{"id":5707,"date":"2018-03-10T17:45:32","date_gmt":"2018-03-10T15:45:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5707"},"modified":"2025-06-20T07:31:01","modified_gmt":"2025-06-20T05:31:01","slug":"scerbanenco-giorgio-mort-sur-la-lagune-2007","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5707","title":{"rendered":"Scerbanenco, Giorgio \u00abMort sur la lagune\u00bb (2007)"},"content":{"rendered":"<p><strong>L\u2019auteur\u00a0:<\/strong> (Source Wikip\u00e9dia) Giorgio Scerbanenco, n\u00e9 Volodymyr-Djordjo Chtcherbanenko (en ukrainien\u00a0:\u00a0\u0412\u043e\u043b\u043e\u0434\u0438\u043c\u0438\u0440-\u0414\u0436\u043e\u0440\u0434\u0436\u043e \u0429\u0435\u0440\u0431\u0430\u043d\u0435\u043d\u043a\u043e) \u00e0 Kiev le 27 juillet 1911 et mort \u00e0 Milan le 27 octobre 1969, est un \u00e9crivain de polar italien. Il est n\u00e9 en Ukraine, \u00e0 Kiev, de m\u00e8re italienne et de p\u00e8re ukrainien. Il arrive en Italie, \u00e0 Rome, avec sa m\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e2ge de six mois. En 1917, lors de la r\u00e9volution russe, tous deux retournent en Russie pour retrouver leur mari et p\u00e8re, mais celui-ci a \u00e9t\u00e9 fusill\u00e9 par les bolcheviques. Il rentre donc avec sa m\u00e8re en Italie, d\u2019abord \u00e0 Rome puis, \u00e0 seize ans, \u00e0 Milan. Il est alors orphelin. Il arr\u00eate tr\u00e8s t\u00f4t ses \u00e9tudes pour des raisons financi\u00e8res. Sans dipl\u00f4me, il gagne sa vie p\u00e9niblement en acceptant des emplois mal pay\u00e9s de man\u0153uvre, de balayeur ou de magasinier. Les privations, la malnutrition et une sant\u00e9 tr\u00e8s fragile entra\u00eenent son hospitalisation dans un sanatorium \u00e0 Sandrio, pr\u00e8s de la fronti\u00e8re suisse. C\u2019est pendant ce repos forc\u00e9 qu\u2019il se met \u00e0 l\u2019\u00e9criture de plusieurs nouvelles publi\u00e9es \u00e0 partir de 1933. Auparavant, il commence \u00e0 collaborer \u00e0 des journaux f\u00e9minins, d\u2019abord comme correcteur, puis comme auteur de nouvelles et de romans \u00e0 l\u2019eau de rose, ainsi qu\u2019au courrier du c\u0153ur. Il \u00e9crira \u00e9galement des westerns et de la science-fiction.<br \/>\nIl publie son premier roman policier Sei giorni di preavviso en 1940, c\u2019est le premier d\u2019une s\u00e9rie qui sera republi\u00e9e dans Cinque Casi per l\u2019Investigatore Jelling.<br \/>\nEn 1943, il se r\u00e9fugie en Suisse o\u00f9 il restera jusqu\u2019en 1945. Il passe d\u2019abord par le camp de r\u00e9fugi\u00e9s de B\u00fcsserach puis est accueilli, dans le canton du Tessin, par des amies suisses de son \u00e9pouse, Teresa. Pendant son exil il \u00e9crit un roman Non rimanere soli qui en transpose l\u2019exp\u00e9rience bien qu\u2019il ait d\u00fb, comme il l\u2019\u00e9crit lui-m\u00eame dans l\u2019avis au lecteur (al lettore) qui pr\u00e9c\u00e8de le roman, ob\u00e9ir aux prescriptions minutieuses de la police du pays dans lequel il a pass\u00e9 ses ann\u00e9es d\u2019exil et se contraindre \u00e0 une neutralit\u00e9 hypersensible (ipersensibile neutralit\u00e0) et donc \u00e0 changer les noms des personnes et des lieux. C\u2019est \u00e9galement en Suisse qu\u2019il \u00e9crira Lupa in convento, Annalisa e il passagio a livello, Tecla e Rosellina ainsi qu\u2019un roman de science-fiction \u2014\u00a0qualifi\u00e9 de sombre (cupo) par sa fille Cecilia dans l\u2019avant-propos du recueil intitul\u00e9 Annalisa e il passagio a livello contenant la nouvelle de m\u00eame titre et Tecla e Rosellina, publi\u00e9 en 2007 par Sellerio \u00e0 Palerme.<br \/>\nLa renomm\u00e9e internationale intervient avec la s\u00e9rie des Duca Lamberti \u2014\u00a0quatre romans dont V\u00e9nus priv\u00e9e, adapt\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cran par Yves Boisset sous le titre Cran d\u2019arr\u00eat en 1970. Il y d\u00e9peint une Italie des ann\u00e9es 1960 difficile, parfois m\u00e9chante, d\u00e9sireuse de se d\u00e9velopper mais d\u00e9senchant\u00e9e, loin de l\u2019image \u00e9dulcor\u00e9e et brillante de l\u2019Italie du boom \u00e9conomique.<br \/>\nIl obtient le grand prix de litt\u00e9rature polici\u00e8re en 1968.<br \/>\nIl peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un des ma\u00eetres des \u00e9crivains italiens de romans noirs \u00e0 partir des ann\u00e9es 1970.<br \/>\nDepuis 1993, le prix Scerbanenco r\u00e9compense le meilleur roman policier ou noir italien publi\u00e9 l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Ce prix est d\u00e9cern\u00e9 lors du Festival du film noir de Courmayeur.<br \/>\n<b>S\u00e9rie<\/b> <b>La trilogie de la mer<\/b>\u00a0: <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4533\">Le Sable ne se souvient pas<\/a><\/span>, <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5707\">Mort sur la lagune<\/a><\/span>, <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5489\">Les Amants du bord de mer<\/a><\/span>)<br \/>\n<b>S\u00e9rie Duca Lamberti <\/b>: <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=19190\">V\u00e9nus priv\u00e9e<\/a><\/span> (tome 1) &#8211; \u00c0 tous les rateliers \/ Ils nous trahiront tous \/ <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=19723\">Tous des tra\u00eetres<\/a><\/span> (tome 2- Grand prix de litt\u00e9rature polici\u00e8re 1968) &#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=21851\">Les Enfants du massacre<\/a><\/span>, (tome 3) &#8211; Les Milanais tuent le samedi (<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Scerbanenco, Giorgio \u00ab I milanesi ammazzano al sabato\u00bb (1969) S\u00e9rie Duca Lamberti tome 04\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=22076\">I milanesi ammazzano al sabato<\/a><\/span> tome 4)<\/p>\n<p><em>La trilogie de la mer\u00a0: <\/em><em>N\u00e9 sempre n\u00e9 mai<\/em> \u00a01974 <em>(2)\u2013 Publi\u00e9 en fran\u00e7ais sous le titre Mort sur la lagune, Paris, Payot &amp; Rivages, Rivages\/Noir <\/em>n<sup>o<\/sup>\u00a0654<em> septembre 2007 &#8211; 240\u00a0pages)<\/em><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Marta a quitt\u00e9 Milan pour aller passer quelques jours seule, dans la petite maison de Paolo, non loin d&rsquo;une lagune d\u00e9serte en cette saison. Mais le lendemain, elle a la d\u00e9sagr\u00e9able surprise d&rsquo;\u00eatre r\u00e9veill\u00e9e par deux policiers qui lui demandent ce qu&rsquo;elle fait l\u00e0. Ils lui apprennent que Paolo a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 quatre jours plus t\u00f4t dans cette m\u00eame maison. Marta n&rsquo;avait pas vu les scell\u00e9s qui condamnaient la porte. Arr\u00eat\u00e9e, puis lib\u00e9r\u00e9e, elle ne rentre pas chez elle. Elle continue en direction de la mer et retrouve deux amis, Rik et sa soeur Rossella. L&rsquo;ombre du mort plane sur les trois jeunes gens qui, en faisant revenir le pass\u00e9, ont l&rsquo;impression de condamner irr\u00e9m\u00e9diablement leur avenir. Dans le d\u00e9cor nostalgique de cette station baln\u00e9aire \u00e0 la fin de l&rsquo;hiver, les \u00eatres se d\u00e9chirent&#8230; Les v\u00e9rit\u00e9s enfouies et douloureuses, les destins g\u00e2ch\u00e9s, les illusions perdues sont les th\u00e8mes de ce troisi\u00e8me roman de la mer du grand ma\u00eetre Italien, port\u00e9 par une \u00e9criture \u00e0 la fois poignante et lumineuse.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Avec ce livre je finis la trilogie de la mer. On ne peut pas dire que ce soit un polar, bien qu\u2019il y ait eu crime. Fin octobre, au bord de la mer, \u00e0 Lignano (Pr\u00e8s d\u2019Udine) une station d\u00e9sert\u00e9e par les touristes, un \u00ab\u00a0giallo\u00a0\u00bb italien empreint d\u2019amour, de tendresse et de m\u00e9lancolie. Un jeune homme a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 mort\u00a0: c\u2019\u00e9tait le play-boy du coin, qui collectionnait les conqu\u00eates et qui les laissait tomber. Un beau gosse peut-\u00eatre mais qui laissait sur son passage des jeunes filles au c\u0153ur bris\u00e9. Dans cette station ou les jeunes d\u2019Udine se retrouvent \u00e9t\u00e9 apr\u00e8s \u00e9t\u00e9 depuis leur plus jeune \u00e2ge, tous le connaissent et il a bless\u00e9 tans les filles que les gar\u00e7ons. Ce roman parle d\u2019amours d\u00e9\u00e7ues, d\u2019illusions d\u00e9\u00e7ues, de la peur de retomber amoureux. C\u2019est un roman sur la fuite, le mensonge, la peur de reconnaitre ses actes. C\u2019est aussi un roman sur les relations entre les parents et les enfants, sur la peur de se confier et sur les d\u00e9g\u00e2ts que peuvent causer les non-dits.<\/p>\n<p>Dans un paysage d\u2019automne balay\u00e9 par le vent et la temp\u00eate, des jeunes essayent de passer de l\u2019\u00e2ge du premier amour \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte.<\/p>\n<p>Et j\u2019appr\u00e9cie toujours autant la sensibilit\u00e9 de cet auteur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Et bien qu\u2019elle n\u2019y f\u00fbt plus depuis fort longtemps, \u00e7a ne changeait rien\u00a0: elle n\u2019\u00e9tait plus l\u00e0, et l\u2019on ne se s\u2019habitue jamais \u00e0 un manque, \u00e0 une absence. Et l\u2019absence de sa m\u00e8re \u00e9tait dans toute la maison. Il semblait que m\u00eame les meubles, les tableaux, les tapis, les horloges \u00e9parpill\u00e9es un peu partout \u2013\u00a0un hobby de sa m\u00e8re\u00a0\u2013 ne se r\u00e9signaient pas \u00e0 cette absence d\u00e9finitive et totale.<\/p>\n<p>Il n\u2019y avait de vivant que les taches de soleil qui scintillaient dans de petites flaques. Et l\u2019odeur de la mer, puissante \u00e0 cet instant, comme la respiration d\u2019un g\u00e9ant, \u00e9tendu un peu plus loin, au-del\u00e0 de la pin\u00e8de.<\/p>\n<p>Ces yeux dans lesquels il savait lire comme dans un livre \u00e9crit dans une langue \u00e9trang\u00e8re, difficile, mais qu\u2019il avait \u00e9tudi\u00e9e longtemps et qu\u2019il savait plus ou moins d\u00e9chiffrer. Et l\u00e0, justement, il ne comprenait pas ce qu\u2019ils disaient, ces yeux.<\/p>\n<p>Elle ne parvenait plus \u00e0 croire \u00e0 aucune tendresse, non pas par cynisme ni par amertume, mais seulement par crainte.<\/p>\n<p>Elle avait peur des moments de bonheur. Ils sont comme du cristal tr\u00e8s fragile qui peut se briser au moindre contact.<\/p>\n<p>Puis ils se retrouvaient, recommen\u00e7aient \u00e0 tisser la toile de tendresse de leurs sentiments, et quand elle \u00e9tait presque termin\u00e9e, quand ils se sentaient proches \u00e0 ne plus pouvoir se s\u00e9parer, un \u00e9v\u00e9nement les s\u00e9parait \u00e0 nouveau, les \u00e9loignait. Ils n\u2019arrivaient pas \u00e0 rester ensemble, pour ainsi dire \u00ab\u00a0ni toujours ni jamais\u00a0\u00bb. Ils ne se s\u00e9paraient jamais compl\u00e8tement mais ne restaient jamais vraiment ensemble.<\/p>\n<p>La plage avait disparu dans un brouillard, qui n\u2019\u00e9tait pas du brouillard, mais du sable que soulevait le vent. La mer se voyait \u00e0 peine \u00e0 travers ce voile jaune-gris. Le soleil aussi en \u00e9tait obscurci.<\/p>\n<p>La col\u00e8re grondait encore en lui, tel un ressac, mais elle \u00e9tait en train de s\u2019\u00e9loigner.<\/p>\n<p>Elle ne voulait pas r\u00e9fl\u00e9chir, mais on ne peut pas couper le fil de ses pens\u00e9es.<\/p>\n<p>Il y avait trop de lumi\u00e8re, presque trop de printemps pour avoir peur.<\/p>\n<p>Ses seuls amis \u00e9taient la mer, les chevaux, les arbres de la pin\u00e8de.<\/p>\n<p>Il faut esp\u00e9rer jusqu\u2019au bout, m\u00eame quand tout espoir semble vain.<\/p>\n<p>Il n\u2019y avait pas de soleil\u00a0; de tr\u00e8s hauts nuages rendaient tout gris, mais pas triste\u00a0: la tristesse \u00e9tait en eux.<\/p>\n<p>Il avait devant lui, pour ainsi dire, non pas une femme, mais une bombe d\u2019amour sur le point d\u2019exploser.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Info<\/strong>\u00a0: La bora (en croate, bura, en slov\u00e8ne burja, en bulgare, \u0431\u0443\u0440\u044f, en turc, poyraz) est un vent catabatique du nord nord-est qui souffle sur la mer Adriatique, la mer Noire, la Gr\u00e8ce et la Turquie. En hiver il est souvent violent, avec une vitesse moyenne de 50 \u00e0 80 km\/h avec des rafales qui ont \u00e9t\u00e9 mesur\u00e9es \u00e0 180 km\/h sur le golfe de Trieste. Pr\u00e8s des villes de Senj, Stara Novalja (en), Karlobag et au sud du tunnel de Sveti Rok (en) en Croatie, la bora peut atteindre 220 km\/h et le 15 mars 2006, une rafale \u00e0 235 km\/h a \u00e9t\u00e9 mesur\u00e9e sur le pont de l&rsquo;\u00eele de Pag (hr). Le nom bora provient de Bor\u00e9e, dieu de la mythologie grecque, personnification du vent du nord.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>(<em>livre choisi pour le<\/em> <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5405\">\u00ab\u00a0challenge j\u2019ai lu 2018\u00a0\u00bb<\/a> ) : Un livre se passant au bord de la mer<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019auteur\u00a0: (Source Wikip\u00e9dia) Giorgio Scerbanenco, n\u00e9 Volodymyr-Djordjo Chtcherbanenko (en ukrainien\u00a0:\u00a0\u0412\u043e\u043b\u043e\u0434\u0438\u043c\u0438\u0440-\u0414\u0436\u043e\u0440\u0434\u0436\u043e \u0429\u0435\u0440\u0431\u0430\u043d\u0435\u043d\u043a\u043e) \u00e0 Kiev le 27 juillet 1911 et mort \u00e0 Milan le 27 octobre 1969, est un \u00e9crivain de polar italien. Il est n\u00e9 en Ukraine, \u00e0 Kiev, de m\u00e8re italienne et de p\u00e8re ukrainien. 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