{"id":6138,"date":"2018-02-07T10:04:52","date_gmt":"2018-02-07T09:04:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5530"},"modified":"2024-01-08T17:40:11","modified_gmt":"2024-01-08T15:40:11","slug":"hardy-thomas-le-maire-de-casterbridge-1886-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6138","title":{"rendered":"Hardy, Thomas \u00abLe Maire de Casterbridge\u00bb (1886)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: Thomas Hardy, n\u00e9 le 2 juin 1840, mort le 11 janvier 1928, est un po\u00e8te et \u00e9crivain britannique appartenant au courant naturaliste. Auteur devenu aujourd&rsquo;hui classique, il a tout particuli\u00e8rement influenc\u00e9 D. H. Lawrence. Il a re\u00e7u l&rsquo;ordre du M\u00e9rite en 1910.<br \/>\nIl se consid\u00e9rait lui-m\u00eame d&rsquo;abord comme un po\u00e8te, n&rsquo;\u00e9crivant des romans que pour gagner sa vie. La majorit\u00e9 de son \u0153uvre, qui se d\u00e9roule essentiellement dans la r\u00e9gion fictive du Wessex, d\u00e9peint des personnages en lutte contre leurs passions et les circonstances. Sa po\u00e9sie, publi\u00e9e apr\u00e8s ses cinquante ans, est jug\u00e9e d&rsquo;une qualit\u00e9 \u00e9gale \u00e0 ses romans, surtout depuis sa relecture par un groupe d&rsquo;\u00e9crivains anglais, The Movement, dans les ann\u00e9es 1950 et 1960. De 1871 \u00e0 1896, il \u00e9crit quinze romans et quatre recueils de nouvelles. Le Trompette-major (1880), <em>Rem\u00e8des d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s<\/em> (1871) <em>Loin de la foule d\u00e9cha\u00een\u00e9e<\/em> (1874), Le Retour au pays natal (1878), <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Hardy, Thomas \u00abLe Maire de Casterbridge\u00bb (1886)\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6138\"><em>Le Maire de Casterbridge<\/em><\/a><\/span> (1886), Les Forestiers (1887), <em>Tess d&rsquo;Urberville<\/em> (1891), <em>Jude l&rsquo;Obscur<\/em> (1896), \u00c0 la lumi\u00e8re des \u00e9toiles (1882), La Bien-aim\u00e9e (1897), <em>Les Yeux bleus<\/em> (1873), Sous la verte feuill\u00e9e (1872), S&rsquo;il avait insist\u00e9 (The Hand of Ethelberta, 1876)<\/p>\n<p><strong>Le Maire de Casterbridge, sous-titr\u00e9 \u00ab\u00a0Vie et mort d&rsquo;un homme de caract\u00e8re\u00a0\u00bb<\/strong> (titre original : The Mayor of Casterbridge &#8211; The Life and Death of a Man of Character), est un roman \u00e9crit en 1886 par l&rsquo;\u00e9crivain britannique Thomas Hardy. En France, il a paru pour la premi\u00e8re fois en 1933.<br \/>\nCollection Archi-poche Classiques Traduction : Philippe Neel &#8211; novembre 2015<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Michael Henchard est un jeune saisonnier qui vit avec sa femme, Susan, et sa fille, Elizabeth-Jane, dans un village du Wessex.<br \/>\nUn jour, sous l\u2019empire de l\u2019alcool, apr\u00e8s une violente dispute avec sa femme, il d\u00e9cide de la vendre avec sa fille \u00e0 un marin de passage, M. Wenson. D\u00e9gris\u00e9, il mesure l\u2019\u00e9tendue du d\u00e9sastre et, plus seul que jamais, se promet de ne plus jamais s\u2019approcher d\u2019un goulot\u2026<br \/>\nDix-huit ann\u00e9es apr\u00e8s, devenu un marchand prosp\u00e8re, Michael est \u00e9lu maire de la ville de Casterbridge. Tous le croient veuf. Mais le hasard place sur sa route une certaine Lucette Le Sueur, avec qui il noue une relation\u2026<br \/>\nOr la jeune femme, d\u00e9shonor\u00e9e, se voit contrainte d\u2019\u00e9pouser Michael pour retrouver sa dignit\u00e9. Pas si simple, puisque le maire de Casterbridge, devant la loi, reste un homme mari\u00e9\u2026 C\u2019est le moment que choisissent, pour surgir du pass\u00e9, Susan et sa fille Elisabeth-Jane\u2026<\/p>\n<p><strong>Avis<\/strong>\u00a0: \u00a0J\u2019avais lu Rem\u00e8des d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s (1871) Loin de la foule d\u00e9cha\u00een\u00e9e (1874) Tess d&rsquo;Urberville (1891), Jude l&rsquo;Obscur (1896) et Les Yeux bleus (1873), en anglais. C\u2019est donc le premier roman de Thomas Hardy que je lis en fran\u00e7ais\u2026 Flemmarde je suis\u00a0! Et bien c\u2019est avec toujours autant de plaisir que je me plonge dans les \u00e9crits de cet auteur. Je pense que toutes celles (tous ceux\u00a0?) qui appr\u00e9cient la romanci\u00e8re contemporaine Tracy Chevalier pourraient aimer cet auteur de l\u2019\u00e9poque victorienne.<\/p>\n<p>Alors bienvenue en Angleterre, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 Casterbridge (Dorchester)\u2026 Comme le dit si bien le sous-titre c\u2019est l\u2019histoire d\u2019un homme avant tout. Un homme qui a des gros d\u00e9fauts mais un c\u0153ur g\u00e9n\u00e9reux. Un homme qui r\u00e9agit en fonction de ses \u00e9motions, ce qui va lui causer bien des d\u00e9boires. Un homme capable d\u2019\u00e9clats mais aussi capable de se maitriser. Il est d\u00e9bordant d\u2019amour mais il est aussi tr\u00e8s exclusif ce qui lui cause bien des soucis. Ce livre est la rencontre de deux hommes, un sanguin (Henchard) et un flegmatique (L\u2019Ecossais Farfrae). Ces deux hommes vont se compl\u00e9ter et s\u2019affronter, tant dans le monde du travail et de la r\u00e9ussite sociale que dans leur rapport avec les femmes. Deux temp\u00e9raments\u00a0: \u00a0l\u2019\u00e9ruptif et le self-contr\u00f4le. Henchard est un personnage truculent, attachant qui lutte pour vivre, pour r\u00e9ussir, pour r\u00e9parer ses erreurs, pour garder ceux qui l\u2019aime. M\u00eame quand il est au bord de commettre l\u2019irr\u00e9parable, son sens de l\u2019honneur et le souvenir du pass\u00e9 vient \u00e0 son aide. \u00a0Au fond de lui il a un grand sens de la justice. Les choix que l\u2019on fait d\u00e9terminent notre vie et il convient d\u2019en assumer les cons\u00e9quences.<\/p>\n<p>Pour ce qui est des femmes, le personnage principal est Elisabeth-Jane, la \u00ab\u00a0fille\u00a0\u00bb de Henchard. J\u2019ai appr\u00e9ci\u00e9 ce personnage qui va se construire au fil des pages. Insignifiante au d\u00e9but, elle va s\u2019affirmer en se servant des opportunit\u00e9s que la vie lui apporte et va se transformer tant intellectuellement que physiquement et socialement. Dans ce roman, tous les personnages souffrent., mais Elisabeth-Jane a une facult\u00e9 d\u2019adaptation qui lui rend les choses plus faciles.<\/p>\n<p>Comme dans tous les romans de cet auteur, le bonheur est une petite lueur au milieu de la trag\u00e9die de la vie\u2026 Il le dit \u00e0 la fin du livre \u00ab\u00a0le bonheur n\u2019est qu\u2019un \u00e9pisode accidentel dans un drame fait tout entier de souffrance.\u00a0\u00bb \u00a0Le roman est assez pessimiste mais il y a quand m\u00eame des lueurs d\u2019espoir qui pars\u00e8ment le r\u00e9cit, comme la vision de la vie de Thomas Hardy. \u00a0\u00a0Et comme toujours il est un bon peintre de la vie rurale dans la campagne anglaise. Il est facile \u00e0 lire, fluide. Moi j&rsquo;aime beaucoup les descriptions et les sagas \u00e0 la Zola.. et il me fait un peu penser \u00e0 \u00e7a&#8230;( tous les deux font partie du courant Naturaliste de l&rsquo;\u00e9poque ) Tr\u00e8s contente d\u2019avoir replong\u00e9 dans les romans victoriens et je vais continuer\u00a0&#x1f609;.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Les r\u00e9verb\u00e8res, qui brillaient maintenant \u00e0 travers la ceinture de feuillage, donnaient au c\u0153ur de la ville un aspect de paix et de bien-\u00eatre, et renfor\u00e7aient l\u2019\u00e9trange impression de solitude produite par une campagne sombre et si proche pourtant de la vie.<\/p>\n<p>Je me suis dit que, dans la vie, les aubaines viennent \u00e0 qui sait les conqu\u00e9rir, et j\u2019ai r\u00e9solu de tenter la chance.<\/p>\n<p>Tout \u00e9voquait la conqu\u00eate romaine, \u00e0 Casterbridge ; rues, all\u00e9es, enclos, avaient un aspect romain, sentaient l\u2019art romain, cachaient des cadavres de Rome.<\/p>\n<p>Il c\u00e9dait manifestement \u00e0 cette impulsion \u00e9trange, qui conduit souvent les hommes \u00e0 confier \u00e0 une nouvelle connaissance ce qu\u2019ils ne voudraient jamais raconter \u00e0 un ami ancien.<\/p>\n<p>Elle apprit qu\u2019elle pouvait, sur simple demande, obtenir la pleine possession de parures et d\u2019objets agr\u00e9ables et connut la v\u00e9rit\u00e9 du proverbe moyen\u00e2geux : \u00ab Prendre, avoir et garder sont mots bons \u00e0 prononcer. \u00bb<\/p>\n<p>Si talents et savoir lui faisaient, h\u00e9las, toujours d\u00e9faut, une intuition naturelle lui tenait lieu de connaissances.<\/p>\n<p>La r\u00e9serve est chose aussi pr\u00e9cieuse dans le\u00a0monde des passions que la hardiesse dans celui de l\u2019action, et cette jeune fille na\u00efve avait une intuition naturelle qui touchait au g\u00e9nie.<\/p>\n<p>[\u2026] dans ses yeux s\u2019allumait une lueur de\u00a0d\u00e9sir et d\u2019attente, comme si la Nature, pour les peindre, avait emprunt\u00e9 les pinceaux du Corr\u00e8ge.<\/p>\n<p>Son c\u0153ur r\u00e9clamait un asile o\u00f9 se r\u00e9fugier et rester au repos. Fruste ou \u00e9l\u00e9gant, peu lui importait, pourvu qu\u2019il f\u00fbt chaud.<\/p>\n<p>Seulement, dans cette vie, on ne nous juge pas sur ce que nous sommes, mais sur ce que nous paraissons \u00eatre [\u2026]<\/p>\n<p>Elle avait appris la le\u00e7on du renoncement et \u00e9tait aussi habitu\u00e9e \u00e0 voir chaque jour \u00e9chouer ses d\u00e9sirs, qu\u2019\u00e0 voir chaque soir se coucher le soleil. Si sa carri\u00e8re terrestre lui avait mal appris la philosophie des livres, elle avait rudement exerc\u00e9 sa philosophie personnelle.<\/p>\n<p>Les prix, comme les routes de ce temps-l\u00e0, avaient des pentes brusques qui traduisaient toutes les conditions locales, et que n\u2019adoucissaient nuls nivellements pratiqu\u00e9s par les ing\u00e9nieurs.<\/p>\n<p>Le paysan devenait donc une sorte de barom\u00e8tre vivant, et poss\u00e9dait des antennes sans cesse tendues vers le ciel et vers le vent.<\/p>\n<p>La grand-route se transformait en traverse, la traverse en chemin, le chemin en venelle, la venelle en sentier, et le sentier m\u00eame se perdait bient\u00f4t dans les herbes.<\/p>\n<p>La rue du Fumier \u00e9tait la caverne d\u2019Adullam de tous les villages voisins, le refuge de tous les malheureux, de tous les endett\u00e9s, de tous les pers\u00e9cut\u00e9s.<\/p>\n<p>Ah, je ne crois pas que l\u2019on puisse rien attendre de bon d\u2019un secret. C\u2019est un secret qui a jet\u00e9 une ombre \u00e9paisse sur ma vie.<\/p>\n<p>Il y a un coin de l\u2019esprit o\u00f9 se laissent volontiers concevoir des pens\u00e9es inavou\u00e9es, involontaires et pernicieuses, avant qu\u2019un effort ne les y repousse.<\/p>\n<p>elle sut utiliser les\u00a0ressources de sa nature g\u00e9n\u00e9reuse, en faisant part aux \u00eatres moins favoris\u00e9s qui l\u2019entouraient d\u2019un secret que la vie lui avait enseign\u00e9 pour rendre supportable une condition m\u00e9diocre ; ce secret consistait, d\u2019apr\u00e8s elle, en un habile grossissement, \u00e0 l\u2019aide d\u2019une sorte de microscope mental, des mille petites joies communes \u00e0 tous ceux qui ne souffrent pas positivement ; de telles joies, ainsi consid\u00e9r\u00e9es, ont sur l\u2019existence une action tonique presque aussi prononc\u00e9e que des int\u00e9r\u00eats plus vastes, mais trait\u00e9s \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Infos\u00a0:<\/strong> le site anglais \u00ab\u00a0The Victorian Web\u00a0\u00bb\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.victorianweb.org\/index.html\">http:\/\/www.victorianweb.org\/index.html<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Thomas Hardy, n\u00e9 le 2 juin 1840, mort le 11 janvier 1928, est un po\u00e8te et \u00e9crivain britannique appartenant au courant naturaliste. 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