{"id":626,"date":"2014-06-09T13:11:12","date_gmt":"2014-06-09T12:11:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=626"},"modified":"2014-06-09T13:11:12","modified_gmt":"2014-06-09T12:11:12","slug":"blondel-jean-philippe-6h41-2013","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=626","title":{"rendered":"Blondel,  Jean-Philippe\u00ab 6h41 \u00bb (2013)"},"content":{"rendered":"<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Le train de 06h41, d\u00e9part Troyes, arriv\u00e9e Paris. Bond\u00e9, comme tous les lundis matins. C\u00e9cile Duffaut, quarante-sept ans, revient d&rsquo;un week-end \u00e9puisant chez ses parents. Elle a h\u00e2te de retrouver son mari, sa fille et sa situation de chef d&rsquo;entreprise. La place \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;elle est libre. S&rsquo;y assied, apr\u00e8s une l\u00e9g\u00e8re h\u00e9sitation, Philippe Leduc. C\u00e9cile et lui ont \u00e9t\u00e9 amants vingt-sept ans auparavant, pendant quelques mois. Cela s&rsquo;est tr\u00e8s mal pass\u00e9. \u00c0 leur insu, cette histoire avort\u00e9e et d\u00e9sagr\u00e9able a profond\u00e9ment modifi\u00e9 leurs chemins respectifs. Tandis que le train roule vers Paris et que le silence s&rsquo;installe, les images remontent. Ils ont une heure et demie pour d\u00e9cider de ce qui les attend&#8230;<br \/>\n<strong>Mon avis<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Le train roule, le pass\u00e9 ressurgit. La vision en parall\u00e8le d&rsquo;une exp\u00e9rience de vie. D&rsquo;un cot\u00e9 ce fut un calvaire, de l&rsquo;autre, on aimerait bien e n parler.. les deux protagonistes ont v\u00e9cu, ont \u00e9volu\u00e9, ont chang\u00e9. Ils se regardent par en-dessous, ont envie de se parler, mais ne souhaitent pas faire le premier pas. Ils souhaitent et \u00e0 la fois ne veulent pas replonger dans ce qui les a uni et d\u00e9sunit. Cette aventure de leur jeunesse a conditionn\u00e9 leur vie pr\u00e9sente.. Magnifique analyse de sentiments.<\/p>\n<p>Un huis clos. Un regard en arri\u00e8re.. Un concours de circonstance qui pourrait nous arriver \u00e0 tous et toutes. Je prends le train un matin, un peu dans le cirage.. et qui je vois, qui vient s\u2019assoir \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi. Le beau gosse&#8230; Toutes les filles voulaient sortir avec lui\u2026 Moi j\u2019ai eu cette chance. enfin plut\u00f4t cette malchance.. Je l\u2019ai \u00ab\u00a0eu\u00a0\u00bb mais il m\u2019en a fait voir de toutes les couleurs! Mais maintenant, le beau gosse, j\u2019en voudrais plus pour tout l\u2019or du monde\u00a0! Pire, il me fait piti\u00e9.. et du coup les meilleurs moments remontent\u2026 ce qui \u00e9tait finalement \u00ab\u00a0sauvable\u00a0\u00bb dans cette horrible relation. En revanche, moi, maintenant, j\u2019ai r\u00e9ussi. J\u2019\u00e9tais pas top finalement quand j\u2019\u00e9tais \u00e0 la fac.. Mal coiff\u00e9e, moche, mal fringu\u00e9e, mal dans ma peau. Maintenant, j\u2019ai r\u00e9ussi ma vie.. Mais comment j\u2019ai pu permettre qu\u2019il me traite de cette fa\u00e7on\u00a0? En m\u00eame temps, cela m\u2019a forg\u00e9 le caract\u00e8re. sans lui, j\u2019en serais pas l\u00e0 maintenant.. Je me demande s\u2019il a des enfants\u2026 ce qu\u2019il est devenu\u2026 Et puis au lit\u2026 Alors je lui parle ou pas\u00a0? Et lui\u00a0? il m\u2019a reconnu\u00a0? Si oui, va-t-il me parler\u00a0?<\/p>\n<p>Tr\u00e8s sympa ce petit voyage en train\u2026 Me demande bien si quelqu\u2019un i va ressurgir de ma jeunesse un matin \u2026 et quels souvenirs remonteront\u2026 Vous avez un train \u00e0 prendre\u00a0? Alors n\u2019h\u00e9sitez pas\u2026 et autrement aussi \u2026 Ce moment se transpose sur chacun de nous\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Extraits\u00a0<\/strong>:<\/p>\n<p>Jamais un reproche. Jamais une plainte. Mais le silence quand je r\u00e9ponds que j\u2019ai beaucoup de travail en ce moment<\/p>\n<p>Vient un \u00e2ge o\u00f9 on est coinc\u00e9s entre des enfants indiff\u00e9rents et des parents r\u00e9calcitrants<\/p>\n<p>Se rappeler que, quand j\u2019ai mal dormi, je passe tout au K\u00e4rcher acide<\/p>\n<p>Je ne me pose pas la question. Je continue ce que j\u2019\u00e9tais cens\u00e9 accomplir \u2013 sauf que j\u2019ai un peu perdu le but du voyage<\/p>\n<p>Je m\u2019aper\u00e7ois que je soupire de plus en plus souvent. Et que je me mets \u00e0 souffler aussi. Mauvais signe. D\u2019abord, \u00e7a \u00e9loigne les autres qui vous prennent pour ce que vous \u00eates \u2013 un d\u00e9courag\u00e9 d\u2019avance<\/p>\n<p>Et \u00e0 table, le soir, les commentaires. Ou plut\u00f4t, les fl\u00e8ches. La lapidation par les mots. Les comparaisons<\/p>\n<p>C\u2019est pr\u00e9cieux, parfois, les sujets de conversation anodins. L\u00e9gers. Sur lesquels on peut rire et broder sans se disputer. Des bulles de savon<\/p>\n<p>Au moment de la rupture, il faudrait pouvoir avoir un aper\u00e7u de l\u2019autre des ann\u00e9es plus tard. Dans les trois quarts des cas, on cesserait de pleurer et de se lamenter sur son sort<\/p>\n<p>Nous commencions \u00e0 nous dire que la vie, ensemble\u2026 Nous laissions tra\u00eener des points de suspension que nous compl\u00e9tions chacun \u00e0 notre fa\u00e7on<\/p>\n<p>Il y a des gens comme \u00e7a, qui traversent les ann\u00e9es en flottant, il faut attendre les premi\u00e8res d\u00e9convenues sentimentales ou professionnelles, la mort d\u2019un parent ou d\u2019un ami, et tout se fissure. L\u00e0, il est quand m\u00eame bien fissur\u00e9<\/p>\n<p>Personne ne nous a dit non plus que le plus dur, ce n\u2019\u00e9tait pas les ruptures, mais la d\u00e9liquescence. Le d\u00e9litement des relations, des \u00eatres, des go\u00fbts, des corps, de l\u2019envie. Jusqu\u2019\u00e0 une sorte de mar\u00e9cage o\u00f9 il est impossible de savoir ce que l\u2019on aime. Et ce que l\u2019on d\u00e9teste. Ce n\u2019est pas un \u00e9tat aussi d\u00e9sagr\u00e9able qu\u2019on pourrait le penser. C\u2019est juste une atonie. Avec des taches de lumi\u00e8re \u00e9parses<\/p>\n<p>Les coups ne portent pas. Je suis d\u00e9j\u00e0 \u00e0 terre.<\/p>\n<p>Cette hardiesse. Elle est en moi cette hardiesse. Profond\u00e9ment ancr\u00e9e. Je l\u2019ai fait taire pendant des ann\u00e9es, j\u2019ai appuy\u00e9 dessus pour qu\u2019elle s\u2019enfonce \u2013 mais elle ressort en d\u00e9tonation de bouchon de champagne \u00e0 des moments de pression comme celui-l\u00e0<\/p>\n<p>Au moins. C\u2019est l\u2019expression que je d\u00e9teste par-dessus tout<\/p>\n<p>Le verbe \u00ab\u00a0avoir\u00a0\u00bb. Il est g\u00eanant, celui-l\u00e0. Ce n\u2019est pas un verbe qui m\u2019est familier. Plus le temps passe, et plus je perds. Plus je perds et plus je suis libre. Plus je suis libre et moins j\u2019ai envie de l\u2019\u00eatre. Qu\u2019est-ce que je vais faire de toute cette libert\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p>On n\u2019imagine jamais que certaines phrases vont rester ancr\u00e9es, plant\u00e9es comme des \u00e9chardes \u2013 et qu\u2019elles vont revenir tout d\u00e9vaster \u00e0 certains moments de l\u2019existence.<\/p>\n<p>Pourquoi est-ce que je m\u2019englue dans le pass\u00e9, alors que je devrais aller de l\u2019avant, courir dans l\u2019all\u00e9gresse, avoir envie de la suite<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9\u00a0: Le train de 06h41, d\u00e9part Troyes, arriv\u00e9e Paris. Bond\u00e9, comme tous les lundis matins. C\u00e9cile Duffaut, quarante-sept ans, revient d&rsquo;un week-end \u00e9puisant chez ses parents. Elle a h\u00e2te de retrouver son mari, sa fille et sa situation de chef d&rsquo;entreprise. La place \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;elle est libre. 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