{"id":614,"date":"2014-05-28T09:04:30","date_gmt":"2014-05-28T08:04:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=614"},"modified":"2017-07-01T12:19:57","modified_gmt":"2017-07-01T11:19:57","slug":"jahn-ryan-david-emergency-911-022013-actes-sud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=614","title":{"rendered":"Jahn, Ryan David \u00abEmergency 911\u00bb (02\/2013)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: Ryan David Jahn, n\u00e9 en 1979 en Arizona, est un \u00e9crivain et sc\u00e9nariste am\u00e9ricain.<\/p>\n<p>Il a d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 plusieurs romans chez Actes Sud\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=609\">De bons voisins<\/a> (2012), <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=614\">Emergency 911<\/a> (2013), Le Dernier Lendemain (2014) et <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4546\">La Tendresse de l\u2019assassin<\/a> (2016). Dark Hours, et The Breakout, ne sont pas encore traduits<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: \u00c0 Bulls Mouth, Texas, quand on fait le 911, on tombe directement sur le Bureau du sh\u00e9rif. Coll\u00e9 derri\u00e8re le central, son adjoint Ian passe ses journ\u00e9es \u00e0 jouer aux cartes sur l\u2019\u00e9cran de son ordinateur tout en r\u00e9pondant aux rares appels d\u2019urgence. Il faut dire qu\u2019il n\u2019a plus du flic que l\u2019uniforme. Il y a sept ans, sa fille Maggie a \u00e9t\u00e9 kidnapp\u00e9e dans sa chambre. L\u2019en &#8211; qu\u00eate n\u2019a rien donn\u00e9 et on n\u2019a jamais retrouv\u00e9 la moindre trace de la petite. Quelques mois plus t\u00f4t, elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e morte. Depuis, Ian s\u2019est mis \u00e0 boire, sa femme l\u2019a quitt\u00e9 et le sh\u00e9rif lui a retir\u00e9 son arme de service. Ce jour-l\u00e0, il lui reste une heure \u00e0 tirer quand il re\u00e7oit un coup de fil un peu sp\u00e9cial. \u201cJe vous en prie, aidez-moi !\u201d \u00c7a fait sept ans qu\u2019il n\u2019a pas entendu sa voix, alors au d\u00e9but il ne la reconna\u00eet pas. Pourtant c\u2019est bien elle. Sa petite fille l\u2019appelle au secours. Elle a r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019\u00e9chapper et \u00e0 trouver une cabine t\u00e9l\u00e9phonique. Mais la conversation est brutalement \u00e9court\u00e9e. Son ravisseur vient de lui remettre la main dessus. Il n\u2019a \u00e0 peu pr\u00e8s rien : une description sommaire du kidnappeur et la localisation de la cabine, o\u00f9 un combin\u00e9 doit se balancer au vent. Mais \u00e0 peu pr\u00e8s rien, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 quelque chose, et il ne laissera pas Maggie dispara\u00eetre une seconde fois. Alors il prend son SIG Sauer, grimpe dans sa Mustang 1965 et part \u00e0 sa recherche. Du Texas \u00e0 la Californie, il enfile l\u2019Inter &#8211; state 10 \u00e0 tombeau ouvert sur la trace du monstre qui lui a vol\u00e9 sa vie.<\/p>\n<p><strong>Mon avis\u00a0<\/strong>: J\u2019avais d\u00e9j\u00e0 lu son premier roman \u00ab\u00a0De bons voisins\u00a0\u00bb couronn\u00e9 par la Crime Writers\u2019Association (voir article: <a title=\"Jahn, Ryan David \u00abDe bons voisins\u00bb (2012)\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=609\"><strong>Jahn, Ryan David<\/strong> \u00abDe bons voisins\u00bb (2012) <\/a>). Une fois encore l\u2019auteur focalise sur la violence et sur la volont\u00e9 de vivre de la victime. Tr\u00e8s vite on sait qui est le coupable, mais ce n\u2019est pas l\u2019important. L\u2019important c\u2019est la folie des personnages et leurs motivations. La force de l\u2019amour qui d\u00e9passe les limites de l\u2019acceptable, pousse au meurtre, au crime, \u00e0 la violence des personnes qui n\u2019auraient vraisemblablement pas franchi le pas si une chose atroce ne leur \u00e9tait pas arriv\u00e9e. Une vie banale, un choc\u00a0: tout disjoncte et fait de vous un monstre. Et une fois le processus enclench\u00e9, on est pris dans l\u2019engrenage\u2026<\/p>\n<p>Mais cette fois, la victime n\u2019est pas seule.. Au moment o\u00f9 l\u2019espoir renait, ou la preuve que la fillette est vivante existe, alors son p\u00e8re se met en mouvement, inexorablement, avec la volont\u00e9 de l\u2019arracher \u00e0 son bourreau. Elle a toujours \u00e9t\u00e9 sa raison de vivre, il a toujours refus\u00e9 de croire \u00e0 sa mort, et il fera tout le possible et l\u2019impossible pour la retrouver. Une poursuite haletante, un suspense toujours pr\u00e9sent\u2026 des menaces de mort en suspension sur les protagonistes du roman\u2026 de fait on tremble soit pour l\u2019un, soit pour l\u2019autre.. Quel sentiment l\u2019emportera\u00a0? la peur\u00a0? la haine\u00a0? l\u2019envie de vivre\u00a0? la destruction\u00a0? la folie\u00a0? Le paysage est \u00e0 l\u2019unisson du r\u00e9cit\u2026 Plus on s\u2019enfonce dans la violence, plus le d\u00e9sert avance, la civilisation recule, jusqu\u2019\u00e0 finir par dispara\u00eetre \u2026 La vengeance est plus forte que la raison, et on se renie soi-m\u00eame au nom de l\u2019amour, de l\u2019amiti\u00e9, de la fraternit\u00e9.<\/p>\n<p>Une fois dans ce livre, je ne l\u2019ai plus l\u00e2ch\u00e9. Style fluide, aucun temps mort. J\u2019ai beaucoup aim\u00e9 la fa\u00e7on qu\u2019a l\u2019auteur de nous raconter l\u2019histoire du point de vue de tous les acteurs et de nous exposer les sentiments et moteurs de tous les protagonistes. Ce n\u2019est pas un enl\u00e8vement pervers. C\u2019est la folie par amour de personnages totalement pervertis par la douleur. Une vie tranquille bris\u00e9e par un enl\u00e8vement\u00a0: le couple explose, le mari sombre, puis il se trouve une raison de continuer \u00e0 avancer, et sa personnalit\u00e9 explose et le sens des valeurs vole en \u00e9clat. Du c\u00f4t\u00e9 du ravisseur.. la mort d\u2019un b\u00e9b\u00e9\u2026 et \u2026 je vous laisse d\u00e9couvrir la suite\u2026<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e9trange, plus on attend avant de faire quelque chose, plus c\u2019est dur. Une petite t\u00e2che \u00e0 accomplir, si vous la repoussez au lieu de la saisir \u00e0 bras-le-corps, elle prend de l\u2019ampleur, comme une boule de neige qui grossit en roulant, et ce que vous auriez pu ramasser d\u2019une main et glisser dans votre poche a d\u00e9sormais la taille et le poids d\u2019une plan\u00e8te.<\/p>\n<p>C\u2019est dr\u00f4le comme une ville qu\u2019on habite peut grandir sans m\u00eame qu\u2019on s\u2019en aper\u00e7oive. Vous vous tenez tranquille, mais autour de vous tout bouge, un jour vous levez la t\u00eate et vous vous sentez perdu\u00a0: tous vos anciens rep\u00e8res ont disparu, et les nouveaux rep\u00e8res n\u2019ont de sens que pour les autres, pas pour vous<\/p>\n<p>Il regarde les cieux en esp\u00e9rant y trouver Dieu, mais tout ce qu\u2019il entend c\u2019est la voix de l\u2019obscurit\u00e9 entre les \u00e9toiles\u00a0: un appel qui sonne aussi creux que le vent du d\u00e9sert.<\/p>\n<p>Je serais comme un ours en peluche qui essaie de faire un c\u00e2lin \u00e0 un b\u00e2ton de dynamite.\u201d<\/p>\n<p>Si un homme veut pas se retrouver plus tard avec une belle morsure \u00e0 la main, lui<\/p>\n<p>Vaut mieux qu\u2019y tue un m\u00e9chant chiot avant que \u00e7a devienne un m\u00e9chant chien. Allez, on r\u00e8gle \u00e7a. Je vais chercher la pelle. \u2026 Mais les femmes veulent jamais regarder les choses en face. Elles voient un truc mignon, elles veulent lui faire des c\u00e2lins. Elles ne comprennent pas que c\u2019est pas parce qu\u2019on est mignon qu\u2019on a forc\u00e9ment le droit de vivre<\/p>\n<p>Parfois, tuer est la seule solution. C\u2019est une v\u00e9rit\u00e9 que tous les survivants connaissent. Le monde est un endroit sans piti\u00e9 qui comporte beaucoup de pi\u00e8ges fatals et, parfois, pour survivre, il faut sacrifier quelqu\u2019un pour se prot\u00e9ger<\/p>\n<p>Il s\u2019est tromp\u00e9 suffisamment souvent pour savoir qu\u2019il peut y avoir un gouffre entre ce qu\u2019on croit et la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Bizarrement, il s\u2019\u00e9tait senti orphelin, comme s\u2019il n\u2019avait pas de pass\u00e9 qui lui \u00e9tait propre. La mal\u00e9diction du b\u00e2tard am\u00e9ricain\u00a0: tu ne viens de nulle part, fiston. En Am\u00e9rique, on se construit \u00e0 partir de rien, on part de z\u00e9ro pour s\u2019\u00e9lever, sinon c\u2019est comme si on n\u2019existait m\u00eame pas<\/p>\n<p>Ne comptez pas vous inscrire dans la continuit\u00e9 de ceux qui vous ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9\u00a0: il n\u2019y a pas d\u2019avant dans cette contr\u00e9e.<\/p>\n<p>Elle est enferm\u00e9e dans la p\u00e9nombre de son esprit, o\u00f9 il n\u2019y a aucune porte, aucun panneau marqu\u00e9 sortie.<\/p>\n<p>Ses yeux sont ferm\u00e9s et il ne voit que ce qui se trouve dans sa t\u00eate, et pour l\u2019instant sa t\u00eate est vide. Les moments comme \u00e7a sont rares, alors il les fait durer autant que possible \u2013 h\u00e9las jamais tr\u00e8s longtemps. D\u00e8s qu\u2019une partie de son esprit prend conscience du silence int\u00e9rieur, ce silence est bris\u00e9.<\/p>\n<p>Parfois des gens ont v\u00e9cu trop de choses ensemble, trop de choses pas bonnes, et on ne peut pas arracher des pages dans le livre de la vie. Ce qu\u2019on y a \u00e9crit demeure pour toujours.<\/p>\n<p>La vie est courte. Il ne faut dire non que quand on n\u2019a vraiment pas le choix.<\/p>\n<p>Le d\u00e9sert est honn\u00eate, il vous d\u00e9vorera et ne laissera qu\u2019une coquille vide \u2013 mais au moins il annonce la couleur. Le d\u00e9sert ne triche pas, ne cherche pas d\u2019excuses.<\/p>\n<p>Comme les doigts d\u2019un fant\u00f4me, le souffle chaud du vent fait tourner leurs pages de temps \u00e0 autre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Ryan David Jahn, n\u00e9 en 1979 en Arizona, est un \u00e9crivain et sc\u00e9nariste am\u00e9ricain. Il a d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 plusieurs romans chez Actes Sud\u00a0: De bons voisins (2012), Emergency 911 (2013), Le Dernier Lendemain (2014) et La Tendresse de l\u2019assassin (2016). Dark Hours, et The Breakout, ne sont pas encore traduits R\u00e9sum\u00e9\u00a0: \u00c0 Bulls Mouth, &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=614\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":615,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[2,5,29],"tags":[],"class_list":["post-614","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-lectures","category-lecture-polar","category-americaine"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/614","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=614"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/614\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4552,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/614\/revisions\/4552"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/615"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=614"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=614"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=614"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}