{"id":7038,"date":"2018-09-10T12:44:38","date_gmt":"2018-09-10T11:44:38","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7038"},"modified":"2018-09-10T12:45:01","modified_gmt":"2018-09-10T11:45:01","slug":"munoz-molina-antonio-lhiver-a-lisbonne-2001","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7038","title":{"rendered":"Mu\u00f1oz Molina, Antonio \u00abL&rsquo;Hiver \u00e0 Lisbonne\u00bb (2001)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur\u00a0<\/strong>: Antonio Mu\u00f1oz Molina est un \u00e9crivain espagnol n\u00e9 en 1956 \u00e0 \u00dabeda, dans la province de Ja\u00e9n.<br \/>\nLicenci\u00e9 en histoire de l&rsquo;art \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Grenade, il a publi\u00e9 plusieurs romans couronn\u00e9s de nombreux prix litt\u00e9raires Il \u00e9crit r\u00e9guli\u00e8rement dans le journal El Pa\u00eds. En 1996, il a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu \u00e0 la Real Academia de Letras. En 1998, son roman Pleine Lune a obtenu le prix Femina \u00e9tranger. Membre depuis 1995 de la Real Academia Espa\u00f1ola fond\u00e9e en 1713. Il r\u00e9side \u00e0 Madrid et \u00e0 New York, o\u00f9 il a dirig\u00e9 l&rsquo;Institut Cervantes jusqu&rsquo;en 2006. Il a re\u00e7u le prix Prince des Asturies en 2013.<br \/>\nEn 1996, il a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu \u00e0 la Real Academia de Letras. En 1998, son roman \u00ab\u00a0Pleine Lune\u00a0\u00bb a obtenu le prix Femina \u00e9tranger.<\/p>\n<p>Ses romans\u00a0: Beatus Ille (1986) \u2013 <a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7038\">L&rsquo;Hiver \u00e0 Lisbonne\u00a0<\/a> (1987) &#8211; Beltenebros (1989) &#8211; Le Royaume des voix<em> (El jinete polaco) (1991) &#8211; <\/em>Les Myst\u00e8res de Madrid (1992) &#8211; Le Sceau du secret (1994) &#8211; Une ardeur guerri\u00e8re\u00a0: m\u00e9moires militaires &#8211; Pleine Lune (1997) &#8211; Carlota Fainberg (1999) \u2013 En l&rsquo;absence de Blanca (2001) \u2013 S\u00e9farade (2001) &#8211; Le Vent de Lune (2006) &#8211; Dans la grande nuit des temps (2009) \u2013 Comme l&rsquo;ombre qui s&rsquo;en va (2014) &#8211; Un andar solitario entre la gente (2018)<\/p>\n<p>Editions du Seuil \u2013 26.09.2001 \u2013 256 pages \/ Points Poche \u2013 18.08.2016 \u2013 288 pages (Publi\u00e9 en fran\u00e7ais sous le titre Un hiver \u00e0 Lisbonne, traduit par Dominique Salgas, Arles, Actes Sud, coll. \u00ab Lettres hispaniques \u00bb, 1990 &#8211; Publi\u00e9 en fran\u00e7ais sous le titre L&rsquo;hiver \u00e0 Lisbonne, traduit par Philippe Bataillon, Paris, Seuil, 2001 r\u00e9\u00e9dition, Paris, Seuil, coll. \u00ab Points \u00bb no 4387, 2016)<\/p>\n<p>Prix national de litt\u00e9rature narrative 1988<\/p>\n<p>R\u00e9sum\u00e9\u00a0: Dans une chambre d&rsquo;h\u00f4tel de Madrid, Santiago Biralbo, pianiste de jazz, raconte par bribes \u00e0 un ami l&rsquo;histoire de son amour pour Lucrecia, commenc\u00e9e cinq ans plus t\u00f4t \u00e0 Saint-S\u00e9bastien, au Lady Bird. Quinze jours de passion fulgurante, le brusque d\u00e9part de Lucrecia pour Berlin, quelques lettres, et le silence. Un vide que ne parvient m\u00eame pas combler la musique, car au Lady Bird Santiago Biralbo avait eu la r\u00e9v\u00e9lation qu&rsquo;il ne pourrait d\u00e9sormais jouer du piano que pour \u00eatre \u00e9cout\u00e9 et d\u00e9sir\u00e9 par elle, l&rsquo;aim\u00e9e disparue dans les brumes du nord.<br \/>\nPuis la r\u00e9apparition soudaine de Lucrecia, m\u00eal\u00e9e au vol d&rsquo;un tableau, un accident &#8211; peut-\u00eatre un meurtre -, une passion qui s&rsquo;ach\u00e8ve \u00e0 Lisbonne dans une reconnaissance mutuelle, et un homme qui surmonte la solitude finale dans la certitude obscure qu&rsquo;il n&rsquo;y a ni souffrance ni bonheur mais un destin inscrit dans la douceur sauvage et \u00e2pre de la musique, et qu&rsquo;il importe peu, d\u00e8s lors, d&rsquo;\u00eatre mort ou vivant.<br \/>\nL&rsquo;Hiver \u00e0 Lisbonne, hommage d&rsquo;Antonio Mu\u00f1oz Molina aux films noirs am\u00e9ricains et au jazz, publi\u00e9 aujourd&rsquo;hui dans une nouvelle traduction, est aussi une des plus belles histoires d&rsquo;amour de la litt\u00e9rature contemporaine.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Dans l\u2019univers de la musique, du jazz plus particuli\u00e8rement, entre San Sebastian et Lisbonne, entre fum\u00e9e et brume, une histoire d\u2019amour glauque et impossible\u2026 \u00a0La passion de toute une vie d\u2019un musicien de jazz pour une jeune femme, Lucrecia, qui disparait brusquement.\u00a0 Sur les traces d\u2019une ombre \u2026 une belle histoire d\u2019amour, d\u2019amiti\u00e9, un livre sur le passage du temps, sur le monde du jazz entre l\u2019Espagne et le Portugal. C\u2019est magnifiquement \u00e9crit, nostalgique et triste. J\u2019ai beaucoup aim\u00e9. Il y a du suspense, certes, mais attention c\u2019est pas du suspense tr\u00e9pidant\u2026 ce n&rsquo;est pas ce qu&rsquo;on pourrait qualifier un livre d&rsquo;action. Plong\u00e9e dans la nuit et la m\u00e9lancolie\u2026 Et comme j&rsquo;aime les deux villes dans lesquelles se d\u00e9roule le livre, San Sebastian et Lisbonne\u2026<\/p>\n<p>Je suis contente d\u2019avoir en attente dans ma pile du m\u00eame auteur \u00ab\u00a0Dans la grande nuit des temps\u00a0\u00bb (\u00a0 1000 pages en p\u00e9riode franquiste)<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Il y a un moment, dans les s\u00e9parations,<br \/>\no\u00f9 la personne aim\u00e9e n\u2019est d\u00e9j\u00e0 plus<br \/>\navec nous.<br \/>\nFlaubert, L\u2019Education sentimentale.<\/p>\n<p>le pass\u00e9, importun comme un visiteur, s\u2019est install\u00e9 entre nous deux.<\/p>\n<p>Mais un musicien sait que le pass\u00e9 n \u2019existe pas, a-t-il dit soudain comme s\u2019il r\u00e9futait une opinion que je n\u2019avais pas encore \u00e9nonc\u00e9e. Ceux qui peignent ou \u00e9crivent passent leur temps \u00e0 accumuler du pass\u00e9 sur leurs \u00e9paules, des mots ou des tableaux. Un musicien est toujours dans le vide. Sa musique cesse d\u2019exister au moment pr\u00e9cis o\u00f9 il a termin\u00e9 de jouer. C\u2019est le pr\u00e9sent \u00e0 l\u2019\u00e9tat pur.<\/p>\n<p>Le gar\u00e7on est arriv\u00e9 puis reparti avec la discr\u00e9tion de ces personnes qui supportent non sans m\u00e9lancolie leur facult\u00e9 d\u2019\u00eatre invisibles.<\/p>\n<p>Pourtant ce souvenir, qu\u2019aggravaient la solitude et la musique, n\u2019appartient pas \u00e0 ma vie, j\u2019en suis s\u00fbr, mais \u00e0 un film que j\u2019ai peut-\u00eatre vu dans mon enfance et dont jamais je n\u2019arriverai \u00e0 retrouver le titre.<\/p>\n<p>Les matin\u00e9es des dimanches d\u2019hiver, il y a dans certains endroits de Madrid une lumi\u00e8re paisible et froide qui \u00e9pure, comme dans le vide, la transparence de l\u2019air, une clart\u00e9 qui rend plus aigu\u00ebs les ar\u00eates des immeubles et dans laquelle les pas et les voix r\u00e9sonnent comme dans une ville d\u00e9serte.<\/p>\n<p>Ses yeux ne voyaient que des horloges immobiles, et une chose sombre et profonde comme une tumeur, une ombre qu\u2019aucune lumi\u00e8re, aucune tr\u00eave ne pouvait att\u00e9nuer, la vie que probablement elle \u00e9tait en train de vivre \u00e0 l\u2019instant m\u00eame,<\/p>\n<p>Elle m\u2019a dit\u00a0: \u00ab Tu as vu comme il pleut\u00a0? \u00bb, je lui ai r\u00e9pondu que c\u2019\u00e9tait comme cela qu\u2019il pleut dans les films quand les gens vont se quitter.<\/p>\n<p>Il est des occasions o\u00f9 l\u2019on met une fraction de seconde \u00e0 accepter la brusque absence de tout ce qui vous a appartenu\u00a0: de m\u00eame que la lumi\u00e8re est plus rapide que le son, la conscience est bien plus rapide que la douleur et elle nous \u00e9blouit comme un \u00e9clair qui survient en silence.<\/p>\n<p>Une ville s\u2019oublie plus vite qu\u2019un visage\u00a0: il vous reste le remords ou le vide \u00e0 l\u2019endroit qu\u2019occupait auparavant le souvenir et, tout comme un visage, la ville ne demeure intacte que l\u00e0 o\u00f9 la conscience n\u2019a pu la d\u00e9grader.<\/p>\n<p>Il avait alors une mani\u00e8re d\u00e9finitive et \u00e9trange de s\u2019en aller\u00a0: au moment de dire au revoir, il entrait brusquement dans la solitude.<\/p>\n<p>Je suppose qu\u2019il y a des villes o\u00f9 l\u2019on revient toujours et d\u2019autres o\u00f9 tout s\u2019ach\u00e8ve, et que Saint-S\u00e9bastien fait partie des premi\u00e8res, m\u00eame si quand on voit l\u2019embouchure du fleuve au-del\u00e0 du dernier pont, les soirs d\u2019hiver, et qu\u2019on regarde les eaux qui refluent et la puissance des vagues blanches qui avancent comme des crini\u00e8res hors de l\u2019obscurit\u00e9, on a la sensation d\u2019\u00eatre au bout du monde.<\/p>\n<p>Il existe des hommes inaccessibles au ridicule et \u00e0 l\u2019authenticit\u00e9 et qui semblent d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment destin\u00e9s \u00e0 incarner une caricature.<\/p>\n<p>Il a dit que plus qu\u2019\u00e0 la douleur ou \u00e0 la solitude, c\u2019est \u00e0 la surprise d\u2019un monde et d\u2019un temps priv\u00e9s de r\u00e9sonance qu\u2019il s\u2019\u00e9tait \u00e9veill\u00e9, comme si d\u00e9sormais il devait vivre pour toujours \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une maison capitonn\u00e9e<\/p>\n<p>Brusquement, le silence lui \u00e9tait tomb\u00e9 dessus\u00a0: il a senti que s\u2019\u00e9vanouissaient en lui les derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie, comme des d\u00e9combres pr\u00e9cipit\u00e9s au fond de la mer.<\/p>\n<p>Quand il nous a ouvert, j\u2019ai remarqu\u00e9 dans son regard la stupeur de celui qui a pass\u00e9 seul de longues heures.<\/p>\n<p>Comme c\u2019est bizarre de lire ces lettres d\u2019il y a si longtemps.<br \/>\n\u2014\u00a0Pourquoi voulais-tu que je les emporte\u00a0?<br \/>\n\u2014\u00a0Pour savoir comment j\u2019\u00e9tais \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<br \/>\n\u2014\u00a0Mais jamais tu ne m\u2019y disais la v\u00e9rit\u00e9.<br \/>\n\u2014\u00a0La seule v\u00e9rit\u00e9, c\u2019\u00e9tait cela\u00a0: ce que je te racontais. C\u2019est ma vie r\u00e9elle qui \u00e9tait un mensonge. Je me sauvais en t\u2019\u00e9crivant.<\/p>\n<p>Le silence se faisait\u00a0: je l\u2019entendais claquer des doigts et frapper le sol du pied dans le rythme, puis, sans pr\u00e9avis, la musique commen\u00e7ait, comme si en r\u00e9alit\u00e9 il y avait d\u00e9j\u00e0 longtemps qu\u2019elle r\u00e9sonnait et qu\u2019il ne nous \u00e9tait donn\u00e9 de l\u2019entendre qu\u2019\u00e0 cet instant pr\u00e9cis, sans pr\u00e9lude, sans emphase, sans d\u00e9but et sans fin, comme on entend soudain la pluie en arrivant dans la rue ou en ouvrant la fen\u00eatre par une nuit d\u2019hiver.<\/p>\n<p>Regarde-moi, je suis une ombre, je suis un exil\u00e9. Pas de mon pays, mais de cette \u00e9poque-l\u00e0. Nous autres qui restons faisons comme si nous n\u2019\u00e9tions pas morts, mais c\u2019est un mensonge, nous sommes des imposteurs.<\/p>\n<p>Il voulait asservir le hasard pour que l\u2019impossible se r\u00e9p\u00e8te.<\/p>\n<p>Une t\u00e9nacit\u00e9 harass\u00e9e qu\u2019en d\u2019autres temps il aurait nomm\u00e9e d\u00e9sespoir le poussait comme la mer pousse celui qui n\u2019a plus la force de nager,<\/p>\n<p>Plong\u00e9 dans l\u2019\u00e9tat hypnotique de celui qui marche seul dans une ville inconnue, il ne savait m\u00eame plus s\u2019il la cherchait, il savait seulement que nuit et jour il \u00e9tait incapable de tranquillit\u00e9, que dans chacune des ruelles qui escaladaient les collines de Lisbonne ou s\u2019y glissaient aussi abruptement que des gorges, il se trouvait un appel imp\u00e9rieux et secret auquel il ne pouvait pas d\u00e9sob\u00e9ir, que peut-\u00eatre il aurait d\u00fb et pu s\u2019en aller quand Billy Swann le lui avait ordonn\u00e9, mais qu\u2019il \u00e9tait maintenant trop tard, comme s\u2019il avait manqu\u00e9 le dernier train pour quitter une ville assi\u00e9g\u00e9e.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait revenu dans la ville pour s\u2019y perdre comme dans une de ces nuits de musique et de bourbon qui semblaient ne jamais devoir s\u2019achever.<\/p>\n<p>De m\u00eame que la brume et les eaux du Tage isolaient Lisbonne du monde, faisaient d\u2019elle non pas un lieu mais un paysage du temps, lui, pour la premi\u00e8re fois de sa vie, percevait l\u2019insularit\u00e9 absolue de ses actes\u00a0: il \u00e9tait en train de devenir aussi \u00e9tranger \u00e0 son pass\u00e9 et \u00e0 son avenir que les objets qui, la nuit, l\u2019entouraient dans sa chambre d\u2019h\u00f4tel.<\/p>\n<p>Tant d\u2019ann\u00e9es pass\u00e9es \u00e0 le ha\u00efr et finir par trouver du plaisir \u00e0 sa compagnie en parlant du bon vieux temps\u00a0!<\/p>\n<p>\u00c0 quoi sert-il de fuir les villes si elles vous poursuivent jusqu\u2019au bout du monde\u00a0?<\/p>\n<p>une trame de mots et de gestes, de pudeur et d\u2019avidit\u00e9, parce que jamais ils n\u2019avaient cru se m\u00e9riter l\u2019un l\u2019autre et qu\u2019ils n\u2019avaient rien d\u00e9sir\u00e9 ni poss\u00e9d\u00e9 qui ne se trouv\u00e2t qu\u2019en eux-m\u00eames, un royaume invisible et partag\u00e9 qu\u2019ils n\u2019ont presque jamais habit\u00e9, mais qu\u2019ils ne pouvaient pas non plus renier parce que sa fronti\u00e8re les entourait aussi d\u00e9finitivement que la peau ou l\u2019odeur d\u2019un corps entoure sa forme.<\/p>\n<p>En se regardant, ils s\u2019appartenaient comme on sait qui on est quand on se regarde dans un miroir.<\/p>\n<p>La musique lui procurait une consolation aussi douce que l\u2019air d\u2019une nuit de mai, que le souvenir d\u2019un r\u00eave.<\/p>\n<p>lorsqu\u2019il entrait en sc\u00e8ne pour jouer, c\u2019\u00e9tait comme s\u2019il \u00e9tait seul, prot\u00e9g\u00e9 et isol\u00e9 par les projecteurs qui plongeaient le public dans le noir et inscrivaient une fronti\u00e8re irr\u00e9vocable au bord de la sc\u00e8ne.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Antonio Mu\u00f1oz Molina est un \u00e9crivain espagnol n\u00e9 en 1956 \u00e0 \u00dabeda, dans la province de Ja\u00e9n. Licenci\u00e9 en histoire de l&rsquo;art \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Grenade, il a publi\u00e9 plusieurs romans couronn\u00e9s de nombreux prix litt\u00e9raires Il \u00e9crit r\u00e9guli\u00e8rement dans le journal El Pa\u00eds. En 1996, il a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu \u00e0 la Real Academia &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7038\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":7039,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[2,23,8,24,79,156,105],"tags":[420,197,94,592,223,110,376,359,60,111],"class_list":["post-7038","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-lectures","category-espagne","category-espagnol","category-musique","category-poesie","category-portugal","category-roman","tag-alcoolisme","tag-amour","tag-art","tag-musique","tag-nostalgie","tag-psychologique","tag-quete","tag-reve","tag-romantique","tag-solitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7038","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7038"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7038\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7041,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7038\/revisions\/7041"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/7039"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7038"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7038"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7038"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}