{"id":6626,"date":"2018-07-15T09:47:34","date_gmt":"2018-07-15T08:47:34","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6626"},"modified":"2019-09-16T16:30:31","modified_gmt":"2019-09-16T15:30:31","slug":"alsterdal-tove-femmes-sur-la-plage-2012","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6626","title":{"rendered":"Alsterdal, Tove \u00abFemmes sur la plage\u00bb (2012)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: Tove Kerstin Alsterdal est n\u00e9e \u00e0 Malm\u00f6 d&rsquo;une famille originaire du nord de le Su\u00e8de, dans une r\u00e9gion frontali\u00e8re avec la Finlande. Elle est journaliste. Elle \u00e9crit des pi\u00e8ces pour une troupe de th\u00e9\u00e2tre, des livres pour la jeunesse, des pi\u00e8ces radiophoniques et des livrets d&rsquo;op\u00e9ra. Elle \u00e9crit des romans noirs. <a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6626\">Femmes sur la plage<\/a> (Actes Sud, 2012) est son premier roman. Elle publie ensuite \u00ab\u00a0Dans le silence enterr\u00e9\u00a0\u00bb (Editions du Rouergue en 2015 \/Babel 2018)\u00a0En 2017 sort Tango fant\u00f4me, qui a re\u00e7u le prix du meilleur roman policier su\u00e9dois en 2014.<\/p>\n<p>Actes Sud \u2013 05\/2012 &#8211; 336 pages \/ Babel noir \u2013 06.2014 \u2013 448 pages<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>: A l\u2019aube, Terese, une jeune Su\u00e9doise, se r\u00e9veille sur une plage du Sud de l\u2019Espagne. Elle descend vers la mer en chancelant et tr\u00e9buche sur le cadavre \u00e9chou\u00e9 d\u2019un Africain. A la faveur de la nuit, une femme d\u00e9barque en cachette dans le port voisin. Elle est arriv\u00e9e en bateau clandestinement et a \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9e des vagues. Elle s\u2019appelle Mary, mais plus pour tr\u00e8s longtemps. A New York, Ally tente d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment de joindre son mari, un journaliste c\u00e9l\u00e8bre qui travaille en free-lance. Il s\u2019est rendu \u00e0 Paris pour \u00e9crire un article sur l\u2019esclavage moderne et le commerce d\u2019\u00eatres humains. Bravant sa claustrophobie, Ally s\u2019envole pour l\u2019Europe afin de retrouver le p\u00e8re de l\u2019enfant qu\u2019elle porte.<\/p>\n<p>A travers le douloureux destin de trois femmes, Tove Alsterdal interroge nos pr\u00e9jug\u00e9s les plus ancr\u00e9s et fouille les zones d\u2019ombre d\u2019une Europe pr\u00eate \u00e0 tous les marchandages. De Stockholm \u00e0 Tarifa en passant par Paris, Prague et Lisbonne, elle signe un thriller troublant qui conjugue les verbes \u201cacheter\u201d, \u201cvendre\u201d et \u201ctuer\u201d \u00e0 tous les modes.<\/p>\n<p><strong>Mon avis\u00a0<\/strong>: Une fois de plus je lis un livre qui traite des migrants, de la mani\u00e8re dont on traite les personnes qui s\u2019\u00e9chouent sur les cotes europ\u00e9ennes\u2026 une fois encore je suis r\u00e9volt\u00e9e et ne peux faire autrement que de pousser un cri d\u2019alarme et de col\u00e8re\u2026<\/p>\n<p>Trois femmes sont les personnages embl\u00e9matiques du roman\u00a0; Terese, une jeune su\u00e9doise de 20 ans en vacances en Espagne, Ally, jeune femme am\u00e9ricaine d\u2019origine tch\u00e8que, mari\u00e9e \u00e0 un reporter am\u00e9ricain qui enqu\u00eate en free-lance sur le trafic d\u2019\u00eatres humains et Mary, jeune africaine rejet\u00e9e sur une plage du Sud de l\u2019Europe.<\/p>\n<p>De fait c\u2019est principalement une enqu\u00eate men\u00e9e par Ally qui part \u00e0 la recherche de son mari qu\u2019elle consid\u00e8re comme disparu. Il est journaliste d\u2019investigation, \u00e0 la poursuite du \u00ab\u00a0graal\u00a0\u00bb, l\u2019article qui lui permettra d\u2019obtenir le prestigieux prix Pulitzer\u2026 Ally va se lancer sur les traces de son mari, affronter tous les dangers, en essayant de rassembler tous les indices laiss\u00e9s par son mari et mener l\u2019enqu\u00eate qu\u2019il avait lui-m\u00eame entreprise. Une description du mode d\u2019investigation sur le terrain, des rencontres dangereuses\u2026 Elle va avancer en terrain min\u00e9, au risque de sa vie (et de celle des autres) et se voir confront\u00e9e au monde opaque du pouvoir et de l\u2019argent\u2026 Qui triomphera de la v\u00e9rit\u00e9 ou de la corruption\u00a0?<\/p>\n<p>Ce livre ne me laissera pas un souvenir imp\u00e9rissable mais je l\u2019ai trouv\u00e9 int\u00e9ressant, plaisant \u00e0 lire et il a le m\u00e9rite de traiter de sujets d\u2019actualit\u00e9. J&rsquo;ai pass\u00e9 un bon moment. Cela ferait un excellent film d&rsquo;action.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>les journalistes qui savent exactement ce qu\u2019ils cherchent sont dangereux. Ils confirment nos pr\u00e9jug\u00e9s. Ils ne voient pas la r\u00e9alit\u00e9, parce qu\u2019ils ont d\u00e9j\u00e0 une id\u00e9e de ce qu\u2019elle doit \u00eatre.<\/p>\n<p>Un masque de d\u00e9sespoir, ai-je pens\u00e9. Je m\u2019en servirai un jour. Du maquillage qui coule, c\u2019est un \u00eatre humain en train de s\u2019effondrer. D\u2019abord, le maquillage qui tombe et puis tout le visage et, derri\u00e8re, un autre visage. Personne n\u2019est ce qu\u2019il semble \u00eatre. Derri\u00e8re, il y a encore et toujours un masque, aussi vrai, aussi faux que le premier.<\/p>\n<p>Jamais auparavant, je n\u2019avais partag\u00e9 de compte bancaire avec un homme. C\u2019\u00e9tait presque plus intime que de partager un lit.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1880, pendant la traite n\u00e9gri\u00e8re transatlantique, le prix d\u2019un esclave s\u2019\u00e9levait \u00e0 mille dollars, ce qui \u00e9quivalait \u00e0 trente-huit mille dollars aujourd\u2019hui. Cela voulait \u00e9galement dire que, de nos jours, on pouvait acheter quatre mille esclaves pour le prix d\u2019un \u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0. Une \u00e9poque qui \u00e9tait tout de m\u00eame consid\u00e9r\u00e9e comme l\u2019une des plus sombres de l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n<p>Lugus \u00e9tait le nom du dieu gaulois du commerce et des affaires. Il \u00e9tait \u00e9galement le dieu des voyageurs et avait invent\u00e9 les beaux-arts. C\u2019\u00e9tait tout \u00e0 fait dans le style des consultants\u00a0: ils choisissent syst\u00e9matiquement des noms au sens profond mais qui ne veulent absolument rien dire.<\/p>\n<p>il s\u2019agissait d\u2019esclavage, ce qui en termes juridiques n\u2019est pas un crime. C\u2019est plut\u00f4t consid\u00e9r\u00e9 comme un d\u00e9lit, une violation de la loi qui est condamnable mais \u00e0 un moindre degr\u00e9. On peut le comparer \u00e0 offense dans votre syst\u00e8me judiciaire. Mais si son histoire est vraie, il peut y avoir des raisons de porter plainte pour violence, privation de libert\u00e9 et peut-\u00eatre pour meurtre.<\/p>\n<p>Le mariage, par exemple, est avant tout un concept juridique.<br \/>\n\u2014\u00a0Certains pensent qu\u2019il s\u2019agit d\u2019amour, ai-je r\u00e9pliqu\u00e9.<\/p>\n<p>Elle fourrait son front entre ses genoux et priait la d\u00e9esse Owu, m\u00eame si elle ne croyait plus aux dieux anciens\u00a0: c\u2019\u00e9taient les esprits des villages et des vieillards, la superstition aussi et la magie qui maintenaient l\u2019Afrique, impuissante, dans le pass\u00e9.<\/p>\n<p>Je connais beaucoup plus de choses sur la vie amoureuse des stars. Les ragots paient beaucoup plus que la politique, mais la combinaison des deux est imbattable.<\/p>\n<p>C\u2019est comme dans un palais des glaces, ai-je pens\u00e9, quelqu\u2019un se cache toujours derri\u00e8re quelqu\u2019un d\u2019autre et on ne trouve jamais la sortie. Lorsque j\u2019\u00e9tais petite, je d\u00e9testais cette attraction dans les f\u00eates foraines. Ne jamais savoir o\u00f9 se trouvent vraiment les gens ou quelle vision est la bonne. Des visages d\u00e9form\u00e9s.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Une femme aim\u00e9e par beaucoup d\u2019hommes, mais que personne ne peut avoir, a-t-il dit lentement. Elle vient et repart, comme les saisons.<br \/>\n\u2014\u00a0Epargnez-moi la po\u00e9sie, ai-je r\u00e9pondu.<br \/>\n\u2014\u00a0C\u2019est tir\u00e9 de Nedjma, un grand roman alg\u00e9rien. Nedjma en est l\u2019h\u00e9ro\u00efne, mais ce nom est aussi symbolique, il veut dire \u00e9toile.<\/p>\n<p>Ecoutez, a-t-elle dit, c\u2019est la musique de la nuit. C\u2019est le fado. Ils chantent tout ce qu\u2019ils ont perdu. Elle a laiss\u00e9 sa main voleter en rythme avec la m\u00e9lodie, des notes mineures se succ\u00e9dant les unes apr\u00e8s les autres. C\u2019est la musique des esclaves lib\u00e9r\u00e9s, des escrocs, des putes et des ruelles. \u00c7a parle tellement \u00e0 mon \u00e2me russe.<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9poque, l\u2019esclave \u00e9tait un investissement, un bien que l\u2019on gardait pendant des g\u00e9n\u00e9rations. Aujourd\u2019hui, c\u2019est une marchandise \u00e9ph\u00e9m\u00e8re parmi d\u2019autres. Difficile de dire ce qui est le pire. Essayons plut\u00f4t d\u2019achever ce que les abolitionnistes ont commenc\u00e9 il y a bient\u00f4t deux cents ans\u00a0: \u00e9radiquer l\u2019esclavage de la surface de la terre une fois pour toutes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Infos<\/strong>\u00a0: Owu\u00a0: d\u00e9esse de la mer &#8211; \u00ab\u00a0Sir\u00e8ne blanche des \u00e9toiles\u00a0\u00bb (aussi appel\u00e9 <em>Owu Mmiri<\/em>), groupe qui v\u00e9n\u00e8re un esprit des eaux qui [traduction] \u00ab\u00a0appara\u00eet sous forme d&rsquo;une sir\u00e8ne blanche sortant de l&rsquo;eau\u00a0\u00bb.\u00a0 ( voir\u00a0: http:\/\/www.refworld.org\/docid\/4a717777c.html )<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Tove Kerstin Alsterdal est n\u00e9e \u00e0 Malm\u00f6 d&rsquo;une famille originaire du nord de le Su\u00e8de, dans une r\u00e9gion frontali\u00e8re avec la Finlande. Elle est journaliste. 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