{"id":7404,"date":"2018-11-20T18:09:47","date_gmt":"2018-11-20T17:09:47","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7404"},"modified":"2018-11-20T18:09:47","modified_gmt":"2018-11-20T17:09:47","slug":"meno-joe-prodiges-et-miracles-rl-2018","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7404","title":{"rendered":"Meno, Joe \u00abProdiges et Miracles\u00bb (RL 2018)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: Joe Meno, n\u00e9 en 1974, a publi\u00e9 son premier roman \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 24 ans. Il est l&rsquo;auteur de sept romans et plusieurs recueils de nouvelles, et a re\u00e7u le prestigieux prix Nelson Algren. II \u00e9crit pour le magazine underground Punk Planet, ainsi que pour le New York Times et Chicago Magazine. Il vit aujourd&rsquo;hui \u00e0 Chicago.<\/p>\n<p>Agullo \u00e9ditions- 30.08.2018 \u2013 380 pages \u2013 Prix Transfuge 2018 du Meilleur polar \u00e9tranger<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>: 1995, Mount Holly, une ville de l&rsquo;Indiana qui se meurt. Jim Falls, v\u00e9t\u00e9ran de la guerre de Cor\u00e9e, s&rsquo;efforce d&rsquo;\u00e9lever son petit-fils m\u00e9tis, Quentin, un ado taciturne qui oublie son mal-\u00eatre en sniffant de la colle. Sa m\u00e8re est une junkie paum\u00e9e qui appara\u00eet et dispara\u00eet au gr\u00e9 de ses d\u00e9m\u00eal\u00e9s avec des petits copains violents, son p\u00e8re, un inconnu. L&rsquo;\u00e9levage familial de poulets ne rapporte plus grand-chose, les dettes s&rsquo;accumulent, l&rsquo;avenir est sombre.<br \/>\nJusqu&rsquo;au jour o\u00f9 une magnifique jument blanche taill\u00e9e pour la course est livr\u00e9e \u00e0 la ferme suite \u00e0 une erreur. Joe Meno offre un magnifique roman noir dont les dialogues laconiques ponctuent la po\u00e9sie douloureuse des paysages, de la lumi\u00e8re sur les plaines et de la fabuleuse beaut\u00e9 de la jument.<\/p>\n<p>C\u2019est suite \u00e0 la lecture d\u2019une chronique publi\u00e9e dans <a href=\"https:\/\/actudunoir.wordpress.com\/2018\/09\/01\/nouveau-roman-de-joe-meno\/\">Actudunoir<\/a>, j\u2019ai eu tr\u00e8s envie de lire le livre.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Et me voici partie dans l\u2019Indiana, en compagnie d\u2019un v\u00e9t\u00e9ran de la guerre de Cor\u00e9e et de son petit-fils. Pas gai gai le d\u00e9cor\u2026 Un gamin solitaire de 16 ans ni blanc ni noir, tr\u00e8s mal dans sa peau, qui s\u2019emb\u00eate \u00e0 mourir, sniffe de la colle, dit parler aux animaux et aimer les serpents, incapable de fr\u00e9quenter des personnes, ne se sent \u00e0 l\u2019aise qu\u2019avec des animaux, abandonn\u00e9 par sa m\u00e8re junkie, qui aide son grand-p\u00e8re qu\u2019il appelle \u00ab\u00a0Patron\u00a0\u00bb dans une ferme paum\u00e9 et d\u00e9labr\u00e9e. Le tout dans une Am\u00e9rique raciste et multiraciale (employ\u00e9 mexicain, blancs, noirs) avec des personnages qui trainent derri\u00e8re eux une vie d\u2019\u00e9checs. Un monde dur avec peu de personnages f\u00e9minins qui doivent lutter pour survivre. J\u2019ai bien aim\u00e9 le personnage de Riley est un personnage extr\u00eamement fort, qui veut croire qu\u2019elle peut s\u2019en sortir et agit au lieu de subir.<\/p>\n<p>Et soudain\u00a0: le miracle \u2026 Une magnifique jument blanche fait irruption dans leur quotidien. D\u2019o\u00f9 vient-elle\u00a0? Est-elle r\u00e9ellement pour eux\u00a0? Que vont-ils en faire\u00a0? La jument est \u00e0 la fois l\u2019incarnation du r\u00eave, de l\u2019espoir, du mythe, du lien entre les vivants et les morts, cr\u00e9ature libre et merveilleuse, blanche dans cette vie grise et obscure, pure dans ce monde sordide, surnaturelle. A noter le nom du cheval, personnalit\u00e9 biblique avec connotation sacrificielle. D\u2019ailleurs tout le roman gravite autour du sacrifice et de la convoitise, l\u2019app\u00e2t du gain.<\/p>\n<p>Mais c\u2019est trop beau pour durer\u00a0; la jument est vol\u00e9e par deux fr\u00e8res compl\u00e8tement \u00e0 la masse, dealers et accros \u00e0 la drogue. Et c\u2019est le d\u00e9but d\u2019un road-movie. Grand-p\u00e8re et petit-fils vont se lancer \u00e0 la poursuite de la jument et vont de ce fait se rapprocher. De \u00ab\u00a0Patron\u00a0\u00bb, le grand-p\u00e8re deviendra m\u00eame \u00ab\u00a0Papi\u00a0\u00bb parfois lors de cette \u00e9pop\u00e9e.<\/p>\n<p>Le roman raconte \u00e0 la fois le cheminement des voleurs de la jument (qui vont changer en cours de route) et celui des poursuivants. Les rapports entre les protagonistes sont au c\u0153ur du roman. Et dans ce contexte d\u2019une frange de la population qui part totalement \u00e0 la d\u00e9rive, d\u00e9boussol\u00e9e, violente, machiste, la seule lumi\u00e8re est cette jument captive dans ce van qui traverse villes et villages pour \u00eatre \u00e9chang\u00e9e contre quelques dollars.<\/p>\n<p>Tous les personnages sont cr\u00e9dibles et d\u2019une certaine mani\u00e8re attachants, ce qui fait la force de ce roman tr\u00e8s tr\u00e8s noir.\u00a0<span style=\"display: inline !important; float: none; background-color: #ffffff; color: #333333; cursor: text; font-family: Georgia,'Times New Roman','Bitstream Charter',Times,serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: left; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\">Et l&rsquo;auteur nous fait parcourir des paysages magnifiques.<\/span><\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Son petit-fils avait un teint cendreux, presque gris \u2013\u00a0le gar\u00e7on n\u2019\u00e9tait ni blanc, ni noir, ni autre chose, personne n\u2019aurait su dire.<\/p>\n<p>La lumi\u00e8re bleue pr\u00e9c\u00e9dant l\u2019aurore perce un ciel sans soleil, des nuages effiloch\u00e9s, une lune lasse.<\/p>\n<p>ce visage qui engendrait plus de souffrance qu\u2019il n\u2019avait jamais renferm\u00e9 de beaut\u00e9<\/p>\n<p>M\u00eame les yeux \u00e9taient pass\u00e9s du bleu \u00e0 une nuance violac\u00e9e, meurtrie, laiteuse, embrum\u00e9e par une pellicule n\u00e9buleuse, rev\u00eatant le plus souvent une expression de confusion totale, comme si elle scrutait \u00e0 jamais quelque chose qui lui \u00e9chappait \u2013\u00a0son pass\u00e9, son pr\u00e9sent, son avenir, peut-\u00eatre. Le front \u00e9tait toujours ravin\u00e9, une encoche perp\u00e9tuelle s\u2019\u00e9tant form\u00e9e entre ses yeux, les sourcils ras\u00e9s et leur absence combl\u00e9e au crayon noir comme la suie.<\/p>\n<p>Toutes ces devantures \u00e0 l\u2019allure fantomatique conf\u00e9raient \u00e0 Mount Holly un air de carte postale surann\u00e9e, de ville ayant connu des jours meilleurs un demi-si\u00e8cle plus t\u00f4t, avec ses vitrines que seul le reflet du pick-up bleu p\u00e2le, occup\u00e9 \u00e0 se garer devant le caf\u00e9 condamn\u00e9, venait entacher.<\/p>\n<p>Avoir peur, \u00e7a veut dire que t\u2019es intelligent. Avoir peur, c\u2019est ce qui te maintient en vie. On ne peut rien contre la peur. Mais avoir la peur au ventre en permanence, ce n\u2019est pas une vie.<\/p>\n<p>Un miracle est un miracle. Ce genre de choses, faut pas chercher \u00e0 comprendre.<\/p>\n<p>Il l\u2019aimait comme on aime quelqu\u2019un. Cet endroit, il fait partie de la famille.<\/p>\n<p>Les \u00e9normes panneaux publicitaires d\u00e9filant \u00e0 toute allure le long de l\u2019autoroute, tels les visages blanch\u00e2tres d\u2019\u00e2mes en errance.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait \u00e7a qui rendait la vie et tout le reste si p\u00e9nible\u00a0: ne pas savoir. Ne jamais savoir.<\/p>\n<p>Dans la nuit, agit\u00e9e, la terre s\u2019arrache \u00e0 la chaleur du jour puis s\u2019installe, ses champs limoneux se font aussi sombres que le ciel. Comme un miroir ancestral\u00a0; une prairie noir charbon, l\u2019autre morcel\u00e9e par l\u2019invention imm\u00e9moriale des \u00e9toiles.<\/p>\n<p>La fiert\u00e9, la croyance en un avenir qui, c\u2019\u00e9tait certain, n\u2019existerait pas, ni demain ni aujourd\u2019hui\u00a0; contre cela, rien ne servait de batailler<\/p>\n<p>Les fugues, \u00e7a existait pas, quand j\u2019avais seize ans. On appelait \u00e7a devenir un homme.<\/p>\n<p><strong>Info<\/strong>\u00a0: <em><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Banshee\">banshee<\/a>\u00a0: <\/em>Dans la mythologie ga\u00e9lique, personnage mythique f\u00e9minin dont les cris pr\u00e9sagent la mort.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Joe Meno, n\u00e9 en 1974, a publi\u00e9 son premier roman \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 24 ans. Il est l&rsquo;auteur de sept romans et plusieurs recueils de nouvelles, et a re\u00e7u le prestigieux prix Nelson Algren. II \u00e9crit pour le magazine underground Punk Planet, ainsi que pour le New York Times et Chicago Magazine. Il vit &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7404\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":7405,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[202,29,590,81,78],"tags":[159,266,195,314,206,169],"class_list":["post-7404","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-etats-unis","category-americaine","category-rl2018","category-roman-noir","category-xxeme","tag-drogue","tag-kidnapping","tag-racisme","tag-rapports-familiaux","tag-road-trip","tag-violence"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7404","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7404"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7404\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7406,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7404\/revisions\/7406"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/7405"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7404"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7404"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7404"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}