{"id":6201,"date":"2018-05-22T13:48:28","date_gmt":"2018-05-22T11:48:28","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6201"},"modified":"2021-10-12T17:41:29","modified_gmt":"2021-10-12T15:41:29","slug":"geni-abby-farallon-islands-2017","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6201","title":{"rendered":"Geni, Abby \u00abFarallon Islands\u00bb (2017)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong> : Avec son premier roman, \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6201\">Farallon Island<\/a><\/span>\u00a0\u00bb Abby Geni a \u00e9t\u00e9 la laur\u00e9ate 2016 du prix de la Meilleure Fiction d\u00e9cern\u00e9 par la Chivago Review of Books et du prix de la Decouverte Barnes &amp; Nobles. Elle est \u00e9galement l&rsquo;auteur d&rsquo;un recueil de nouvelles (The Last Animal), encore in\u00e9dit en fran\u00e7ais). En 2021 elle publie \u00ab\u00a0Zoomania\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Actes Sud Litt\u00e9rature &#8211; \u00c9tats-Unis &#8211; Juin, 2017 &#8211; 384 pages \/ Babel &#8211; juin 2019 &#8211; 384 pages &#8211; traduit par C\u00e9line Leroy<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Miranda d\u00e9barque sur les \u00eeles Farallon, archipel sauvage au large de San Francisco livr\u00e9 aux caprices des vents et des migrations saisonni\u00e8res. Sur cette petite plan\u00e8te min\u00e9rale et inhabit\u00e9e, elle rejoint une communaut\u00e9 r\u00e9calcitrante de biologistes en observation, pour une ann\u00e9e de r\u00e9sidence de photographe. Sa sp\u00e9cialit\u00e9 : les paysages extr\u00eames. La voil\u00e0 servie.<\/p>\n<p>Et si personne ici ne l\u2019attend ni ne l\u2019accueille, il faut bien pactiser avec les rares humains d\u00e9j\u00e0 sur place, dans la promiscuit\u00e9 impos\u00e9e de la seule maison de l\u2019\u00eele ; six obsessionnels taiseux et appliqu\u00e9s (plus un poulpe domestique), chacun enti\u00e8rement tendu vers l\u2019objet de ses recherches.<\/p>\n<p>Dans ce d\u00e9cor hyperactif, inamical et souverain, o\u00f9 Miranda n\u2019est jamais qu\u2019une perturbation suppl\u00e9mentaire, se joue alors un huis clos \u00e0 ciel ouvert o\u00f9 la menace est partout, o\u00f9 l\u2019homme et l\u2019environnement se disputent le titre de pire danger.<\/p>\n<p>Avec une puissance d\u2019\u00e9vocation renversante et un sens profond de l\u2019exploration des \u00e2mes, Abby Geni nous plonge en immersion totale parmi les requins, les baleines, les phoques, les oiseaux et les scientifiques passablement autistes\u2026 dans un vertigineux suspense, entre thriller psychologique et exp\u00e9rience de survie.<\/p>\n<p>Abby Geni signe un premier roman comme un grand-huit des sensations, et pose un univers inoubliable, \u00e0 mi-chemin entre David Vann et Laura Kasischke.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Enormissime coup de c\u0153ur\u00a0! Comment passer des go\u00e9lands de Calais (Norek, Olivier \u00ab\u00a0Entre deux mondes\u00a0\u00bb) \u00e0 ceux des \u00eeles Farallon \u2026 En changeant de livre\u2026 mais au final ce sont toujours\u00a0des dangers volants\u00a0! Mais mis \u00e0 part cette petite r\u00e9flexion\u2026 revenons \u00e0 ce livre qui est tout simplement magnifique. D\u00e9couvrons l\u2019histoire de ces \u00eeles, les chasseurs d\u2019\u0153ufs, les gardiens de phare\u2026 \u00a0Mais pas que \u2026 car les relations humaines sont loin d\u2019\u00eatre faciles \u2026<\/p>\n<p>Huis clos dans les iles Farallon. Les personnages\u00a0: 6 biologistes marins, 1 photographe, les \u00eeles et leurs h\u00f4tes de passage (requins, baleines, \u00e9l\u00e9phants de mer, poulpe, phoques, otaries, cormorans, oc\u00e9anites de Wilson, guillemots colombins, go\u00e9lands d\u2019Audubon, macareux rhinoc\u00e9ros, macareux hupp\u00e9s, anatifes, sans oublier les souris et autres joyeuset\u00e9s) D\u00e9couvrons en prime l\u2019histoire de ces \u00eeles, les chasseurs d\u2019\u0153ufs, les gardiens de phare \u2026<\/p>\n<p>Le personnage principal\u00a0: une jeune photographe solitaire, qui ne se remet pas de la mort de sa m\u00e8re quand elle avait 14 ans. Incapable de se fixer, d\u2019aimer, elle a choisi de parcourir le monde en qualit\u00e9 de photographe animalier, sans attaches. Et incapable de couper le lien avec sa m\u00e8re d\u00e9funte, elle lui \u00e9crit pour garder le contact, bien qu\u2019elle dise \u00e0 un moment qu\u2019elle aurait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e9crire \u00e0 quelqu\u2019un qui lui r\u00e9ponde\u2026 Un livre sur l\u2019absence \u2026 \u00a0Ce livre est aussi une qu\u00eate identitaire pour cette jeune femme qui change de personnalit\u00e9 en fonction de ses destinations. C\u2019est aussi un livre sur l\u2019art de la photographie, sur le rapport entre la photographe et son art (elle donne des noms \u00e0 ses appareils), la personnalit\u00e9 des artistes photographes. Un livre sur le souvenir, la m\u00e9moire, la photo, les fant\u00f4mes\u00a0 . \u00a0L\u2019appareil photo permet d\u2019\u00e9tablir une distanciation entre la personne et la vie, d\u00e9personnalise les \u00e9motions. \u00a0Il en va de m\u00eame pour le biologiste\u00a0: il se refugie derri\u00e8re le cot\u00e9 scientifique de son travail\u00a0: il observe mais n\u2019interpr\u00e8te pas, n\u2019intervient pas, n\u2019a pas droit aux sentiments.<\/p>\n<p>Un livre tout en nuances de gris (mer, ciel, ile, animaux marins..)\u00a0; et pour rendre l\u2019atmosph\u00e8re un peu plus oppressante, les 7 personnes qui s\u00e9journent sur l\u2019ile vont avoir des accidents (\u00a0?) \u2026 Quels sont les coupables\u00a0? les autres\u00a0? les animaux\u00a0? les conditions climatiques\u00a0? \u00a0Et aussi \u00e9tonnant que cela puisse sembler\u2026 de l\u2019obscurit\u00e9 naitra la renaissance\u2026<\/p>\n<p>Il m\u2019a fait un peu penser au livre de <a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1328\">Boyle, T.C. \u00ab San Miguel \u00bb (voir mon commentaire)<\/a><\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Le bateau semble s\u2019obliger \u00e0 exister, il surgit de nulle part, du brouillard, des r\u00eaves.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait un d\u00e9but d\u2019apr\u00e8s-midi froid et d\u00e9gag\u00e9. Un oiseau de mer est pass\u00e9 au loin, lan\u00e7ant son cri discordant. Des d\u00e9tonations s\u2019\u00e9levaient de l\u2019oc\u00e9an. Des embruns giclaient au-dessus des falaises. Le phare montait la garde dans le ciel brumeux.<\/p>\n<p>C\u00f4t\u00e9 temp\u00e9rament, toutefois, tu \u00e9tais unique. Tu vivais sur les nerfs, laissant \u00e9chapper tes \u00e9motions comme d\u2019autres respirent.<\/p>\n<p>J\u2019ai clign\u00e9 des yeux. Du temps a pass\u00e9. Je me tenais dehors, sur le trottoir, dans le vent propre. \u00c7a m\u2019est arriv\u00e9 souvent, et \u00e7a a dur\u00e9 longtemps. On cligne des yeux, et une heure s\u2019\u00e9vanouit. On ferme\u00a0les yeux et c\u2019est tout un apr\u00e8s-midi qui s\u2019envole. \u00c0 croire que quelqu\u2019un d\u00e9coupait mon calendrier int\u00e9rieur avec une paire de ciseaux pour en retirer du temps.<\/p>\n<p>\u00c7a peut para\u00eetre \u00e9trange d\u2019avoir encore tant de choses \u00e0 dire. Souvent, par r\u00e9flexe, je me tourne vers toi, une question sur les l\u00e8vres\u00a0; j\u2019ai encore des disputes imaginaires avec toi. J\u2019emmagasine les souvenirs qui me restent\u00a0\u2013\u00a0ceux qui ne se sont pas perdus en route\u00a0\u2013\u00a0et les fais tourner entre mes mains, les examine.<\/p>\n<p>Je faisais une prise de vue en angle n\u00e9erlandais\u00a0\u2013\u00a0je penchais l\u2019horizon pour ajouter des lignes obliques\u00a0o\u00f9 il n\u2019y en avait pas dans la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>J\u2019ai regard\u00e9 l\u2019horizon. C\u2019\u00e9tait une ligne claire entre deux bleus intenses, comme un pli sur une feuille de papier.<\/p>\n<p>L\u00e0, entre mes pieds, se trouvait une pierre d\u2019estomac. Elles sont choses rares et pr\u00e9cieuses, abandonn\u00e9es sur le rivage par les insaisissables otaries. Techniquement, on parle de gastrolithe.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, je comprends pourquoi dans l\u2019ancien temps les gens croyaient que l\u2019horizon marquait le bout du monde. Il est parfois difficile d\u2019imaginer qu\u2019il existe quelque chose au-del\u00e0 de cette lisi\u00e8re froide.<\/p>\n<p>Le moindre d\u00e9tail\u00a0\u2013\u00a0un objet, une odeur, un son\u00a0\u2013 peut amorcer un souvenir, me renvoyer d\u2019un coup dans le pass\u00e9.<\/p>\n<p>Ils \u00e9changeaient des id\u00e9es comme des jongleurs lan\u00e7ant des rubans de\u00a0soie dans les airs.<\/p>\n<p>Elles ont commenc\u00e9 \u00e0 appara\u00eetre dans mes r\u00eaves, nageant \u00e0 travers les oc\u00e9ans sans lune de mon esprit, agitant leur queue, d\u00e9pla\u00e7ant les litres d\u2019eau par dizaines, chantant assez fort pour me r\u00e9veiller.<\/p>\n<p>Je t\u2019\u00e9cris depuis si longtemps qu\u2019\u00e0 mes yeux ce qui m\u2019arrive n\u2019a pas de r\u00e9alit\u00e9 tant que je ne te l\u2019ai pas racont\u00e9. Le cycle de vie d\u2019un \u00e9v\u00e9nement commence avec l\u2019action, s\u2019intensifie dans l\u2019observation et prend fin sous forme de substantifs et de verbes. Il n\u2019est pas termin\u00e9 tant que je ne l\u2019ai pas consign\u00e9 sur la page. Pour toi.<\/p>\n<p>Si le temps est une rivi\u00e8re, ces souvenirs sont tomb\u00e9s au fond, trop lourds pour \u00eatre port\u00e9s par le courant\u00a0\u2013\u00a0tomb\u00e9s avec d\u2019autres s\u00e9diments, enfouis dans la vase.<\/p>\n<p>Je me demande m\u00eame quels aspects de ta personnalit\u00e9 j\u2019ai bien pu fabriquer. Tout \u00e7a remonte \u00e0 si loin. Certains de ces souvenirs sont forc\u00e9ment le fruit de mon imagination.<\/p>\n<p>Chaque fois que nous nous souvenons de quelque chose, nous le transformons. Ainsi fonctionne notre cerveau. J\u2019envisage mes souvenirs comme les pi\u00e8ces d\u2019une maison. Je ne peux pas m\u2019emp\u00eacher de les modifier quand j\u2019entre \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur [\u2026]<\/p>\n<p>Les gens s\u2019imaginent souvent que prendre des photos les aidera \u00e0 se souvenir pr\u00e9cis\u00e9ment de ce qui est arriv\u00e9. En fait, c\u2019est le contraire. J\u2019ai appris \u00e0 laisser mon appareil au placard pour les \u00e9v\u00e9nements importants parce que les images ont le don de remplacer mes souvenirs. Soit je garde mes impressions \u00e0 l\u2019esprit, soit j\u2019en fais une photo\u00a0\u2013\u00a0pas les deux.<\/p>\n<p>Se souvenir c\u2019est r\u00e9\u00e9crire. Photographier, c\u2019est substituer. Les seuls souvenirs fiables, j\u2019imagine, sont ceux qui ont \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9s. Ils sont les chambres noires de l\u2019esprit. Ferm\u00e9es, intactes, non corrompues.<\/p>\n<p>Autrefois, je croyais qu\u2019il n\u2019existait que deux \u00e9tats mentaux\u00a0: la veille et le r\u00eave. Le premier est conscient, logique, sain. Le second est chaotique, \u00e9trange. Je ne les avais jamais confondus. Mais ces derniers jours, il me semblait en avoir d\u00e9couvert un troisi\u00e8me\u00a0: une brume cr\u00e9pusculaire situ\u00e9e entre les deux premiers.<\/p>\n<p>Deux oiseaux de mer poussaient leurs cris rauques, se r\u00e9pondaient comme un couple mari\u00e9 engag\u00e9 dans une prise de bec bien rod\u00e9e.<\/p>\n<p>C\u2019est un monde d\u00e9nu\u00e9 de couleur, et pourtant, je lui trouve la beaut\u00e9 d\u2019un arc-en-ciel.<\/p>\n<p>J\u2019ai besoin de prendre des photos du monde qui m\u2019entoure comme une baleine a besoin de remonter \u00e0 la surface pour respirer.<\/p>\n<p>L\u2019appareil n\u2019est rien de plus qu\u2019un \u0153il qui garde la trace de ce qu\u2019il voit.<\/p>\n<p>Ta mort m\u2019a fait ricocher sur la plan\u00e8te comme un caillou sur un \u00e9tang. Une nomade. Une \u00e2me perdue.<\/p>\n<p>Ta mort m\u2019a appris ce qui arrive apr\u00e8s l\u2019amour. \u00c7a ne m\u2019int\u00e9resse pas de vivre \u00e0 nouveau une aussi grande perte.<\/p>\n<p>Quand je pense \u00e0 toi, je suis parfois tent\u00e9e de jouer au jeu du \u201cEt si\u201d. C\u2019est un jeu dangereux, nous sommes bien d\u2019accord\u00a0\u2013\u00a0mais quand le moral est en berne, je lui trouve des qualit\u00e9s.<\/p>\n<p>J\u2019imagine\u00a0\u2013\u00a0\u00e0 peine\u00a0\u2013 une r\u00e9alit\u00e9 dans laquelle la pr\u00e9sence de ma m\u00e8re est acquise, dans laquelle tu serais une toile de fond, comme le second plan flou d\u2019une photo, important sans pour autant qu\u2019on le remarque.<\/p>\n<p>Ces lieux ont quelque chose d\u2019intemporel. Le passage des saisons ne d\u00e9pend pas de la m\u00e9t\u00e9o, mais des animaux. L\u2019hiver est l\u00e0 quand les baleines et les \u00e9l\u00e9phants de mer donnent naissance \u00e0 leurs petits. L\u2019\u00e9t\u00e9 est l\u00e0 quand les oiseaux nidifient. L\u2019automne appartient aux requins<\/p>\n<p>La nuit ne suit pas le jour, pas vraiment\u00a0\u2013\u00a0cela impliquerait que l\u2019un arrive avant l\u2019autre. Non, le jour et la nuit fonctionnent plut\u00f4t comme une grande vague dont la base serait une aube \u00e9tincelante qui d\u00e9ferlerait \u00e0 travers un long apr\u00e8s-midi dor\u00e9 et dont la cr\u00eate serait le soir allant se fracasser contre l\u2019obscurit\u00e9,\u00a0apr\u00e8s quoi tout recommencerait.<\/p>\n<p>Plus que toute autre forme artistique, la photographie requiert\u00a0d\u2019\u00eatre froid et d\u00e9passionn\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019artiste vient en premier, l\u2019\u00eatre humain en second. La photo est la captation neutre des \u00e9v\u00e9nements, la chronique du sublime comme de l\u2019effroyable. La n\u00e9cessit\u00e9 veut que ce travail soit effectu\u00e9 sans \u00e9motion, sans attache, sans amour.<\/p>\n<p>Le bruit venant de l\u2019ext\u00e9rieur \u00e9tait presque symphonique\u00a0\u2013\u00a0la basse profonde de la mer, le vent qui g\u00e9missait comme un violon, le soprano des phoques, le piccolo des oiseaux. Une musique sauvage.<\/p>\n<p>Quand tu as perdu quelqu\u2019un, \u00e7a devient\u00a0<em>\u00e7a <\/em>l\u2019histoire de ta vie. C\u2019est la seule histoire que tu aies.<\/p>\n<p>Les gardiens de phare, eux, faisaient plut\u00f4t penser aux biologistes. Ils n\u2019avaient pas d\u2019impact sur le monde naturel. Ils observaient et notaient\u00a0sans interf\u00e9rer. Ils s\u2019occupaient du phare et laissaient les animaux tranquilles.<\/p>\n<p>Le d\u00e9ni est une chose puissante\u00a0: il peut alt\u00e9rer notre regard,\u00a0nous aider \u00e0 oublier les moments transgressifs et douloureux de notre vie, nous rendre aveugles \u00e0 la violence.<\/p>\n<p>il n\u2019y a rien de plus solitaire que le chagrin.<\/p>\n<p>La nature et l\u2019isolement sont les deux mamelles de mon existence.<\/p>\n<p>En tant que scientifique, il fait en sorte que ces observations soient terre \u00e0 terre. Pas d\u2019hypoth\u00e8ses ni d\u2019\u00e9motions.<\/p>\n<p>Son travail est une responsabilit\u00e9 sacr\u00e9e\u00a0: l\u2019\u00e9tude de la vie sous toutes ses formes. Sur les \u00eeles, la vie s\u2019\u00e9panouit de fa\u00e7on unique car rien ne la limite ni ne la g\u00eane. Cela est vrai pour les \u00eatres humains autant que pour les animaux. [\u2026] L\u2019observation et la non-interf\u00e9rence sont au c\u0153ur de la mission du biologiste. Il fait la chronique du comportement des requins et des baleines, des oiseaux et des\u00a0phoques, des biologistes et des stagiaires. Il n\u2019intervient jamais.<\/p>\n<p>Les animaux retiennent des impressions plut\u00f4t que des histoires.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Infos<\/strong>\u00a0:\u00a0 \u00celes Farallon\u00a0: <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/\u00celes_Farallon\">https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/\u00celes_Farallon<\/a><\/p>\n<p><strong>Photo<\/strong>\u00a0: Bahia Bustamante &#8211; Patagonie &#8211; 2015<\/p>\n<p>(<em>deuxi\u00e8me livre choisi pour le<\/em> <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5405\">\u00ab\u00a0challenge j\u2019ai lu 2018\u00a0\u00bb<\/a> ) : Un livre\u00a0sur la mort ou le deuil<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur : Avec son premier roman, \u00ab\u00a0Farallon Island\u00a0\u00bb Abby Geni a \u00e9t\u00e9 la laur\u00e9ate 2016 du prix de la Meilleure Fiction d\u00e9cern\u00e9 par la Chivago Review of Books et du prix de la Decouverte Barnes &amp; Nobles. 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