{"id":590,"date":"2014-05-20T14:59:07","date_gmt":"2014-05-20T13:59:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=590"},"modified":"2020-09-19T12:10:50","modified_gmt":"2020-09-19T10:10:50","slug":"bauer-belinda-le-voleur-denfants-tristes-032013","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=590","title":{"rendered":"Bauer, Belinda \u00ab Le voleur d\u2019enfants tristes \u00bb (03\/2013)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Autrice :<\/strong> Belinda Bauer grandit en Angleterre et en Afrique du Sud. Elle s&rsquo;installe \u00e0 Cardiff o\u00f9 elle travaille comme journaliste et sc\u00e9nariste pour la BBC. En France, ses livres sont publi\u00e9s chez Fleuve noir et 10\/18. Elle publie en 2009 son premier roman, Blacklands (Sous les bruy\u00e8res) avec lequel elle remporte le Gold Dagger Award en 2010. Elle a publi\u00e9 \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=855\">Sous les bruy\u00e8res<\/a>\u00a0\u00bb (2009,) \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=862\">L&rsquo;Appel des ombres<\/a>\u00a0\u00bb (2012), \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=590\">Le Voleur d&rsquo;enfants tristes<\/a> \u00bb ( 2013), \u00ab<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1347\">\u00a0Cadavre 19<\/a>\u00a0\u00bb (2014), \u00ab <a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11723\">Arr\u00eat d\u2019urgence<\/a> \u00bb (2019)<\/p>\n<p>Troisi\u00e8me volet des enqu\u00eates de Jonas Holly<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Parc national d&rsquo;Exmoor, Angleterre. En cet \u00e9t\u00e9 br\u00fblant, la petite communaut\u00e9 de Shipcott se remet \u00e0 peine des drames qui l&rsquo;ont frapp\u00e9e. Le commissaire Reynolds, encore accabl\u00e9 par l&rsquo;\u00e9chec de sa derni\u00e8re enqu\u00eate, est soudain confront\u00e9 \u00e0 une s\u00e9rie de disparitions. Des enfants, laiss\u00e9s sans surveillance dans la voiture, sont enlev\u00e9s. Seul indice : une note sur le volant, \u00ab\u00a0Vous ne l&rsquo;aimez pas\u00a0\u00bb. Des mots qui r\u00e9sonnent comme une accusation.<br \/>\nPas de revendications, pas de ran\u00e7on, pas d&rsquo;espoir. Reynolds et Jonas Holly seront-ils capables de comprendre les motivations de cet \u00e9trange ravisseur ? D&rsquo;autant qu&rsquo;il y a bien quelqu&rsquo;un \u00e0 Exmoor ayant des raisons de penser que le policier Jonas Holly est la derni\u00e8re personne \u00e0 qui faire confiance\u2026<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Excellent\u00a0! Quand un coin de cambrousse paum\u00e9 se transforme en village hant\u00e9, en ersatz de \u00ab\u00a0Chicago\u00a0\u00bb\u00a0! Quand la peur de ne plus retrouver son enfant fait que les parents les cloitrent \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur.. Quand la peur rode.. Quand le pass\u00e9 se m\u00eale au pr\u00e9sent\u2026 Thriller psychologique qui entrelace des exp\u00e9riences pass\u00e9es et am\u00e8ne \u00e0 soup\u00e7onner tout le monde. Des analyses de caract\u00e8res tout en finesse. Et une angoisse qui ne cesse de monter jusqu\u2019\u00e0 la derni\u00e8re page\u2026 Je souhaite maintenant lire les pr\u00e9c\u00e9dents, auquel il est fait r\u00e9f\u00e9rence\u00a0; cela m\u2019a manqu\u00e9 car on retrouve les personnages de \u00ab\u00a0Sous les bruy\u00e8res\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0L\u2019appel des ombres\u00a0\u00bb qui ont \u00e9volu\u00e9. Je pense que c\u2019est donc un plus de suivre leur \u00e9volution d\u2019\u00eatres quelque peu d\u00e9stabilis\u00e9s par les exp\u00e9riences v\u00e9cues. \u00a0J\u2019ai aim\u00e9 ce livre car l\u2019auteur ne se coantonne pas aux agissements et aux r\u00e9actions d\u2019un seul pan de la soci\u00e9t\u00e9: les enfants, les ados, les personnes handicap\u00e9es, les habitants du village, les policiers, tous sont analys\u00e9s dans ce livre.<\/p>\n<p><strong>Extraits\u00a0<\/strong>:<\/p>\n<p>D\u00e8s qu\u2019ils quitt\u00e8rent l\u2019autoroute, les routes se mirent \u00e0 serpenter\u00a0; on \u00e9tait au XXIe\u00a0si\u00e8cle, et l\u2019instant d\u2019apr\u00e8s, on avait l\u2019impression de se retrouver dans les ann\u00e9es 1950<\/p>\n<p>elles \u00e9taient \u00e9quip\u00e9es de matelas que le poids de g\u00e9n\u00e9rations de dormeurs corpulents avait quasiment pli\u00e9s en deux au fil des ann\u00e9es, et que l\u2019on avait malencontreusement retourn\u00e9s pour tenter de r\u00e9tablir l\u2019\u00e9quilibre, si bien qu\u2019on avait l\u2019impression de dormir au sommet d\u2019un Toblerone<\/p>\n<p>Ce village \u00e9tait une mosa\u00efque de souvenirs qu\u2019il pr\u00e9f\u00e9rait oublier<\/p>\n<p>Par un petit matin de mai tel que celui-l\u00e0, le paysage \u00e9tait magique. Les larges dalles de pierre qui enjambaient la rivi\u00e8re \u00e0 cet endroit semblaient avoir \u00e9t\u00e9 pos\u00e9es par des g\u00e9ants de contes de f\u00e9e. Sous un tunnel d\u2019arbres, le soleil, semant une lumi\u00e8re mouchet\u00e9e sur la vaste \u00e9tendue d\u2019eau sombre, faisait briller le lit de la rivi\u00e8re jonch\u00e9 de galets comme du verre Tiffany.<\/p>\n<p>Enfin, il faudra bien qu\u2019ils s\u2019y habituent, j\u2019imagine\u2026 C\u2019est incroyable, ce \u00e0 quoi on peut s\u2019habituer \u2013 ou ce qu\u2019on est capable de faire si on n\u2019y arrive pas\u2026<\/p>\n<p>Souvent, il s\u2019imaginait en train de nager la brasse, repoussant loin derri\u00e8re lui des quantit\u00e9s de choses n\u00e9gatives pour pouvoir atteindre les rives d\u2019une vie bien meilleure. Il s\u2019\u00e9tait beaucoup entra\u00een\u00e9 et y parvenait tr\u00e8s bien, maintenant<\/p>\n<p>qu\u2019en lui tendant la main pour l\u2019aider, elle risquait d\u2019\u00eatre inexorablement aspir\u00e9e par ce condens\u00e9 de malheur comme par un trou noir<\/p>\n<p>Le silence \u00e9tait la seule forme de mensonge qu\u2019il ma\u00eetrisait \u00e0 peu pr\u00e8s\u2026 et encore<\/p>\n<p>ce mois de mai \u00e9tait tellement radieux qu\u2019on se serait presque cru dans un roman d\u2019Enid Blyton \u2013 la seule, sans doute, \u00e0 s\u2019\u00eatre imagin\u00e9 qu\u2019un temps aussi idyllique puisse exister<\/p>\n<p>Fallait que je m\u2019emp\u00eache de regarder cette blessure stupide qu\u2019il y avait dans leurs yeux, juste au cas o\u00f9 ils auraient pu voir quelque chose dans les miens<\/p>\n<p>Plus personne n\u2019appr\u00e9cie rien, de nos jours. Plus personne n\u2019attache d\u2019importance aux choses qu\u2019il poss\u00e8de. Jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elles soient plus l\u00e0, du moins<\/p>\n<p>Ou alors elle laissait le silence s\u2019installer, telle une eau claire dans laquelle l\u2019un d\u2019eux lan\u00e7ait parfois une bribe de conversation, comme un galet<\/p>\n<p>Elle vida son verre\u00a0; la chaleur du vin la d\u00e9tendait et lui donnait l\u2019impression qu\u2019ils avaient quelque chose en commun, m\u00eame si elle ne savait pas encore tr\u00e8s bien quoi.<\/p>\n<p>L\u2019absence de lune donnait l\u2019impression que la Voie lact\u00e9e \u00e9tait toute proche \u2013 \u00e0 port\u00e9e de main\u00a0; on aurait dit des \u00e9toiles coll\u00e9es sur un plafond tendu de velours bleu. Il sourit \u00e0 Orion, et tendit un doigt vers le ciel pour occulter le puissant Mars<\/p>\n<p>Le bruit me manque\u00a0; le silence, \u00e7a me rendait dingue<\/p>\n<p>Si son corps avait oubli\u00e9 la douleur, il se souvenait qu\u2019il avait eu mal, puis que sa blessure l\u2019avait d\u00e9mang\u00e9, et enfin que la douleur s\u2019\u00e9tait amenuis\u00e9e au fil des mois<\/p>\n<p>Au d\u00e9but, \u00e7a n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 facile, car r\u00e9fl\u00e9chir lui \u00e9tait aussi familier que jouer des castagnettes\u2026 Il avait fallu qu\u2019il s\u2019entra\u00eene<\/p>\n<p>Il aurait tout fait \u2013 absolument tout \u2013 pour pouvoir combler ce vide, oublier une seule seconde l\u2019immensit\u00e9 de l\u2019absence que lui rappelait la pendule arr\u00eat\u00e9e, le tapis repli\u00e9 et la vase vide.<\/p>\n<p>il \u00e9tait b\u00eate comme ses pieds et dot\u00e9 d\u2019une bouche en mesure de l\u2019attester<\/p>\n<p>Il ne se passait pas un jour sans qu\u2019il con\u00e7oive une pens\u00e9e profonde et coh\u00e9rente, et s\u2019imagine accompagner cette pens\u00e9e parfaite de son cerveau \u00e0 sa bouche<\/p>\n<p>Sa vie s\u2019\u00e9tendait derri\u00e8re lui tel un seul hiver rude et interminable<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice : Belinda Bauer grandit en Angleterre et en Afrique du Sud. 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