{"id":7430,"date":"2018-11-26T15:28:22","date_gmt":"2018-11-26T14:28:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7430"},"modified":"2018-11-26T15:31:24","modified_gmt":"2018-11-26T14:31:24","slug":"quiriny-bernard-laffaire-mayerling-2018","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7430","title":{"rendered":"Quiriny, Bernard \u00abL&rsquo;affaire Mayerling\u00bb (2018)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong> :\u00a0 n\u00e9 le 27 juin 1978 \u00e0 Bastogne, est un \u00e9crivain belge, docteur en droit, critique et professeur universitaire de droit \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Bourgogne. Critique litt\u00e9raire, Il \u00e9crit pour la publication <em>Chronic\u2019art<\/em>, dont il est le responsable des pages livres.<br \/>\nEn 2005, il publie <em>L\u2019Angoisse de la premi\u00e8re phrase<\/em>. En 2008, il remporte le prix Marcel Thiry, le prix Rossel et le Prix du Style\u00a0 pour <em>Contes carnivores<\/em>. En 2010 il publie\u00a0<em>Les Assoiff\u00e9es<\/em>, Il remporte le grand prix de l\u2019Imaginaire de la meilleure nouvelle francophone pour son recueil <em>Une collection tr\u00e8s particuli\u00e8re\u00a0 (2012) (<\/em><em>prix Premio Salerno Libro d\u2019Europa<\/em><em>)<\/em>. Suivent : <em>Monsieur Spleen, notes sur Henri de R\u00e9gnier<\/em> suivi d\u2019un <em>Dictionnaire des maniaques en <\/em>2013, <em><u><a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=176\">Le Village \u00e9vanoui<\/a><\/u><\/em> en 2014, <em>Histoires assassines en <\/em>2015 et <em><a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7430\">L\u2019affaire Mayerling<\/a> en <\/em>2018 .<\/p>\n<p>Son \u0153uvre, en particulier ses nouvelles, est souvent compar\u00e9e aux nouvelles fantastiques de Jorge Luis Borges, d\u2019Edgar Allan Poe et de Marcel Aym\u00e9.<\/p>\n<p>Rivages \u2013 03.01.2018 \u2013 270 pages<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Qu&rsquo;arrive-t-il aux habitants du Mayerling ? Cette r\u00e9sidence neuve de haut standing, aux occupants tri\u00e9s sur le volet, est une promesse de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 \u00e0 laquelle succombent de nombreux acheteurs dans la ville de Rouvi\u00e8res. Mais derri\u00e8re ses portes prot\u00e9g\u00e9es par les digicodes, la vie se d\u00e9r\u00e8gle peu \u00e0 peu. Les conflits et les accidents se succ\u00e8dent. Les Lemoine, jeune couple dynamique, s&rsquo;entre-d\u00e9chirent.<br \/>\nLa tr\u00e8s pieuse Mme Camy se retrouve nymphomane. M. Paul r\u00eave d&rsquo;assassiner les bruyants locataires de l&rsquo;\u00e9tage sup\u00e9rieur. Une odeur pestilentielle s&rsquo;\u00e9chappe du logement de Mine Meunier. Et Mme Chopard voit le fant\u00f4me de sa m\u00e8re&#8230; Hant\u00e9 par je ne sais quel d\u00e9mon, le Mayerling aurait-il d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;en finir avec ses habitants ? De situations cocasses en d\u00e9rapages absurdes, le narrateur retrace le naufrage d&rsquo;une communaut\u00e9 aux tensions exacerb\u00e9es.<br \/>\nCe roman dr\u00f4le et gla\u00e7ant nous livre avec brio une satire de l&rsquo;urbanisme contemporain. H\u00e9ritier survolt\u00e9 de La Vie mode d&#8217;emploi de Perec et de La Trilogie de b\u00e9ton de J. G. Ballard dresse le portrait d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 prisonni\u00e8re de ses r\u00eaves de b\u00e9ton.<\/p>\n<p>Bernard Quiriny peint dans un savoureux roman la vie mouvement\u00e9e des habitants d&rsquo;un immeuble.\u00a0 Quand un myst\u00e9rieux groupe immobilier parvient \u00e0 racheter \u00ab le petit manoir \u00bb de la rue Mayerling dans le centre-ville, c&rsquo;est la surprise g\u00e9n\u00e9rale dans la petite ville de Rouvi\u00e8res. Le chantier d\u00e9marre : la vieille maison est d\u00e9molie et \u00ab le Mayerling \u00bb, r\u00e9sidence de standing, ne tarde pas \u00e0 sortir de terre. L&rsquo;ennui, c&rsquo;est que, sous ses apparences cossues, le Mayerling est un immeuble de pi\u00e8tre qualit\u00e9 : un assemblage de clapiers en b\u00e9ton mal insonoris\u00e9s, mal finis, o\u00f9 les voisins sont autant d&rsquo;ennemis. Surtout, ces habitants ne tardent pas \u00e0 d\u00e9couvrir que le Mayerling n&rsquo;est pas du tout un immeuble ordinaire\u2026 Ce roman, aussi dr\u00f4le que grin\u00e7ant, offre une satire de l&rsquo;urbanisme qui saccage l&rsquo;environnement, de la promotion immobili\u00e8re et du b\u00e9tonnage \u00e0 tout crin.<br \/>\nDe situations cocasses en d\u00e9rapages incontr\u00f4lables, le narrateur retrace avec beaucoup d&rsquo;humour le naufrage d&rsquo;une communaut\u00e9 de voisins aux tensions exacerb\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Mon avis\u00a0<\/strong>: Bien vu le nom de \u00ab\u00a0Mayerling\u00a0\u00bb. Pavillon de chasse de la famille imp\u00e9riale mais c\u2019est un lieu de drame\u00a0! Un nom qui sonne bien, pour une r\u00e9sidence de prestige\u00a0: juste ce qu\u2019il faut pour app\u00e2ter le gentil petit couple qui cherche \u00e0 devenir propri\u00e9taire. Ahhh! devenir propri\u00e9taire\u2026 quelle aventure!<\/p>\n<p>Ce roman va vous faire sourire, sourire jaune aussi. On savait d\u00e9coder les petites annonces pour location des appartements, place \u00e0 la promotion immobili\u00e8re et aux joies de la vie en communaut\u00e9\u2026 Beaucoup d&rsquo;humour mais une r\u00e9alit\u00e9 pas si rigolote que cela \u00e9voqu\u00e9e par l&rsquo;auteur : les m\u00e9faits de l&rsquo;urbanisme)<\/p>\n<p>Un immeuble va voir le jour apr\u00e8s le \u00ab\u00a0meurtre\u00a0\u00bb d\u2019un joli petit cottage\u2026 Pour le plus grand bonheur de 5 \u00e9tages de co-propri\u00e9taires. Avec les vices de construction de toutes sortes, les querelles de voisinage, les responsables qui mettent la cl\u00e9 sous la porte et les propri\u00e9taires qui ne peuvent plus se supporter. Le livre va commencer par d\u00e9peindre la r\u00e9alit\u00e9, puis l\u2019histoire va virer au cauchemar, \u00e0 l\u2019horreur, au fantastique et au surr\u00e9alisme\u00a0! L\u2019auteur va d\u2019ailleurs faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 plusieurs romans\/films avec les immeubles comme personnages principaux (I.G.H., roman de James Ballard &#8211; Le Locataire chim\u00e9rique. C\u00e9l\u00e8bre roman de Roland Topor (1964) adapt\u00e9 par Roman Polanski (1976) et moi j\u2019y rajoute l\u2019Immeuble Yacoubian de Alaa al-Aswany (2002) .<\/p>\n<p>La difficult\u00e9 du vivre ensemble dasn toute sa splendeur\u00a0; une micro-soci\u00e9t\u00e9 qui s\u2019\u00e9pie et se d\u00e9teste. Les plus riches dans les \u00e9tages sup\u00e9rieurs\u2026<\/p>\n<p>Au fil des pages, la lutte va s\u2019organiser\u00a0: habitants contre immeuble. Joli cas d\u2019anthropomorphisme\u00a0: le complexe immobilier qui devient l\u2019ennemi qu\u2019il faut abattre, l\u2019entit\u00e9 qui respire, vibre et d\u00e9truit le microcosme social qui l\u2019a envahi. Qui aura le dernier mot\u00a0? Que va-t-il se passer\u00a0? je vous laisse le d\u00e9couvrir. La folie va-t-elle gagner\u00a0?<\/p>\n<p>Ah le joli r\u00eave de devenir propri\u00e9taire\u2026 Certes mais attention, derri\u00e8re de jolies images et promesses publicitaires, le cauchemar peut se profiler\u2026 Vous vous souvenez du sketch de Muriel Rubin \u00ab\u00a0La R\u00e9union de chantier\u00a0\u00bb\u00a0? je n\u2019ai pas pu r\u00e9sister \u00e0 l\u2019envie de le revoir\u2026<\/p>\n<p>C\u2019est le deuxi\u00e8me livre de cet auteur que je lis et j\u2019aime beaucoup. Tr\u00e8s original. ( voir article sur <em><u><a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=176\">Le Village \u00e9vanoui<\/a> )<\/u><\/em><\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Les annonces pour les programmes immobiliers sont un genre en soi, codifi\u00e9 subtilement.<\/p>\n<p>les noms des immeubles en projet, toujours chic et ronflants.<em> Jardins<\/em> de ceci.<em> Terrasses<\/em> de cela.<em> Cour, clos, villa<\/em>. Souvent, on dirait des noms de voiture\u00a0: Anthin\u00e9a, Exclusive, S\u00e9r\u00e9nissime.<\/p>\n<p>De m\u00eame que tout est aujourd\u2019hui de standing, tout sera demain d\u2019exception. Il faudra inventer autre chose.<\/p>\n<p>Architecte, conducteur de chantier, juristes, secr\u00e9taires, commerciaux, tout le monde est sur le pont. Je compare cette phase du projet \u00e0 un sommeil l\u00e9ger. Le terrain para\u00eet ensommeill\u00e9, mais en fait il r\u00eave. Il r\u00eave du b\u00e2timent qui va surgir l\u00e0, des beaux contrats de vente que signera bient\u00f4t le promoteur, des b\u00e9n\u00e9fices que tout cela va occasionner.<\/p>\n<p>un client, comme une pomme, finit toujours par tomber\u00a0; il suffit d\u2019attendre qu\u2019il soit m\u00fbr.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0du grand standing au standing tout court\u00a0\u00bb\u00a0; Daninos ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0On ne dit pas petit.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Certains spectateurs, le soir, repenseraient devant leur d\u00eener \u00e0 cette d\u00e9molition, avec l\u2019impression bizarre d\u2019avoir assist\u00e9 \u00e0 un meurtre.<\/p>\n<p>On peine \u00e0 le croire, mais c\u2019est vrai\u00a0: il existe un trafic de sable, au m\u00eame titre que le trafic d\u2019armes ou de drogue.<\/p>\n<p>Des fen\u00eatres horizontales, symboles d\u2019une civilisation d\u2019hommes couch\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019avantage des cloisons tr\u00e8s fines dans les immeubles modernes, c\u2019est qu\u2019on a deux discoth\u00e8ques pour le prix d\u2019une\u00a0: la sienne et celle du voisin. H\u00e9las, jamais deux voisins n\u2019ont les m\u00eames go\u00fbts, ni l\u2019envie d\u2019\u00e9couter leur musique au m\u00eame moment.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Un mot me vient quand je regarde une ville, c\u2019est \u201cempilement\u201d. (\u201cEntassement\u201d conviendrait aussi.) Empilement d\u2019humains dans des bo\u00eetes, comme on empile les objets dans des containers pour qu\u2019ils traversent la mer.<\/p>\n<p>Les villes sont le gouffre de l\u2019esp\u00e8ce humaine.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u2013\u00a0De qui est-ce\u00a0?<br \/>\n\u2013\u00a0Rousseau.<\/p>\n<p>Les urbanistes ne valent pas mieux. D\u2019ailleurs, ce sont souvent les m\u00eames. Ils s\u2019en vantent, et se proclament \u201carchitecte-urbaniste\u201d, comme on dirait violeur-assassin. On les pendra deux fois.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le voisin dans un immeuble \u00e9quivaut \u00e0 l\u2019acouph\u00e8ne. Impossible de s\u2019en d\u00e9barrasser, il est \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur.<br \/>\nComme l\u2019acouph\u00e8ne, le voisin rend fou.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><strong><em>Autres romans du style cit\u00e9s<\/em><\/strong><em>\u00a0:<\/em><\/p>\n<ul>\n<li><em>G.H.<\/em>, roman de James Ballard, classique des classiques \u2013\u00a0l\u2019un des rares romans dont on puisse dire, en fait, qu\u2019un immeuble est son personnage central.<\/li>\n<li><em>Le Locataire chim\u00e9rique<\/em>. C\u00e9l\u00e8bre roman de Roland Topor (1964) adapt\u00e9 par Roman Polanski (1976), [\u2026] Oppressant, parano\u00efaque, ce roman m\u00e9lange un argument fantastique avec une satire de l\u2019habitat-prison, o\u00f9 chacun surveille les autres et r\u00e9crimine.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur :\u00a0 n\u00e9 le 27 juin 1978 \u00e0 Bastogne, est un \u00e9crivain belge, docteur en droit, critique et professeur universitaire de droit \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Bourgogne. Critique litt\u00e9raire, Il \u00e9crit pour la publication Chronic\u2019art, dont il est le responsable des pages livres. En 2005, il publie L\u2019Angoisse de la premi\u00e8re phrase. 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