bondit dans l\u2019onde pure d\u2019un ruisseau, la petite avait plusieurs fois en sa pr\u00e9sence r\u00e9v\u00e9l\u00e9 sa nature profonde. Un \u00eatre sauvage chatoyant dans des eaux noires.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e2ge venant, je me rends compte que la vie est souvent plus fantastique et plus cruelle que tout ce \u00e0 quoi nous croyions, enfants, et qu\u2019il n\u2019y a sans doute pas de mal \u00e0 trouver de la magie parmi les arbres.<\/p>\n<p>Il reprit sa marche, s\u2019effor\u00e7ant de ne pas calquer ses pas sur les battements pr\u00e9cipit\u00e9s de son c\u0153ur.<\/p>\n<p>Alors ils se nichaient dans les bras l\u2019un de l\u2019autre et se d\u00e9lectaient de leurs l\u00e8vres, de leurs yeux, de leurs c\u0153urs.<\/p>\n<p>Pourquoi faut-il toujours que ce soit la faute de quelqu\u2019un ?<br \/>\n\u2014 Parce que c\u2019est comme \u00e7a.<br \/>\n\u2014 Non. Parfois ce sont des choses qui arrivent, tout simplement. Ce n\u2019est pas toujours ce qu\u2019on attend ou ce que l\u2019on esp\u00e8re, mais nous n\u2019avons pas \u00e0 nous mettre en col\u00e8re, tu ne crois pas ?<\/p>\n<p>Pourtant, ce qu\u2019Ada avait \u00e9crit \u00e0 propos de la joie \u00e9tait tout \u00e0 fait vrai. Lorsqu\u2019elle se tient devant vous, bras et jambes nus, un sourire myst\u00e9rieux aux l\u00e8vres, il faut la serrer tant que l\u2019on peut contre son c\u0153ur.<\/p>\n<p>Le chagrin, c\u2019\u00e9tait comme \u00e7a. Les ann\u00e9es en estompaient les asp\u00e9rit\u00e9s, et puis, tout d\u2019un coup, sans crier gare, il revenait dans toute son acuit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Auteur\u00a0: Eowyn Ivey a grandi en Alaska o\u00f9 elle vit toujours avec son mari et leurs deux filles. 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