{"id":7848,"date":"2019-02-03T12:08:47","date_gmt":"2019-02-03T11:08:47","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7848"},"modified":"2019-02-03T12:09:37","modified_gmt":"2019-02-03T11:09:37","slug":"bamberger-vanessa-alto-braco-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7848","title":{"rendered":"Bamberger, Vanessa  \u00abAlto Braco\u00bb (2019)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: Vanessa Bamberger est n\u00e9e en 1972 \u00e0 Paris o\u00f9 elle habite. Apr\u00e8s \u00abPrincipe de suspension<span style=\"display: inline !important; float: none; background-color: #ffffff; color: #333333; font-family: Georgia,'Times New Roman','Bitstream Charter',Times,serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: left; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\">\u00bb<\/span> (Liana Levi, 2017), elle a souhait\u00e9 pour ce deuxi\u00e8me roman \u00ab<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7848\">Alto Braco<\/a>\u00bb rendre hommage \u00e0 l&rsquo;Aubrac natal de sa grand-m\u00e8re et de sa grand-tante.<\/p>\n<p>Liana Levi \u2013 10. 01.2019 \u2013 250 pages<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Brune a grandi au-dessus du Catulle, le caf\u00e9 parisien de ses \u00a0\u00bb grands-m\u00e8res \u00ab\u00a0, Douce et Granita, qui l&rsquo;ont \u00e9lev\u00e9e apr\u00e8s la mort de Rose, sa m\u00e8re. A l&rsquo;\u00e9poque, les soeurs Rigal \u2013 deux sacr\u00e9es bonnes femmes \u2013 servaient jusqu&rsquo;\u00e0 deux cents repas par jour. Comme chez la plupart des limonadiers aveyronnais de Paris, les mots \u00a0\u00bb vacances \u00a0\u00bb et \u00a0\u00bb loisirs \u00a0\u00bb y \u00e9taient bannis. L&rsquo;\u00e9t\u00e9, elles envoyaient la petite Brune dans leur Aubrac natal, une terre \u00e0 la fois ch\u00e9rie et d\u00e9test\u00e9e. Brune n&rsquo;y est pas retourn\u00e9e depuis plus de vingt ans. Mais juste avant de mourir, Douce lui a demand\u00e9 d&rsquo;\u00eatre inhum\u00e9e sur le plateau, au pays des for\u00eats d&rsquo;\u00e9pic\u00e9as et des lacs argent\u00e9s, des steppes br\u00fbl\u00e9es et des vaches caramel, dans l&rsquo;infini brumeux balay\u00e9 par l&rsquo;\u00e9cir, ce vent de temp\u00eate qui souffle comme un mauvais sort&#8230; Accompagn\u00e9e de Granita, Brune d\u00e9couvre un monde \u00e0 part o\u00f9 se m\u00ealent tradition et modernit\u00e9. Et peu \u00e0 peu, les secrets de la famille Rigal surgissent des tourbi\u00e8res, les \u00a0\u00bb hautes boues \u00a0\u00bb de l&rsquo;Aubrac, Alto Braco en occitan.<\/p>\n<p><strong>La Presse<\/strong>\u00a0:<br \/>\n\u00abUn talent fou.\u00bb T\u00e9l\u00e9matin<br \/>\n\u00abAlto Braco d\u00e9payse, emporte et s\u00e9duit.\u00bb Elle<br \/>\n\u00abC&rsquo;est passionnant.\u00bb Le Figaro litt\u00e9raire<br \/>\n\u00abUn tr\u00e8s beau texte.\u00bb Avantages<br \/>\n\u00abUn roman sensible qui sonde le lien \u00e0 la terre et au pass\u00e9.\u00bb Le Parisien weekend<br \/>\n\u00abUne \u00e9criture tendre et persill\u00e9e comme un steak d\u2019Aubrac.\u00bb Le Berry R\u00e9publicain<br \/>\n\u00abUn bel hymne \u00e0 la terre et aux paysans qui la font vivre.\u00bb Notre Temps<br \/>\n\u00abUn roman initiatique, \u00e0 lire absolument.\u00bb Parutions<br \/>\n\u00abUn saut dans un pass\u00e9 trop longtemps tu.\u00bb Zibeline<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: D\u00e9paysant\u2026 un peu mitig\u00e9e tout de m\u00eame.<\/p>\n<p>Ce qui m\u2019a le plus int\u00e9ress\u00e9 est la discussion sur les racines.. Sommes-nous attach\u00e9es \u00e0 la terre sur laquelle nous sommes n\u00e9es, \u00e0 l\u2019endroit ou se rattachent nos souvenirs ou sommes nous d\u00e9pendants de nos g\u00e8nes et de nos racines profondes et ancestrales\u00a0?<\/p>\n<p>Je ne regrette pas d\u2019avoir lu le livre que m\u2019a pass\u00e9 mon amie qui a des origines familiales par l\u00e0-haut mais je dois \u00eatre trop citadine pour appr\u00e9cier \u00e0 sa juste valeur. Autant j\u2019ai bien aim\u00e9 les deux grand-m\u00e8res, autant la ruralit\u00e9 et le cot\u00e9 terroir des autres personnages ne m\u2019a pas trop conquise. Le cot\u00e9 nature et description de la r\u00e9gion m\u2019a bien plu mais tout le cot\u00e9 \u00e9levage et agriculture (l\u2019abattage, les races, les fili\u00e8res de vente, tout le cot\u00e9 terre \u00e0 terre) qui me fait rentrer la t\u00eate la premi\u00e8re dasn le r\u00e9el et l\u2019\u00e9conomie m\u2019a un peu gonfl\u00e9e. Il faut dire que je lis pour m\u2019\u00e9vader et non pas pour suivre la xi\u00e8me \u00e9mission sur les probl\u00e8mes du monde agricole (la g\u00e9n\u00e9tique, viande halal, \u00e9levage bio, le veau bio) \u2026<\/p>\n<p>Pour pimenter la vie il y a les secrets familiaux bien enfouis mais que tout le monde connait qui ont un certain charme. Il y a le respect des anciens, mais aussi la communaut\u00e9 aveyronnaise et cantaloue qui a envahi Paris, les accords entre les bistrots de la capitale et les producteurs locaux, et la diff\u00e9rence ville\/campagne et les vieux\/les jeunes<\/p>\n<p>Alors moiti\u00e9-moiti\u00e9\u2026 Mais alors comme plaquette touristique, oui\u2026 (la croix des Trois-\u00c9v\u00eaques, le G\u00e9vaudan, le Rouergue, l\u2019Auvergne, la Loz\u00e8re, l\u2019Aveyron et le Cantal, L\u2019Aubrac noir, Laguiole, \u2026) Elle vante super bien le charme de ce plateau d\u00e9sertique qui est en France mais pourrait \u00eatre dans une multitude de pays et qui souligne la possibilit\u00e9 de trouver le d\u00e9paysement pas loin de chez soi.<\/p>\n<p>Et ce cadre qui a vu se promener la B\u00eate du G\u00e9vaudan cela m\u2019a aussi fait penser au livre de Hermary-Vieille, Catherine \u00ab<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2568\">La b\u00eate<\/a>\u00bb que j\u2019avais bien aim\u00e9 ( juste pour la r\u00e9gion sauvage \u2026 )<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 la mode de se pr\u00e9occuper du bien-\u00eatre de nos animaux, mais on devrait aussi se soucier du bien-\u00eatre de nos vieux, avan\u00e7ait Granita d\u2019une voix docte. Si on mettait des cam\u00e9ras dans les maisons de retraite, on ne verrait pas que des belles choses.<\/p>\n<p>Les chambres exhalaient chacune le parfum de leur occupante. <em>Narcisse Noir<\/em> de Caron, dans celle de Douce, qui avait l\u2019habitude d\u2019en vaporiser un nuage devant elle et d\u2019y plonger.<\/p>\n<p>Les choses les plus \u00e9tranges restent naturelles tant qu\u2019on n\u2019en a pas connu d\u2019autres.<\/p>\n<p>Lorsque je leur reprochais de ne jamais m\u2019accompagner en vacances, elles se d\u00e9fendaient en arguant que le mot \u00ab\u00a0cong\u00e9s\u00a0\u00bb ne faisait pas partie de leur vocabulaire, pas plus que celui de \u00ab\u00a0m\u00e9decin\u00a0\u00bb. Elles se pr\u00e9tendaient dures comme leur pays.<\/p>\n<p>Je ne croyais ni aux g\u00e8nes ni aux racines attachant l\u2019\u00eatre humain \u00e0 une seule terre. Je me d\u00e9finissais comme parisienne parce que j\u2019avais \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e ici.<\/p>\n<p>Je voulais bien croire \u00e0 l\u2019influence de l\u2019environnement sur le corps et le mental, admettre que le pays de mes grands-m\u00e8res les avait fa\u00e7onn\u00e9es, faites dures comme le granit glac\u00e9, tranchantes comme le basalte, mais elles n\u2019\u00e9taient pas n\u00e9es ainsi.<\/p>\n<p>Je ne croyais pas qu\u2019on puisse appartenir \u00e0 un pays, mais \u00e0 une maison, si. Une maison ou un appartement, peu importe d\u00e8s lors que ses murs s\u2019\u00e9taient impr\u00e9gn\u00e9s de nos \u00e9motions, portaient nos paroles. Une odeur unique, un refuge.<\/p>\n<p>L\u2019Aubrac produisait immanquablement la m\u00eame r\u00e9action chez ses visiteurs\u00a0: on dirait la Mongolie\u00a0; on croirait la Nouvelle-Z\u00e9lande, l\u2019Australie, la Namibie, l\u2019Islande, le P\u00e9rou, le Tibet, le Canada, l\u2019\u00c9cosse\u2026<\/p>\n<p>Je connaissais le secret de la fabrication d\u2019un souvenir\u00a0: la premi\u00e8re fois, on se rappelait l\u2019\u00e9v\u00e9nement\u00a0; la deuxi\u00e8me, le souvenir de l\u2019\u00e9v\u00e9nement\u00a0; la troisi\u00e8me, le souvenir du souvenir, et ainsi de suite. Il finissait par devenir la r\u00e9\u00e9criture d\u2019un pass\u00e9 lointain.<\/p>\n<p>Est-ce grandir que prendre conscience qu\u2019on s\u2019est tromp\u00e9 sur ceux qu\u2019on aime\u00a0?<\/p>\n<p>les vaches avaient par ici davantage de valeur que les \u00eatres humains. On y trouvait plus de v\u00e9t\u00e9rinaires que de m\u00e9decins.<\/p>\n<p>Et depuis qu\u2019elle avait appris \u00e0 se servir d\u2019Internet, elle d\u00e9livrait son savoir encyclop\u00e9dique d\u2019un ton p\u00e9remptoire qui horripilait Douce, au point que celle-ci l\u2019avait surnomm\u00e9e Wikip\u00e9dante.<\/p>\n<p>Le plateau de l\u2019Aubrac ayant la particularit\u00e9 d\u2019\u00eatre, m\u2019avait-elle appris, un pays de femmes, de ma\u00eetresses femmes.<\/p>\n<p>Les enfants, bient\u00f4t on ne pourra m\u00eame plus leur demander d\u2019apprendre une table de multiplication de peur de les traumatiser, d\u00e9ploraient-elles.<\/p>\n<p>Un pays ne se transmettait pas par les g\u00e8nes, mais par l\u2019histoire, la culture.<\/p>\n<p>Il ne faut pas oublier dont l\u2019on vient. Un avertissement que mes grands-m\u00e8res s\u2019\u00e9taient bien gard\u00e9es de me donner. Je n\u2019avais pas \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e dans l\u2019id\u00e9e d\u2019appartenance \u00e0 un pays, d\u2019un droit \u00e0 la terre.<\/p>\n<p>Alimentation, climat, altitude, polluants, langue, culture, croyances, \u00e9ducation, modes de vie, sons, parfums, tout ce qui d\u00e9finissait un pays en somme, laissait une empreinte \u00e9pig\u00e9n\u00e9tique dans nos cellules, que nous transmettions \u00e0 nos enfants. Notre histoire personnelle laissait aussi sa marque.<\/p>\n<p>Chaque bouch\u00e9e me ramenait un peu plus en arri\u00e8re. Le pouvoir magique de la nourriture ne cessait jamais de m\u2019\u00e9tonner.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Vanessa Bamberger est n\u00e9e en 1972 \u00e0 Paris o\u00f9 elle habite. 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