{"id":6137,"date":"2018-01-03T12:24:07","date_gmt":"2018-01-03T11:24:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5410"},"modified":"2018-01-03T12:24:07","modified_gmt":"2018-01-03T11:24:07","slug":"le-clezio-j-m-g-alma-2017-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6137","title":{"rendered":"Le Cl\u00e9zio, J. M. G.   \u00abAlma\u00bb (2017)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: J. M. G. Le Cl\u00e9zio est n\u00e9 \u00e0 Nice le 13 avril 1940. Il est originaire d&rsquo;une famille de Bretagne \u00e9migr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00eele Maurice au XVIIe si\u00e8cle. Il a poursuivi des \u00e9tudes au coll\u00e8ge litt\u00e9raire universitaire de Nice et est docteur \u00e8s lettres.<br \/>\nMalgr\u00e9 de nombreux voyages, J. M. G. Le Cl\u00e9zio n&rsquo;a jamais cess\u00e9 d&rsquo;\u00e9crire depuis l&rsquo;\u00e2ge de sept ou huit ans : po\u00e8mes, contes, r\u00e9cits, nouvelles, dont aucun n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 avant \u00ab\u00a0\u00abLe Proc\u00e8s-verbal\u00bb, son premier roman paru en septembre 1963 et qui obtint le prix Renaudot. Influenc\u00e9e par ses origines familiales m\u00eal\u00e9es, par ses voyages et par son go\u00fbt marqu\u00e9 pour les cultures am\u00e9rindiennes, son \u0153uvre compte une cinquantaine d&rsquo;ouvrages. En 1980, il a re\u00e7u le grand prix Paul-Morand d\u00e9cern\u00e9 par l&rsquo;Acad\u00e9mie fran\u00e7aise pour son roman \u00abD\u00e9sert\u00bb. En 2008, l&rsquo;Acad\u00e9mie su\u00e9doise a attribu\u00e9 \u00e0 J. M. G. Le Cl\u00e9zio le prix Nobel de litt\u00e9rature, c\u00e9l\u00e9brant \u00abl&rsquo;\u00e9crivain de la rupture, de l&rsquo;aventure po\u00e9tique et de l&rsquo;extase sensuelle, l&rsquo;explorateur d&rsquo;une humanit\u00e9 au-del\u00e0 et en dessous de la civilisation r\u00e9gnante\u00bb.<br \/>\nGrand prix de Litt\u00e9rature Paul-Morand de l&rsquo;Acad\u00e9mie fran\u00e7aise (1980), Prix Nobel de Litt\u00e9rature (2008)<\/p>\n<p>Collection Blanche, Gallimard &#8211; Parution : 05-10-2017 &#8211; 352 pages<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Voici donc des histoires crois\u00e9es, celle de J\u00e9r\u00e9mie, en qu\u00eate de Raphus cucullatus, alias l&rsquo;oiseau de naus\u00e9e, le dodo mauricien jadis extermin\u00e9 par les humains, et celle de Dominique, alias Dodo, l&rsquo;admirable hobo, n\u00e9 pour faire rire. Leur lieu commun est Alma, l&rsquo;ancien domaine des Felsen sur l&rsquo;\u00eele Maurice, que les temps modernes ont chang\u00e9e en Maya, la terre des illusions :<\/p>\n<p>\u00abDans le jardin de la Maison Blanche le soleil d&rsquo;hiver passe sur mon visage, bient\u00f4t le soleil va s&rsquo;\u00e9teindre, chaque soir le ciel devient jaune d&rsquo;or. Je suis dans mon \u00eele, ce n&rsquo;est pas l&rsquo;\u00eele des m\u00e9chants, les Armando, Robinet de Bosses, Escalier, ce n&rsquo;est pas l&rsquo;\u00eele de Missi\u00e9 Kestrel ou Missi\u00e9 Zan, Missi\u00e9 Hanson, Monique ou V\u00e9ronique, c&rsquo;est Alma, mon Alma, Alma des champs et des ruisseaux, des mares et des bois noirs, Alma dans mon c\u0153ur, Alma dans mon ventre. Tout le monde peut mourir, pikni, mais pas toi, Art\u00e9misia, pas toi. Je reste immobile dans le soleil d&rsquo;or, les yeux lev\u00e9s vers l&rsquo;int\u00e9rieur de ma t\u00eate puisque je ne peux pas dormir, un jour mon \u00e2me va partir par un trou dans ma t\u00eate, pour aller au ciel o\u00f9 sont les \u00e9toiles.\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Je commence l\u2019ann\u00e9e 2018 avec un coup de c\u0153ur. Je renoue avec un plaisir infini \u00e0 la lecture de cet auteur. Un long po\u00e8me en prose, d\u00e9licat, touchant, magnifiquement \u00e9crit qui prend sa source dans les racines du pass\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>L\u2019auteur part \u00e0 la d\u00e9couverte de ses racines, de l\u2019\u00eele de ses anc\u00eatres, il va d\u00e9couvrir quel part ses a\u00efeux ont pris dans la destruction de l\u2019ile. On va d\u00e9couvrir l\u2019\u00eele en compagnie de \u00ab\u00a0Dominique dit Dodo\u00a0\u00bb, voix des exclus, qui repr\u00e9sente le murmure et les sensations du monde du silence qui peuple et est le c\u0153ur de l\u2019\u00eele. Dodo, le clochard merveilleux, le dernier des Felsen. La m\u00e9moire de Dodo (homme) et du Dodo (animal extermin\u00e9 par les hollandais) se confondent et sont la m\u00e9moire du monde disparu des esclaves. Le Cl\u00e9zio met l\u2019accent sur l\u2019importance du peuplement indien de l\u2019Ile\u00a0: comme ils vivent en osmose avec la nature \u2013 la for\u00eat, l\u2019eau, les fleuves, les animaux, les plantes \u2013 c\u2019est \u00e0 eux qu\u2019on est redevables de la partie interne sauvegard\u00e9e de Maurice, le reste ayant \u00e9t\u00e9 livr\u00e9 \u00e0 la destruction, d\u00e9forestation, au tourisme de masse. Ce livre est le t\u00e9moignage d\u2019une \u00e9poque r\u00e9volue, de l\u2019histoire de Maurice.<\/p>\n<p>Alma, c\u2019est le nom de la propri\u00e9t\u00e9 des Fersen\u00a0: un lieu mais aussi une histoire\u00a0; celle d\u2019une famille, d\u2019esclaves (qui portent en g\u00e9n\u00e9ral le nom de leur propri\u00e9taire ou sont baptis\u00e9s du nom du bateau qui les a amen\u00e9s sur l\u2019ile)\u00a0: tenter de retrouver l\u2019\u00e2me d\u2019un lieu, c\u2019est retracer l\u2019histoire de la colonisation, de l\u2019esclavage. Magnifique voyage dans le temps en compagnie de personnages qui tentent d\u2019exister, d\u00e9positaires des voix du pass\u00e9, des personnes \u00e2g\u00e9es, une conteuse (Artemisia), une prostitu\u00e9e (Krystal)<\/p>\n<p>Deux \u00e9critures dans ce roman \u00e0 deux voix\u00a0qui nous parle du pass\u00e9 au pr\u00e9sent : le pr\u00e9sent avec le retour de J\u00e9r\u00e9mie et le pass\u00e9 qui parle au pr\u00e9sent par la voix de Dodo. Dodo, ce clochard merveilleux, ne peut pas fermer ls yeux pour dormir car la maladie l\u2019a priv\u00e9 de paupi\u00e8res\u2026 il vit donc dans le pr\u00e9sent car il ne peut pas fermer les yeux, arr\u00eater le temps par le sommeil et donc vit une seule et longue journ\u00e9e sans pass\u00e9 ni futur\u00a0: comme le temps ne passe pas, il parle donc toujours au pr\u00e9sent\u2026<\/p>\n<p>Le voyage est \u00e9galement tr\u00e8s pr\u00e9sent. D\u2019une part le retour aux origines effectu\u00e9 par J\u00e9r\u00e9mie et de l\u2019autre la d\u00e9couverte du monde \u2026 L\u2019importance de suivre son chemin, de suivre les fleuves qui m\u00e8nent \u00e0 la mer\u2026Les liens, les racines du pass\u00e9, les l\u00e9gendes et les contes, la parole de la nature et des \u00e9l\u00e9ments terrestres&#8230; Place \u00e0 la voix du vent, de l&rsquo;eau, des plantes et des rochers&#8230;&#8230;. je vous laisse le bonheur de la d\u00e9couverte\u2026 et si vous allez en vacances \u00e0 l\u2019Ile Maurice, pensez que l\u2019\u00e2me de l\u2019\u00eele se cache au plus profond de ses montagnes et de ce qu\u2019il lui reste de for\u00eats\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Je ne suis pas n\u00e9 dans ce pays, je n\u2019y ai pas grandi, je n\u2019en connais presque rien, et pourtant je sens en moi le poids de son histoire, la force de sa vie, une sorte de fardeau que je porte sur mon dos partout o\u00f9 je vais.<\/p>\n<p><em>J\u2019aime ces noms. Ils sont tr\u00e8s doux. Ils\u00a0sont au fond de moi, des murmures.\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>Papa, Maman, vous aimez bien la pluie aussi, quand on est mort on aime la pluie parce que \u00e7a ressemble aux larmes. Quand je suis petit je ne sais pas dire \u00ab\u00a0il pleut\u00a0\u00bb, je dis\u00a0: \u00ab\u00a0il pleure\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Je suis de retour. C\u2019est un sentiment \u00e9trange, parce que je ne suis jamais venu \u00e0 Maurice. Comment peut-on ressentir cette impression pour un pays qu\u2019on ne conna\u00eet pas\u00a0?<\/p>\n<p>Ici, au milieu des cannes, le temps n\u2019existe plus. Je peux voir ce lieu exactement tel qu\u2019il \u00e9tait, trois cent dix ans auparavant, quand les dodos vivaient leurs derniers jours.<\/p>\n<p>Quelque chose de tr\u00e8s ancien entre en moi par la peau du visage, par les paupi\u00e8res ferm\u00e9es, quelque chose qui me nourrit et circule dans mon sang, me donne mon nom, mon lieu de naissance, mon pass\u00e9, une v\u00e9rit\u00e9\u2026<\/p>\n<p>Raphus cucullatus, l\u2019anc\u00eatre de l\u2019\u00eele, le fameux dronte, ou dodo, comme on voudra.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Vous m\u2019obligez.\u00a0\u00bb J\u2019aime bien dire \u00e7a, c\u2019est un mot que les gens ne connaissent pas, mais ils savent que c\u2019est la politesse, et ils aiment \u00e7a.<\/p>\n<p>Les rues sont des rivi\u00e8res, je vois passer toutes sortes de choses, des d\u00e9bris, des taches de couleur, des ombres.<\/p>\n<p>[\u2026] je regarde le bulldozer qui marche et \u00e9crase, j\u2019entends les cris des verres cass\u00e9s, \u00e7a fait le bruit des os qui se brisent, la pauvre Art\u00e9misia, ses os et ses dents, ses verres et ses assiettes, les tableaux o\u00f9 elle montre les photos de ses petits neveux et ni\u00e8ces et aussi la photo d\u2019elle que Papa a faite [\u2026]<\/p>\n<p>Ils prennent le piano et la maison, mais moi je garde les notes dans ma t\u00eate, et quand je veux, je les fais voler.<\/p>\n<p>En 1796, l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 Axel Felsen d\u00e9barque \u00e0 l\u2019\u00eele de France avec sa famille, la for\u00eat couvre les neuf dixi\u00e8mes de l\u2019\u00eele. En 1860, quand les Felsen participent \u00e0 l\u2019\u00e8re industrielle, dans les plantations de tabac (tout le monde n\u2019est pas sucrier), il reste encore quelques poches de for\u00eat end\u00e9mique, sur les hauteurs, aux gorges de la Rivi\u00e8re Noire, \u00e0 Chamarel, peut-\u00eatre \u00e0 Deux Bras.<\/p>\n<p>Dormez, gros oiseaux, gros dodos, glissez-vous vers les songes, fermez vos yeux au monde et entrez dans la pr\u00e9histoire, vous, les derniers habitants d\u2019une terre qui n\u2019a pas connu les hommes\u00a0!<\/p>\n<p>je bois ses paroles, puisque c\u2019est tout ce que mon p\u00e8re ne m\u2019a jamais racont\u00e9, la m\u00e9moire d\u2019un monde disparu.<\/p>\n<p>Dans sa maison, il n\u2019y a rien, pas un souvenir, pas un objet familier. J\u2019aime bien, cela donne plus de force aux souvenirs, parce qu\u2019ils deviennent imaginaires.<\/p>\n<p>Je ne dors pas. Je ne dors jamais dans le cimeti\u00e8re, je ne peux pas dormir, parce que mes paupi\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 mang\u00e9es par la maladie. C\u2019est pour \u00e7a que je suis toujours dans la m\u00eame journ\u00e9e, du matin au soir et du soir au matin. Je glisse avec les nuages, dans le ciel ils ne dorment jamais, eux non plus, ils avancent en plein ciel, et moi j\u2019avance avec eux, je vais de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la mer.<\/p>\n<p>Elle, c\u2019est autre chose qu\u2019elle vient chercher ici, quelque chose qui la relie au temps, au secret de la cr\u00e9ation,\u00a0quelque chose d\u2019aussi lointain et d\u2019aussi constant que les chemins d\u2019\u00e9toiles.<\/p>\n<p>Tout est glissement, murmure, \u00e9puisement, recommencement.<\/p>\n<p>Je veux voir toutes les traces, remonter \u00e0 la source de toutes les histoires. Ce n\u2019est pas facile. Elles sont cach\u00e9es, secr\u00e8tes, des scandales de famille, des mensonges pieux, l\u2019oubli a recouvert cette \u00eele, l\u2019a envelopp\u00e9e d\u2019une membrane souple et laiteuse d\u2019illusion.<\/p>\n<p>des noms qui s\u2019effacent chaque jour, des noms qui s\u2019enfuient au bout du temps.<\/p>\n<p>Voyager, c\u2019est avoir les yeux ouverts quand tout le monde dort.<\/p>\n<p>Et cette rivi\u00e8re, c\u2019est la premi\u00e8re fois que je la vois, ce n\u2019est pas l\u2019eau calme du Caudan, ni la mer avec ses vagues, c\u2019est une eau qui bouge tout le temps, qui glisse, qui descend, personne ne sait o\u00f9 elle va.<\/p>\n<p>\u00c0 chacun elle parle, non pas avec des mots, mais avec ses yeux, avec son souffle, avec le toucher du bout des doigts, du bout des l\u00e8vres.<\/p>\n<p>il connaissait d\u00e9j\u00e0 l\u2019existence du P\u00e9ri Talao, le lac des f\u00e9es, parce qu\u2019il l\u2019avait vu\u00a0dans son r\u00eave. Il dit aussi que l\u2019eau de ce lac \u00e9tait sacr\u00e9e, puisqu\u2019elle n\u2019\u00e9tait autre que l\u2019eau du fleuve\u00a0Ganga qui coule sous l\u2019oc\u00e9an et surgit au c\u0153ur de la for\u00eat, une part du royaume d\u2019Hastinapura, la ville du Bharata.<\/p>\n<p>\u00c0 Ripailles, \u00e0 Cr\u00e8ve-C\u0153ur, du c\u00f4t\u00e9 d\u2019Alma, je dors dehors dans les cannes, la petite pluie fine ne me fait pas peur, je me tasse sous un plastique, ou bien je fais un trou entre les racines. La petite pluie, je l\u2019aime bien. Elle est ma musique, elle me berce et me couvre et me caresse.<\/p>\n<p>La ville est mon \u00eele maintenant, que ne borde pas la mer, mais les autoroutes qui ronflent et grognent avec le bruit des vagues sur les r\u00e9cifs, les falaises blanches des immeubles dedouze \u00e9tages, aux mille fen\u00eatres, les terrains vagues et les talus du chemin de fer, les ponts noircis par la suie, les for\u00eats h\u00e9riss\u00e9es o\u00f9 s\u2019accrochent les sacs en plastique.<\/p>\n<p>Nous arrivons dans des endroits inconnus, des endroits sans\u00a0nom, mais est-ce que \u00e7a sert \u00e0 quelque chose un nom si aucune rue ne va vers la mer\u00a0?<\/p>\n<p>je l\u2019aime\u00a0bien parce qu\u2019elle ne parle pas, seulement avec ses mains et avec ses yeux, et je suis content parce qu\u2019il y a toujours trop de mots dans le monde.<\/p>\n<p>La cha\u00eene des hautes montagnes forme une arm\u00e9e s\u00e9v\u00e8re qui garde le silence, ultime rempart contre le temps moderne qui lessive les cerveaux et ensevelit le pass\u00e9.<\/p>\n<p>Je n\u2019ai rien \u00e0 demander, c\u2019est une histoire qui va dispara\u00eetre, il n\u2019en restera rien, juste ces photos p\u00e2lies, et des images saintes tomb\u00e9es des vieux missels. C\u2019est l\u2019aube\u00a0d\u2019un temps ancien, elle allume l\u2019horizon mais elle ne parvient pas \u00e0 faire grandir le jour, c\u2019est trop\u00a0tard.<\/p>\n<p>Personne ne pleure, juste quelques raclements de gorge pour simuler l\u2019\u00e9motion, quand vous \u00eates vieux vous \u00eates d\u00e9j\u00e0 mort longtemps avant qu\u2019on vous enterre.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ah mon Dieu docteur si vous\u00a0saviez\u2026\u00a0\u00bb Mais ils ne terminent pas leur phrase alors le docteur ne peut pas savoir.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019est parce que je ne dors pas, les jours se suivent, et c\u2019est tous les jours la m\u00eame journ\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Info\u00a0: l\u00e9gende de Dayamanti\u00a0:<\/strong> Dayamanti (\u0926\u092e\u092f\u0902\u0924\u0940) est un personnage de la mythologie hindoue dont l&rsquo;histoire est cont\u00e9e dans le Mahabharata.<br \/>\nDamayanti est la Princesse du Royaume de Vidarbha.<br \/>\nNala est le fils du roi de Nishadha et le plus beau de tous les hommes, le plus habiles des \u00e9cuyers, soumis aux dieux et brave \u00e0 la guerre.<br \/>\nDamayanti tombe amoureuse de Nala sans le conna\u00eetre et tombe dans la m\u00e9lancolie. Son p\u00e8re d\u00e9cide alors de convoquer tous les souverains du pays \u00e0 une f\u00eate du svayamvara (\u0938\u094d\u0935\u092f\u0902&#x200d;\u0935\u0930, \u00ab choix personnel \u00bb, la f\u00eate des fian\u00e7ailles o\u00f9 elle doit choisir son \u00e9poux).<br \/>\nSur la route pour se rendre \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement, Nala croise quatre dieux, Indra, Agni, Varuna et Yama, qui pr\u00e9tendent \u00eatre \u00e9galement amoureux de Damayanti et qui lui demandent de lui transmettre leurs v\u0153ux. (Wikip\u00e9dia)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: J. M. G. Le Cl\u00e9zio est n\u00e9 \u00e0 Nice le 13 avril 1940. Il est originaire d&rsquo;une famille de Bretagne \u00e9migr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00eele Maurice au XVIIe si\u00e8cle. Il a poursuivi des \u00e9tudes au coll\u00e8ge litt\u00e9raire universitaire de Nice et est docteur \u00e8s lettres. Malgr\u00e9 de nombreux voyages, J. M. G. 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