{"id":7558,"date":"2018-12-19T11:21:14","date_gmt":"2018-12-19T10:21:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7558"},"modified":"2018-12-19T14:11:42","modified_gmt":"2018-12-19T13:11:42","slug":"barbey-daurevilly-jules-les-diaboliques-1874","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7558","title":{"rendered":"Barbey d\u2019Aurevilly, Jules \u00ab Les diaboliques \u00bb (1874)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur\u00a0<\/strong>: Jules Am\u00e9d\u00e9e Barbey d\u2019Aurevilly est un \u00e9crivain fran\u00e7ais, n\u00e9 le 2 novembre 1808 \u00e0 Saint-Sauveur-le-Vicomte (Manche), en Normandie, mort le 23 avril 1889 \u00e0 Paris. Surnomm\u00e9 le \u00ab Conn\u00e9table des lettres \u00bb, il a contribu\u00e9 \u00e0 animer la vie litt\u00e9raire fran\u00e7aise de la seconde moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e0 la fois romancier, nouvelliste, essayiste, po\u00e8te, critique litt\u00e9raire, journaliste, dandy et pol\u00e9miste.<\/p>\n<p>Ma\u00eetre de l&rsquo;effroi et du surnaturel, Jules Barbey d&rsquo;Aurevilly est un contemporain des romantiques et de l&rsquo;\u00e9crivain am\u00e9ricain Edgar Poe. Son chef-d&rsquo;\u0153uvre est Les Diaboliques, \u00ab prodigieux recueil de six histoires amorales qui n&rsquo;ont pas fini de saisir par leur audace glac\u00e9e. \u00bb<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Les Diaboliques (1874), ce sont six histoires de femmes qui cultivent leur p\u00e9ch\u00e9 en un recueillement impie \u2013 six nouvelles de passion, d\u2019adult\u00e8re et de crime, qui valurent \u00e0 l\u2019auteur un succ\u00e8s foudroyant. Accus\u00e9 de diabolisme, menac\u00e9 de poursuites pour outrage aux bonnes m\u0153urs, il dut se d\u00e9fendre en prenant la posture du moraliste chr\u00e9tien, peintre critique de la soci\u00e9t\u00e9 de son temps et des \u00abcrimes de l\u2019extr\u00eame civilisation\u00bb. Contre les bien-pensants, Barbey d\u2019Aurevilly eut l\u2019audace de donner \u00e0 voir, dans un style aussi luxuriant que cynique, la puissance vertigineuse du d\u00e9sir \u00e9rotique et ses perversions.<\/p>\n<p><strong>6 nouvelles<\/strong>\u00a0: Une adolescente se r\u00eave enceinte de l\u2019amant de sa m\u00e8re (Le Plus Bel Amour de Don Juan) ; une femme empoisonne l\u2019\u00e9pouse de son amant avant de go\u00fbter avec lui une f\u00e9licit\u00e9 d\u00e9pourvue de tout remords (Le Bonheur dans le crime) ; une duchesse espagnole, pour punir son mari d\u2019avoir tu\u00e9 son amant, d\u00e9shonore son nom en se prostituant (La Vengeance d\u2019une femme)<\/p>\n<p>Ces six nouvelles sont Le Rideau cramoisi, Le Plus Bel Amour de Don Juan, Le Bonheur dans le crime, Le Dessous de cartes d&rsquo;une partie de whist, \u00c0 un diner d&rsquo;ath\u00e9es et La Vengeance d&rsquo;une femme. Le recueil des Diaboliques de Jules Barbey d\u2019Aurevilly, qui devait \u00e0 l\u2019origine s\u2019appeler Ricochets de conversation, est publi\u00e9 en novembre 1874, \u00e0 Paris, chez l&rsquo;\u00e9diteur Dentu.<\/p>\n<p>Les th\u00e8mes principaux, dans <em>Les Diaboliques<\/em>, sont l&rsquo;amour, l&rsquo;adult\u00e8re, le meurtre, la vengeance et la rancune. Jules Barbey d\u2019Aurevilly plonge le lecteur dans un univers scandaleux, ce qui lui a valu d\u2019\u00eatre accus\u00e9 d\u2019immoralisme. Pourtant, l\u2019auteur des Diaboliques est un fervent catholique, et il pr\u00e9cise dans sa pr\u00e9face qu\u2019il \u00e9crit ses nouvelles dans un souci d\u2019\u00e9dification : il cherche \u00e0 provoquer un sentiment d\u2019horreur face aux comportements que les personnages adoptent. C\u2019est, autre autres, cette ambivalence qui contribue \u00e0 faire des six nouvelles des <em>Diaboliques<\/em> un v\u00e9ritable chef-d\u2019\u0153uvre de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise.<\/p>\n<p><strong><em>source et information<\/em><\/strong>\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.lepetitlitteraire.fr\/analyses-litteraires\/jules-amedee-barbey-d-aurevilly\/les-diaboliques\/analyse-du-livre\">Les Diaboliques : Analyse du livre<\/a><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les Histoires sont vraies. Rien d\u2019invent\u00e9. Tout vu. Tout touch\u00e9 du coude ou du doigt. Il y aura certainement des t\u00eates vives, mont\u00e9es par ce titre de Diaboliques, qui ne les trouveront pas aussi diaboliques qu\u2019elles ont l\u2019air de s\u2019en vanter. Elles s\u2019attendaient \u00e0 des inventions, \u00e0 des complications, \u00e0 des recherches, \u00e0 des raffinements, \u00e0 tout le tremblement du m\u00e9lodrame moderne, qui se fourre partout, m\u00eame dans le roman : quelque chose comme les M\u00e9moires du Diable qui n\u2019ont donn\u00e9 \u00e0 leur auteur qu\u2019une peine du Diable.\u00a0\u00bb (Pr\u00e9face de Barbey aux Diaboliques)<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Un classique de temps en temps\u2026 Quel plaisir de relire celui-ci.. Depuis le lyc\u00e9e j\u2019ai toujours aim\u00e9 ce livre, bien qu\u2019en g\u00e9n\u00e9ral, les nouvelles me laissent toujours sur ma faim. Mais quelle \u00e9criture\u00a0! Je n\u2019ai rien \u00e0 vous dire de plus que lisez\u2026 Ma pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e est \u00ab\u00a0Le Bonheur dans le crime\u00a0\u00bb suivie de \u00ab\u00a0La Vengeance d\u2019une femme\u00a0\u00bb \u2026 (Si vous lisez sur liseuse, vous pouvez vous procurez le texte gratuitement sur internet car c\u2019est un Classique libre de droits) et venez me faire part de vos commentaires\u2026<\/p>\n<p><strong>Extraits\u00a0<\/strong>:<\/p>\n<p>Il n\u2019y en a pas une seule \u00e0 qui on puisse dire le mot de \u00ab\u00a0mon ange\u00a0\u00bb sans exag\u00e9rer. Comme le Diable qui \u00e9tait un ange aussi, mais qui a culbut\u00e9, si elles sont des anges encore, c\u2019est la t\u00eate en bas, le reste\u2026 en haut\u00a0! Pas une ici qui soit pure, vertueuse, innocente.<\/p>\n<p>L\u2019Art a deux lobes, comme le cerveau. La Nature ressemble \u00e0 ces femmes qui ont un \u0153il bleu et un \u0153il noir. Voici l\u2019\u0153il noir, dessin\u00e9 \u00e0 l\u2019encre\u2026 de la PETITE VERTU. Oh\u00a0! de la plus petite qu\u2019on ait pu trouver\u00a0!<\/p>\n<p>L\u2019alphabet des romanciers, c\u2019est la vie de tous ceux qui eurent des passions et des aventures, et il ne s\u2019agit que de combiner, avec la discr\u00e9tion d\u2019un art profond, les lettres de cet alphabet-l\u00e0.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019il exaltait \u00e0 outrance la personnalit\u00e9 du soldat, toujours pr\u00eate, en France, \u00e0 la fatuit\u00e9 et \u00e0 la coquetterie, ces deux provocations permanentes, l\u2019une par le ton qu\u2019elle prend, l\u2019autre par l\u2019envie qu\u2019elle excite.<\/p>\n<p>L\u2019amour ne proc\u00e8de pas avec cette impudeur et cette impudence, et je savais parfaitement aussi que ce qu\u2019elle me faisait \u00e9prouver n\u2019en \u00e9tait pas non plus. Mais, amour ou non\u2026 ce que c\u2019\u00e9tait, je le voulais\u00a0!\u2026<\/p>\n<p>le d\u00e9sir de m\u2019enlacer tout entier \u00e0 elle tout enti\u00e8re, comme sa main s\u2019\u00e9tait enlac\u00e9e \u00e0 ma main\u00a0!<\/p>\n<p>Je compris le bonheur de ceux qui se cachent. Je compris la jouissance du myst\u00e8re dans la complicit\u00e9, qui, m\u00eame sans l\u2019esp\u00e9rance de r\u00e9ussir, ferait encore des conspirateurs incorrigibles.<\/p>\n<p>une vieille m\u00e9contente, aux yeux bleus, froids et affil\u00e9s, mais moins froids que son c\u0153ur et moins affil\u00e9s que son esprit,<\/p>\n<p>Comme d\u2019Orsay, ce dandy taill\u00e9 dans le bronze de Michel-Ange, qui fut beau jusqu\u2019\u00e0 sa derni\u00e8re heure, Ravila avait eu cette beaut\u00e9 particuli\u00e8re \u00e0 la race Juan, \u2013 \u00e0 cette myst\u00e9rieuse race qui ne proc\u00e8de pas de p\u00e8re en fils, comme les autres, mais qui appara\u00eet \u00e7\u00e0 et l\u00e0, \u00e0 de certaines distances, dans les familles de l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n<p>les griffes de tigre de la vie commen\u00e7aient \u00e0 lui rayer ce front divin, couronn\u00e9 des roses de tant de l\u00e8vres, et sur ses larges tempes impies apparaissaient les premiers cheveux blancs qui annoncent l\u2019invasion prochaine des Barbares et la fin de l\u2019Empire\u2026<\/p>\n<p>dans ce boudoir fleur de p\u00eacher ou de\u2026 p\u00e9ch\u00e9 (on n\u2019a jamais bien su l\u2019orthographe de la couleur de ce boudoir),<\/p>\n<p>Et il leva son verre de champagne, qui n\u2019\u00e9tait pas la coupe b\u00eate et pa\u00efenne par laquelle on l\u2019a remplac\u00e9, mais le verre \u00e9lanc\u00e9 et svelte de nos anc\u00eatres, qui est le vrai verre de champagne, \u2013 celui-l\u00e0 qu\u2019on appelle une fl\u00fbte, peut-\u00eatre \u00e0 cause des c\u00e9lestes, m\u00e9lodies qu\u2019il nous verse souvent au c\u0153ur.<\/p>\n<p>Lionne, d\u2019une esp\u00e8ce inconnue, qui s\u2019imaginait avoir des griffes, et qui, quand elle voulait les allonger, n\u2019en trouvait jamais dans ses magnifiques pattes de velours. C\u2019est avec du velours qu\u2019elle \u00e9gratignait\u00a0!<\/p>\n<p>Elle ne voulait rien faire devant moi qui p\u00fbt la mettre, je ne dis pas en valeur, mais seulement en dehors d\u2019elle-m\u00eame\u2026<\/p>\n<p>Je ne la voyais alors que de profil\u00a0; mais\u00a0; le profil, c\u2019est l\u2019\u00e9cueil de la beaut\u00e9 ou son attestation la plus \u00e9clatante.<\/p>\n<p>Le m\u00e9decin est le confesseur des temps modernes, \u2013 fit le docteur, avec un ton solennellement goguenard. \u2013 Il a remplac\u00e9 le pr\u00eatre, Monsieur, et il est oblig\u00e9 au secret de la confession comme le pr\u00eatre\u2026<\/p>\n<p>Les hommes sont tous les m\u00eames. L\u2019\u00e9tranget\u00e9 leur d\u00e9pla\u00eet, d\u2019homme \u00e0 homme, et les blesse\u00a0; mais si l\u2019\u00e9tranget\u00e9 porte des jupes, ils en raffolent.<\/p>\n<p>ils rest\u00e8rent ainsi sculpt\u00e9s bouche \u00e0 bouche le temps, ma foi, de boire, sans s\u2019interrompre et sans reprendre, au moins une bouteille de baisers\u00a0!<\/p>\n<p>Et croyez que je l\u2019ai bien \u00e9tudi\u00e9, bien scrut\u00e9, bien perscrut\u00e9\u00a0! Croyez que j\u2019ai bien cherch\u00e9 la petite b\u00eate dans ce bonheur-l\u00e0\u00a0! Je vous demande pardon de l\u2019expression, mais je puis dire que je l\u2019ai pouill\u00e9\u2026<\/p>\n<p>J\u2019avais d\u00e9j\u00e0 remarqu\u00e9 que les \u00eatres heureux sont graves. Ils portent en eux attentivement leur c\u0153ur, comme un verre plein, que le moindre mouvement peut faire d\u00e9border ou briser\u2026<\/p>\n<p>On ne peint pas plus le bonheur, cette infusion d\u2019une vie sup\u00e9rieure dans la vie, qu\u2019on ne saurait peindre la circulation du sang dans les veines.<\/p>\n<p>Les enfants, \u2013 ajouta-t-elle avec une esp\u00e8ce de m\u00e9pris, \u2013 sont bons pour les femmes malheureuses\u00a0!<\/p>\n<p>c\u2019\u00e9tait le jeu, la derni\u00e8re passion des \u00e2mes us\u00e9es.<\/p>\n<p>Un homme qui, comme les autres, ne s\u2019occuperait que des dames de carreau et de tr\u00e8fle\u00a0!<\/p>\n<p>Toute sup\u00e9riorit\u00e9 quelconque est une s\u00e9duction irr\u00e9sistible, qui proc\u00e8de par rapt et vous emporte dans son orbite. Mais ce n\u2019est pas tout. Elle vous f\u00e9conde en vous emportant.<\/p>\n<p>L\u2019esprit seul, un esprit brillant, damasquin\u00e9 et affil\u00e9 comme une \u00e9p\u00e9e, allumait parfois dans ce regard vitrifi\u00e9 les \u00e9clairs de ce glaive qui tourne dont parle la Bible.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait de l\u2019esprit servi dans sa glace, une femme froide \u00e0 vous faire tousser.<\/p>\n<p>Mais hors ces hi\u00e9roglyphes de geste et de physionomie que savent lire les observateurs, et qui n\u2019ont, comme la langue des hi\u00e9roglyphes, qu\u2019un fort petit nombre de mots, Marmor de Karko\u00ebl \u00e9tait ind\u00e9chiffrable [\u2026]<\/p>\n<p>Tous les jeunes nobles de la ville qu\u2019il habitait, et il y en avait plusieurs de fort spirituels, curieux comme des femmes et entortillants comme des couleuvres, \u00e9taient d\u00e9mang\u00e9s du d\u00e9sir de lui faire raconter les m\u00e9moires in\u00e9dits de sa jeunesse, entre deux cigarettes de maryland.<\/p>\n<p>Pour ces sortes d\u2019esprits, toujours en dehors, brillants, agressifs, se retenir, se voiler, est chose difficile. Se voiler, n\u2019est-ce pas m\u00eame une mani\u00e8re de se trahir\u00a0?<\/p>\n<p>Or, l\u2019enfer, c\u2019est le ciel en creux. Le mot diabolique ou divin, appliqu\u00e9 \u00e0 l\u2019intensit\u00e9 des jouissances, exprime la m\u00eame chose, c\u2019est-\u00e0-dire des sensations qui vont jusqu\u2019au surnaturel.<\/p>\n<p>la d\u00e9bile et p\u00e2le moqueuse qu\u2019on appelait en riant madame de Givre, n\u2019aurait jamais su elle-m\u00eame quel imp\u00e9rieux vouloir elle portait dans son sein de neige fondue<\/p>\n<p>Tout \u00e0 coup, j\u2019eus froid dans les nerfs, et par je ne sais quelle \u00e9vocation foudroyante et involontaire, un souvenir me saisit avec l\u2019invincible brutalit\u00e9 de ces id\u00e9es qui f\u00e9condent monstrueusement la pens\u00e9e r\u00e9volt\u00e9e, en la violant.<\/p>\n<p>le calme qui ne la quittait jamais, m\u00eame quand elle ajustait l\u2019\u00e9pigramme, car sa plaisanterie ressemblait \u00e0 une balle, la seule arme qui tue sans se passionner, tandis que l\u2019\u00e9p\u00e9e, au contraire, partage la passion de la main.<\/p>\n<p>car, en plusieurs ann\u00e9es, les villes changent comme les femmes\u00a0: on ne les reconna\u00eetrait plus.<\/p>\n<p>Il y a toujours des Chevaliers errants dans le monde. Ils ne redressent plus les torts avec la lance, mais les ridicules avec la raillerie<\/p>\n<p>rien ne casse mieux que la pens\u00e9e fixe du malheur le kal\u00e9idoscope de l\u2019esprit et ne l\u2019emp\u00eache mieux de tourner, en \u00e9blouissant.<\/p>\n<p>Il fallait le voir, \u00e0 la moindre discussion, sa poitrine de volcan soulev\u00e9e, passant du p\u00e2le \u00e0 un p\u00e2le plus profond, le front labour\u00e9 de houles de rides \u2013 comme la mer dans l\u2019ouragan de sa col\u00e8re, \u2013 les pupilles jaillissant de leur corn\u00e9e, comme pour frapper ceux \u00e0 qui il parlait, \u2013 deux balles flamboyantes\u00a0!<\/p>\n<p>\u00c9tait-ce l\u00e0 une derni\u00e8re coquetterie de sa vie d\u2019homme \u00e0 femmes, \u00e0 ce d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, et qui survivait \u00e0 cette vie finie, enterr\u00e9e, comme le soleil couch\u00e9 envoie un dernier rayon rose au flanc des nuages derri\u00e8re lesquels il a sombr\u00e9\u00a0?\u2026<\/p>\n<p>Il buvait son bonheur en silence, comme les vrais ivrognes, qui boivent seuls.<\/p>\n<p>Le Roman est sp\u00e9cialement l\u2019histoire des m\u0153urs, mise en r\u00e9cit et en drame, comme l\u2019est souvent l\u2019Histoire elle-m\u00eame. Et nulle autre diff\u00e9rence que celles-ci\u00a0: c\u2019est que l\u2019un (le Roman) met ses m\u0153urs sous le couvert de personnages d\u2019invention, et que l\u2019autre (l\u2019Histoire) donne les noms et les adresses. Seulement, le Roman creuse bien plus avant que l\u2019Histoire. Il a un id\u00e9al, et l\u2019Histoire n\u2019en a pas\u00a0: elle est brid\u00e9e par la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>La beaut\u00e9 est une. Seule, la laideur est multiple, et encore sa multiplicit\u00e9 est bien vite \u00e9puis\u00e9e.<\/p>\n<p>Eh bien\u00a0! aucune d\u2019elles n\u2019aurait mieux justifi\u00e9 ce nom de panth\u00e8re\u2026 Elle en eut, ce soir-l\u00e0, la souplesse, les enroulements, les bonds, les \u00e9gratignements et les morsures.<\/p>\n<p>Notre amour avait eu la simultan\u00e9it\u00e9 de deux coups de pistolet tir\u00e9s en m\u00eame temps, et qui tuent\u2026<\/p>\n<p>Comment nous apercevoir qu\u2019il \u00e9tait jaloux, et de quelle jalousie\u00a0! De la seule dont il f\u00fbt capable\u00a0: de la jalousie de l\u2019orgueil.<\/p>\n<p>le silence, ce silence de la haine, qui se nourrit d\u2019elle-m\u00eame et n\u2019a pas besoin de parler.<\/p>\n<p><strong>Info\u00a0: <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Carbonarisme\">carbonarisme<\/a><\/strong> \u2013 (Le <em>carbonarisme<\/em> (pour l&rsquo;Italie) ou <em>charbonnerie<\/em> (pour la France) est un mouvement initiatique et secret, \u00e0 forte connotation politique, pr\u00e9sent en Italie, en France, au Portugal et en Espagne au d\u00e9but et au milieu du XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle\u00a0; il a notamment contribu\u00e9 au processus de l&rsquo;unification de l&rsquo;Italie.)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Jules Am\u00e9d\u00e9e Barbey d\u2019Aurevilly est un \u00e9crivain fran\u00e7ais, n\u00e9 le 2 novembre 1808 \u00e0 Saint-Sauveur-le-Vicomte (Manche), en Normandie, mort le 23 avril 1889 \u00e0 Paris. 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