{"id":7906,"date":"2019-02-07T14:40:22","date_gmt":"2019-02-07T12:40:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7906"},"modified":"2021-04-01T15:53:26","modified_gmt":"2021-04-01T13:53:26","slug":"pineiro-claudia-a-toi-2015","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7906","title":{"rendered":"Pi\u00f1eiro, Claudia \u00abA toi\u00bb (2015)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: Claudia Pi\u00f1eiro est n\u00e9e en 1960 \u00e0 Burzaco, dans la province de Buenos Aires. Elle est romanci\u00e8re, dramaturge et auteur de sc\u00e9narios pour la t\u00e9l\u00e9vision. Elle est publi\u00e9e chez actes Sud\u00a0: <em>Les Veuves du jeudi (2009 &#8211; <\/em><em>r\u00e9compens\u00e9 par le prix Clar\u00edn<\/em><em>), Elena et le roi d\u00e9tr\u00f4n\u00e9 (2011), B\u00e9tibou (2013), <a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7906\">\u00c0 toi<\/a> (2015). <\/em><em><u><a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4924\">Une chance minuscule<\/a><\/u><\/em>\u00a0 est sorti en mars 2017<\/p>\n<p>Acte Sud &#8211; Avril 2015 \u2013 176 pages (traduit de l&rsquo;espagnol (Argentine) par\u00a0Romain Magras) \/ Babel 1448 \u2013 mars 2017 \u2013 titre original \u00ab\u00a0Tuya\u00a0\u00bb-<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Un coeur dessin\u00e9 au rouge \u00e0 l\u00e8vres, transperc\u00e9 d\u2019un \u201cje t\u2019aime\u201d et sign\u00e9 \u201c\u00c0 toi\u201d. Il n\u2019en faut pas davantage \u00e0 la perspicace In\u00e9s pour d\u00e9couvrir que son mari la trompe, puisque, bien s\u00fbr, \u00c0 toi ce n\u2019est pas elle\u2026<br \/>\nDrap\u00e9e dans sa dignit\u00e9, elle sauve les apparences mais n\u2019en exerce pas moins une vigilance active. C\u2019est ainsi qu\u2019elle surprend une conversation t\u00e9l\u00e9phonique sans \u00e9quivoque et d\u00e9cide de filer discr\u00e8tement le mari volage. Elle assiste alors impuissante (et soulag\u00e9e ?) \u00e0 l\u2019assassinat d\u2019\u00c0 toi par les mains de son doux et, d\u2019ordinaire du moins, si pr\u00e9visible Ernesto qui vient de se d\u00e9faire de sa secr\u00e9taire. Et l\u2019auteur de d\u00e9ployer un thriller tragicomique addictif, avec une femme au bord de la crise de nerfs, pr\u00eate \u00e0 toutes les audaces pour \u00e9viter l\u2019humiliation publique des femmes bafou\u00e9es. Surtout ne jamais ressembler \u00e0 sa pitoyable m\u00e8re.<br \/>\nPendant qu\u2019elle sillonne la ville de Buenos Aires, sangl\u00e9e dans un ravissant tailleur de soie beige, subtilisant sans vergogne des pi\u00e8ces \u00e0 conviction ou interrogeant habilement de pr\u00e9sum\u00e9s t\u00e9moins qui n\u2019ont rien vu, sa fille adolescente semble de bien m\u00e9chante humeur. Se pourrait-il qu\u2019elle ait des soucis autrement plus pr\u00e9occupants?<br \/>\nUn portrait au vitriol des vicissitudes de la vie domestique dans la classe moyenne argentine.<\/p>\n<p><strong>Mon avis\u00a0<\/strong>: J\u2019ai beaucoup aim\u00e9 , tout comme j\u2019avais appr\u00e9ci\u00e9\u00a0 <em><u><a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4924\">Une chance minuscule<\/a><\/u><\/em>\u00a0. Un roman noir argentin avec beaucoup d&rsquo;humour que j\u2019aime bien. C\u2019est\u00a0 une description d\u00e9capante de la femme mari\u00e9e pour qui le qu&rsquo;en-dira-t-on est tr\u00e8s important. L&rsquo;Importance des\u00a0 apparences\u00a0: la famille id\u00e9ale, un couple mari\u00e9 depuis plus de 20 ans, une fille de 17 ans. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Sauf que\u2026 Le mari semble bien \u00eatre infid\u00e8le, la fille n\u2019est pas si parfaite que \u00e7a et elle trouve que ces parents sont des cr\u00e9tins ringards. Quand In\u00e8s d\u00e9couvre qu\u2019il y a une femme dans la vie de son mari, elle va tout faire pour ne pas y croire. Lui trouver des excuses, se cacher la v\u00e9rit\u00e9 et faire surtout en sorte de le cacher aux autres. Non mais, elle aurait l\u2019air de quoi\u00a0? Manquerait plus qu\u2019il la quitte! Pas s\u00fbre qu\u2019elle s\u2019y prenne de la meilleure des mani\u00e8res pour interpr\u00e9ter ce qu\u2019elle refuse de voir et tout r\u00e9gler \u00e0 sa fa\u00e7on. C\u2019est ironique, il y a des sc\u00e8nes dr\u00f4les et il y a aussi une dimension psychologique en toile de fond. C\u2019est comique et tragique \u00e0 la fois et c\u2019est un constat implacable sur la mani\u00e8re de r\u00e9agir et de penser de la classe moyenne.<\/p>\n<p><strong>Extraits\u00a0<\/strong>:<\/p>\n<p>Dans les accidents, il n\u2019y a pas de coupables, il n\u2019y a que des victimes. Et, dans cet accident, des victimes, il y en avait deux.<\/p>\n<p>Car, dans un couple, se m\u00e9nager doit \u00eatre une pr\u00e9occupation de tous les jours, sinon, le quotidien vous tue.<\/p>\n<p>J\u2019ai r\u00eav\u00e9 que, pour mon anniversaire, tu m\u2019offrais un blouson rouge fonc\u00e9, celui que j\u2019adore et qu\u2019ils vendent dans la boutique\u00a03, au rez-de-chauss\u00e9e des Galer\u00edas Pac\u00edfico. Si tu savais, c\u2019\u00e9tait un r\u00eave magnifique. Taille\u00a042.<\/p>\n<p>Elle a toujours \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s rigide, tr\u00e8s carr\u00e9e,\u00a0elle croit qu\u2019\u00eatre intelligente, c\u2019est avoir vingt en maths. Mon intelligence \u00e0 moi, elle fait profil bas, c\u2019est une intelligence de l\u2019ombre, sans tambour ni trompettes, sans fioritures ni f\u00e9licitations du jury. Une intelligence pratique, utile pour toutes les choses du quotidien.<\/p>\n<p>Elle critique syst\u00e9matiquement mes tenues. Elle dit que je ne me maquille pas, que je ne m\u2019arrange pas. Il faut dire qu\u2019elle est toujours appr\u00eat\u00e9e, comme toutes ces femmes qui vivent en appartement. \u00c0 9\u00a0heures du matin, elle s\u2019habille comme pour sortir le soir, elle se farde comme un camion vol\u00e9, elle se baigne dans son parfum.<\/p>\n<p>Je fus prise de ce qui devait \u00eatre une sorte de paralysie passag\u00e8re, car aucun son ne sortait de ma gorge, j\u2019ouvrais la bouche en vain. C\u2019\u00e9taient m\u00eame tous les sons qui avaient disparu. Comme si quelqu\u2019un avait baiss\u00e9 le volume du son environnant. J\u2019\u00e9tais incapable de parler, de me mouvoir, je n\u2019entendais pas. Je pouvais juste voir.<\/p>\n<p>Il ne fallait pas se voiler la face, j\u2019avais tout vu de mes propres yeux. Et mes yeux ne mentaient pas. On peut tout au plus les fermer pour ne pas voir, mais en l\u2019occurrence, je n\u2019en avais pas eu le temps.<\/p>\n<p>C\u2019est bien d\u2019\u00e9crire ce que l\u2019on pense parce que, ensuite, quand on se lit, on a l\u2019impression d\u2019\u00eatre en train d\u2019en parler avec quelqu\u2019un, ce qui permet de se contredire et de se critiquer \u00e0 souhait.<\/p>\n<p>il demanda qui avait appel\u00e9, quel temps il avait fait ici, et cetera, et cetera. S\u2019il ne demanda pas de nouvelles du chien, c\u2019est parce que nous n\u2019en avions pas.<\/p>\n<p>Elles sont comme \u00e7a, les nanas qui passent toute leur vie \u00e0 bosser dans un bureau. Envieuses, fouineuses, hargneuses. Et plus elles travaillent pr\u00e8s du centre-ville, plus elles sont mauvaises. Comme si cet \u00e9cosyst\u00e8me les incubait. N\u2019ayant presque pas de temps libre pour vivre leur vie \u00e0 elles, elles vivent \u00e0 travers celle des autres. Le bureau, c\u2019est toute leur vie. Elles vivent du lundi au vendredi et elles d\u00e9testent le week-end. Elles n\u2019attendent qu\u2019une chose, c\u2019est l\u2019arriv\u00e9e du lundi, pour que leur vie reprenne.<\/p>\n<p>Au bout de vingt ans, un couple n\u2019est plus ce qu\u2019il est, il devient ce que l\u2019on croit qu\u2019il est. On m\u00e9lange les choses dans sa t\u00eate, on s\u2019attribue ce qui a en fait \u00e9t\u00e9 v\u00e9cu par d\u2019autres.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Claudia Pi\u00f1eiro est n\u00e9e en 1960 \u00e0 Burzaco, dans la province de Buenos Aires. Elle est romanci\u00e8re, dramaturge et auteur de sc\u00e9narios pour la t\u00e9l\u00e9vision. Elle est publi\u00e9e chez actes Sud\u00a0: Les Veuves du jeudi (2009 &#8211; r\u00e9compens\u00e9 par le prix Clar\u00edn), Elena et le roi d\u00e9tr\u00f4n\u00e9 (2011), B\u00e9tibou (2013), \u00c0 toi (2015). 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