{"id":6142,"date":"2018-04-16T10:27:09","date_gmt":"2018-04-16T09:27:09","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5880"},"modified":"2018-04-16T10:27:09","modified_gmt":"2018-04-16T09:27:09","slug":"carr-caleb-lalieniste-1994-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6142","title":{"rendered":"Carr, Caleb \u00abL\u2019ali\u00e9niste\u00bb (1994)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: N\u00e9 en 1955 \u00e0 New York, Caleb Carr est le fils de l\u2019un des grands noms de la <em>beat generation<\/em>, Lucien Carr. Fils de Lucien Carr, qui faisait partie du cercle de Jack Kerouac, avec William Burroughs et Allen Ginsberg, Caleb Carr \u00e9tait plus connu pour ses essais et articles que pour son \u0153uvre romanesque, avant le triomphe de L&rsquo;Ali\u00e9niste qui, salu\u00e9 par une critique unanime, figura plusieurs mois durant sur les listes de best-sellers am\u00e9ricaines en 1994. New-yorkais de naissance et dans l&rsquo;\u00e2me, Caleb Carr vit dans le Lower East Side, le quartier o\u00f9 se d\u00e9roule l&rsquo;action de son roman, dont il a vendu les droits cin\u00e9matographiques \u00e0 la Paramount pour un demi-million de dollars. Il poursuit des \u00e9tudes d\u2019histoire avant de publier un premier roman en 1979. Sp\u00e9cialis\u00e9 dans l\u2019histoire militaire, ou encore ce qu\u2019il appelle la \u00ab violence organis\u00e9e \u00bb, il se fait conna\u00eetre par des essais et des articles en mati\u00e8re de diplomatie et de strat\u00e9gie, avant de publier <em>Le Diable blanc <\/em>(1992 pour l\u2019\u00e9dition originale), un document biographique salu\u00e9 par ses pairs, et paru aux Presses de la Cit\u00e9 en 1999. C\u2019est cependant vers le roman policier qu\u2019il se tourne avec <em>L\u2019Ali\u00e9niste<\/em> (Presses de la Cit\u00e9, 1995), qui obtient le Grand Prix de litt\u00e9rature polici\u00e8re et le prix Myst\u00e8re de la critique, et lui assure d\u2019embl\u00e9e une place parmi les ma\u00eetres du genre. Men\u00e9e par Lazlo Kreizler, pionnier de la psychiatrie, l\u2019enqu\u00eate polici\u00e8re se mue en une recherche sur les racines de la violence. Avec <em>L\u2019Ange des t\u00e9n\u00e8bres <\/em>(Presses de la Cit\u00e9, 1998), suite des aventures de<em> L\u2019Ali\u00e9niste<\/em>, il nous livre, en m\u00eame temps qu\u2019un grand roman de psychologie criminelle, un fascinant tableau de New York. Apr\u00e8s un thriller d\u2019anticipation, <em>Le Tueur de temps <\/em>(Presses de la Cit\u00e9, 2001), et un essai sur les attentats du 11 Septembre,<em> Les Le\u00e7ons de la terreur <\/em>(Presses de la Cit\u00e9, 2002), Caleb Carr ressuscite Sherlock Holmes dans <em>Le Secr\u00e9taire italien <\/em>(Presses de la Cit\u00e9, 2006).<\/p>\n<p><em>Adaptation<\/em>\u00a0:\u00a0 la mini-s\u00e9rie am\u00e9ricaine (en 10 \u00e9pisodes) The Alienist traverse l&rsquo;Atlantique. (Chaine Polar+ avril 2018) &#8211; Adapt\u00e9e du roman \u00e9ponyme de Caleb Carr (laur\u00e9at du prestigieux Grand prix de litt\u00e9rature polici\u00e8re en 1996), The Alienist se d\u00e9roule dans le New York brumeux et poisseux de la fin du 19\u00e8me si\u00e8cle. Sp\u00e9cialiste des maladies mentales et expert en psychologie criminelle, le docteur Laszlo Kreizler (interpr\u00e9t\u00e9 par l&rsquo;allemand Daniel Br\u00fchl) est enr\u00f4l\u00e9 par le commissaire g\u00e9n\u00e9ral Teddy Roosevelt pour enqu\u00eater sur une s\u00e9rie de meurtres effroyables de jeunes prostitu\u00e9s. Surnomm\u00e9 l'\u00a0\u00bbali\u00e9niste\u00a0\u00bb pour sa capacit\u00e9 \u00e0 percer les tourments de l&rsquo;\u00e2me humaine des pires individus, Kreizler va tenter de d\u00e9masquer le meurtrier, aid\u00e9 par un journaliste, une jeune enqu\u00eatrice et deux policiers. Diffus\u00e9e depuis la fin du mois de janvier sur la cha\u00eene am\u00e9ricaine TNT, The Alienist, qui compte \u00e9galement au sein de sa distribution les com\u00e9diens Luke Evans (vu r\u00e9cemment dans le film La belle et la b\u00eate), Dakota Fanning (Twilight) et Douglas Smith (Miss Sloane) r\u00e9alise outre-Atlantique de tr\u00e8s belles audiences.<\/p>\n<p>Pocket (1996) &#8211; 576 pages<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>:\u00a0 New York, 3 mars 1896, deux heures du matin. John Moore Schuyler, jeune chroniqueur criminel au New York Times, est appel\u00e9 d&rsquo;urgence au bord de l&rsquo;East River par son vieil ami Uszlo Kreizler. Ce dernier, pr\u00e9curseur brillant de ce qui est aujourd&rsquo;hui appel\u00e9 la psychologie &#8211; un ali\u00e9niste selon le vocabulaire de l&rsquo;\u00e9poque -, a d\u00e9couvert le corps horriblement mutil\u00e9 d&rsquo;un jeune gar\u00e7on qui travaillait dans l&rsquo;un des bordels sordides des quartiers pauvres de New York. Il n&rsquo;est pas le premier et ne sera pas le dernier&#8230; Ce qui laisse parfaitement indiff\u00e9rentes les forces de l&rsquo;ordre (les victimes \u00e9tant pauvres et d&rsquo;origine \u00e9trang\u00e8re) pique la compassion, mais surtout la curiosit\u00e9 professionnelle, de Kreizler : quel genre d&rsquo;\u00eatre humain est capable de commettre de tels crimes, et pour quelle raison ? Ayant obtenu le soutien de Th\u00e9odore Roosevelt, le futur pr\u00e9sident des Etats-Unis, alors pr\u00e9fet de la police de New York et une vieille connaissance de Kreizler et de Moore, les deux amis ouvrent leur enqu\u00eate. Leur approche est inhabituelle, pour le moins : en \u00e9tudiant ces crimes, ils pensent pouvoir brosser le portrait psychologique de l&rsquo;assassin, imaginer son enfance, ses troubles, et finalement le devancer dans ses projets meurtriers. En cela, ils sont assist\u00e9s par deux d\u00e9tectives juifs, sp\u00e9cialistes de m\u00e9thodes criminalistes r\u00e9volutionnaires comme la dactyloscopie et l&rsquo;anthropom\u00e9trie judiciaire, et par une jeune femme ambitieuse qui r\u00eave d&rsquo;\u00eatre la premi\u00e8re femme officier de police. La petite \u00e9quipe incongrue suscite l&rsquo;int\u00e9r\u00eat, et, tr\u00e8s rapidement, la r\u00e9action violente d&rsquo;un groupe de personnes qui entendent utiliser \u00e0 leurs fins la s\u00e9rie de meurtres. Le tueur frappera de nouveau. Une course de vitesse s&rsquo;engage, o\u00f9 se confondent chasseur et proie&#8230; Tableau fascinant de la m\u00e9galopole am\u00e9ricaine au seuil de l&rsquo;\u00e9poque moderne, thriller psychologique des plus subtils, L&rsquo;Ali\u00e9niste est un roman que le lecteur ne l\u00e2chera pas avant la derni\u00e8re page. les \u00e9tudiant, ils pensent pouvoir brosser le portrait psychologique de l\u2019assassin et l\u2019identifier.<\/p>\n<p>Jean-Luc Douin \u2013T\u00e9l\u00e9rama\u00a0: \u00ab Un monde digne d\u2019Eug\u00e8ne Sue. Avec l\u2019ombre de Sherlock Holmes qui plane, non loin de celle de Jack l\u2019\u00c9ventreur. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Mon avis\u00a0<\/strong>:<\/p>\n<p>Th\u00e9odore Roosevelt \u2013 une petite touche historique &#8211; \u00a0dans son r\u00f4le de pr\u00e9fet de police de New York., Laszlo Kreizler, m\u00e9decin ali\u00e9niste et le journaliste Moore sont trois amis de tr\u00e8s longue date qui vont \u00eatre les principaux personnages du roman \u2013 avec la jeune Sara Howard, premi\u00e8re femme \u00e0 int\u00e9grer les services de police de New-York en tant que secr\u00e9taire, qui va s\u2019impliquer dans la r\u00e9solution de l\u2019affaire et qui a pour souhait de devenir un v\u00e9ritable officier de police, femme capable et reconnue professionnellement.<\/p>\n<p>(Premi\u00e8re r\u00e9flexion qui m\u2019a fait sourire est que je lis ce livre juste apr\u00e8s le roman policier de Nicci French \u00ab\u00a0Sombre mardi\u00a0\u00bb et que la probl\u00e9matique d\u2019int\u00e9grer des psychologues \/ psychoth\u00e9rapeutes \/ criminologues passe toujours aussi mal dans le Londres des ann\u00e9es 1930 que dans l\u2019Am\u00e9rique de 1896. Je referme la parenth\u00e8se.)<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9poque, la presse et la police refusent de traiter certains sujets\/cas. De plus, moins on interf\u00e8re dans les agissements de policiers corrompus, mieux \u00e7a vaut. Donc enqu\u00eater et faire ressortir une v\u00e9rit\u00e9 qui va d\u00e9ranger n\u2019est pas du gout de tout le monde. Les milieux de la d\u00e9pravation, du sexe, des mis\u00e9reux, des immigr\u00e9s\u2026 \u00a0Pourquoi se pencher sur ces questions sordides qu\u2019il vaut mieux \u00e9viter de voir\u00a0? C\u2019est dangereux de bousculer les \u00e9quilibres mafieux, financiers, religieux et les enqu\u00eateurs risquent bien de le vivre \u00e0 leurs d\u00e9pens\u2026 La collaboration n\u2019est pas vraiment au rendez-vous.<\/p>\n<p>Ce livre traite les d\u00e9buts de la police scientifique et de l\u2019utilisation du \u00ab\u00a0profilage\u00a0\u00bb pour arriver \u00e0 cerner les criminels. Dresser le portrait psychologique, prendre les enqu\u00eates \u00e0 l\u2019envers (le profil des victimes am\u00e8ne au pr\u00e9dateur), chercher le \u00ab\u00a0Pourquoi\u00a0\u00bb Le petit groupe d\u2019enqu\u00eateurs ind\u00e9pendants va utiliser des m\u00e9thodes r\u00e9volutionnaires \u00e0 l\u2019\u00e9poque (utilisation des techniques du fran\u00e7ais Bertillon et de son 1er laboratoire d\u2019identification criminelle, cr\u00e9ateur de l\u2019anthropom\u00e9trie judiciaire, les empreintes digitales, la graphologie). Il est important de voir \u00e0 travers les yeux et les valeurs de l\u2019assassin et non en se fondant sur les id\u00e9es re\u00e7ues, les valeurs qui nous ont \u00e9t\u00e9 inculqu\u00e9es. La m\u00e9thode est l\u2019utilisation des indices pour aboutir \u00e0 la construction de la personnalit\u00e9 du criminel. On va utiliser des tableaux et diviser de l\u2019enqu\u00eate par secteurs\u00a0: Naissance, Enfance et p\u00e9riode interm\u00e9diaire, \u00a0Violence et\/ou mauvais traitements, Personnalit\u00e9, Appartenance sociale, Lieux de vie, Caract\u00e9ristiques des crimes. Tous les petits d\u00e9tails sont scrut\u00e9s, analys\u00e9s, projet\u00e9s dans le pass\u00e9 pour tenter de former une entit\u00e9 qui regroupe les traits de caract\u00e8re et les d\u00e9viances de la personne traqu\u00e9e. L\u2019analyse du type de victimes est \u00e9galement prise en compte (des jeunes enfants qui posaient des probl\u00e8mes \u00e0 leurs parents, qui avaient des caract\u00e8res forts, \u00e9tude des milieux sociaux, des provenances (immigr\u00e9s europ\u00e9ens, noirs, indiens, paysans), appartenance religieuse\u2026<\/p>\n<p>La description des asiles fait froid dans le dos\u2026 on ne traite pas les animaux de cette mani\u00e8re maintenant.<\/p>\n<p>Mais ce n\u2019est pas nouveau que je me passionne pour ce type de recherches. J\u2019avais ador\u00e9 \u00ab\u00a0Les enqu\u00eates du commissaire Kolvair\u00a0\u00bb d\u2019Odile Bouhier (d\u2019ailleurs pourquoi elle a arr\u00eat\u00e9 d\u2019\u00e9crire\u00a0?),\u00a0 j\u2019aime les polars historiques et psychologiques\u2026 Alors tout est r\u00e9uni dans ce roman \u2026 et je viens de d\u00e9couvrir que <em>L\u2019Ange des t\u00e9n\u00e8bres <\/em>(Presses de la Cit\u00e9, 1998 \/ Pocket \u2013 2013 &#8211; 736 pages) est la suite de l\u2019Ali\u00e9niste\u2026 et donc je vais replonger\u2026<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Quand personne ne nous regarde, que nous sommes seuls face \u00e0 nous-m\u00eames, nous courons, toujours aussi rapides et peureux que nagu\u00e8re, pour fuir les t\u00e9n\u00e8bres que nous savons cach\u00e9es derri\u00e8re la porte de tant de foyers apparemment sans histoire, pour fuir les hantises greff\u00e9es dans la cervelle des enfants par ceux-l\u00e0 m\u00eame que la nature leur dit de croire et d\u2019aimer, nous courons, plus press\u00e9s et plus nombreux encore, vers le mirage de ces potions, de ces m\u00e9dications, de ces pr\u00eatres, de ces philosophies, qui nous promettent de terrasser nos frayeurs et nos cauchemars et qui nous r\u00e9clament, en \u00e9change, une d\u00e9votion servile.<\/p>\n<p>Une mac\u00e9doine de cultures et de langages se combinait pour donner au quartier sa couleur immigr\u00e9e.<\/p>\n<p>Quand ils frappaient les pauvres ou les exclus, une frange de la soci\u00e9t\u00e9 dont l\u2019existence m\u00eame n\u2019\u00e9tait pas reconnue, les crimes d\u00e9cr\u00e9t\u00e9s insolubles \u00e9taient proprement ignor\u00e9s de la police. C\u2019est tout juste si elle daignait les constater. Quant \u00e0 en informer le public, ce n\u2019\u00e9tait pas son affaire.<\/p>\n<p>Il avait trait\u00e9 le drame \u00e0 sa mani\u00e8re\u00a0: en posant les scell\u00e9s sur la sacro-sainte m\u00e9moire de sa bien- aim\u00e9e et en ne l\u2019\u00e9voquant plus jamais.<\/p>\n<p>Ses yeux noirs, semblables \u00e0 ceux d\u2019un oiseau, sautillaient de mot en mot tandis qu\u2019il se dandinait d\u2019un pied sur l\u2019autre en tenant le journal dans la main droite<\/p>\n<p>Seules quelques ampoules an\u00e9mi\u00e9es distribuaient une lumi\u00e8re blafarde dans le corridor sans fen\u00eatres.<\/p>\n<p>La progression de la rumeur faisait penser \u00e0 celle d\u2019une onde fra\u00eeche sur des charbons ardents, quand le chuintement de la vapeur remplace\u00a0le grondement du brasier et apporte un apaisement, provisoire certes mais bien r\u00e9el, de la suffocante chaleur.<\/p>\n<p>[&#8230;] pendant combien de temps encore, non seulement les journalistes et les autorit\u00e9s, mais aussi les citoyens, confondront-ils l\u2019ignorance d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e du mal avec son inexistence\u00a0?<\/p>\n<p>Selon lui, les actes de tout homme \u00e9taient influenc\u00e9s, voire d\u00e9termin\u00e9s, par ses premi\u00e8res exp\u00e9riences de la vie et il \u00e9tait vain de vouloir analyser ou modifier les comportements d\u2019un sujet si l\u2019on\u00a0ignorait son pass\u00e9.<\/p>\n<p>les sujets psychopathes le devenaient \u00e0 la suite d\u2019une enfance ou d\u2019exp\u00e9riences particuli\u00e8rement difficiles mais qu\u2019ils n\u2019\u00e9taient pas affect\u00e9s par une pathologie au sens strict.<\/p>\n<p>C\u2019est la chose la plus facile au monde que d\u2019\u00e9chapper \u00e0 quelqu\u2019un qui ne vous poursuit pas. Et quand bien m\u00eame la police se serait int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 ces affaires, elle n\u2019aurait jamais pu aboutir car elle n\u2019est pas capable de comprendre les motivations du tueur.<\/p>\n<p>Le tueur est n\u00e9 il y a bien longtemps dans l\u2019individu que tu recherches. Peut-\u00eatre alors m\u00eame qu\u2019il \u00e9tait encore au berceau. Mais plus probablement au cours de son enfance.<\/p>\n<p>Son visage \u00e9tait la vitrine des sentiments contradictoires qui se bousculaient en lui.<\/p>\n<p>Un ali\u00e9niste, un\u00a0<em>psychologue,<\/em>\u00a0dans une enqu\u00eate de police\u00a0! Mais enfin, Roosevelt, aurais-tu perdu le bon sens h\u00e9rit\u00e9 de tes anc\u00eatres hollandais\u00a0? Tu t\u2019es d\u00e9j\u00e0 mis \u00e0 dos tous les officiers de police de cette ville plus la moiti\u00e9 du Conseil des commissaires.<\/p>\n<p>Ce que nous devons faire \u2013 la seule chose que nous\u00a0<em>puissions<\/em>\u00a0faire, \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 \u2013 c\u2019est brosser une peinture du type de personne qui serait\u00a0<em>capable<\/em>\u00a0de commettre de pareils actes.<\/p>\n<p>les r\u00e9actions de chacun aux faits importants de la vie ne sont jamais totalement spontan\u00e9es ; elles sont la manifestation d\u2019ann\u00e9es de confrontation avec un milieu, de l\u2019\u00e9laboration de sch\u00e9mas \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de nos vies qui, finalement, en arrivent \u00e0 influencer nos comportements.<\/p>\n<p>Roosevelt se faisait un devoir de recruter \u00e0 l\u2019encontre des habitudes pour briser la mainmise que pouvaient exercer sur la police new-yorkaise des cliques comme celle que dirigeait Thomas Byrnes ou des chefs de District comme \u00ab\u00a0Clubber\u00bb Williams et \u00ab\u00a0Big Bill\u00a0\u00bb Devery. Theodore appr\u00e9ciait tout particuli\u00e8rement le personnel juif qu\u2019il jugeait exceptionnellement honn\u00eate, courageux et \u00e9pris de justice.<\/p>\n<p>un gar\u00e7on qui gagnait sa vie en se soumettant aux pires\u00a0d\u00e9pravations ne cherchait, de son point de vue, qu\u2019\u00e0 s\u2019affirmer.<\/p>\n<p>l\u2019emploi de femmes \u00e0 la pr\u00e9fecture de police n\u2019est qu\u2019une\u00a0<em>exp\u00e9rience<\/em>\u00a0\u2013 et les exp\u00e9riences \u00e9chouent souvent\u00a0!<\/p>\n<p>La plupart des gens n\u2019appr\u00e9cient pas le changement, m\u00eame s\u2019il constitue un progr\u00e8s<\/p>\n<p>nous devions nous efforcer de nous d\u00e9faire de toute id\u00e9e pr\u00e9con\u00e7ue sur le comportement humain. De voir le monde non avec nos propres yeux, ni \u00e0 l\u2019aune de nos propres valeurs, mais \u00e0 travers ceux du meurtrier.\u00a0<em>Son<\/em>\u00a0exp\u00e9rience, le contexte de\u00a0<em>sa<\/em>\u00a0vie, c\u2019\u00e9tait cela qui comptait.<\/p>\n<p>Il y a des moments dans la vie o\u00f9 l\u2019on a l\u2019impression d\u2019\u00eatre entr\u00e9 dans le mauvais th\u00e9\u00e2tre au milieu de la repr\u00e9sentation.<\/p>\n<p>Au hasard, j\u2019\u00e9mis l\u2019hypoth\u00e8se qu\u2019il venait de citer la Bible, et il confirma, ajoutant qu\u2019il ne cessait pas de s\u2019\u00e9tonner du nombre de r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la purification qu\u2019on trouvait dans les textes sacr\u00e9s. Il pr\u00e9cisa aussit\u00f4t qu\u2019il ne croyait pas que notre homme souffrait n\u00e9cessairement de manie ou de d\u00e9mence religieuses (bien que cette sorte d\u2019affliction caract\u00e9ris\u00e2t plus de tueurs fous que n\u2019importe quelle autre forme d\u2019ali\u00e9nation mentale). S\u2019il citait ce passage, c\u2019\u00e9tait plut\u00f4t pour souligner, de mani\u00e8re assez po\u00e9tique, que le meurtrier \u00e9tait \u00e9cras\u00e9 par des sentiments de p\u00e9ch\u00e9 et de culpabilit\u00e9, pour lesquels l\u2019eau constituait l\u2019antidote m\u00e9taphorique usuel.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9criture elle-m\u00eame r\u00e9v\u00e8le-t-elle des traits de caract\u00e8re\u00a0? Beaucoup de graphologues estiment que toute personne, et non pas seulement les criminels, trahit sa personnalit\u00e9 dans l\u2019acte d\u2019\u00e9crire, ind\u00e9pendamment des mots qu\u2019elle \u00e9crit.<\/p>\n<p>L\u2019esprit est-il une ardoise vierge \u00e0 la naissance ou avons-nous une connaissance inn\u00e9e de certaines choses\u00a0?<\/p>\n<p><span style=\"display: inline !important; float: none; background-color: transparent; color: #333333; cursor: text; font-family: 'Roboto',Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: left; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\">[&#8230;] <\/span>notre esprit fonctionne sur la base de l\u2019int\u00e9r\u00eat personnel, de la survie de l\u2019organisme, et la fa\u00e7on habituelle que nous avons de satisfaire cet int\u00e9r\u00eat prend d\u00e9finitivement forme quand nous sommes enfants ou adolescents.<\/p>\n<p>Une imagination excessive peut conduire \u00e0 la construction de mensonges et \u00e0 l\u2019envie irr\u00e9sistible de les faire croire aux autres<\/p>\n<p>Renoncer \u00e0 ces habitudes reviendrait \u00e0 renoncer \u00e0 lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Le mot \u00ab\u00a0gens\u00a0\u00bb, pour lui, ne renvoie qu\u2019\u00e0 des images d\u2019humiliation et de souffrance, aussi normalement que le mot \u00ab\u00a0train\u00a0\u00bb \u00e9voque pour toi le mouvement.<\/p>\n<p>L\u2019organisme ne conna\u00eet \u00e0 l\u2019origine qu\u2019une seule pulsion\u00a0: survivre.<\/p>\n<p>Les id\u00e9es famili\u00e8res ont la vie dure, et leur mort peut d\u00e9sorienter.<\/p>\n<p>on ne peut v\u00e9ritablement saisir une personnalit\u00e9 adulte sans conna\u00eetre d\u2019abord son exp\u00e9rience individuelle.<\/p>\n<p>tant que le probl\u00e8me\u00a0 sera jug\u00e9 insoluble, personne ne sera accus\u00e9 d\u2019\u00eatre incapable de le r\u00e9soudre<\/p>\n<p>la sagesse populaire se hisse parfois au niveau de l\u2019analyse psychologique la plus fine<\/p>\n<p>il esp\u00e9rait\u00a0 effacer un trait insupportable de sa propre personnalit\u00e9 en supprimant des \u00eatres qui \u00e9taient le reflet de l\u2019enfant qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9<\/p>\n<p>La corruption dans cette ville est comme l\u2019hydre mythique, sauf qu\u2019elle a un millier de t\u00eates au lieu de sept.<\/p>\n<p><em>Principes\u00a0de James<\/em>\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>\u00ab\u00a0Le caract\u00e8re prend comme du pl\u00e2tre\u00a0\u00bb, cita-t-il en levant l\u2019index, \u00ab\u00a0pour ne plus jamais ramollir.\u00a0\u00bb<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0L\u2019habitude nous condamne tous \u00e0 livrer la bataille de la vie selon les lignes de notre \u00e9ducation ou de nos premiers choix, \u00e0 tirer le meilleur parti d\u2019une pratique inadapt\u00e9e, parce qu\u2019il n\u2019y en a pas d\u2019autre qui nous convienne, et qu\u2019il est trop tard pour recommencer.\u00a0\u00bb<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Infos\u00a0<\/strong>: th\u00e8se\u00a0Litt\u00e9rature et ali\u00e9nisme : po\u00e9tique romanesque de l&rsquo;Asile (1870-1914) : \u00a0<a href=\"http:\/\/docnum.univ-lorraine.fr\/public\/NANCY2\/doc545\/2010NAN21011.pdf\">http:\/\/docnum.univ-lorraine.fr\/public\/NANCY2\/doc545\/2010NAN21011.pdf<\/a><\/p>\n<p><strong>Croyances<\/strong>\u00a0: le\u00a0<em>nagi,<\/em>\u00a0ou esprit, de chaque homme est gravement affect\u00e9 non seulement par la fa\u00e7on dont cet homme meurt, mais aussi par ce qu\u2019il advient de son corps imm\u00e9diatement apr\u00e8s sa mort. Voyez-vous, avant d\u2019entreprendre son long voyage vers la terre des esprits, le\u00a0<em>nagi<\/em>\u00a0s\u2019attarde un moment pr\u00e8s du corps \u2013 pour se pr\u00e9parer \u00e0 partir, pourrait-on dire. Le\u00a0<em>nagi<\/em>\u00a0est autoris\u00e9 \u00e0 emporter n\u2019importe quel bien que l\u2019homme poss\u00e9dait, et qui l\u2019aidera pendant le voyage ou qui agr\u00e9mentera sa vie dans l\u2019au-del\u00e0. Mais le\u00a0<em>nagi<\/em>\u00a0emprunte aussi la forme qu\u2019avait le corps au moment de la mort.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>(<em>livre choisi pour le<\/em> <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5405\">\u00ab\u00a0challenge j\u2019ai lu 2018\u00a0\u00bb<\/a> ) : Un livre sur les troubles psychologiques<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: N\u00e9 en 1955 \u00e0 New York, Caleb Carr est le fils de l\u2019un des grands noms de la beat generation, Lucien Carr. Fils de Lucien Carr, qui faisait partie du cercle de Jack Kerouac, avec William Burroughs et Allen Ginsberg, Caleb Carr \u00e9tait plus connu pour ses essais et articles que pour son \u0153uvre &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6142\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5881,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[46,91,29,559,1,105,233,45],"tags":[116,560,463],"class_list":["post-6142","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-polhist","category-polar-psychologique","category-americaine","category-new-york","category-non-classe","category-roman","category-usa","category-xixeme","tag-folie","tag-profilage","tag-psychanalyse"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6142","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6142"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6142\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/5881"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6142"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6142"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6142"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}