{"id":7299,"date":"2018-11-04T11:10:03","date_gmt":"2018-11-04T09:10:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7299"},"modified":"2021-04-01T15:54:18","modified_gmt":"2021-04-01T13:54:18","slug":"mogliasso-rosa-si-belle-mais-si-morte-2017","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7299","title":{"rendered":"Mogliasso, Rosa \u2013 \u00abSi belle, mais si morte\u00bb (2017)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: N\u00e9e en 1960 \u00e0 Turin. Apr\u00e8s un dipl\u00f4me en Histoire du Cin\u00e9ma, Rosa Mogliasso s\u2019est consacr\u00e9e au th\u00e9\u00e2tre. C\u2019est par le biais du th\u00e9\u00e2tre qu\u2019elle est arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9criture. Elle a d\u2019abord \u00e9crit pour la sc\u00e8ne et pour la radio, puis des nouvelles parues en revues, avant de publier son premier roman en 2010. Rosa Mogliasso est l&rsquo;auteure d&rsquo;une s\u00e9rie de romans policiers remarqu\u00e9e par la critique. \u00ab\u00a0L&rsquo;assassino qualcosa lascia\u00a0\u00bb (L\u2019assassin a oubli\u00e9 quelque chose) (2010) est le premier opus d\u2019une s\u00e9rie polici\u00e8re dont le h\u00e9ros est la Commissaire Barbara Gillo. Il sera suivi de trois autres volumes, remarqu\u00e9s par la presse et par les Prix italiens consacr\u00e9s \u00e0 la litt\u00e9rature polici\u00e8re. Si belle, mais si morte (2015) est son premier roman traduit en fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Finitude Eds &#8211; 20.04. 2017 \u2013\u2013 128 p. (Joseph Incardona Traducteur) \/ Points 06.09.2018 \u2013 129 p.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>: Un chemin sur la berge d&rsquo;un fleuve. Ils sont nombreux \u00e0 l&#8217;emprunter chaque matin : une jeune femme y prom\u00e8ne son chien, un couple de lyc\u00e9ens s&rsquo;y cache pour s\u00e9cher les cours, un clochard y tra\u00eene sa folie, un jeune boulanger aime y m\u00e9diter. Mais ce jour-l\u00e0, au bord de l&rsquo;eau, une femme aux escarpins rouges est allong\u00e9e. Morte. Tous passeront devant elle, tous la verront, aucun n&rsquo;interviendra. Personne n&rsquo;appellera la police, personne n&rsquo;en parlera.<\/p>\n<p>Ils ont tous d&rsquo;excellentes raisons de l&rsquo;ignorer et de tenter de se convaincre qu&rsquo;un autre s&rsquo;en chargera. Mais il n&rsquo;est pas si facile de vivre avec cette l\u00e2chet\u00e9, cette indiff\u00e9rence, cet \u00e9go\u00efsme. Chez chacun d&rsquo;eux, la confrontation avec la belle morte causera un s\u00e9isme intime. Et leur vie s&rsquo;en trouvera radicalement chang\u00e9e. Un roman efficace et malin, qui m\u00eale avec naturel r\u00e9flexion sociologique et com\u00e9die \u00e0 l&rsquo;italienne.<\/p>\n<p>Mon avis\u00a0: Tous l\u2019ont vue morte, qui pr\u00e9f\u00e8rent tourner la t\u00eate et faire comme s\u2019ils n\u2019ont rien vu pour ne pas d\u00e9ranger leur petite vie et leur petit confort m\u00e9diocre. Personne n\u2019a couru avertir la police\u2026 Un livre sur l\u2019\u00e9go\u00efsme profond des personnes, sur la peur aussi d\u2019\u00eatre peut-\u00eatre accus\u00e9s, de devoir rendre des comptes. Ce corps sur la berge du fleuve les force aussi \u00e0 examiner leur propre petite vie \u00e9triqu\u00e9e. Le jeune couple, la femme au petit chien, le vagabond, le masseur\u2026 tous ceux qui ont pris la fuite en voyant le cadavre vont voir les r\u00e9percussions de cette d\u00e9couverte sur leur mode de vie\u2026 Tout va de travers quand on est perturb\u00e9s par une chose qu\u2019on aurait d\u00fb faire et qu\u2019on a pas faite\u2026 Je vous laisse d\u00e9couvrir. J\u2019ai beaucoup aim\u00e9 ce petit livre court, avec de l\u2019humour et qui appuie l\u00e0 ou \u00e7a peut faire mal. Moralit\u00e9\u00a0: ne soyez pas l\u00e2che.<\/p>\n<p><strong>Extraits\u00a0<\/strong>:<\/p>\n<p><em>Lui<\/em> n\u2019\u00e9tait pas comme \u00e7a. <em>Lui<\/em> \u00e9tait quelqu\u2019un qui acceptait de vieillir, surtout \u00e0 trente ans lorsque la vieillesse est synonyme de maturit\u00e9, et non pas de d\u00e9clin.<\/p>\n<p>L\u2019anxi\u00e9t\u00e9 \u00e9tait un petit animal qui se tr\u00e9moussait dans son ventre. Pour la premi\u00e8re fois, au cours de cette journ\u00e9e qui avait mal commenc\u00e9 et allait empirant, elle songea \u00e0 prendre quelques gouttes de Xanax\u00a0: la vie lui faisait un croche-pied, elle \u00e9tait au bord d\u2019une crise de panique.<\/p>\n<p>\u00c0 cet instant, elle aurait souhait\u00e9 avoir le gar\u00e7on \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, elle d\u00e9sirait simplement un peu de tendresse. Pourquoi Renato ne lui caressait-il jamais les cheveux\u00a0? R\u00e9ponse\u00a0: parce qu\u2019elle ne voulait pas \u00eatre d\u00e9coiff\u00e9e.<\/p>\n<p>Sa m\u00e8re l\u2019avait avertie, pourtant\u00a0: on ne choisit pas un homme par amour. \u00ab\u00a0Ne mise surtout pas sur l\u2019amour, ma fille, jamais, parce que l\u2019amour prend fin t\u00f4t ou tard, et rien n\u2019est plus mort qu\u2019un amour mort. Un amour mort est une carcasse avec laquelle tu devras vivre au quotidien, jour apr\u00e8s jour, partager sa chambre et son lit, respirer son odeur de putr\u00e9faction comme celle d\u2019une encombrante d\u00e9pouille.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Depuis maintenant, je veux changer, bouger, je ne veux plus \u00eatre comme une fleur abandonn\u00e9e dans un vase. Je veux \u00eatre quelqu\u2019un d\u2019autre, je veux m\u2019exprimer autrement, faire des choses diff\u00e9rentes, je veux arr\u00eater les antid\u00e9presseurs.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Dieu pardonne tout si on se repent, et moi je me repens, je me repens, oh oui, si je me repens\u00a0\u00bb, psalmodia-t-elle.<br \/>\nEn attendant, il lui fallait une bonne nuit de sommeil.<br \/>\n\u00ab\u00a0Demain est un autre jour\u00a0\u00bb.<br \/>\nC\u2019est \u00e7a.<br \/>\nEt, sur cette phrase toute faite, elle \u00e9teignit la lumi\u00e8re.<\/p>\n<p>Ne jamais h\u00e9siter.<\/p>\n<p>Et pourtant, pensa-t-il, l\u2019h\u00e9sitation \u00e9tait ce qui distinguait l\u2019homme de toute autre forme de vie\u00a0: dans la nature, l\u2019homme est celui qui doute, il n\u2019est pas tenu \u00e0 se limiter au simple automatisme \u00ab\u00a0stimulus-r\u00e9action\u00a0\u00bb. Au cours des si\u00e8cles, l\u2019\u00eatre humain a conquis le droit de r\u00e9fl\u00e9chir. Apr\u00e8s tout, c\u2019\u00e9tait ce principe m\u00eame d\u2019incertitude qui avait permis le d\u00e9veloppement de la civilisation, non\u00a0? R\u00e9fl\u00e9chir et agir. Ou ne pas agir, parce qu\u2019on a justement \u00e9valu\u00e9 le pour et le contre&#8230;<\/p>\n<p>Si les \u00eatres humains s\u2019\u00e9taient limit\u00e9s \u00e0 affronter ou fuir le danger, si leur marge de man\u0153uvre se r\u00e9duisait \u00e0 la fuite ou \u00e0 l\u2019attaque, alors les hommes n\u2019auraient jamais construit de cath\u00e9drales ou d\u00e9cor\u00e9 des couverts\u00a0; en d\u2019autres termes, ils n\u2019auraient jamais fait quelque chose de gratuit et de beau. Gratuit, ouais&#8230; \u00c7a, c\u2019est une autre affaire, d\u00e9conne pas&#8230; Bref, qu\u2019\u00e9tait la pens\u00e9e sinon un examen des choix possibles\u00a0?<\/p>\n<p>Mue par un vague sens de gratitude et de soulagement, elle avait mis le paquet dans la dramatisation d\u2019un plaisir tr\u00e8s th\u00e9\u00e2tral, hyperr\u00e9aliste et sonore, poussant des g\u00e9missements plus proches de l\u2019\u00e9visc\u00e9ration que de la jouissance.<\/p>\n<p>Et comme \u00e7a, mon p\u00e8re a achet\u00e9 un minuscule appartement sur la C\u00f4te d\u2019Azur. L\u00e0-bas, ils appellent \u00e7a un <em>studio<\/em>, quinze m\u00e8tres carr\u00e9s en tout et pour tout, si tu pr\u00e9pares une sauce tomate, t\u2019as plus qu\u2019\u00e0 repeindre les quatre murs&#8230;<\/p>\n<p>Fuir, mettre du temps et de l\u2019espace entre lui et son d\u00e9mon, entre lui et sa tendance maladive \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter ses erreurs. Il l\u2019avait lu dans ce livre sur ces femmes qui aiment trop, voil\u00e0 ce qu\u2019il \u00e9tait\u00a0: une femme qui aimait trop\u00a0! Asservi, avili, effray\u00e9 et pourtant d\u00e9pendant.<\/p>\n<p><strong>Info\u00a0<\/strong>: pour ceux qui ne connaissent pas l\u2019Affaire Genovese\u00a0: je vous conseille de lire le livre de <a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=609\">Jahn, Ryan David \u00abDe bons voisins\u00bb<\/a> (2012)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: N\u00e9e en 1960 \u00e0 Turin. Apr\u00e8s un dipl\u00f4me en Histoire du Cin\u00e9ma, Rosa Mogliasso s\u2019est consacr\u00e9e au th\u00e9\u00e2tre. C\u2019est par le biais du th\u00e9\u00e2tre qu\u2019elle est arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9criture. Elle a d\u2019abord \u00e9crit pour la sc\u00e8ne et pour la radio, puis des nouvelles parues en revues, avant de publier son premier roman en 2010. &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7299\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":7300,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[521,591,91,5,490,101,9],"tags":[563,607,334],"class_list":["post-7299","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-521","category-au-fil-de-lart-romans-thrillers-essais-biographies","category-polar-psychologique","category-lecture-polar","category-thrillers","category-italie-2","category-italie","tag-culpabilite","tag-etude-de-societe","tag-meurtres"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7299","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7299"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7299\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7302,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7299\/revisions\/7302"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/7300"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7299"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7299"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7299"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}