{"id":707,"date":"2014-06-12T15:09:12","date_gmt":"2014-06-12T14:09:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=707"},"modified":"2024-09-01T17:51:05","modified_gmt":"2024-09-01T15:51:05","slug":"auteur-coup-de-coeur-jonathan-coe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=707","title":{"rendered":"Auteur coup de coeur : JONATHAN COE"},"content":{"rendered":"<p>N\u00e9 en 1961 \u00e0 Birmingham, Jonathan Coe a fait ses \u00e9tudes universitaires \u00e0 Trinity College, Cambridge. La grande perc\u00e9e se produit en 1994, avec la parution de son quatri\u00e8me roman &#8211; What a Carve Up ! &#8211; qui est son premier roman traduit en France, o\u00f9 il obtient un succ\u00e8s encore plus marqu\u00e9, sous le titre de Testament \u00e0 l&rsquo;anglaise (Gallimard, 1995, trad. Jean Pavans, prix F\u00e9mina \u00e9tranger, prix Baudelaire de la traduction). L&rsquo;ampleur de ce succ\u00e8s fran\u00e7ais, aussi bien public que critique, se confirme avec son roman suivant, La Maison du Sommeil (Gallimard, 1998, trad. Jean Pavans, prix Medicis \u00e9tranger).<\/p>\n<address>La Femme de hasard 2006 (The Accidental Woman 1987)<\/address>\n<address>Une touche d&rsquo;amour 2002 (A Touch of Love1989)<\/address>\n<address>Les Nains de la mort 2001 (The Dwarves of Death 1990)<\/address>\n<address>Testament \u00e0 l&rsquo;anglaise 1995 (What a Carve Up! or The Winshaw Legacy (1994) &#8211; Prix John Llewellyn Rhys en 1994 et Prix du Meilleur livre \u00e9tranger 1996<\/address>\n<address>La Maison du sommeil 1998 (The House of Sleep 1997) &#8211; Prix du Meilleur roman de la Writers&rsquo; Guild of Great Britain 1997 et Prix M\u00e9dicis \u00e9tranger 1998<\/address>\n<address>La Pluie avant qu&rsquo;elle tombe 2008 (The Rain Before It Falls 2007)<\/address>\n<address>La Vie tr\u00e8s priv\u00e9e de Mr Sim (2011) The Terrible Privacy of Maxwell Sim 2010)<\/address>\n<address>Expo 58 (2014 \/ 2013)<br \/>\nNum\u00e9ro 11. Quelques contes sur la folie des temps (2016)\u00a0Number 11, or Tales that Witness Madness (2015)<br \/>\nBilly Wilder et moi, (2021) Mr Wilder &amp; Me (2021)<br \/>\nLe royaume d\u00e9suni (2021) Bourneville<br \/>\n<strong>Trilogie romanesque Les Enfants de Longbridge<\/strong><br \/>\n&#8211; Bienvenue au club (2002) The Rotters&rsquo; Club (2001) &#8211; Prix Bollinger Everyman Wodehouse 2001<\/p>\n<div>&#8211; Le cercle ferm\u00e9 (2006) The Closed Circle (2004)<br \/>\n&#8211; Le coeur de l&rsquo;Angleterre (2019) Middle England (2018)<\/div>\n<\/address>\n<p><span style=\"color: #800000;\"><strong>\u00ab\u00a0La Femme de hasard\u00a0\u00bb<\/strong> 2006<\/span><br \/>\n<strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Premier roman de Jonathan Coe, La Femme de hasard d\u00e9crit une sinistre histoire, celle de Maria et ses d\u00e9sillusions. Toujours soucieux de lucidit\u00e9 et de d\u00e9mystification, Jonathan Coe se livre \u00e0 une descente en flammes de toutes les institutions pris\u00e9es dans la soci\u00e9t\u00e9 et des formes couramment admises de bonheur, et fait de ce premier roman une \u0153uvre exemplaire.Maria, une jeune fille de milieu modeste, vit aux environs de Birmingham. Indiff\u00e9rente par choix, ind\u00e9cise par nature, elle trouve que l&rsquo;on fait beaucoup de bruit pour peu de chose. Que valent les succ\u00e8s aux examens et les d\u00e9clarations de Ronny qui l&rsquo;aime d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment, que penser des amis de classe avec leurs vacheries et leurs cancans\u2026 Seul le chat, un exemple d&rsquo;indiff\u00e9rence satisfaite, lui donne \u00e0 penser qu&rsquo;une forme de bonheur est possible. Mais comment \u00eatre heureux lorsque votre vie est une succession d&rsquo;accidents, de hasards\u2026<br \/>\n<strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: pas encore lu\u2026<\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\"><strong>\u00ab\u00a0Une touche d&rsquo;amour\u00a0\u00bb<\/strong> 2002<\/span>:<br \/>\n<strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: A touch of Love est son deuxi\u00e8me roman, paru en 1989. On y trouve d\u00e9j\u00e0 pleinement ma\u00eetris\u00e9es les caract\u00e9ristiques qui ont conduit aux \u00e9clatantes r\u00e9ussites ult\u00e9rieures. Un humour f\u00e9rocement pol\u00e9mique contre les brutalit\u00e9s (\u00e0 teinture masculine) de la soci\u00e9t\u00e9 lib\u00e9rale dans sa forme anglaise ; et une profonde tendresse pour les sensibilit\u00e9s, les fragilit\u00e9s, les \u00e9motions humaines sinc\u00e8res, et pour tout ce qui est f\u00e9minit\u00e9. Une extraordinaire habilet\u00e9 dans la construction narrative, avec des r\u00e9cits embo\u00eet\u00e9s qui \u00e9clairent diversement une situation g\u00e9n\u00e9rale qu&rsquo;on ne perd jamais de vue. Et un personnage central d\u00e9clencheur et r\u00e9v\u00e9lateur, en ce qu&rsquo;il est inclassable, et ne cesse de s&rsquo;interroger sur son identit\u00e9, et sur son rapport aux autres et au monde. Robin Grant est \u00e9tudiant \u00e0 Coventry, o\u00f9 il tra\u00eene depuis quatre ans sur une th\u00e8se en litt\u00e9rature. Isol\u00e9 de son environnement universitaire, coup\u00e9 de l&rsquo;amiti\u00e9 comme de l&rsquo;amour par son \u00e9gocentrisme amorphe, il t\u00e2che d&rsquo;exprimer indirectement sa propre v\u00e9rit\u00e9 dans quatre r\u00e9cits qui jalonnent le roman, en faisant \u00e9cho \u00e0 ce qui nous est directement racont\u00e9 de sa vie. La violence absurde du monde, qui le terrifie dans l&rsquo;actualit\u00e9, l&rsquo;atteint de plein fouet quand il se trouve menac\u00e9 d&rsquo;un proc\u00e8s : il est accus\u00e9 d&rsquo;outrage public \u00e0 la pudeur, pour \u00eatre soup\u00e7onn\u00e9 de s&rsquo;\u00eatre exhib\u00e9 devant un petit gar\u00e7on.<br \/>\n<strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: et bien je suis tr\u00e8s d\u00e9\u00e7ue. Si j&rsquo;avais ador\u00e9 les autres, je n&rsquo;ai pas du tout aim\u00e9 celui-ci. Il est plat, et lent et n&rsquo;a pas la petite touche d&rsquo;humour&#8230;<\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\"><strong>Les nains de la mort<\/strong> 2002<\/span><br \/>\n<strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: William, jeune musicien en qu\u00eate de gloire, est le t\u00e9moin involontaire d&rsquo;un crime commis par deux lilliputiens cagoul\u00e9s. Dans ce roman policier d\u00e9sopilant, Jonathan Coe nous fait d\u00e9couvrir le Londres des musiciens rat\u00e9s, des filles de famille capricieuses, des barmaids \u00e9cossaises et des nains assassins.<br \/>\n<strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Il est excellent et je le recommande<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #800000;\">Testament \u00e0 l&rsquo;anglaise<\/span><br \/>\n<\/strong><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong> : Michael Owen, un jeune homme d\u00e9pressif et agoraphobe, a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 par la vieille Tabitha Winshaw d&rsquo;\u00e9crire la chronique de cette illustre famille. Cette dynastie se taille en effet la part du lion dans tous les domaines de la vie publique de l&rsquo;Angleterre des ann\u00e9es quatre-vingt, profitant sans vergogne de ses attributions et de ses relations&#8230;Et si la tante Tabitha disait vrai ? Si les trag\u00e9dies familiales jamais \u00e9lucid\u00e9es \u00e9taient en fait des crimes maquill\u00e9s ? Par une nuit d&rsquo;orage, alors que tous sont r\u00e9unis au vieux manoir de Winshaw Towers, la v\u00e9rit\u00e9 \u00e9clatera&#8230;Un v\u00e9ritable tour de force litt\u00e9raire, \u00e0 la fois roman policier et cinglante satire politique de l&rsquo;establishment. Le narrateur, Michael Owen, a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 par Tabitha Winshow, une vieille femme \u00e0 l&rsquo;esprit d\u00e9rang\u00e9, d&rsquo;\u00e9crire l&rsquo;histoire de sa famille. Tabitha, Godfrey, Lawrence et Rebecca sont fr\u00e8res et s\u0153urs. Lors d&rsquo;une mission pendant la guerre, Godfrey, le pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de Tabitha, dispara\u00eet. Profond\u00e9ment boulevers\u00e9e, celle-ci accuse Lawrence, l&rsquo;a\u00een\u00e9, d&rsquo;\u00eatre l&rsquo;instigateur de cette mort. R\u00e9sultat, Tabitha se retrouve enferm\u00e9e dans un asile ! On lui accordera sa premi\u00e8re permission dix-neuf ans plus tard. Une d\u00e9cision \u00ab\u00a0qui allait bient\u00f4t se r\u00e9v\u00e9ler malheureuse. Car, cette nuit-l\u00e0, la mort visita de nouveau Winshaw Towers\u00a0\u00bb. Une fable cruelle et grin\u00e7ante, une immersion dans l&rsquo;univers du capitalisme torve, des d\u00e9viances politiques et m\u00e9diatiques, \u00e9crite avec dr\u00f4lerie, suspense, angoisse ; magnifiquement britannique. Critique du Monde du 3 octobre 1997 de Jean-Luc Douin : Mordant tableau des moeurs de l&rsquo;Angleterre des ann\u00e9es 80, cet \u00e9poustouflant pav\u00e9 est un roman \u00e0 triple \u00e9cho (psychologique, politique et policier) et effets Vache-qui-rit : vertigineuse histoire d&rsquo;un type qui a accept\u00e9 d&rsquo;\u00e9crire un livre sur une t\u00e9n\u00e9breuse histoire dont il ne sait pas encore qu&rsquo;elle a infl\u00e9chi son propre destin. Michael Owens se voit donc commander par une vieille cingl\u00e9e un livre-enqu\u00eate sur une dynastie de rapaces : les Winshaw. Ces derniers, symboles de l&rsquo;\u00e8re de \u00ab la garce \u00bb Thatcher, forment une belle brochette d&rsquo;arrivistes : un producteur de cin\u00e9ma obs\u00e9d\u00e9 par les actrices, une abominable papesse de la t\u00e9l\u00e9vision hostile au service public, un marchand d&rsquo;art adepte du harc\u00e8lement sexuel, un trafiquant d&rsquo;armes acoquin\u00e9 avec Saddam Hussein, une reine de l&rsquo;agroalimentaire qui exp\u00e9rimente d&rsquo;\u00e9pouvantables m\u00e9thodes, et un d\u00e9put\u00e9 travailliste sans morale qui r\u00eave de d\u00e9manteler la S\u00e9curit\u00e9 sociale, bazarder les t\u00e9l\u00e9coms, exploiter \u00ab divisions et conflits entre les faibles et les inf\u00e9rieurs \u00bb \u00e0 des fins personnelles. Caustique r\u00e8glement de comptes contre une caste sociale, une bande de vampires exhalant sa \u00ab puanteur de richesses mal acquises et d&rsquo;autosatisfaction \u00bb, ce virtuose jeu de massacre, d\u00e9dale de jeux narratifs, clins d&rsquo;oeil, hommages aux vieux feuilletons, parodies de Conan Doyle, Agatha Christie et Ian Fleming, est aussi une r\u00e9flexion ludique sur la libido, le voyeurisme, le pouvoir surr\u00e9aliste de l&rsquo;image dans l&rsquo;inconscient. Hant\u00e9 depuis son plus jeune \u00e2ge par des images censur\u00e9es dans un film noir et blanc, le h\u00e9ros est \u00ab condamn\u00e9 comme Orph\u00e9e \u00e0 errer dans le monde souterrain des fantasmes \u00bb<strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: je l\u2019ai lu \u00e0 sa sortie. J\u2019avais beaucoup aim\u00e9 et ce livre m\u2019a donn\u00e9 envie de lire cet auteur<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #800000;\">La maison du sommeil<\/span><br \/>\n<\/strong><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong> : De bien curieux \u00e9v\u00e9nements se d\u00e9roulent \u00e0 Ashdown, inqui\u00e9tante demeure perch\u00e9e sur une falaise des c\u00f4tes anglaises. Nagu\u00e8re, c&rsquo;\u00e9tait une r\u00e9sidence universitaire, o\u00f9 se sont crois\u00e9s Sarah la narcoleptique, Gregory le manipulateur, Veronica la passionn\u00e9e, Robert l&rsquo;amoureux transi, Terry le cin\u00e9phile fou. Leurs destins ont diverg\u00e9, mais les spectres du pass\u00e9 continuent de hanter Ashdown, devenue une clinique o\u00f9 le sinistre docteur Dudden se livre \u00e0 de monstrueuses exp\u00e9riences sur les troubles du sommeil. Par quelles myst\u00e9rieuses co\u00efncidences tous les personnages vont-ils s&rsquo;y retrouver ?. Dans l&rsquo;Angleterre des ann\u00e9es 80, Ashdown sur la c\u00f4te est une grande b\u00e2tisse gothique quelque peu inqui\u00e9tante qui sert de r\u00e9sidence \u00e0 des \u00e9tudiants, une galerie de personnages bien f\u00eal\u00e9s. Sarah est une jeune narcoleptique, elle tombe endormie \u00e0 tout bout de champ. Gregory est \u00e9tudiant en m\u00e9decine qui n&rsquo;a d&rsquo;autre plaisir que de masser les globes oculaires de sa copine. Robert, un amoureux transi qui \u00e9prouve un s\u00e9rieux probl\u00e8me vis \u00e0 vis de sa pilosit\u00e9, Terry, un cin\u00e9phile \u00e0 demi morbide, Veronica, une \u00e2me passionn\u00e9e, leader f\u00e9ministe et homosexuelle. Dix ans apr\u00e8s tout ce petit monde entr\u00e9 dans l&rsquo;\u00e2ge bien m\u00fbr se retrouve dans ce m\u00eame endroit devenu une clinique sp\u00e9cialis\u00e9e dans les troubles du sommeil. A sa t\u00eate un sombre savant se livre \u00e0 des exp\u00e9riences bizarres sur ses patients. La rumeur parle d\u00e9j\u00e0 d&rsquo;un cadavre \u00e0 cause de ses recherches. Ce livre n&rsquo;est pas un roman policier mais un livre \u00e0 tiroirs dans lequel critique sociale et politique, r\u00e9flexions sur le sommeil, la sexualit\u00e9, l&rsquo;amour, opinions sur la psychanalyse ou sur une certaine critique cin\u00e9matographique se juxtaposent avec un humour d\u00e9capant. Ce livre a re\u00e7u le prix M\u00e9dicis Etranger 1998.<br \/>\n<strong>Mon avis<\/strong> : ador\u00e9 ! Lu \u00e0 sa sortie<\/p>\n<address><span style=\"color: #800000;\"><strong>Trilogie romanesque <i>Les Enfants de Longbridge<\/i><\/strong><\/span><br \/>\n&#8211; <i>Bienvenue au club (2002) <\/i><i>The Rotters&rsquo; Club<\/i> (2001) &#8211; Prix Bollinger Everyman Wodehouse 2001<\/p>\n<div>&#8211; Le cercle ferm\u00e9 (2006) <i>The Closed Circle<\/i> (2004)<br \/>\n&#8211; Le coeur de l&rsquo;Angleterre (2019) <i>Middle England<\/i> (2018)<br \/>\n<strong>Bienvenue au club <\/strong>(2002)\u00a0<strong><br \/>\n<\/strong><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong> : Chronique adolescente tendre et dr\u00f4le de quatre gar\u00e7ons, Trotter, Harding, Anderton et Chase dans l\u2019Angleterre d\u2019avant Margaret Thatcher, roman d\u2019apprentissage nostalgique qui dit l\u2019aventure, les espoirs et les d\u00e9ceptions, Bienvenue au club est aussi le tableau grave et lucide d\u2019un pays en pleine \u00e9volution, marqu\u00e9 par la violence, le terrorisme de l\u2019IRA, l\u2019agitation sociale.<br \/>\n<strong>\u00ab Le cercle ferm\u00e9 \u00bb (2006)<br \/>\n<\/strong><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong> : Les personnages de Bienvenue au club, le pr\u00e9c\u00e9dent roman de Jonathan Coe, sont devenus sous l\u2019\u00e8re de Blair des quadrag\u00e9naires \u00e0 la fois path\u00e9tiques et \u00e9mouvants : Benjamin, le brillant musicien \u00e0 la recherche du grand amour, est un comptable terne et mal mari\u00e9, Paul, son fr\u00e8re, secr\u00e9taire d\u2019Etat au minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur, un journaliste d\u2019extr\u00eame gauche aujourd\u2019hui mari\u00e9 \u00e0 une aristocrate catholique&#8230; Jonathan Coe raconte avec un humour ravageur les compromissions, la trahison des id\u00e9aux et la perte des illusions.<br \/>\n<strong>Analyse<\/strong>\u00a0: \u00ab\u00a0Le blairisme est une \u00e9nigme absolue\u00a0\u00bb : ces mots de Jonathan Coe, romancier britannique cristallisent ce qui se situe au c\u0153ur de son nouveau roman, Le cercle ferm\u00e9. Nous y retrouvons, vingt ans plus tard, les adolescents de Bienvenue au club, l\u2019\u00e2ge m\u00fbr et les tempes grisonnantes. Du thatch\u00e9risme au blairisme, et jusqu&rsquo;\u00e0 la d\u00e9claration de guerre \u00e0 l&rsquo;Irak, la toile de fond des romans de Coe est l&rsquo;actualit\u00e9 politique. Avec cynisme et tendresse, c\u2019est une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9boussol\u00e9e par l\u2019actualit\u00e9, m\u00e9lancolique et en qu\u00eate d\u2019id\u00e9al que choisit de nous montrer le romancier. Face \u00e0 une situation politique controvers\u00e9e, Jonathan Coe consid\u00e8re que l\u2019\u00e9crivain n\u2019a aucune responsabilit\u00e9.<\/div>\n<\/address>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #800000;\">\u00ab\u00a0La pluie avant qu&rsquo;elle tombe\u00a0\u00bb<\/span><br \/>\n<\/strong><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong> : Rosamond vient de mourir, mais sa voix r\u00e9sonne encore, dans une confession enregistr\u00e9e, adress\u00e9e \u00e0 la myst\u00e9rieuse Imogen. S&rsquo;appuyant sur vingt photos soigneusement choisies, elle laisse libre cours \u00e0 ses souvenirs et raconte, des ann\u00e9es quarante \u00e0 aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;histoire de trois g\u00e9n\u00e9rations de femmes, li\u00e9es par le d\u00e9sir, l&rsquo;enfance perdue et quelques lieux magiques. Et de son r\u00e9cit douloureux et intense na\u00eet une question, lancinante : y a-t-il une logique qui pr\u00e9side \u00e0 ces existences? Tout Jonathan Coe est l\u00e0 : la virtuosit\u00e9 de la construction, le don d&rsquo;inscrire l&rsquo;intime dans l&rsquo;Histoire, l&rsquo;obsession des co\u00efncidences qui font osciller nos vies entre hasard et destin. Et s&rsquo;il d\u00e9laisse cette fois le masque de la com\u00e9die, il nous offre du m\u00eame coup son roman le plus grave et le plus poignant<br \/>\n<strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: coup de c\u0153ur absolu. je viens de le finir et j&rsquo;ai devor\u00e9-ador\u00e9. Univers particulier de la recherche d&rsquo;o\u00f9 on vient&#8230; au travers de la m\u00e9moire d&rsquo;une autre&#8230; roman original et tr\u00e8s sensible. Pour une fois l&rsquo;auteur verse dans le romanesque. L&rsquo;auteur prend pour support des photos de famille et \u00a0c&rsquo;est \u00e0 travers elles qu&rsquo;il raconte des histoires \u00e0 propos de\u00a0son ascendance. les photos capturent des moments \u00e9ph\u00e9m\u00e8res mais parfois incroyablement charg\u00e9s de sens. \u00a0Je le conseille vivement.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>:<\/p>\n<p>\u201cEh bien moi, j\u2019aime la pluie avant qu\u2019elle tombe. Bien sur que \u00e7a n\u2019existe pas. C\u2019est bien pour \u00e7a que c\u2019est ma pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e. Une chose n\u2019a pas besoin d\u2019exister pour rendre les gens heureux.\u201d<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La vie ne commence \u00e0 avoir un sens qu\u2019en admettant que parfois, souvent, toujours, deux id\u00e9es absolument contradictoires peuvent \u00eatre vraies en m\u00eame temps.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\"><strong>\u00a0\u00bb La vie tr\u00e8s priv\u00e9e de M. Sim\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/strong><\/span><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong> : Maxwell Sim est un loser de quarante-huit ans. Vou\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec d\u00e8s sa naissance (qui ne fut pas d\u00e9sir\u00e9e), poursuivi par l&rsquo;\u00e9chec \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte (sa femme le quitte, sa fille rit doucement de lui), il s&rsquo;accepte tel qu&rsquo;il est et trouve m\u00eame certaine satisfaction \u00e0 son \u00e9tat. Mais voil\u00e0 qu&rsquo;une proposition inattendue lui fait traverser l&rsquo;Angleterre au volant d&rsquo;une Toyota hybride, nantie d&rsquo;un GPS \u00e0 la voix bouleversante dont, \u00e0 force de solitude, il va tomber amoureux. Son \u00e9quip\u00e9e de commis-voyageur, repr\u00e9sentant en brosses \u00e0 dents dernier cri, le ram\u00e8ne parmi les paysages et les visages de son enfance, notamment aupr\u00e8s de son p\u00e8re sur lequel il fait d&rsquo;\u00e9tranges d\u00e9couvertes : le roman est aussi un jeu de piste relanc\u00e9 par la r\u00e9apparition de lettres, journaux, manuscrits qui introduisent autant d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments nouveaux \u00e0 verser au dossier du pass\u00e9. Et toujours Max pense \u00e0 la femme chinoise et \u00e0 sa fille, aper\u00e7ues dans un restaurant en Australie, dont l&rsquo;entente et le bonheur d&rsquo;\u00eatre ensemble l&rsquo;ont tant fascin\u00e9. Va-t-il les retrouver? Et pour quelle nouvelle aventure?<br \/>\n<strong>Analyse<\/strong> :<em> je vous livre la critique de Nathalie Crom &#8211; Telerama n\u00b0 3184 ( 22\/01\/2011)<\/em> Comme s&rsquo;il avait referm\u00e9 la parenth\u00e8se, ouverte le temps d&rsquo;un seul livre, le superbe et poignant m\u00e9lo La Pluie, avant qu&rsquo;elle tombe (\u00e9d. Gallimard, 2009), revoici Jonathan Coe en terrain familier. Car le talent romanesque du Britannique, tel qu&rsquo;on a pu en juger depuis quinze ans et la traduction du savoureux Testament \u00e0 l&rsquo;anglaise, tient avant tout \u00e0 un sens tr\u00e8s aigu de la satire sociale, un ancrage r\u00e9solument r\u00e9aliste et contemporain. Une acuit\u00e9 insolente et tonique qui n&rsquo;exclut pas une propension certaine \u00e0 l&rsquo;imagination, l&rsquo;extravagance, voire le rocambolesque pur, non plus qu&rsquo;elle ne masque tout \u00e0 fait une pente profond\u00e9ment m\u00e9ditative, un fond m\u00e9lancolique soigneusement retenu mais discr\u00e8tement omnipr\u00e9sent. Ce savant m\u00e9lange a produit des merveilles : apr\u00e8s Testament \u00e0 l&rsquo;anglaise, donc, il y eut notamment La Maison du sommeil, Bienvenue au club, Le Cercle ferm\u00e9. Et il semble aujourd&rsquo;hui que l&rsquo;alchimie n&rsquo;ait rien perdu de son efficience. Il suffit, pour en juger, de se pencher sur cette Vie tr\u00e8s priv\u00e9e de Mr Sim, o\u00f9 s&#8217;emm\u00ealent r\u00e9alisme et dr\u00f4lerie, o\u00f9 se superposent tableau d&rsquo;\u00e9poque et portrait psychologique d&rsquo;une perspicacit\u00e9 aigu\u00eb. Comment pr\u00e9senter Mr Sim sans se montrer d&#8217;embl\u00e9e d\u00e9sobligeant ? Dire qu&rsquo;il est un rat\u00e9 serait exag\u00e9r\u00e9 &#8211; en outre, ce serait lui conf\u00e9rer un attribut trop singulier, trop extraordinaire. Disons peut-\u00eatre qu&rsquo;il n&rsquo;est pas un homme dou\u00e9 pour le bonheur. Non plus d&rsquo;ailleurs que pour le malheur &#8211; le vrai, le drame. Mr Sim est un homme sans qualit\u00e9s, un antih\u00e9ros plus que parfait. Presque quinquag\u00e9naire, charg\u00e9 du service apr\u00e8s-vente dans un grand magasin londonien, r\u00e9cemment quitt\u00e9 par son \u00e9pouse &#8211; laquelle a d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 pour le nord de l&rsquo;Angleterre en emportant leur fille dans ses bagages -, s\u00e9paration qui l&rsquo;a plong\u00e9 dans un \u00e9tat d\u00e9pressif. Bref, en cet hiver 2009 durant lequel se d\u00e9roule le \u00adroman, Maxwell Sim est un homme ordinaire et circonspect que la vie malm\u00e8ne, sans qu&rsquo;il soit possible de conclure pourtant que la poisse lui colle aux semelles, \u00e0 la paume des mains. Un homme solitaire, qui compte ses amis par dizaines sur Facebook, mais n&rsquo;a personne \u00e0 qui parler lorsque les antid\u00e9presseurs ne suffisent plus \u00e0 endiguer ses acc\u00e8s de d\u00e9sespoir. Envers ce type sous tous rapports tellement moyen et fatigu\u00e9 qu&rsquo;il en est franchement attachant, Jonathan Coe nourrit pourtant de bien sombres desseins. C&rsquo;est dans une sorte de voyage initiatique qu&rsquo;il l&rsquo;entra\u00eene &#8211; mais alors que de ce genre d&rsquo;aventure tout personnage romanesque sort g\u00e9n\u00e9ralement plus fort et plus savant, ce n&rsquo;est pas, h\u00e9las ! ce qui attend Max Sim. Le d\u00e9cor de ce voyage, c&rsquo;est l&rsquo;Angleterre d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, que Max entreprend de parcourir du sud au nord en voiture, pour le compte d&rsquo;une entreprise de fabrication de brosses \u00e0 dents. Autoroutes, zones industrielles, banlieues grises&#8230; Pour seule compagnie, Max dispose de l&rsquo;imperturbable voix f\u00e9minine de son GPS, qu&rsquo;il baptise Emma, dont il tombe vaguement amoureux. Jalonnant sa route, des rencontres et des flash-back minutieusement orchestr\u00e9s retracent son existence et les multiples ratages et \u00e9checs familiaux, amicaux, sentimentaux, dont elle est construite depuis l&rsquo;enfance &#8211; et qui sait m\u00eame si l&rsquo;origine de cette malheureuse spirale n&rsquo;est pas ant\u00e9rieure \u00e0 son arriv\u00e9e sur Terre&#8230; L&rsquo;entreprise de Jonathan Coe est plus qu&rsquo;habile, qui voit s&rsquo;approfondir de page en page le portrait de Max, et s&rsquo;affirmer cette ultramoderne solitude dans laquelle il est enferm\u00e9. On se sait trop ce qu&rsquo;il convient d&rsquo;admirer le plus ici : la p\u00e9n\u00e9tration psychologique dont Coe fait preuve, l&rsquo;acuit\u00e9 du regard qu&rsquo;il porte sur notre \u00e9poque et ses faux-semblants, l&rsquo;intelligence et la dext\u00e9rit\u00e9 avec laquelle il agence les sc\u00e8nes et s\u00e9quences en une narration fluide, dr\u00f4le, captivante &#8211; dont on ne mesure la dimension hautement ironique qu&rsquo;\u00e0 la lecture de l&rsquo;ultime page du roman. Au terme de quoi, il ne fait aucun doute que Jonathan Coe est un ma\u00eetre &#8211; rien de moins.<br \/>\n<strong>Mon avis\u00a0<\/strong>: toujours fan de Jonathan Coe et de sa peinture de la soci\u00e9t\u00e9 britannique! (mais mon pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 reste \u00ab\u00a0la pluie avant qu&rsquo;elle tombe\u00a0\u00bb) &#8230;..<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u00e9 en 1961 \u00e0 Birmingham, Jonathan Coe a fait ses \u00e9tudes universitaires \u00e0 Trinity College, Cambridge. 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