{"id":5844,"date":"2018-04-02T16:19:10","date_gmt":"2018-04-02T15:19:10","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5844"},"modified":"2024-01-09T13:29:20","modified_gmt":"2024-01-09T11:29:20","slug":"de-giovanni-maurizio-les-paques-du-commissaire-ricciardi-2018","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5844","title":{"rendered":"De Giovanni, Maurizio \u00abLes P\u00e2ques du Commissaire Ricciardi\u00bb (2018)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong> : Banquier, il remporte en 2005 le prix national Tiro Rapido avec la nouvelle I vivi e i morti (Les vivants et les morts) qui servira de base au L\u2019Hiver du commissaire Ricciardi (Il senso del dolore. L&rsquo;inverno del commissario Ricciardi), publi\u00e9 en 2007. Depuis, auteur de plusieurs romans policiers se d\u00e9roulant \u00e0 Naples, il partage un temps sa vie entre ses occupations professionnelles \u00e0 la banque et l\u2019\u00e9criture. La s\u00e9rie ayant le commissaire Ricciardi pour h\u00e9ros compte une dizaine de titres.<br \/>\nIl est \u00e9galement devenu commentateur des grands journaux nationaux et de productions au th\u00e9\u00e2tre. Grand sportif et partisan de l&rsquo;\u00e9quipe de football de Naples, il publie plusieurs ouvrages sur son \u00e9quipe. Il travaille maintenant pour des journaux de sa ville natale et est r\u00e9guli\u00e8rement invit\u00e9 par le r\u00e9seau des sports de la Rai.<br \/>\nEn 2012, il fait para\u00eetre La M\u00e9thode du crocodile (Il metodo del coccodrillo), laur\u00e9at du prix Scerbanenco et premier roman d&rsquo;une s\u00e9rie consacr\u00e9e aux enqu\u00eates du commissaire Lojacono. En janvier 2017, la Rai 1 diffuse I bastardi di Pizzofalcone, une mini-s\u00e9rie en 6 \u00e9pisodes r\u00e9alis\u00e9e par Carlo Carlei, avec Alessandro Gassmann dans le r\u00f4le du commissaire Lojacono.<\/p>\n<p><strong>S\u00e9rie : Commissaire Ricciardi (Naples 1931)<\/strong><strong><br \/>\n6\u00e8me enqu\u00eate<\/strong><br \/>\n(Vipera. Nessuna resurrezione per il commissario Ricciardi (2012)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Une semaine avant P\u00e2ques, dans le Naples fasciste de 1932, une prostitu\u00e9e de luxe connue sous le nom de Vipera est assassin\u00e9e dans un bordel de premi\u00e8re classe, le Paradiso. Son dernier client jure qu&rsquo;elle \u00e9tait bien vivante quand il l&rsquo;a quitt\u00e9e, le suivant dit l&rsquo;avoir retrouv\u00e9 \u00e9touff\u00e9e sous un oreiller. Alors que la ville s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer en grande pompe la r\u00e9surrection du Christ, le commissaire Ricciardi devra d\u00e9m\u00ealer un n\u0153ud d&rsquo;avidit\u00e9, de frustration, de jalousie et de rancune afin de r\u00e9soudre l&rsquo;\u00e9nigme de la mort de Vipera.<\/p>\n<p><strong>Mon avis\u00a0<\/strong>:\u00a0 Week-end de P\u00e2ques\u2026je me mets dans l\u2019ambiance\u00a0: la colombe pascale pour le petit dejeuner, et la m\u00e9t\u00e9o pluvieuse et froide \u00e0 Gen\u00e8ve comme \u00e0 Naples \u2026 Et je rejoins avec bonheur le petit monde de Ricciardi. Ricciardi et les deux femmes qui l\u2019aiment en secret\u00a0; ces deux femmes qui perturbent Ricciardi qui ne veut pas aimer. Ricciardi et son ami m\u00e9decin qui va une fois encore franchir le point de non-retour en s\u2019opposant frontalement aux fascistes.. Ricciardi et son petit monde.<br \/>\nEt toujours ces ambiances&#8230; le printemps, la nuit\u2026 et la d\u00e9couverte de Naples pendant les ann\u00e9es du Duce, ses traditions, les f\u00eates, les nourritures&#8230;<br \/>\n<span style=\"display: inline !important; float: none; background-color: transparent; color: #333333; cursor: text; font-family: 'Roboto',Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: left; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\">Maria Rosaria Cennamo, prostitu\u00e9e connue sous le nom de Vipera, est retrouv\u00e9e morte \u00e9touff\u00e9e. Voila qui est dramatique pour le bordel car m\u00eame si elle n\u2019avait que peu de clients attitr\u00e9s, c\u2019est sa beaut\u00e9 qui faisait la r\u00e9putation du lieu. Et la derni\u00e8re phrase pens\u00e9e par la morte peut aussi bien accuser les deux principaux suspects, deux hommes fascin\u00e9s par la demoiselle\u2026 Le Commissaire Ricciardi et son Brigadier sont appel\u00e9s sur les lieux&#8230; et je vous laisse en leur compagnie dans Naples.<\/span><br \/>\n<span style=\"display: inline !important; float: none; background-color: transparent; color: #333333; cursor: text; font-family: 'Roboto',Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: left; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\">Plus je fais la connaissance de Ricciardi et plus je le trouve attachant.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Mais aujourd\u2019hui, j\u2019ai compris qu\u2019une femme aussi belle, elle devrait pas na\u00eetre dans un endroit comme celui-l\u00e0. C\u2019est pas sa place. La beaut\u00e9, commissaire, il faut pouvoir se la permettre<\/p>\n<p>La pluie, qui maintenant tombait \u00e0 seaux, striait les vitres comme des larmes. La place s\u2019animait peu \u00e0 peu, des gens regardaient le ciel, surpris par ce d\u00e9luge et cramponn\u00e9s au parapluie que le vent essayait de leur d\u00e9rober.<\/p>\n<p>Couteaux, poings am\u00e9ricains, matraques et revolvers, tant qu\u2019ils restent au fond d\u2019un tiroir sont des objets bien innocents. Ce sont les mains, les coupables\u00a0: et les mains\u00a0sont mues par le ventre, le c\u0153ur et toutes ces \u00e9motions qu\u2019on va chercher dans des endroits tels que ton Paradiso.<\/p>\n<p>Le fait que nous n\u2019avons pas le droit de manger de viande cette semaine m\u2019exasp\u00e8re. Je respecte les catholiques, pourquoi ne me respectent-ils pas, moi\u00a0?<\/p>\n<p>[\u2026]je marcherai droit, mais ce que j\u2019ai toujours pas compris, c\u2019est\u00a0: pour aller o\u00f9\u00a0?<\/p>\n<p>Du matin au soir, \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, je vois des gens se battre contre la maladie et la mort, uniquement par amour. Sans compter tous ceux qui viennent en larmes me supplier de sauver la personne aim\u00e9e, parce qu\u2019il en va de leur propre survie. L\u2019amour est capable de d\u00e9truire, c\u2019est vrai, mais il est aussi capable de sauver.<\/p>\n<p>Donne-moi les murs et les pi\u00e8ces, et je te donnerai les rideaux et les tapis. Remplissons-la ensemble de nos souvenirs et apportons-y les objets que nous avons collect\u00e9s\u00a0pendant que, sans le savoir, nous nous attendions, et tous ceux que nous trouverons ensemble\u00a0: que chacun d\u2019entre eux, un cadre, un vase, une chaise, nous rappelle pour toute la vie l\u2019instant o\u00f9 nous l\u2019avons choisi, en nous regardant en silence.<\/p>\n<p>Certaines \u00e9motions laissent leur empreinte, p\u00e9n\u00e8trent dans un territoire inexplor\u00e9 de l\u2019\u00e2me, acc\u00e8dent \u00e0 un sol inconnu au fond du c\u0153ur et en prennent possession pour toujours.<\/p>\n<p>Toi qui, lorsque tu t\u2019es mis au lit, croyais t\u2019effondrer dans le sommeil, et qui au contraire restes \u00e0 fixer le plafond servant d\u2019\u00e9cran noir \u00e0 tes souvenirs. Dis-moi ce que tu attends de cette nuit de printemps\u00a0?<\/p>\n<p>Pour le Jeudi saint, le printemps choisit un costume gris.<\/p>\n<p>La matin\u00e9e se pr\u00e9senta voil\u00e9e, sous un soleil p\u00e2le et maladif qui ne se sentait pas la force d\u2019exercer son m\u00e9tier. Une lumi\u00e8re laiteuse att\u00e9nuait les contours, les noyant dans une brume incertaine.<\/p>\n<p>M\u00eame la violence, l\u2019\u00e9clat de col\u00e8re qui engendrait le crime, faisait partie de la nature humaine\u00a0: la dissimulation, le mensonge, la\u00a0tromperie, \u00e9taient des constructions \u00e9rig\u00e9es au nom des conventions et visaient l\u2019avantage personnel, la facilit\u00e9, et n\u2019avaient donc rien de naturel.<\/p>\n<p>Mais P\u00e2ques, P\u00e2ques c\u2019\u00e9tait le printemps, les fen\u00eatres qui s\u2019ouvraient pour accueillir \u00e0 nouveau le soleil et le parfum de la mer.<\/p>\n<p>Une autre belle ironie, non\u00a0? Une putain tu\u00e9e avec un accessoire de travail, un oreiller.<\/p>\n<p>Pour la \u00e9ni\u00e8me fois, il pensa avec amertume que ce ne sont pas les esprits qui font peur, mais plus certainement les vivants.<\/p>\n<p>Parce qu\u2019une fille peut faire la putain, ou \u00eatre une putain. Elle, elle \u00e9tait une putain dans l\u2019\u00e2me.<\/p>\n<p>Qu\u2019attends-tu du printemps\u00a0?<br \/>\nQue demandes-tu \u00e0 cette saison qui t\u2019offre, arrach\u00e9es au parfum de la mer, de nouvelles fleurs et de nouvelles id\u00e9es\u00a0?<br \/>\nPeut-\u00eatre d\u2019oublier le froid et l\u2019humidit\u00e9 de l\u2019hiver. Ne serait-ce que cela.<\/p>\n<p>Les hommes ne savent jamais ce qu\u2019ils veulent, et vous savez pourquoi\u00a0? Parce qu\u2019ils pensent que demain, \u00e7a sera la fin du monde, et qu\u2019ils ne s\u2019occupent que de ce qui se passe aujourd\u2019hui. C\u2019est nous, les femmes, qui voyons clair comme\u00a0de l\u2019eau de roche ce qui arrivera demain, et qui devons les prendre en charge. Et petit \u00e0 petit\u2026<\/p>\n<p>L\u2019amour est fait d\u2019air frais et de fleurs, de larmes et de rires.<\/p>\n<p>Je le connais, moi, l\u2019amour v\u00e9ritable\u00a0: il te r\u00e9veille la nuit, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 mais le c\u0153ur plein d\u2019espoir, en t\u2019apportant des pens\u00e9es qui deviennent des r\u00eaves et des r\u00eaves qui deviennent des pens\u00e9es.<\/p>\n<p>Regarde la nuit en face, elle te regarde elle aussi, impassible. Elle en a vu bien d\u2019autres, la nuit. Elle est pass\u00e9e sur bien d\u2019autres souffrances, elle a cach\u00e9 bien d\u2019autres regrets.<\/p>\n<p>Comme toujours, la rue trahissait l\u2019esprit de la ville qui avait chang\u00e9 comme si quelqu\u2019un avait tourn\u00e9 un interrupteur [\u2026]<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Page sur la s\u00e9rie Les enqu\u00eates du Commissaire Ricciardi<\/strong>\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3848\">http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3848<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur : Banquier, il remporte en 2005 le prix national Tiro Rapido avec la nouvelle I vivi e i morti (Les vivants et les morts) qui servira de base au L\u2019Hiver du commissaire Ricciardi (Il senso del dolore. L&rsquo;inverno del commissario Ricciardi), publi\u00e9 en 2007. 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