{"id":602,"date":"2014-05-26T13:46:02","date_gmt":"2014-05-26T12:46:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=602"},"modified":"2023-06-24T14:38:45","modified_gmt":"2023-06-24T12:38:45","slug":"erre-j-m-le-mystere-sherlock-2012","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=602","title":{"rendered":"Erre, J.M. \u00ab\u00a0Le myst\u00e8re Sherlock\u00a0\u00bb (2012)"},"content":{"rendered":"<p><b>Auteur<\/b>: Jean-Marcel Erre, publi\u00e9 sous la signature J.M. Erre, est un \u00e9crivain fran\u00e7ais n\u00e9 en 1971 \u00e0 Perpignan. Il est le fr\u00e8re de l&rsquo;auteur de bande dessin\u00e9e Fabrice Erre.<\/p>\n<p><b>Romans<\/b>: Prenez soin du chien (2006) &#8211; Made in China (2008) &#8211; S\u00e9rie Z (2010) &#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Erre, J.M. \u00ab\u00a0Le myst\u00e8re Sherlock\u00a0\u00bb (2012)\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=602\">Le Myst\u00e8re Sherlock<\/a> <\/span>(2012) &#8211; La fin du monde a du retard (2014) &#8211; Le Grand N\u2019importe quoi (2016) &#8211; Qui a tu\u00e9 l\u2019homme-homard ? (2019) &#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Erre, J.M. \u00ab\u00a0Le bonheur est au fond du couloir \u00e0 gauche\u00a0\u00bb (2020) 192 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=18514\">Le bonheur est au fond du couloir \u00e0 gauche<\/a><\/span> (2020) &#8211; Les autres ne sont pas des gens comme nous<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>(2023)<\/p>\n<p>Ed. Buchet-Chastel &#8211; 02.02.2012 &#8211; 328 pages \/ Pocket &#8211; 06.06.2013 &#8211; 261 pages<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>R\u00e9sum\u00e9\u00a0: Meiringen, Suisse. Les pompiers d\u00e9gagent l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Baker Street. Cet \u00e9tablissement, charmant et isol\u00e9, a \u00e9t\u00e9 coup\u00e9 du monde pendant trois jours \u00e0 cause d&rsquo;une avalanche. Personne n&rsquo;imagine que, derri\u00e8re la porte close, se trouve un v\u00e9ritable tombeau. Align\u00e9s dans la chambre froide reposent les cadavres de dix universitaires. Tous sont venus l\u00e0, invit\u00e9s par l&rsquo;\u00e9minent professeur Bobo, pour un colloque sur Sherlock Holmes. Un colloque un peu sp\u00e9cial puisque, \u00e0 son issue, le professeur Bobo devait d\u00e9signer le titulaire de la toute premi\u00e8re chaire d&rsquo;holm\u00e9sologie de la Sorbonne. Le genre de poste pour lequel on serait pr\u00eat \u00e0 tuer&#8230;<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Ah j\u2019ai ador\u00e9\u00a0! Vite lu, jubilatoire, bien con\u00e7u, pas de temps morts, beaucoup d\u2019humour.. Je recommande \u00e0 ceux qui aiment rire et sourire mais qui n\u2019aiment pas la grosse rigolade.. Un huis clos avec des personnages tous plus givr\u00e9s les uns que les autres mais pas au point d\u2019\u00eatre totalement improbables\u00a0! Des intello allum\u00e9s, des profs totalement hors de la r\u00e9alit\u00e9, des vrais \u00ab\u00a0personnages\u00a0\u00bb Une passion d\u00e9vorante qui les pr\u00e9destine \u00e0 faire tout et n\u2019importe quoi.. \u00c7a pourrait faire une superbe pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre. pas de prise de t\u00eate, un suspense qui augmente au fil des pages, des inventions dans le langage.. Tout en finesse et en doigt\u00e9. Et une connaissance de l\u2019univers holmesque pour ne rien g\u00e2cher. Contrairement \u00e0 d\u2019autres personnes de ma connaissance, j\u2019ai ador\u00e9 le rebondissement final.. qui privil\u00e9gie intelligence et d\u00e9duction qui sont si attach\u00e9es \u00e0 Holmes \u00e0 la chute convenu et attendue.. De fait&#8230; les deux rebondissements.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>H comme Holm\u00e9sien\u00a0: Mammif\u00e8re bibliophile vouant une passion \u00e0 Sherlock Holmes<\/p>\n<p>Mais le destin en avait d\u00e9cid\u00e9 autrement, comme d\u2019habitude<\/p>\n<p>Si toutes les autres hypoth\u00e8ses \u00e9chouent, celle qui reste, aussi improbable soit-elle, doit constituer la v\u00e9rit\u00e9<\/p>\n<p>Elle en veut aux hommes, et les hommes la veulent\u00a0: on devrait pouvoir s\u2019amuser<\/p>\n<p>deux hommes se font face dans un silence assourdissant, comme disent les po\u00e8tes \u00e0 oxymore<\/p>\n<p>Tu sais bien que, dans la vie, il y a les Holmes et il y a les Watson, les ma\u00eetres et les disciples, les suivis et les suiveurs, on n\u2019y peut rien<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait elle qu\u2019on classaffairisait dans les avions, elle qu\u2019on gastronomisait dans les restaurants, elle qu\u2019on palacisait dans les h\u00f4tels. Son charme hispanisant avait eu son heure de gloire, sa chevelure sauvage avait envo\u00fbt\u00e9 les foules, mais le temps est un joueur avide qui gagne sans tricher, \u00e0 tout coup, c\u2019est la loi, comme disent les horloges baudelairiennes.<\/p>\n<p>pour trouver le bonheur, il lui suffit d\u2019attendre que la beaut\u00e9 int\u00e9rieure soit \u00e0 la mode, ou que les \u00eatres humains deviennent aveugles. Juste une question de temps, donc.<\/p>\n<p>On aurait pu qualifier l\u2019ambiance de \u00ab\u00a0glaciale\u00a0\u00bb si elle avait \u00e9t\u00e9 un peu plus chaleureuse, mais \u00e0 partir d\u2019un certain degr\u00e9 en dessous de z\u00e9ro, m\u00eame les adjectifs s\u2019\u00e9puisent.<\/p>\n<p>regard myst\u00e9rieux et sourire monalis\u00e9 au collag\u00e8ne<\/p>\n<p>Les convives regardaient leurs chaussures comme si elles venaient de leur pousser aux pieds<\/p>\n<p>Chacun put admirer sa peau tout\u00e2nkhamonesque, sa l\u00e8vre bubonique, ses yeux grumeleux et son originale cambrure dorsale<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u201cJe ne devine jamais. C\u2019est une habitude d\u00e9testable, nuisible aux facult\u00e9s de raisonnement<\/p>\n<p>Sauf que, ce matin, la fiat ne luxa pas (comme Sherlock, j\u2019appr\u00e9cie les mots d\u2019esprit). A 6h01, j\u2019\u00e9tais encore dans les t\u00e9n\u00e8bres, l\u2019ampoule de ma lampe de chevet devait \u00eatre grill\u00e9e, c\u2019\u00e9tait un scandale.<\/p>\n<p>Tout ce que j\u2019avais v\u00e9cu depuis mon r\u00e9veil devait avoir une explication logique. Et si c\u2019\u00e9tait justement l\u2019absence de logique qui expliquait tout\u00a0? J\u2019avais entendu parler d\u2019un domaine dans lequel l\u2019\u00eatre humain \u00e9voluait dans la plus compl\u00e8te incoh\u00e9rence\u00a0: le r\u00eave. Et si j\u2019\u00e9tais en train de r\u00eaver\u00a0?<\/p>\n<p>On aurait dit que Notre Seigneur avait voulu r\u00e9parer au moment du tr\u00e9pas un travail b\u00e2cl\u00e9 \u00e0 la naissance par un ange stagiaire<\/p>\n<p>La fra\u00eecheur de la vingtaine, garantie sans ravalement de fa\u00e7ade, le genre \u00e0 vous narguer sous pr\u00e9texte que \u00e7a d\u00e9fie encore les lois de la pesanteur. Et avec \u00e7a, un cr\u00e2ne bien nettoy\u00e9 pour qu\u2019il ne reste rien dedans<\/p>\n<p>Il doit \u00eatre \u00e9crit quelque part que ce week-end sera une pr\u00e9figuration du purgatoire. Ainsi soit-il\u00a0!<\/p>\n<p>Aucune difficult\u00e9 pour jouer le r\u00f4le de la cruche de service, nos intellectuels \u00e9taient tellement imbus d\u2019eux-m\u00eames qu\u2019ils me plac\u00e8rent tout de suite dans la cat\u00e9gorie \u00ab\u00a0intermittente du neurone<\/p>\n<p>On a voulu l\u2019\u00e9clairer sous tous les angles, et on a renforc\u00e9 l\u2019ombre.<\/p>\n<p>Le colloque commen\u00e7a dans une ambiance aussi joyeuse qu\u2019une soir\u00e9e d\u2019autocritique marxiste en Cor\u00e9e du Nord<\/p>\n<p>pour franchir bravement le cap Horn du ridicule<\/p>\n<p>Au fond, c\u2019est peut-\u00eatre \u00e7a un mythe\u00a0: un personnage dont le talent d\u00e9passe celui de son cr\u00e9ateur, un \u00eatre qui a davantage d\u2019ampleur dans l\u2019imaginaire collectif que dans celui de son g\u00e9niteur, une figure que des \u00e9crivains successifs vont s\u2019approprier dans l\u2019espoir d\u2019\u00eatre celui qui saura enfin se hisser \u00e0 son niveau. Un personnage qui fait na\u00eetre un auteur, et non l\u2019inverse.<\/p>\n<p>on peut poser comme axiome de base que la relation \u00e0 autrui, au saut du lit, est fond\u00e9e sur la complainte<\/p>\n<p>Pr\u00e9pos\u00e9 au bureau des pleurs, voil\u00e0 \u00e0 quoi est r\u00e9duit l\u2019honn\u00eate homme confront\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du petit d\u00e9jeuner en groupe<\/p>\n<p>La fine couche du vernis de la civilisation est loin d\u2019\u00eatre s\u00e8che. Il faudra longtemps avant que l\u2019\u00e9volution permette \u00e0 mes \u00ab\u00a0semblables\u00a0\u00bb de devenir vraiment humains<\/p>\n<p>J\u2019ai toujours eu la sensation que l\u2019\u00eatre humain habitait son corps \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un locataire, comme pour un appartement auquel il se serait habitu\u00e9 sans jamais vraiment se sentir chez lui. Une location qui se d\u00e9grade peu \u00e0 peu et que le propri\u00e9taire, aux abonn\u00e9s absents, ne r\u00e9nove jamais, rendant l\u2019habitat un peu plus inconfortable chaque ann\u00e9e<\/p>\n<p>J\u2019attends donc le moment o\u00f9 je pourrai d\u00e9m\u00e9nager pour plus spacieux, o\u00f9, esprit nomade, je quitterai mon enveloppe pour vivre \u00e0 la belle \u00e9toile. J\u2019avoue avoir pens\u00e9 plusieurs fois \u00e0 provoquer ce moment lib\u00e9ratoire, mais, \u00e0 ma grande honte, l\u2019instinct de survie fonctionne encore chez moi comme une cha\u00eene au cou d\u2019un prisonnier. J\u2019en suis quitte pour garder la g\u00e9rance de mon corps, en attendant mieux.<\/p>\n<p>il me faudrait du rimmel aux oignons pour arriver \u00e0 me tirer une larme<\/p>\n<p>Ma vie n\u2019est qu\u2019un long effort pour \u00e9chapper \u00e0 la routine de l\u2019existence<\/p>\n<p>Mourir est \u00e0 la port\u00e9e de tous\u00a0; passer dans la fiction, puis devenir un mythe, c\u2019est autre chose<\/p>\n<p>C\u2019est vieux comme l\u2019immonde\u00a0: d\u00e8s que thanatos \u00e9tend son ombre funeste, \u00e9ros tente de r\u00e9sister par du tripotage intempestif<\/p>\n<p>Moriarty est l\u2019anc\u00eatre des supervilains qui rivalisent de perversit\u00e9 dans les comics am\u00e9ricains. Batman a son Joker d\u00e9moniaque, Spiderman son Bouffon vert machiav\u00e9lique, Holmes son Moriarty anglais<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 ce moment que j\u2019ai senti en moi la rationalit\u00e9 pousser un cri de r\u00e9volte.<\/p>\n<p>La question qui se pose est donc\u00a0: savons-nous lire les r\u00e9cits \u00e0 \u00e9nigme\u00a0? Regardons-nous vraiment ce qu\u2019il faut regarder\u00a0? Ou nous laissons-nous manipuler par celui qui raconte l\u2019histoire\u00a0?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur: Jean-Marcel Erre, publi\u00e9 sous la signature J.M. Erre, est un \u00e9crivain fran\u00e7ais n\u00e9 en 1971 \u00e0 Perpignan. Il est le fr\u00e8re de l&rsquo;auteur de bande dessin\u00e9e Fabrice Erre. Romans: Prenez soin du chien (2006) &#8211; Made in China (2008) &#8211; S\u00e9rie Z (2010) &#8211; Le Myst\u00e8re Sherlock (2012) &#8211; La fin du monde a &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=602\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":603,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[2,5,12],"tags":[],"class_list":["post-602","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-lectures","category-lecture-polar","category-litterature-france"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/602","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=602"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/602\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":18522,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/602\/revisions\/18522"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/603"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=602"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=602"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=602"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}