{"id":6501,"date":"2018-06-28T13:42:02","date_gmt":"2018-06-28T12:42:02","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6501"},"modified":"2025-08-12T19:45:41","modified_gmt":"2025-08-12T17:45:41","slug":"kasischke-laura-reves-de-garcons-2007","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6501","title":{"rendered":"Kasischke, Laura \u00abR\u00eaves de gar\u00e7ons\u00bb (2007)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur\u00a0:<\/strong> N\u00e9e en 1961, Laura Kasischke a \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 du Michigan, elle a gagn\u00e9 de nombreux prix litt\u00e9raires pour ses ouvrages de po\u00e9sie ainsi que le Hopwood Awards ; elle a \u00e9galement re\u00e7u les Bourses MacDowell et Guggenheim. Ses po\u00e8mes ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans de nombreuses revues. Laura Kasischke vit aujourd\u2019hui dans le Michigan, o\u00f9 elle enseigne l\u2019art du roman au Residential College de l\u2019Universit\u00e9 de Ann Arbor.<\/p>\n<p><b>Ses romans<\/b>\u00a0:\u00a0<i>A Suspicious River (1999) \u2013\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=300\"><i>Un oiseau blanc dans le blizzard (2000)<\/i><\/a><\/span><i>\u00a0\u2013 La Vie devant ses yeux (2002) \u2013\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6501\"><i>R\u00eaves de gar\u00e7ons (2007)<\/i><\/a><\/span><i>\u00a0\u2013\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7384\"><i>\u00c0 moi pour toujours (2007)<\/i><\/a><\/span><i>\u00a0\u2013 <\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=13002\"><i>La Couronne verte<\/i><\/a><i> <\/i><\/span><i>(2008) \u2013 En un monde parfait (2010) \u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Kasischke, Laura \u00ab\u00a0Les revenants\u00a0\u00bb (2011) 663 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=22748\">Les Revenants<\/a><\/span> (2011) \u2013\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=62\"><i>Esprit d\u2019hiver<\/i><\/a><\/span><i>\u00a0(2013)<\/i><\/p>\n<p><b><i>Recueil de nouvelles:<\/i><\/b><i>\u00a0\u00a0\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6135\"><i>\u00abSi un inconnu vous aborde\u00bb<\/i><\/a><\/span><i>\u00a0(2017) \u2013\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7027\"><i>Eden Springs<\/i><\/a><\/span><i>\u00a0(2018)<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La Vie devant ses yeux\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0A suspicious river\u00a0\u00bb ont \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9s au cin\u00e9ma. \u00ab\u00a0Esprit d\u2019hiver\u00a0\u00bb a re\u00e7u, en 2014, le Grand Prix des Lectrices de Elle.<\/p>\n<p>Publi\u00e9 en anglais \u00a0sous le titre Boy Heaven (2006) &#8211; , traduit par C\u00e9line Leroy, Paris, Christian Bourgois \u00e9diteur, 245 pages, 2007 \/ \u00a0\u00a0Le Livre de poche no\u00a031360, 2009 (249 pages)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>: A la fin des ann\u00e9es 1970, trois pom-pom girls quittent leur camp de vacances \u00e0 bord d&rsquo;une Mustang d\u00e9capotable dans l&rsquo;espoir de se baigner dans le myst\u00e9rieux Lac des Amants. Dans leur insouciance, elles sourient \u00e0 deux gar\u00e7ons crois\u00e9s en chemin. Mauvais choix au mauvais moment. Soudain, cette journ\u00e9e idyllique tourne au cauchemar. R\u00eaves de gar\u00e7ons est une plong\u00e9e au coeur d&rsquo;un univers adolescent d\u00e9peint avec une justesse sans \u00e9gale. Une fois de plus, Laura Kasischke s&rsquo;attache \u00e0 d\u00e9tourner avec beaucoup de f\u00e9rocit\u00e9 certains clich\u00e9s de l&rsquo;Am\u00e9rique contemporaine et nous laisse, jusqu&rsquo;\u00e0 la r\u00e9v\u00e9lation finale, dans l&rsquo;imminence de la catastrophe.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: \u00a0Son \u00e9criture est un po\u00e8me en prose. Ce livre commence sur le ton de la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, mais ne vous en faites pas\u2026 cela va basculer\u2026c\u2019est du Kasischke. Quoi de plus banalement am\u00e9ricain que des pom-pom-girls dans une petite ville am\u00e9ricaine\u00a0? Et pourtant \u2026 derri\u00e8re la normalit\u00e9 des situations, c\u2019est glauque\u2026 Les jolis moments autour du feu de bois, la promenade en joli petit cabriolet d\u00e9capotable de jeunes filles belles comme le jour et super insouciantes tout cela ne va pas rester idyllique\u2026<\/p>\n<p>Cette fois ci la saison mise \u00e0 l\u2019honneur par Laura Kasischke est l\u2019\u00e9t\u00e9. Et comme dans ces autres romans, l\u2019\u00e2me humaine est le \u00ab\u00a0personnage\u00a0\u00bb le plus important du r\u00e9cit. Les autres \u00e9l\u00e9ments r\u00e9currents sont la jeunesse, la peur, l\u2019angoisse qui habite les personnages et la culpabilit\u00e9. \u00a0Dans ce livre le pouvoir des filles sur les gar\u00e7ons est au centre du livre\u00a0: l\u2019importance de l\u2019apparence physique et l\u2019impact sur les jeunes hommes. Normal de fait si on pense qu\u2019on est dans un milieu de pom-pom girls\u2026 Les relations \u00ab\u00a0amicales\u00a0\u00bb entre des copines de classe sont loin d\u2019etre lisses et harmonieuses\u2026 Le sourire est un joli bouclier, un masque redoutable, une arme de destruction\u2026 La beaut\u00e9 aussi. Parfaite ext\u00e9rieurement ne signifie pas parfaite \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Le joli monde des miss sourire est un parfait camp d&rsquo;entrainement \u00e0 l&rsquo;hypocrisie, la dissimulation, la manipulation&#8230;Et petit \u00e0 petit, l\u2019angoisse s\u2019instille dans cet endroit si calme que devrait \u00eatre un camp de vacances pour majorettes\u2026<\/p>\n<p>Et comme dans ses autres \u00e9crits, la po\u00e9sie, l\u2019\u00e9criture, la description des paysages, des cieux, de la nature est juste une pure merveille. D\u2019ailleurs Laura Kasischke est pour moi une romanci\u00e8re d\u2019ambiance et d\u2019intimit\u00e9, d\u2019introspection et l\u2019intrigue est bien secondaire\u2026<\/p>\n<p>Pour vivre de mani\u00e8re diam\u00e9tralement oppos\u00e9e l\u2019ann\u00e9e de nos 17 ans, quoi de mieux que d\u2019encha\u00eener sur le petit livre de Jeanne Benameur \u00ab\u00a0Pas assez pour faire une femme\u00a0\u00bb (2013) \u2026.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>une rivi\u00e8re de bitume \u00e9troite et sinueuse tellement lisse que mes pneus \u00e9mettaient un son que seuls pouvaient produire un soupir et un baiser, un baiser et un soupir.<\/p>\n<p>La d\u00e9sapprobation \u00e9manait d\u2019elle comme si, pareille \u00e0 la lune renvoyant la lumi\u00e8re du soleil, elle refl\u00e9tait une gigantesque source de r\u00e9probation qui consumait les cieux.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re elle, les pins \u00e9lanc\u00e9s frissonn\u00e8rent. \u00c9clair\u00e9e par le soleil, chaque aiguille semblait recouverte d\u2019une substance lubrifiante \u2013 beurre, salive, vaseline \u2013 qui lui donnait un aspect brillant et poisseux. Le ciel d\u2019un bleu intense rappelait une peinture. Les quelques tra\u00een\u00e9es blanches s\u2019\u00e9talant sur la cime des arbres ne s\u2019apparentaient pas \u00e0 des nuages. Elles faisaient penser \u00e0 du coton, ou plut\u00f4t au coton qu\u2019aurait utilis \u00e9 un artiste pour repr\u00e9senter les nuages.<\/p>\n<p>Tout le monde fut projet\u00e9 vers l\u2019avant, puis vers l\u2019arri\u00e8re, dans un mouvement si fluide qu\u2019on l\u2019aurait dit chor\u00e9graphi\u00e9. Mais le conducteur ne put \u00e9viter la cr\u00e9ature<\/p>\n<p>Il peut tomber des cordes ou neiger, la seule promesse que vous pouvez tenir, c\u2019est de <em>sourire. <\/em>Franchement les filles, en tant que pom-pom girls, c\u2019est la seule chose que vous devez absolument faire.<\/p>\n<p>Ce chat \u00e9tait d\u2019une beaut\u00e9 incroyable \u2013 un long dos vo\u00fbt\u00e9, une fourrure gris perle, une queue dessinant un point d\u2019interrogation au-dessus du corps.<\/p>\n<p>Je voyais encore les n\u0153uds gonfl\u00e9s de la racine qui surgissait du sol comme un membre estropi\u00e9 \u00e0 moiti\u00e9 enterr\u00e9 ainsi que la pointe brillante de ma chaussure butant sur l\u2019\u00e9corce grise, mais avec le temps, il me sembla qu\u2019il s\u2019agissait de deux \u00e9v\u00e9nements distincts.<\/p>\n<p>Je compris que quelle que soit ma d\u00e9cision, il \u00e9tait trop tard pour la prendre.<\/p>\n<p>Je pouvais presque me voir l\u00e0-bas, en train de l\u2019embrasser, de danser avec lui, de parler d\u2019avenir \u2013 une sorte de fant\u00f4me, ou d\u2019ombre, comme si une partie de moi-m\u00eame m\u2019avait \u00e9chapp\u00e9 et vivait sa vie ailleurs.<\/p>\n<p>Ils ne la trouveraient ni sexy ni myst\u00e9rieuse pour la bonne raison qu\u2019elle ne savait pas se taire.<\/p>\n<p>Lorsque le jour s\u2019assombrit enfin pour virer au bleu ecchymose, les cigales appuy\u00e8rent sur la fonction silence, (\u2026)<\/p>\n<p>L\u2019obscurit\u00e9 qui engloutit Pine Ridge apr\u00e8s le coucher du soleil \u00e9tait si compl\u00e8te que j\u2019avais l\u2019impression de pouvoir en ramasser dans l\u2019air pour en faire des boules. Je me la repr\u00e9sentais caoutchouteuse, liquide, mais si \u00e9paisse qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 impossible d\u2019en effacer toutes les traces.<\/p>\n<p>Elles semblaient p\u00e9tillantes, gazeuses, comme un oc\u00e9an de Seven Up renvers\u00e9 sur le ciel noir, chaque bulle illumin\u00e9e de l\u2019int\u00e9rieur.<br \/>\nMais ces \u00e9toiles n\u2019\u00e9clairaient rien.<\/p>\n<p>Quarante ans\u00a0? Qui pouvait imaginer que j\u2019aurais un jour quarante ans\u00a0?<br \/>\nJ\u2019avais dix-sept ans et un bronzage parfait.<\/p>\n<p>En dehors du feu de camp et de la tra\u00een\u00e9e d\u2019\u00e9toiles enfum\u00e9es dans le ciel, rien n\u2019indiquait qu\u2019un dieu soleil e\u00fbt un jour exist\u00e9.<\/p>\n<p>Dehors, les cigales faisaient le m\u00eame bruit qu\u2019une mauvaise liaison satellite \u2013 quelque chose de dangereux fabriqu\u00e9 par l\u2019homme qui se d\u00e9verse de la terre dans l\u2019espace infini.<\/p>\n<p>Les flics vous retrouvent toujours, que vous leur donniez de fausses coordonn\u00e9es ou non.<\/p>\n<p>Une sorte de gigantesque rose rutilante scintilla dans le ciel avant d\u2019\u00eatre r\u00e9duite en un million de points \u00e0 leur tour transform\u00e9s en une pluie de larmes br\u00fblantes et de boucles d\u2019oreilles tombant de l\u2019obscurit\u00e9 sur la surface du lac, o\u00f9 elles gr\u00e9sill\u00e8rent et tourbillonn\u00e8rent une fraction de seconde avant de dispara\u00eetre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: N\u00e9e en 1961, Laura Kasischke a \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 du Michigan, elle a gagn\u00e9 de nombreux prix litt\u00e9raires pour ses ouvrages de po\u00e9sie ainsi que le Hopwood Awards ; elle a \u00e9galement re\u00e7u les Bourses MacDowell et Guggenheim. Ses po\u00e8mes ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans de nombreuses revues. Laura Kasischke vit aujourd\u2019hui dans le Michigan, &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6501\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":6502,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[2,193,29,105,233,78],"tags":[254,465,563,417,308,502,265,49,214,307,422,224,333],"class_list":["post-6501","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-lectures","category-etude-de-societe","category-americaine","category-roman","category-usa","category-xxeme","tag-amitie","tag-apprentissage","tag-culpabilite","tag-disparition","tag-dissimulation","tag-education","tag-harcelement","tag-jeunesse","tag-manipulation","tag-mensonge","tag-peur","tag-poetique","tag-sexualite"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6501","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6501"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6501\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22756,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6501\/revisions\/22756"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/6502"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6501"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6501"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6501"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}