{"id":7384,"date":"2018-11-15T17:22:51","date_gmt":"2018-11-15T15:22:51","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7384"},"modified":"2025-08-12T19:46:03","modified_gmt":"2025-08-12T17:46:03","slug":"kasischke-laura-a-moi-pour-toujours-2007","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7384","title":{"rendered":"Kasischke, Laura \u00ab\u00c0 moi pour toujours\u00bb (2007)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: N\u00e9e en 1961, Laura Kasischke a \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 du Michigan, elle a gagn\u00e9 de nombreux prix litt\u00e9raires pour ses ouvrages de po\u00e9sie ainsi que le Hopwood Awards ; elle a \u00e9galement re\u00e7u les Bourses MacDowell et Guggenheim. Ses po\u00e8mes ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans de nombreuses revues. \u00ab\u00a0La Vie devant ses yeux\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0A suspicious river\u00a0\u00bb ont \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9s au cin\u00e9ma. \u00ab\u00a0Esprit d\u2019hiver\u00a0\u00bb a re\u00e7u, en 2014, le Grand Prix des Lectrices de Elle. Laura Kasischke vit aujourd\u2019hui dans le Michigan, o\u00f9 elle enseigne l\u2019art du roman au Residential College de l\u2019Universit\u00e9 de Ann Arbor.<\/p>\n<p><b>Ses romans<\/b>\u00a0:\u00a0<i>A Suspicious River (1999) \u2013\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=300\"><i>Un oiseau blanc dans le blizzard (2000)<\/i><\/a><\/span><i>\u00a0\u2013 La Vie devant ses yeux (2002) \u2013\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6501\"><i>R\u00eaves de gar\u00e7ons (2007)<\/i><\/a><\/span><i>\u00a0\u2013\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7384\"><i>\u00c0 moi pour toujours (2007)<\/i><\/a><\/span><i>\u00a0\u2013 <\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=13002\"><i>La Couronne verte<\/i><\/a><i> <\/i><\/span><i>(2008) \u2013 En un monde parfait (2010) \u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Kasischke, Laura \u00ab\u00a0Les revenants\u00a0\u00bb (2011) 663 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=22748\">Les Revenants<\/a><\/span> (2011) \u2013\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=62\"><i>Esprit d\u2019hiver<\/i><\/a><\/span><i>\u00a0(2013)<\/i><\/p>\n<p><b><i>Recueil de nouvelles:<\/i><\/b><i>\u00a0\u00a0\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6135\"><i>\u00abSi un inconnu vous aborde\u00bb<\/i><\/a><\/span><i>\u00a0(2017) \u2013\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7027\"><i>Eden Springs<\/i><\/a><\/span><i>\u00a0(2018)<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Editeur : Christian Bourgois 12.04.2007 \u2013 401 pages \/ LdP \u2013 01.10.2008 \u2013 376 pages<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>: \u00a0\u00bb A moi pour toujours \u00a0\u00bb : tel est le billet anonyme que trouve Sherry Seymour dans son casier de professeur \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 un jour de Saint-Valentin. Elle est d&rsquo;abord flatt\u00e9e par ce message qui tombe \u00e0 point nomm\u00e9 dans son existence un peu morne. Mais cet admirateur secret obs\u00e8de Sherry. Une situation d&rsquo;autant plus troublante qu&rsquo;elle est aliment\u00e9e par le double jeu de son mari. Sherry perd vite le contr\u00f4le de sa vie, dont l&rsquo;\u00e9quilibre n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;apparent, et la tension monte jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;irr\u00e9parable&#8230; Laura Kasischke peint avec talent une r\u00e9alit\u00e9 am\u00e9ricaine dans laquelle tout, y compris le d\u00e9sir, semble bien ordonn\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Je continue la lecture des livres de cette auteure que j\u2019aime beaucoup. Ce n\u2019est pas son meilleur \u00e0 mon avis. Un livre sur le temps qui passe, sur la peur de vieillir, sur le couple. Quand le couple se retrouve seul apr\u00e8s le d\u00e9part des enfants, la vie semble bien vide, le quotidien semble bien terne. Et pour la remplir, la pimenter, on se raconte des histoires, \u00a0on veut croit \u00e0 des histoires que des personnes vous racontent. Une d\u00e9claration d\u2019amour pour la St Valentin\u2026 Un bel inconnu vous offre des mots qui vous font r\u00eaver et une vie enti\u00e8re est remise en question, d\u00e9rape, bascule peut-\u00eatre\u2026 Une plaisanterie qui va virer au drame\u2026 Entre fantasme et r\u00e9alit\u00e9 la ligne est floue\u2026 et facilement franchissable. Mais o\u00f9 tout cela peut-il mener\u00a0? C\u2019est \u00e9galement un livre sur l\u2019amiti\u00e9, la trahison, les non-dits et comme toujours sur l\u2019enfance et l\u2019adolescence. J\u2019ai bien aim\u00e9 les personnages de Sherry et de Jon, avec leurs imperfections et leurs doutes. Les autres protagonistes sont nettement secondaires et se r\u00e9v\u00e8lent peu sympathiques \u00e0 fr\u00e9quenter. C\u2019est un livre sur les doutes, la remise en question, les relations humaines, les rapports entre les g\u00e9n\u00e9rations, la confrontation entre le pass\u00e9 et le pr\u00e9sent\u2026 la crise de la quarantaine de Shelly \u2026 Je dois reconnaitre que d\u2019un adult\u00e8re banal elle arrive \u00e0 faire un suspense. Alors oui, j\u2019aime toujours l\u2019\u00e9criture de Laura Kasischke (et rien que pour cette \u00e9criture po\u00e9tique le livre est une r\u00e9ussite) , le passage des saisons, dans la nature et dans la vie mais je dois avouer que l\u2019h\u00e9ro\u00efne principale m\u2019a quand m\u00eame l\u00e9g\u00e8rement agac\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Extraits\u00a0<\/strong>:<\/p>\n<p>Mais ce matin \u00e9tait d\u2019un froid tr\u00e8s mordant \u2013 avec un vent glacial venu de l\u2019est, il faisait si froid que la neige, m\u00eame sous ce vent, planait encore avant de tomber, comme si l\u2019air \u00e9tait plus lourd que les flocons.<\/p>\n<p>Rentr\u00e9s \u00e0 la maison, nous devions nous \u00f4ter mutuellement les douces particules \u00e9toil\u00e9es encore accroch\u00e9es \u00e0 nos cheveux.<\/p>\n<p>La glace noire. Je ne sais m\u00eame pas ce que c\u2019est, exactement, si ce n\u2019est qu\u2019on ne la voit pas, mais avant qu\u2019on se rende compte de quoi que ce soit, on fait la toupie sur la route.<\/p>\n<p>Parfois, il m\u2019arrive de ne m\u00eame pas \u00eatre s\u00fbre d\u2019avoir ressenti ce que j\u2019ai ressenti, ou vu ce que j\u2019ai vu, avant de l\u2019avoir racont\u00e9<\/p>\n<p>[\u2026] j\u2019eus le sentiment surprenant et d\u00e9sagr\u00e9able d\u2019avoir envoy\u00e9 un enfant en Californie et qu\u2019un inconnu revenait maintenant sans lui.<\/p>\n<p>C\u2019est comme s\u2019il \u00e9tait mort, mais que sa mort n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 accompagn\u00e9e de chagrin.<br \/>\nComme s\u2019il \u00e9tait mort et que l\u2019on ne m\u2019avait jamais annonc\u00e9 cette mort.<\/p>\n<p><em>Voil\u00e0, <\/em>me dis-je en soulevant le voile au milieu de la nuit devant le miroir de la salle de bains, <em>ce que je suis devenue.<\/em><br \/>\nEt puis, alors que je me regardais de plus pr\u00e8s\u00a0: <em>O\u00f9<\/em> <em>ai-je donc disparu\u00a0?<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em>Nous avions tous les m\u00eames r\u00eaves de fleurs sauvages et d\u2019alouettes, d\u2019une vie plus lente \u00e0 la campagne, cette campagne que nous avions d\u00e9truite avec le d\u00e9sir m\u00eame que nous en avions.<\/p>\n<p><span style=\"display: inline !important; float: none; background-color: transparent; color: #333333; cursor: text; font-family: Georgia,'Times New Roman','Bitstream Charter',Times,serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: left; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\">[\u2026]<\/span> ces ann\u00e9es faisaient d\u00e9sormais partie de nous.<br \/>\nElles s\u2019\u00e9taient install\u00e9es en nous.<br \/>\nNous ne les avions pas, bien s\u00fbr, senties passer, parce que pr\u00e9cis\u00e9ment elles n\u2019\u00e9taient pas pass\u00e9es. Elles s\u2019\u00e9taient bien plut\u00f4t accumul\u00e9es. Et nous, nous portions ce temps r\u00e9volu.<\/p>\n<p>Avril est peut-\u00eatre le mois le plus cruel, mais mars est bien le mois le plus sale. Le mois des d\u00e9tritus. Le blanc a pris la couleur des cendres, il s\u2019est retir\u00e9 juste assez pour r\u00e9v\u00e9ler les ordures qui n\u2019ont jamais cess\u00e9 d\u2019\u00eatre l\u00e0, mais il n\u2019y avait ni feuilles ni fleurs pour distraire l\u2019\u0153il de ces rejets qui s\u2019entassaient autour de nous de tous c\u00f4t\u00e9s \u2013 nos propres rejets, bien s\u00fbr, mais qui semblent \u00eatre ceux de la nature, ceux des dieux, tant il y en a.<\/p>\n<p>Dans cette enveloppe d\u2019inconscience et de temps, je n\u2019\u00e9tais personne. J\u2019\u00e9tais nulle part.<\/p>\n<p>Je n\u2019avais aucune id\u00e9e de ce que je pourrais dire. Mon esprit \u00e9tait soudain devenu une photographie du vide.<\/p>\n<p>Toutes ces pertes, toutes ces trahisons, et m\u00eame l\u2019amour, les r\u00eaves, les fantasmes \u2013 des fardeaux de souvenirs, des fardeaux faits d\u2019air, qui tombaient si facilement des ponts.<\/p>\n<p>[\u2026] je sombrai dans un sommeil sans r\u00eave, rapidement, comme si je passais une porte menant \u00e0 l\u2019oubli. Mais un oubli familier. Un endroit o\u00f9 j\u2019\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 all\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: N\u00e9e en 1961, Laura Kasischke a \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 du Michigan, elle a gagn\u00e9 de nombreux prix litt\u00e9raires pour ses ouvrages de po\u00e9sie ainsi que le Hopwood Awards ; elle a \u00e9galement re\u00e7u les Bourses MacDowell et Guggenheim. 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