{"id":5593,"date":"2018-02-21T18:50:56","date_gmt":"2018-02-21T17:50:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5593"},"modified":"2024-06-03T15:10:14","modified_gmt":"2024-06-03T13:10:14","slug":"varesi-valerio-la-pension-de-la-via-saffi-2017","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5593","title":{"rendered":"Varesi, Valerio \u00abLa pension de la via Saffi\u00bb (2017)"},"content":{"rendered":"<p><b>Auteur<\/b>\u00a0: Val\u00e9rio Varesi est n\u00e9 \u00e0 Turin le 8 ao\u00fbt 1959 de parents parmesans. Dipl\u00f4m\u00e9 en philosophie de l\u2019Universit\u00e9 de Bologne apr\u00e8s une th\u00e8se sur Kierkegaard, il devient journaliste en 1985. Il est l\u2019auteur de onze romans au h\u00e9ros r\u00e9current, dont \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3937\">Le Fleuve des brumes<\/a><\/span>\u00a0\u00bb nomin\u00e9 au prestigieux prix litt\u00e9raire italien Strega ainsi qu\u2019au Gold Dagger Award en Grande Bretagne. Les enqu\u00eates du commissaire Soneri, amateur de bonne ch\u00e8re et de bons vins parmesans, sont traduites en huit langues. Admirateur de Giorgio Scerbanenco (<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?page_id=4762\">Scerbanenco\u00a0: voir auteur lettre \u00ab\u00a0S\u00a0\u00bb<\/a>)<\/span><\/p>\n<p><i>\u00a0<\/i><b>Les enqu\u00eates du Commissaire Soneri\u00a0<\/b><br \/>\n<i>12<\/i><i><sup>\u00e8me<\/sup><\/i><i> tome de la s\u00e9rie des enqu\u00eates du commissaire Soneri (9\u00e8me traduit en fran\u00e7ais)<br \/>\nUltime notizie di una fuga (1998) &#8211; Bersaglio, l&rsquo;oblio (2000) &#8211; Il cineclub del mistero (2002)\u2013\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3937\"><i>Le Fleuve des brumes<\/i><\/a><\/span><i><span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<\/span>(2016) \u2013\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5593\"><i>La pension de la Via Saffi\u00a0<\/i>(2017)<\/a><\/span><i>\u00a0<\/i>prix Violetta Negra\u00a0<i>\u2013\u00a0\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6677\"><i>Les ombres de Montelupo<\/i><\/a><\/span>\u00a0(2018) \u2013\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=9836\"><i>Les mains vides<\/i><\/a>\u00a0<\/span>(2019)\u00a0\u2013<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11037\"><i>Or, encens et poussi\u00e8re<\/i><\/a><\/span>\u00a0(2020) \u2013\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14317\"><i>La maison du Commandant<\/i><\/a>\u00a0<\/span>(2021) \u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=16330\">La main de Dieu<\/a> <\/span>(2022) &#8211; \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"> <a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=18942\">Ce n&rsquo;est qu&rsquo;un d\u00e9but, commissaire Soneri<\/a> <\/span>\u00bb\u00a0(2023) &#8211; \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Varesi, Valerio \u00ab\u00a0La strat\u00e9gie du l\u00e9zard\u00a0\u00bb (2024) 388 pages (Commissaire Soneri \u2013 tome 12)\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20356\">La strat\u00e9gie du l\u00e9zard<\/a><\/span>\u00bb (2024)<\/p>\n<p>Autre: <a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=19260\">\u00ab<span style=\"color: #0000ff;\">Il labirinto di ghiaccio\u00a0\u00bb (2023)<\/span><\/a> 228 pages (lu en italien)<\/p>\n<p>(L\u2019Affittacamere, 2004), Agullo, 2017. Traduit par Florence Rigollet. 314 p.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: A quelques jours de No\u00ebl, alors que le froid envahit Parme, Ghitta Tagliavini, la vieille propri\u00e9taire d&rsquo;une pension du centre-ville, est retrouv\u00e9e assassin\u00e9e dans son appartement. L&rsquo;enqu\u00eate est confi\u00e9e au commissaire Soneri mais cette affaire fait ressurgir un drame enfoui : c&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il rencontra jadis sa femme, Ada, tragiquement disparue. En s&rsquo;enfon\u00e7ant dans le brouillard de la ville fantomatique, Soneri traverse le miroir des illusions : derri\u00e8re la modeste pension se cache un monde de haine et de chantage, frayant avec le cynisme de cercles politiques corrompus. Pour trouver le meurtrier, il devra d&rsquo;abord se confronter \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 sur la vie et la mort d&rsquo;Ada. Car qui est cet homme qui pose \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;elle sur cette photographie jaunie ?<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0:\u00a0 Ah oui\u2026 je retrouve Soneri avec bonheur apr\u00e8s l\u2019avoir d\u00e9couvert au bord des rives du P\u00f4 dans \u00ab\u00a0Le fleuve des brumes\u00a0\u00bb. Quand Soneri commence \u00e0 enqu\u00eater sur le meurtre de Ghitta, une vieille qui a log\u00e9 plusieurs g\u00e9n\u00e9rations d\u2019\u00e9tudiantes, il fait un bon en arri\u00e8re dans son pass\u00e9. Cette femme est en effet tout sauf une inconnue pour lui car sa femme Ada, une infirmi\u00e8re aujourd\u2019hui d\u00e9c\u00e9d\u00e9e, habitait chez elle \u00e0 l\u2019\u00e9poque de leur rencontre. L\u2019endroit a bien chang\u00e9 depuis toutes ces ann\u00e9es\u2026 De pension, l\u2019\u00e9tablissement est devenu un h\u00f4tel de passe. Et au fil de l\u2019enqu\u00eate Ghitta se r\u00e9v\u00e8lera rapidement comme une personne tr\u00e8s peu recommandable. Et commencent au final plusieurs enqu\u00eates\u2026 celle sur la mort de Ghitta, celle sur la vie d\u2019Ada, celle sur la vie int\u00e9rieure de Soneri et enfin celle sur les personnes qui gravitent autour de Ghitta. La recherche de la v\u00e9rit\u00e9 se fera sur plusieurs plans et Soneri est un personnage qui devient de plus en plus attachant. Brume et brouillard dans la ville, dans l\u2019enqu\u00eate et aussi dans l\u2019esprit et le c\u0153ur du Commissaire.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Il se sentait projet\u00e9 loin de son propre centre, comme un \u00e9clat de bombe qui, apr\u00e8s avoir travers\u00e9 le ciel, va se refroidir dans l\u2019exil de hasard o\u00f9 il est pr\u00e9cipit\u00e9<\/p>\n<p>Elle avait tous les traits des montagnards. La peau blanche, les yeux clairs et ces cheveux roux m\u00e9ch\u00e9s de blond, comme les ch\u00e2taignes des Apennins.<\/p>\n<p>On se voyait une demi-heure au petit d\u00e9jeuner, on parlait du village, des gens de l\u00e0-bas. Presque toujours de morts, malheureusement. Il n\u2019y a plus que des vieux aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Ils n\u2019\u00e9taient que deux voix et deux silhouettes impr\u00e9cises auxquelles on aurait pu attribuer n\u2019importe quel corps et n\u2019importe quel visage. \u00c0 cette heure, tout \u00e9tait priv\u00e9 de g\u00e9om\u00e9trie. La ville dans le brouillard, surtout. La ville sans aucune dimension certaine, au c\u0153ur sinu\u00e9 de ruelles, l\u00e0 o\u00f9 un voile d\u2019eau d\u00e9forme les distances comme un verre mal poli et les transforme en perspectives trompeuses. L\u00e0 o\u00f9 les pas qui r\u00e9sonnent semblent attir\u00e9s par un gouffre tout proche o\u00f9 le\u00a0chemin s\u2019enfonce. Et o\u00f9 les hommes seuls se sentent encore plus seuls.<\/p>\n<p>Il regarda longtemps la rue\u00a0: le brouillard \u00e9pais \u00e9levait une muraille moelleuse tout autour. Et comme toujours, c\u2019\u00e9tait ce qui repr\u00e9sentait le mieux ce qu\u2019il avait dans la t\u00eate.<\/p>\n<p>Il y a beaucoup d\u2019\u00e9trangers\u2026 Des gens qui viennent d\u2019ailleurs. J\u2019imagine que les \u00e9glises sont vides.<br \/>\n\u2014\u00a0Si elles sont vides, ce n\u2019est pas la faute des \u00e9trangers, souligna le fr\u00e8re, mais de ceux qui placent le centre de leur vie en dehors d\u2019eux-m\u00eames. Le mal n\u2019a pas d\u2019autre explication.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0C\u2019est pas un bordel.<br \/>\n\u2014\u00a0\u00c7a l\u2019est au moins au sens figur\u00e9.<br \/>\n\u2014\u00a0Oh, \u00e7a oui\u00a0\u00bb,<\/p>\n<p>On passe notre temps \u00e0 renifler nos traces en esp\u00e9rant nous y retrouver de temps en temps. Mais ne te fais pas d\u2019illusions sur tes souvenirs\u00a0: ils ont l\u2019air beaux parce qu\u2019ils\u00a0sont lointains.<\/p>\n<p>Il laissa s\u2019\u00e9couler quelques secondes et interrompit cette esp\u00e8ce de pause d\u2019un geste de la main, appr\u00e9ciant au passage cette facult\u00e9 qu\u2019il avait de ma\u00eetriser le langage des signes. Un code qui renfermait toutes les langues du monde.<\/p>\n<p>il \u00e9tait troubl\u00e9 par les souvenirs qui remontaient \u00e0 la surface car il craignait d\u2019en v\u00e9rifier l\u2019inconsistance.<\/p>\n<p>Le trajet ressemblait au sortir d\u2019un r\u00eave. Une promenade dans un cimeti\u00e8re de souvenirs.<\/p>\n<p>Les villes sont comme les enfants, elles changent d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e et si tu restes un moment sans les voir, tu ne les reconnais plus. Mais au fond, ce sont toujours les m\u00eames.<\/p>\n<p>Le bois d\u2019un meuble craqua dans l\u2019une des chambres. Dans l\u2019apparente immobilit\u00e9, la vie continuait de graver ses mouvements dans la mati\u00e8re inqui\u00e8te. Le noyer ou le cerisier des armoires et le fr\u00eane des t\u00eates de lit renaissaient apr\u00e8s le coup de gr\u00e2ce inflig\u00e9 par la hache et la raboteuse, \u00e9valuant ainsi le climat et les saisons en contractions soudaines.<\/p>\n<p>Si tu \u00e9tais \u00e9crivain, tu pourrais d\u00e9chirer une page et la r\u00e9crire, mais dans la vie on ne peut jamais revenir en arri\u00e8re.<\/p>\n<p>Je fouille dans la pourriture mais ce n\u2019est pas moi qui la produis<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Quand on se souvient de sa jeunesse, on est toujours tr\u00e8s indulgent, r\u00e9pliqua-t-elle, prise d\u2019une sorte de petit rire \u00e9touff\u00e9. On la falsifie, inconsciemment, et tout nous semble beau, y compris les choses mesquines. C\u2019est un besoin consolateur. \u00c7a nous porte \u00e0 croire qu\u2019une partie de notre vie a \u00e9t\u00e9 v\u00e9cue intens\u00e9ment, alors que maintenant\u2026 Tout le monde a besoin d\u2019imaginer son \u00e2ge d\u2019or pour \u00e9vacuer l\u2019id\u00e9e d\u2019avoir seulement souffert sans avoir v\u00e9cu pleinement. Sp\u00e9cialement les gens comme moi, qui, aujourd\u2019hui\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>M\u00eame deux personnes qui vivent ensemble ne se conna\u00eetront jamais totalement, il y a toujours une partie de nous qui reste dans l\u2019ombre, des non-dits que l\u2019on garde pour soi, jalousement.<\/p>\n<p>Un instant oubli\u00e9 de son pass\u00e9 lui \u00e9tait restitu\u00e9, mais il s\u2019agissait d\u2019une monnaie qui n\u2019a plus cours, inutilisable.<\/p>\n<p>Un moment de vie arr\u00eat\u00e9 pour toujours. C\u2019\u00e9tait \u00e7a qu\u2019il aimait dans la photographie, cette r\u00e9bellion implicite contre le temps que tout le monde ressent.<\/p>\n<p>C\u2019est devenu la patrie des bureaucrates, des escrocs et des financiers qui remuent du fric et des dettes en les faisant monter comme des blancs en neige.<\/p>\n<p>Est-ce que c\u2019\u00e9tait sa faute si la ville tournait mal et pourrissait lentement\u00a0? Si les scintillements et les couleurs qui dansaient dans les rues n\u2019\u00e9taient rien d\u2019autre que des moisissures multicolores fleurissant dans la d\u00e9composition la plus absolue\u00a0?<\/p>\n<p>sa col\u00e8re \u00e9tait redescendue, mais qu\u2019elle s\u2019\u00e9tait durcie en une sorte de cro\u00fbte am\u00e8re, certes plus supportable mais beaucoup plus tenace. Une cicatrice qui s\u2019ajoutait \u00e0 beaucoup d\u2019autres.<\/p>\n<p>Mais la nostalgie ne sert qu\u2019\u00e0 sublimer la peur que nous fait le temps qui passe.<\/p>\n<p>Il faut \u00eatre deux pour trafiquer. C\u2019est comme pour baiser.<\/p>\n<p>Tu sais quand est-ce qu\u2019on se sent vieux\u00a0? Quand on conna\u00eet plus de gens l\u00e0-haut qu\u2019ici-bas. Plus de morts que de vivants.<\/p>\n<p>Il persistait \u00e0 ouvrir des portes mais elles ne s\u2019entrouvraient que sur des antichambres et ne lui offraient jamais de v\u00e9ritable abordage, comme dans certains r\u00eaves, tr\u00e8s longs, qui traversent toute une nuit.<\/p>\n<p>Les passions s\u2019\u00e9puisent, pas le reste.<br \/>\n\u2014\u00a0Il ne s\u2019\u00e9puise peut-\u00eatre pas, mais il moisit\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s tout, la vie ne ressemblait-elle pas tragiquement \u00e0 un homicide\u00a0? Ne s\u2019achevait-elle pas toujours avec un mort\u00a0? Ne tuait-elle pas le temps en le minant chaque jour de ses petits affronts jusqu\u2019\u00e0 l\u2019effondrement\u00a0? Et puis le temps n\u2019a pas\u00a0besoin d\u2019alibi, il est comme le bourreau, il accomplit simplement son \u0153uvre. Ce sont leurs victimes qui doivent trouver une motivation capable de soutenir leur chemin quotidien<\/p>\n<p>Nous laissons le n\u00e9ant derri\u00e8re nous\u00a0: les id\u00e9es, la politique, les souvenirs, les amours\u2026 Tout dispara\u00eet. Un vrai brouillard. Comme celui qui nous tombe dessus pendant des mois.<\/p>\n<p><strong>En savoir plus<\/strong>\u00a0: chroniquesitaliennes.univ-paris3.fr \u00a0\u00a0\u201cL\u2019Homme du dimanche\u201d.\u00a0\u00a0\u00a0 Le Commissaire Soneri &#8211; Valerio VARESI \u00a0 http:\/\/chroniquesitaliennes.univ-paris3.fr\/PDF\/web18\/Amaraniweb18.pdf<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Val\u00e9rio Varesi est n\u00e9 \u00e0 Turin le 8 ao\u00fbt 1959 de parents parmesans. 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