{"id":75,"date":"2014-02-23T19:49:56","date_gmt":"2014-02-23T18:49:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=75"},"modified":"2014-02-26T08:16:25","modified_gmt":"2014-02-26T07:16:25","slug":"mankell-henning-loeil-du-leopard-2012","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=75","title":{"rendered":"Mankell, Henning \u00ab\u00a0L&rsquo;oeil du l\u00e9opard\u00a0\u00bb (2012)"},"content":{"rendered":"<div>\n<div><strong>R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;Editeur<\/strong>\u00a0:\u00a0 Dans les ann\u00e9es 1950, dans le Norrland, Hans Olofson est \u00e9lev\u00e9 par son p\u00e8re, un ancien marin devenu b\u00fbcheron alcoolique. Hans a deux amis, un fils de juge paralys\u00e9 par une chute et Janine, une jeune femme d\u00e9figur\u00e9e dont il est l&rsquo;amant mais qui meurt noy\u00e9e. D\u00e9sireux de r\u00e9aliser le r\u00eave de la jeune femme, Hans part en Zambie, sur les traces d&rsquo;un missionnaire.\u00a0Se sentant responsable de la mort de la femme qu&rsquo;il aime, Hans d\u00e9cide de r\u00e9aliser son r\u00eave : partir \u00e0 Mutshatsha, en Zambie, sur les traces d&rsquo;un missionnaire su\u00e9dois. \u00c0 la fois fascin\u00e9 et effray\u00e9 par l&rsquo;Afrique, la mis\u00e8re, la violence et le chaos, Hans accepte d&rsquo;aider Judith \u00e0 diriger sa ferme et tente d&rsquo;y mettre en oeuvre ses id\u00e9aux de justice. Il ne comprend pas encore ce qu&rsquo;il est venu chercher ici&#8230;<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0\u00a0:\u00a0Je suis une inconditionnelle de cet auteur qui partage sa vie entre la Su\u00e8de et le Mozambique, son \u0153uvre entre des romans policiers et des romans. La toile de fond de ce roman est la Zambie, Un jeune su\u00e9dois quitte la froide Su\u00e8de pour l\u2019Afrique. Ce qui devait \u00eatre un court p\u00e9riple se transformera en un long s\u00e9jour de 18 ans. De simple touriste, il deviendra \u00ab\u00a0Exploitant Blanc\u00a0\u00bb d\u2019une ferme qui produit et vend des \u0153ufs. L\u2019Afrique noire et les travailleurs d\u2019un c\u00f4t\u00e9, les \u00ab\u00a0patrons\u00a0\u00bb blancs de l\u2019autre. L\u2019argent face aux croyances, \u00e0 la tradition\u2026 Hans s\u2019installera en Afrique mais plus le temps passera et plus il aura peur des noirs. Il vivra \u2013 comme tous les blancs &#8211; en permanence sous la protection de ses chiens, parano\u00efaque, se barricadant la nuit, dormant son fusil \u00e0 port\u00e9e de main. Bien que riche, la vie ne lui fera pas de cadeau\u00a0; paludisme, solitude, alcool. Mankell nous d\u00e9crit le foss\u00e9 entre l\u2019Afrique noire et l\u2019homme blanc, qui souhaiterait la comprendre mais en est exclu\u2026Et que penser des personnages qui gravitent autour de lui, de ses fr\u00e9quentations\u00a0; peut-il faire confiance \u00e0 ce journaliste noir, \u00e0 ce su\u00e9dois travaillant dans l\u2019 humanitaire \u2026 \u00a0Il sera hant\u00e9 toute sa vie par le danger qui rode, tel le l\u00e9opard qui n\u2019est jamais loin mais toujours invisible, pr\u00eat \u00e0 attaquer et laissant planer la peur. Le l\u00e9opard, c\u2019est l\u2019Afrique, pr\u00e9sent et invisible, omnipr\u00e9sent et inapprochable, beau et sauvage, inqui\u00e9tant. Arrivera-t-il \u00e0 quitter cette Afrique, maitresse chaude et indomptable, cruelle et attirante, ensorcelante, pour regagner la Su\u00e8de\u00a0?<\/p>\n<p>A lire ce livre on ressent l\u2019amour de l\u2019auteur pour ce continent. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 happ\u00e9e par l\u2019ambiance, opaque et glauque, ou les sentiments et les peurs sont latentes, pr\u00e9sentes, palpables, mais non dites\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0\u00a0:<\/p>\n<p>&#8211; Quel est le pays africain qui re\u00e7oit la plus grande aide europ\u00e9enne ? demande Fischer. C&rsquo;est une devinette. Personne ne m&rsquo;a encore donn\u00e9 la bonne r\u00e9ponse.<br \/>\n&#8211; La Tanzanie, propose Hans.<br \/>\n&#8211; Faux. C&rsquo;est la Suisse. Des fonds destin\u00e9s au d\u00e9veloppement des pays africains viennent approvisionner des comptes anonymes en Suisse, l&rsquo;argent ne fait que transiter par l&rsquo;Afrique&#8230;<\/p>\n<p>La vie ne dure qu&rsquo;une seconde vertigineuse. Elle n&rsquo;est qu&rsquo;un petit souffle dans la bouche de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Seul le fou se croit capable de d\u00e9fier le temps&#8230;<\/p>\n<p>Le comportement barbare de l&rsquo;\u00eatre humain a toujours un visage humain, pense-t-il confus\u00e9ment. C&rsquo;est ce qui rend la barbarie si inhumaine.<\/p>\n<p>On n&rsquo;a rien \u00e0 craindre de ceux qui crient. Ce sont les silencieux qu&rsquo;il faut surveiller.<\/p>\n<p>Il faut laisser le pass\u00e9 se dissoudre et s&rsquo; en aller avec le vent.<\/p>\n<p>L&rsquo;obscurit\u00e9 de la nuit est une personne ambigu\u00eb, \u00e0 la fois amie et ennemie. C&rsquo;est elle qui fait remonter \u00e0 la surface les cauchemars et les terreurs. C&rsquo;est elle qui transforme les poutres tourment\u00e9es par le froid en mains mena\u00e7antes. Mais l&rsquo;obscurit\u00e9 est aussi amicale puisque c&rsquo;est sous sa protection qu&rsquo;il peut \u00e9laborer ses r\u00eaves et \u00e9chafauder ce qu&rsquo;on appelle l&rsquo;avenir.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On ne peut pas tout partager, il faut s&rsquo;am\u00e9nager un jardin secret. En avan\u00e7ant dans la vie, on acquiert cette sagesse fondamentale qui vous indique les r\u00eaves qui sont \u00e0 partager et ceux qui sont \u00e0 garder secret.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Un Blanc ne cherche jamais \u00e0 conna\u00eetre les traditions, encore moins \u00e0 \u00eatre \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute des anc\u00eatres. L&rsquo;homme blanc travaille beaucoup et vite alors que l&rsquo;homme noir associe l&rsquo;urgence et l&rsquo;impatience \u00e0 un manque d&rsquo;intelligence. Pour l&rsquo;homme noir, la sagesse c&rsquo;est de r\u00e9fl\u00e9chir longuement et minutieusement.<\/p>\n<p>Il entre dans l&rsquo;\u00e2ge o\u00f9 chaque \u00eatre se transforme en pyromane. Ses passions s&rsquo;enflamment, s&rsquo;\u00e9teignent, le d\u00e9vorent, mais il rena\u00eet toujours de ses cendres.<\/p>\n<p>[&#8230;] mais on ne pourra jamais se d\u00e9faire enti\u00e8rement de ses origines. Il en restera toujours quelque chose. Et c&rsquo;est plus qu&rsquo;un souvenir, c&rsquo;est un rappel de qui on est.<\/p>\n<p>Un mensonge ne devient jamais v\u00e9rit\u00e9, m\u00eame \u00e0 force d&rsquo;\u00eatre r\u00e9p\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;Editeur\u00a0:\u00a0 Dans les ann\u00e9es 1950, dans le Norrland, Hans Olofson est \u00e9lev\u00e9 par son p\u00e8re, un ancien marin devenu b\u00fbcheron alcoolique. Hans a deux amis, un fils de juge paralys\u00e9 par une chute et Janine, une jeune femme d\u00e9figur\u00e9e dont il est l&rsquo;amant mais qui meurt noy\u00e9e. 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