{"id":6709,"date":"2018-07-25T09:31:54","date_gmt":"2018-07-25T08:31:54","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6709"},"modified":"2025-04-06T20:34:23","modified_gmt":"2025-04-06T18:34:23","slug":"glasfurd-guinevere-les-mots-entre-mes-mains-rl2016","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6709","title":{"rendered":"Glasfurd, Guinevere \u2013 \u00abLes mots entre mes mains\u00bb (RL2016)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: Guinevere Glasfurd vit dans les Fens, pr\u00e8s de Cambridge. Auteur de nouvelles remarqu\u00e9es, elle a obtenu une bourse du Arts Council England pour l&rsquo;\u00e9criture des <em>Mots entre mes mains<\/em>, son premier roman.<\/p>\n<p><strong>Romans<\/strong> : \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6709\">Les Mots entre mes mains<\/a><\/span> \u00bb (RL2016) &#8211; \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Glasfurd, Guinevere \u2013 \u00abUn \u00e9t\u00e9 de neige et de cendres\u00bb (2020) 444 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=22120\">Un \u00e9t\u00e9 de neige et de cendres<\/a><\/span>\u00bb (RL2020)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Helena Jans van der Strom n\u2019est pas une servante comme les autres. Quand elle arrive \u00e0 Amsterdam pour travailler chez un libraire anglais, la jeune femme, fascin\u00e9e par les mots, a appris seule \u00e0 lire et \u00e0 \u00e9crire. Son ind\u00e9pendance et sa soif de savoir trouveront des \u00e9chos dans le coeur et l\u2019esprit du philosophe Ren\u00e9 Descartes. Mais dans ce XVIIe si\u00e8cle d\u2019ombres et de lumi\u00e8res, leur liaison pourrait les perdre. Descartes est catholique, Helena protestante. Il est philosophe, elle est servante. Quel peut \u00eatre leur avenir ?<\/p>\n<p>En d\u00e9voilant cette relation amoureuse av\u00e9r\u00e9e et m\u00e9connue, Guinevere Glasfurd dresse le portrait fascinant d\u2019une femme lumineuse, en avance sur son temps, et r\u00e9v\u00e8le une autre facette du c\u00e9l\u00e8bre philosophe fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Un roman de passion et de libert\u00e9 qui nous plonge dans une fresque envo\u00fbtante des Pays-Bas au \u00absi\u00e8cle d\u2019or \u00bb, \u00e0 la mani\u00e8re de La Jeune Fille \u00e0 la perle.<\/p>\n<p>Un premier roman remarquable. Une histoire d\u2019amour qui ne tombe jamais dans le sentimental, port\u00e9e par une h\u00e9ro\u00efne inoubliable. The Times<\/p>\n<p>Un petit bijou du genre est Les mots entre mes mains (Pr\u00e9ludes) de la britannique Guinevere Glasfurd, qui revient avec une gr\u00e2ce qui pourrait rappeler celle de ses compatriotes Julian Barnes et de Tracy Chevalier (on lui souhaite le m\u00eame succ\u00e8s que ses deux a\u00een\u00e9s). Guinevere Glasfurd raconte l&rsquo;histoire vraie d&rsquo;Helena Jans van der Strom , qui fut la servante de Descartes, avec lequel elle aura une liaison. Entre ces deux \u00eatres que tout oppose va na\u00eetre une belle relation d&rsquo;amour, m\u00eame si interdite. Un livre compl\u00e8tement addictif, qui nous fait voir l&rsquo;auteur du Discours de la m\u00e9thode sous un autre jour et revivre une \u00e9poque o\u00f9 la libert\u00e9 des femmes et leur acc\u00e8s \u00e0 la connaissance \u00e9taient un r\u00eave inaccessible.\u00a0 Huffington Post<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Environ 450 pages qui d\u00e9filent \u00e0 grande vitesse\u2026 Amsterdam au XVII\u00e8me si\u00e8cle. Deux personnages principaux, Helena et Descartes.<\/p>\n<p>Je pense que tous ceux qui aiment les r\u00e9cits de Tracy Chevalier et les fresques historiques qui m\u00ealent l\u2019Histoire avec un grand H et le romanc\u00e9 vont adorer. Une femme forte, qui bouscule les id\u00e9es re\u00e7ues et souhaite s\u2019instruire, un grand philosophe qui semble \u00e0 prime abord inabordable mais va se r\u00e9v\u00e9ler moins ferm\u00e9 qu\u2019il ne le semble\u2026 Une histoire fond\u00e9e sur des faits r\u00e9els qui nous plonge dans les Pays Bas au XVII\u00e8me si\u00e8cle\u00a0; point de d\u00e9part Amsterdam\u2026 puis d\u00e9couverte d\u2019autres villes hollandaises comme Deventer, Leyde, Santpoort, Amersfoort \u00e0 l\u2019\u00e9poque. J\u2019ai bien aim\u00e9 la fa\u00e7on dont la romanci\u00e8re d\u00e9peint la vie dans ces petites villes\u00a0; on a par moment l\u2019impression de se promener avec\u00a0\u00a0 Helena, la servante qui refuse d\u2019\u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme telle et qui va vivre une histoire d\u2019amour difficile avec Descartes. Livre romantique\u00a0? Effectivement il y a une part de romantisme mais il y a principalement une histoire d\u2019amour cach\u00e9e et une fascination pour l\u2019intelligence, la force de cette jeune femme qui va assumer sa condition de \u00ab\u00a0m\u00e8re c\u00e9libataire\u00a0\u00bb avec dignit\u00e9, sans jamais accepter de se faire traiter comme une moins que rien et qui ne va jamais s\u2019abaisser \u00e0 demander de l\u2019aideet qui va s\u2019accrocher \u00e0 sa plume pour grandir et s\u2019\u00e9vader. \u00a0Magnifique ce personnage de femme forte qui va apprendre \u00e0 \u00e9crire \u00e0 son amie, qui va puiser en elle la magie des mots et du dessin \u2026 Aucun mis\u00e9rabilisme, beaucoup de sensibilit\u00e9, de dignit\u00e9 dans cette figure du f\u00e9minisme de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p>J\u2019ai beaucoup aim\u00e9 et je recommande. Et j\u2019ai aussi aim\u00e9 d\u00e9couvrir davantage le personnage de Descartes.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>On aurait dit qu\u2019il venait de mordre dans un citron en croyant que c\u2019\u00e9tait une p\u00eache.<\/p>\n<p>C\u2019est bizarre de penser \u00e0 un mari, aussi bizarre que si je portais une culotte.<\/p>\n<p>Comme les pi\u00e8ces de monnaie, les promesses brillent d\u2019autant plus qu\u2019elles sont neuves.<\/p>\n<p>Ces derni\u00e8res sont aussi raides que des piquets et cachent sous leurs v\u00eatements immacul\u00e9s un caract\u00e8re tout en ongles et en dents.<\/p>\n<p>Il poss\u00e8de des plans de Paris, de Londres, d\u2019\u00c9dimbourg, de Berlin, de contr\u00e9es inconnues qui semblent appartenir au monde des r\u00eaves, plus chim\u00e9riques que r\u00e9elles. Sur l\u2019un de ses murs est accroch\u00e9e une carte du monde o\u00f9 l\u2019on voit des poissons aussi gros que des navires, des arbres surmont\u00e9s de plumes, des chats qui ont la taille de moutons. J\u2019imagine ces poissons qui peuvent avaler un bateau, ces peuples qui vivent au loin sur la terre ferme, comme moi. Sur ces cartes, les\u00a0routes maritimes vers l\u2019Orient sont indiqu\u00e9es par des lignes. Parfois, je me dis que la Terre se transformerait peut-\u00eatre en balle si je les tirais toutes en m\u00eame temps.<\/p>\n<p>Je dois me contenter de ma propre compagnie. Au moins, j\u2019y suis habitu\u00e9e\u00a0; je sais quelles\u00a0questions me poser et quelles r\u00e9ponses il vaut mieux \u00e9viter.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Nous commen\u00e7ons tous quelque part. Moi. Lui. M\u00eame toi.\u00a0\u00bb Il trace un trait sur la table avec son doigt. \u00ab\u00a0Un encouragement, une rencontre fortuite, une conversation \u2013\u00a0il y a tant de fa\u00e7ons de\u00a0mettre une existence en mouvement.<\/p>\n<p>je le murmure tout bas pour \u00eatre s\u00fbre de m\u2019en souvenir, afin que la nuit ne l\u2019efface pas de mon\u00a0esprit comme elle le fait de mes r\u00eaves.<\/p>\n<p>On est en pleine nuit et mon cerveau est rempli de papillons qui se br\u00fblent les ailes.<\/p>\n<p>Cela ne le g\u00eanerait pas de parler \u00e0 un arbre s\u2019il pensait qu\u2019il l\u2019\u00e9coute. Je pourrais en \u00eatre un\u00a0;\u00a0\u00a0un arbre plonge ses racines dans le sol\u00a0; en revanche, le vent qui secoue ses branches, les oiseaux qui nichent parmi ses feuilles viennent de loin.<\/p>\n<p>Persuad\u00e9 d\u2019avoir apport\u00e9 la preuve de ce qu\u2019il avan\u00e7ait, le Monsieur me prend par le bras et me fait rebrousser chemin \u2013\u00a0les objections que j\u2019aurais pu avoir, en paroles ou en pens\u00e9es, s\u2019effacent du m\u00eame coup.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Avec les mots, Helena, c\u2019est diff\u00e9rent. Ils me clouent\u00a0\u00e0 la page.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Nous nous arr\u00eatons sur le pas de la porte. Derri\u00e8re nous, il y a la promenade que nous venons d\u2019effectuer, et, devant, la fin de la journ\u00e9e et le travail encore \u00e0 faire. L\u00e0 o\u00f9 je suis, je peux voir ma vie de tous les c\u00f4t\u00e9s \u00e0 la fois.\u00a0Un pas de plus, et je serai \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, \u00e0 nouveau seule.<\/p>\n<p><em>Les livres ont de la force. Ils ont des cons\u00e9quences<\/em>. Certains ouvrages sont br\u00fbl\u00e9s et leurs auteurs emprisonn\u00e9s, ou pire.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Si l\u2019on met tout en doute, que peut-on croire\u00a0?<\/p>\n<p>\u2014\u00a0La v\u00e9rit\u00e9 \u2013\u00a0celle que l\u2019on peut prouver. Dieu dirige nos esprits vers elle. La connaissance ne suffit pas\u00a0; sans compr\u00e9hension, elle n\u2019est rien. Le doute\u00a0nous lib\u00e8re de nos doutes et nous entra\u00eene plus loin que vous ne l\u2019imaginez. \u00c0\u00a0partir de ce doute universel, point fixe et inamovible, il est possible d\u2019aboutir \u00e0 la connaissance de Dieu, de soi-m\u00eame, de tout ce qui existe sur Terre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Je ne veux pas para\u00eetre brusque, mais il me semble, tout d\u2019un coup, que j\u2019ai en moi un oiseau qui cherche \u00e0 s\u2019envoler.<\/p>\n<p>Je me repr\u00e9sente chaque lettre et sa forme dans mon esprit. Il faut que la plume soit mon doigt, le papier ma main.<\/p>\n<p>La chandelle vacille, avec, au centre, la lumi\u00e8re la plus vive. Sur le mur passent les ombres des r\u00eaves et des souvenirs. Le voile noir du sommeil se d\u00e9pose sur moi.<\/p>\n<p>Parfois, avec lui, j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019on m\u2019a demand\u00e9 de vider la mer et que pour cela, on ne m\u2019a donn\u00e9 qu\u2019une tasse.<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9cris des messages que je n\u2019envoie pas, j\u2019en regroupe plusieurs sur la m\u00eame feuille \u2013\u00a0des n\u0153uds \u00e0 une ficelle qui s\u2019allonge pour marquer le passage du temps.<\/p>\n<p>J\u2019utilise un feuillet \u00e0 part pour noter mes id\u00e9es. C\u2019est seulement une fois qu\u2019elles ont fait leur chemin jusqu\u2019\u00e0 mes doigts, si proches de la page qu\u2019elles\u00a0pourraient sauter dessus, que je commence \u00e0 dessiner.<\/p>\n<p>Alors, nous nous mettons \u00e0 parler, avec des silences lorsque les mots ne viennent pas.<\/p>\n<p>La vie est ainsi faite \u2013\u00a0elle nous pousse, sans rel\u00e2che, que nous le voulions ou non.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Guinevere Glasfurd vit dans les Fens, pr\u00e8s de Cambridge. Auteur de nouvelles remarqu\u00e9es, elle a obtenu une bourse du Arts Council England pour l&rsquo;\u00e9criture des Mots entre mes mains, son premier roman. 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