{"id":678,"date":"2014-06-11T12:54:39","date_gmt":"2014-06-11T11:54:39","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=678"},"modified":"2014-06-11T13:50:25","modified_gmt":"2014-06-11T12:50:25","slug":"capus-alex-leon-et-louise-092012","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=678","title":{"rendered":"Capus, Alex \u00ab L\u00e9on et Louise \u00bb (09\/2012)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong> : Alex Capus est n\u00e9 en Normandie en 1961, d&rsquo;un p\u00e8re fran\u00e7ais et d&rsquo;une m\u00e8re suisse. Il vit jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de cinq ans \u00e0 Paris, puis part s&rsquo;installer en Suisse avec sa m\u00e8re. A B\u00e2le, il \u00e9tudie la philosophie, l&rsquo;histoire et l&rsquo;ethnologie. Alex Capus est l&rsquo;auteur d&rsquo;une dizaine d&rsquo;ouvrages dont deux sont disponibles en fran\u00e7ais: \u00ab\u00a0Un avant-go\u00fbt de printemps\u00a0\u00bb (Autrement, 2007) et \u00ab\u00a0Le roi d&rsquo;Olten\u00a0\u00bb (Bernard Campiche, Suisse 2011). Traduite dans de nombreuses langues, son oeuvre a \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9e par le grand prix de Pro Helvetia. Le Prix du public de la RTS 2013 lui est attribu\u00e9 pour \u00ab\u00a0L\u00e9on et Louise\u00a0\u00bb, paru aux \u00e9ditions Actes Sud.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong> : Le jour des obs\u00e8ques du grand-p\u00e8re, la famille est en train d&rsquo;attendre le pr\u00eatre dans la cath\u00e9dr\u00e2le Notre-Dame-de-Paris, lorsqu&rsquo;une petite dame \u00e9nergique, portant un foulard rouge, s&rsquo;approche du cercueil, pose un baiser d&rsquo;adieu sur le front du d\u00e9funt et, en souriant malicieusement en direction de l&rsquo;assistance, actionne une vieille sonnette de v\u00e9lo. Dans les premi\u00e8res rang\u00e9es, on chuchote. Est-ce vraiment cette Louise ? Elle a donc os\u00e9 ?<br \/>\nL\u00e9on et Louise n&rsquo;ont pas vingt ans lorsqu&rsquo;ils se rencontrent dans un petit village fran\u00e7ais vers la fin de la Premi\u00e8re guerre mondiale. Connus, reconnus, perdus de vue, s\u00e9par\u00e9s par les hasards de l&rsquo;Histoire, les deux jeunes gens ne s&rsquo;oublieront jamais.<br \/>\nAvec un sens d\u00e9licat du d\u00e9tail et un souffle narratif puissant et \u00e9l\u00e9gant, Alex Capus explore les ressorts complexes de deux existences. Surgissent alors le d\u00e9cor et l&rsquo;ambiance des diff\u00e9rentes \u00e9poques durant lesquelles nous suivons les p\u00e9rip\u00e9ties des deux h\u00e9ros : la Normandie pendant la Premi\u00e8re guerre ; Paris sous l&rsquo;Occupation ; le Quai des Orf\u00e8vres et la Banque de France ; l&rsquo;action du pr\u00e9fet de police pour cacher les archives relatives \u00e0 l&rsquo;immigration ; l&rsquo;op\u00e9ration de sauvetage de l&rsquo;or de la R\u00e9publique&#8230;<br \/>\nEn r\u00e9inventant la vie secr\u00e8te de son propre grand-p\u00e8re sur plus de quarante ans, Alex Capus signe le roman d&rsquo;un amour plus fort que le tourbillon de la vie, une irr\u00e9sistible \u00e9pop\u00e9e qui a d\u00e9j\u00e0 s\u00e9duit un grand nombre de lecteurs \u00e0 travers le monde.<\/p>\n<p><strong>Petite explication<\/strong> \u00a0:\u00a0\u00a0L&rsquo;auteur passait ses vacances d&rsquo;\u00e9t\u00e9, enfant, dans un petit village de Normandie (la capitale du boudin)\u00a0ou il est n\u00e9. Il en garde le souvenir des vaches, du boudin et du Calva. Toute la famille connaissait ce secret de polichinelle, l&rsquo;existence de Louise, mais tout le monde gardait le secret. L&rsquo;auteur n&rsquo;a vu Louise qu&rsquo;une fois, le jour de l&rsquo;enterrement de son grand-p\u00e8re; par contre, quand il allait voir son grand p\u00e8re \u00e0 Paris, il savait que le mardi et le jeudi \u00e9taient des jours \u00ab\u00a0r\u00e9serv\u00e9\u00a0\u00bb \u00e0 Louise. Toute la famille savait, mais personne ne disait. Il a \u00e9crit ce livre quand il est arriv\u00e9 au cap de la cinquantaine, il a plong\u00e9 dans le r\u00e9cit de la vie de son grand p\u00e8re, et en a profit\u00e9 pour revoir le fil de sa vie. Toujours des descriptions d\u00e9taill\u00e9es, toujours une pointe d&rsquo;humour. Il aime les \u00e9crivains russes, les am\u00e9ricains ( Tchekhov, Hemingway\u00a0)<\/p>\n<p>Le grand p\u00e8re n&rsquo;a pas \u00ab\u00a0fr\u00e9quent\u00e9\u00a0\u00bb Louise tant qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 mari\u00e9, m\u00eame si il a gard\u00e9 le contact tout au long de sa vie; pas de mensonges ni de cachotteries, ni de m\u00e9nage \u00e0 trois. Ils se sont perdus, retrouv\u00e9s, mais jamais de tromperie. Il y a toujours de l&rsquo;ironie et de la distance, dans le regard qu&rsquo;il porte sur le monde et les \u00eatres; il ne faut pas se prendre au s\u00e9rieux, m\u00eame si le sujet est grave. Avec l&rsquo;ironie, on avoue une certaine sorte de \u00ab\u00a0d\u00e9faite\u00a0\u00bb ; l&rsquo;auteur essaie toujours de travailler \u00e0 partir de faits historiques, de se baser sur des faits av\u00e9r\u00e9s et saupoudre d&rsquo;un peu d&rsquo;ironie pour faire passer l&rsquo;acidit\u00e9 de la vie. Les relations d\u00e9crites sont fortes; nous avons tous besoin de croire que la vie a un sens, que se soit dans une petite ville de province ou ailleurs et que les relations humaines sont le fondement de la vie. Il aime les petites gens, a une grande tendresse pour eux. Il trouve tr\u00e8s important de conna\u00eetre les petites histoires de la vie de chacun.<\/p>\n<p>11 ans, 8 mois et 23 jours&#8230;\u00a0 le temps de la s\u00e9paration entre L\u00e9on et Louise. Une double vie pour L\u00e9on, mari\u00e9 en r\u00e9alit\u00e9 et amoureux en r\u00eave.. Une fresque qui nous m\u00e8ne d&rsquo;une guerre mondiale \u00e0 l&rsquo;autre.. tout y est le b\u00e9ret, la baguette de pain, le v\u00e9lo. Le contexte historique et les circonstances de vie sont importantes, c&rsquo;est ce qui tient le r\u00e9cit. Il veut que sa fiction soit \u00ab\u00a0vraie\u00a0\u00bb. Les lettres \u00e9crites par Louise sont \u00e9crites par l&rsquo;auteur et ne sont pas v\u00e9ridiques. L&rsquo;h\u00e9ro\u00efne secr\u00e8te du roman c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9pouse, Yvonne. Elle le pousse \u00e0 aller rejoindre Louise quand elle apprend qu&rsquo;elle est vivante; elle est intelligente, elle sait qu&rsquo;elle n&rsquo;aura aucune chance de gagner contre un fant\u00f4me.. alors elle le pousse\u00a0\u00e0 la revoir. Grandeur d&rsquo;\u00e2me et r\u00e9signation pour Yvonne;\u00a0 c&rsquo;est le portrait de la vraie grand m\u00e8re de l&rsquo;auteur telle qu&rsquo;il l&rsquo;imagine car elle est morte quand il avait 3 ans. Elle n&rsquo;est pas la victime habituelle du m\u00e9nage \u00e0 trois.. pas de bassesse, pas de trahison, mais le respect mutuel, un accord tacite entre les trois personnages. Il voit le film de la vie de ses personnages, et de ce fait, les personnages sont r\u00e9els. Il d\u00e9crit et montre les choses, mais n&rsquo;explique pas trop car c&rsquo;est le lecteur qui doit s&rsquo;expliquer le livre. C&rsquo;est un livre d&rsquo;atmosph\u00e8re. L\u00e9on est un \u00ab\u00a0h\u00e9ros\u00a0\u00bb de la r\u00e9sistance passive, il a trouv\u00e9 sa petite fa\u00e7on de ne pas risquer trop mais il a fait des fautes expr\u00e8s dans le contexte administratif. Il fait en sorte de ne pas profiter des choses qu&rsquo;il est oblig\u00e9 d&rsquo;accepter mais d&rsquo;en faire profiter les autres. On est \u00e0 Paris, il y a des mendiants et des clochards, et cela fait partie de la vie&#8230; Les m\u00e9tiers de L\u00e9on et Louise sont vrais, comme le reste dans le r\u00e9cit.\u00a0C&rsquo;est l&rsquo;important des relations \u00e0 long terme; les amiti\u00e9s d&rsquo;enfance, les souvenirs et les vies qui se croisent et se recroisent.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong> : Vrai coup de c\u0153ur pour ce livre. Plein de tendresse, d\u2019amour, de finesse et de subtilit\u00e9. Mais sans mi\u00e8vrerie sans sentimentalisme. Une belle histoire d\u2019amour dont le cours logique sera d\u00e9tourn\u00e9 par la guerre mais qui perdurera envers et contre tout. Mais qui ne ravagera pas tout autour d\u2019elle. Un amour contrari\u00e9 qui respecte la vie et les autres. Un roman sur la persistance des sentiments, sur \u00ab le grand Amour \u00bb. L\u2019\u00e9criture est fluide. Le d\u00e9cor est l\u2019entre-deux guerres en France, l\u2019envers du d\u00e9cor, la vie des gens normaux dans la France occup\u00e9e : en Normandie, \u00e0 Paris ; on tournera aussi des pages d\u2019histoire.. \u00a0le sauvetage de l\u2019or par la Banque de France, la destruction des archives par la police\u2026 \u00a0De plus Capus r\u00e9ussit \u00e0 rendre tous les personnages int\u00e9ressants et attachants.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong> :<\/p>\n<p>\u00ab Nous sentons exactement pareil. \u2014 Nos odeurs se sont m\u00e9lang\u00e9es. \u2014 Je voudrais que \u00e7a reste comme \u00e7a. \u2014 \u00c0 jamais.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab La nuit, avant de s\u2019endormir, L\u00e9on ne cessait de revivre en pens\u00e9e le trajet en Torp\u00e9do, les moments pass\u00e9s avec Louise au Relais du Midi et les derni\u00e8res heures, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019aube, en lisi\u00e8re de cette for\u00eat d\u2019o\u00f9 l\u2019on apercevait la tour Eiffel. Il eut la surprise de constater que ses souvenirs ne s\u2019estompaient pas au fil des semaines, des mois et des ann\u00e9es ; au contraire, ils devenaient de plus en plus puissants, de plus en plus vivants.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab La journ\u00e9e, il allait consciencieusement travailler, et le soir il plaisantait avec sa femme et se montrait aupr\u00e8s de ses enfants un p\u00e8re plein de tendresse ; mais au fond, les moments o\u00f9 il \u00e9tait le plus vivant \u00e9taient ceux o\u00f9, tel un vieillard, il s&rsquo;abandonnait totalement \u00e0 ses souvenirs. \u00bb<br \/>\n\u00ab Debout devant la fosse ouverte, L\u00e9on s\u2019\u00e9tonna de ce rituel qui s\u2019accomplissait sans asp\u00e9rit\u00e9s \u2013 elle \u00e9tait presque offensante, la simplicit\u00e9 avec laquelle un \u00eatre pouvait \u00eatre enterr\u00e9 comme si de rien n\u2019\u00e9tait, comme si cet \u00eatre n\u2019avait pas, apr\u00e8s tout, aim\u00e9 et ha\u00ef durant une vie ou n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9, au moins, utile \u00e0 ses proches d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre ; un dossier class\u00e9 qu\u2019on expurgeait sans fa\u00e7on du quotidien. \u00bb<br \/>\n\u00ab Je vis bien, tu ne me manques pas, comprends-tu ? Tu es seulement un de ces points vides parmi tant d\u2019autres, de ces blancs que je transporte \u00e0 travers ma vie ; apr\u00e8s tout, je ne suis pas devenue pilote de course automobile ni ballerine, je ne dessine pas et je ne chante pas aussi bien que je le d\u00e9sirais, et je ne lirai jamais Tchekhov en russe.\u00ab<br \/>\n\u00ab On s\u2019y fait, \u00e0 ces blancs, on vit avec, ils font partie de vous et on ne voudrait pas se priver d\u2019eux ; si je devais me d\u00e9crire, la premi\u00e8re chose qui me viendrait \u00e0 l\u2019esprit, c\u2019est que je ne parle pas russe et que je ne sais pas faire de pirouettes. \u00bb<br \/>\n\u00ab Et avec le temps, je me suis aper\u00e7ue que je m\u2019ennuie moins avec moi-m\u00eame qu\u2019en compagnie d\u2019un monsieur qui ne me pla\u00eet pas compl\u00e8tement.\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur : Alex Capus est n\u00e9 en Normandie en 1961, d&rsquo;un p\u00e8re fran\u00e7ais et d&rsquo;une m\u00e8re suisse. 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