{"id":7916,"date":"2019-02-08T15:31:49","date_gmt":"2019-02-08T14:31:49","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7916"},"modified":"2019-06-10T15:50:41","modified_gmt":"2019-06-10T14:50:41","slug":"gallay-claudie-details-dopalka-2014","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7916","title":{"rendered":"Gallay, Claudie \u00abD\u00e9tails d\u2019Opalka\u00bb (2014)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: N\u00e9e en 1961, Claudie Gallay vit dans le Vaucluse. Elle a publi\u00e9 aux \u00e9ditions du Rouergue L\u2019Office des vivants (2000), <a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=8407\"><em>Mon amour, ma vie<\/em> <\/a>(2002), <a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4678\"><em>Les Ann\u00e9es cerises<\/em><\/a> (2004), <a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7894\"><em>Seule Venise<\/em><\/a> (2005, prix Folies d\u2019encre et prix du Salon d\u2019Ambronay), <a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=8417\"><em>Dans l\u2019or du temps<\/em><\/a> (2006) et <a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=8852\"><em>Les D\u00e9ferlantes<\/em><\/a> (2008, Grand Prix des lectrices de Elle). Aux \u00e9ditions Actes Sud : <a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7884\"><em>L\u2019amour est une \u00eele<\/em><\/a> (2010), Une part de ciel (2013)<em>,\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7916\">D\u00e9tails d\u2019Opalka<\/a><\/em> (2014),\u00a0La Beaut\u00e9 des jours (2017)<\/p>\n<p><strong><em>Actes Sud \u00ab\u00a0Collection un endroit o\u00f9 aller\u00a0\u00bb<\/em><\/strong>\u00a02.4.2014 &#8211; 160 p.\/ Babel &#8211; 7.3.2018 &#8211; 217 p.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0La collection \u00ab un endroit o\u00f9 aller \u00bb propose \u00e0 des lecteurs qui ne se ressemblent pas des textes n\u2019ayant d\u2019autres points communs que la n\u00e9cessit\u00e9 dans laquelle ils ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits et le plaisir avec lequel ils ont \u00e9t\u00e9 choisis. Chacun d\u2019eux se propose donc comme un endroit o\u00f9 aller quand vient, avec l\u2019envie de lire, le d\u00e9sir d\u2019un rendez-vous qui restera pr\u00e9sent dans la m\u00e9moire.\u00a0\u00bb <\/em><strong><em>Hubert Nyssen<\/em><\/strong><\/p>\n<p><em>La collection \u00ab un endroit o\u00f9 aller \u00bb cr\u00e9\u00e9e en 1995 par Hubert Nyssen, offre un lien de rassemblement \u00e0 des textes de genres divers, souvent inclassables, avec le souci de donner une autorit\u00e9 commune \u00e0 leurs singularit\u00e9s multiples. Elle est aujourd\u2019hui dirig\u00e9e par Evelyne Wenzinger et Bertrand Py.<\/em><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Evocation subjective et captivante de la vie, de l\u2019\u0153uvre et de l\u2019engagement si singuliers du peintre Roman Opalka, le sculpteur du temps, qui \u00e9claire de fa\u00e7on inattendue la cr\u00e9ation romanesque de Claudie Gallay, et \u00e9tablit une filiation secr\u00e8te entre les deux \u0153uvres.<\/p>\n<p>En parcourant la vie, l&rsquo;\u0153uvre et l&rsquo;engagement si singuliers de Roman Opalka, artiste peintre d&rsquo;origine polonaise ayant consacr\u00e9 sa vie \u00e0 sculpter le temps par les nombres, Claudie Gallay ravive ce qui a forg\u00e9 son imaginaire d&rsquo;\u00e9crivain, d\u00e9voilant des passerelles souterraines, des irrigations muettes, une filiation secr\u00e8te entre les deux \u0153uvres. Le r\u00e9cit progresse au fil de l&rsquo;enqu\u00eate de la romanci\u00e8re, des premi\u00e8res expositions qu&rsquo;elle d\u00e9couvre au manoir du peintre qu&rsquo;elle visite en Aquitaine, des \u00ab\u00a0erreurs\u00a0\u00bb relev\u00e9es dans les toiles du ma\u00eetre aux pages qu&rsquo;elle noircit de suites de chiffres comme pour \u00e9prouver, jusqu&rsquo;\u00e0 en devenir le passeur \u00e9vident, cette dimension \u00e9paisse, heureuse et indicible de l&rsquo;irr\u00e9versibilit\u00e9 du temps qui l&rsquo;a totalement boulevers\u00e9e &#8211; seul objet, motif et projet d&rsquo;Opalka \u00e0 compter de 1965.<br \/>\nProposition po\u00e9tique, th\u00e9orique, esth\u00e9tique, D\u00e9tails d&rsquo;Opalka s&rsquo;apparente \u00e0 un hommage monographique par la m\u00e9moire des deux trajectoires qu&rsquo;il contient. Celle du temps sur lequel Roman Opalka veille, et celle des livres de Claudie Gallay.<\/p>\n<p>B<strong>log de L\u2019Aquoiboniste atrabilaire<\/strong><em><strong>\u00a0:\u00a0<a href=\"http:\/\/how-much-time.over-blog.com\/2018\/02\/opalka-ronan-claudie-gallay-rabiole-masquieres-lot-et-garonne-est-toujours-ma-maison-celle-de-mon-pere-mes.grands-parents-et-la-terr\">Lire\u00a0l\u2019article<\/a> \u00a0<\/strong><\/em><\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Claudie Gallay fait partie de ces quelques auteures qui me prennent toujours par le bout du c\u0153ur ( il y a aussi Jeanne Benameur, Sylvie Germain, Lydie Salvayre)\u00a0: par le style certes mais aussi par leur sensibilit\u00e9, leur d\u00e9licatesse.<\/p>\n<p>Obsession du temps qui passe, comme dej\u00e0 \u00e9voqu\u00e9 dans d\u2019autres livres de cette auteure. Et une fois encore incursion dans le monde de l\u2019art, de la culture. Dans <em><u><a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7884\">L\u2019amour est une \u00eele<\/a><\/u><\/em> il s\u2019agissait de la cr\u00e9ation \u00e9criture de pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre et de la photographie et ici dans cet essai publi\u00e9 3 ans apr\u00e8s la disparition de Roman Opalka, de la cr\u00e9ation du peintre. Elle \u00e9tait fascin\u00e9e par son \u0153uvre et cet essai permet de relier leurs deux univers. C\u2019est la repr\u00e9sentation du temps qui passe, chiffre apr\u00e8s chiffre, seconde apr\u00e8s seconde, de la couleur qui dispara\u00eet, du passage du noir au blanc, de l\u2019obscurit\u00e9 \u00e0 la lumi\u00e8re. C\u2019est une vie enti\u00e8re d\u00e9di\u00e9e \u00e0 une seule cr\u00e9ation, une ligne directrice qui ne d\u00e9vie pas.<\/p>\n<p>L\u2019obsession du peintre et aussi la profondeur de l\u2019int\u00e9r\u00eat et de la connexion entre Claudie Gallay et le peintre qu\u2019elle suivra toujours et ne rencontrera jamais. Elle d\u00e9crit par petites touches sensibles et toujours nimb\u00e9es d\u2019art, de po\u00e9sie. Elle qui \u00e9crit en clair-obscur nous entraine dans un voyage qui va du noir au blanc en passant par tous les tons de gris. C\u2019est le temps qui passe, comme dans ses autres romans. C\u2019est aussi la fascination pour les indiens Hopis qui revient ( une ligne\u00a0 parfois mais ils sont l\u00e0) dans ses \u00e9crits. C\u2019est la vie qui s\u2019\u00e9chappe. C&rsquo;est la photo qui fige le temps mais qui est en m\u00eame temps un t\u00e9moin impitoyable.<\/p>\n<p>Pour comprendre, il faut se faire une id\u00e9e de Roman Opalka\u00a0: De 1965 \u00e0 sa mort, il se consacre \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre de sa vie dont le but est d&rsquo;inscrire la trace d&rsquo;un temps irr\u00e9versible. Ses moyens d&rsquo;expressions sont majoritairement ses D\u00e9tails (suite de nombres peintes sur toile), des autoportraits photographiques et des enregistrements sonores de sa voix <em>(wikip\u00e9dia)<\/em><\/p>\n<p>J\u2019ai d\u00e9couvert Opalka, mais pas que lui.. J\u2019ai aussi d\u00e9couvert Strzeminski\u2026 et aussi Claudie Gallay autrement qu&rsquo;\u00e0 travers ses romans.<\/p>\n<p><strong>Site officiel Roman Opalka<\/strong>\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.opalka1965.com\/fr\/index_fr.php\">http:\/\/www.opalka1965.com\/fr\/index_fr.php<\/a><\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Opalka a consacr\u00e9 toute sa vie \u00e0 raconter la fuite du temps, il en a creus\u00e9 l\u2019id\u00e9e, l\u2019a d\u00e9velopp\u00e9e, ramifi\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 sa philosophique et compl\u00e8te perfection, pour en faire un programme, une \u0153uvre d\u2019art qui illustre parfaitement l\u2019id\u00e9e qu\u2019un artiste qui travaille au plus pr\u00e8s de sa vie peut rejoindre un universel qui nous bouleverse tous.<\/p>\n<p>Le temps est son mod\u00e8le et pour la vie enti\u00e8re, il n\u2019en aura pas d\u2019autre.<\/p>\n<p>Pour faire cela, et parmi les diff\u00e9rents blancs (blanc de zinc, blanc d\u2019argent, blanc transparent), il a choisi le plus opaque, le plus puissant, le seul capable de recouvrir le noir\u00a0: le blanc de titane.<\/p>\n<p>Plus tard, quand le programme sera bien avanc\u00e9, que les tableaux seront proches de l\u2019effacement, il utilisera deux blancs diff\u00e9rents, le blanc de titane pour l\u2019\u00e9criture des chiffres et le blanc de zinc (m\u00eal\u00e9 au noir) pour le fond. Ainsi, le trac\u00e9 des nombres restera lisible sous certaines lumi\u00e8res.<\/p>\n<p>Opalka conduira sa progression sans faillir vers un blanc \u00e9motionnel qui se cr\u00e9e D\u00e9tail apr\u00e8s D\u00e9tail, et la lumi\u00e8re dans son \u0153uvre repoussera lentement le noir.<\/p>\n<p>Une multitude de points comme le tic-tac r\u00e9gulier de la pendule d\u2019enfance ou les grains d\u2019un sablier.<\/p>\n<p>Les photos suspendent le temps.<\/p>\n<p>Mais dans la r\u00e9alit\u00e9, le temps est toujours en mouvement, il ne s\u2019arr\u00eate pas.<\/p>\n<p>Tout est d\u00e9cid\u00e9, voulu, en pr\u00e9vision du jour lointain o\u00f9 il se prendra en photo devant une toile recouverte en blanc sur blanc, les nombres seront alors impossibles \u00e0 lire et le visage sera lui aussi devenu un effacement.<\/p>\n<p>La d\u00e9marche photographique d\u2019Opalka s\u2019est gliss\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de mes romans. Influence d\u2019une fascination, il y a de lui en moi. Dans la t\u00eate de mes personnages m\u00fbrissent des obsessions semblables aux siennes.<\/p>\n<p>Je voulais garder une trace pour plus tard, pallier les insuffisances de la m\u00e9moire, je ne suis pas pass\u00e9iste mais j\u2019ai peur d\u2019oublier.<\/p>\n<p>Ainsi, apr\u00e8s le visage, c\u2019est la voix qui est prise dans l\u2019\u0153uvre, incluse en elle, tiss\u00e9e.<\/p>\n<p>Je connais ce sentiment d\u2019immense vuln\u00e9rabilit\u00e9, entre deux romans.<\/p>\n<p>L\u2019art est d\u00e9fini non par les propri\u00e9t\u00e9s esth\u00e9tiques des objets ou des \u0153uvres, mais seulement par le concept ou l\u2019id\u00e9e de l\u2019art.\u201d<\/p>\n<p>Je n\u2019\u00e9cris pas pour laisser ma trace mais pour donner de l\u2019\u00e9paisseur au temps que j\u2019ai \u00e0 vivre.<\/p>\n<p>On dit que les chats ont sept vies, et quand ils meurent au terme de la septi\u00e8me, ils emportent leur dernier ma\u00eetre avec eux.<\/p>\n<p>Le sablier marque un temps r\u00e9versible, il suffit de le retourner pour avoir l\u2019illusion du temps revenu.<\/p>\n<p>La lune a ses cycles, les feuilles des arbres jaunissent, il y a le travail des fenaisons. Certaines nuits, les ciels sont \u00e9toil\u00e9s comme dans les grands d\u00e9serts. Tout se termine et recommence, semble ne devoir jamais conna\u00eetre de fin.<\/p>\n<p>Nous allons mourir, c\u2019est ce que disent tous ces visages. Nous sommes en train de mourir. Nous mourons, dans un monde qui lui ne finit pas.<\/p>\n<p>Sur les D\u00e9tails les plus clairs, les nombres \u00e9crits sont noy\u00e9s, il m\u2019est presque impossible de les identifier. \u00c0 ce niveau de dilution, c\u2019est la lumi\u00e8re qui anime la surface, on dirait la mer en mouvement, des vagues \u00e9blouissantes, langues d\u2019\u00e9cume, broderies d\u2019ancien corsage ou bien l\u2019\u00e9corce d\u2019un arbre mang\u00e9e par le soleil.<\/p>\n<p>Le blanc gagne sur le noir au fur et \u00e0 mesure de la progression. Dans les toiles suivantes, la suite serr\u00e9e s\u2019estompe, ressemble \u00e0 un mur de hi\u00e9roglyphes. Le temps qui efface le visage du peintre blanchit aussi les nombres \u00e9crits, il les recouvre, c\u2019est irr\u00e9m\u00e9diable.<\/p>\n<p>En litt\u00e9rature, \u00e9crire ne suffit pas, il faut trouver pour chaque roman un sujet diff\u00e9rent.<\/p>\n<p>Yves Klein et son bleu, Soulages et son noir.<\/p>\n<p>L\u2019\u0153uvre d\u2019Opalka, c\u2019est de la vie, il ne revient pas en arri\u00e8re, il ne recommence rien, il avance avec ses erreurs et il continue.<\/p>\n<p>Le noir est la couleur de la peur, quand Opalka \u00e9tait enferm\u00e9 dans l\u2019obscurit\u00e9 angoissante de la cellule du camp, c\u2019est la couleur du manque, de la s\u00e9paration, des privations.<\/p>\n<p>Le 1 est le chiffre qui a enclench\u00e9 le travail. Opalka n\u2019a pas commenc\u00e9 avec le z\u00e9ro. \u201cLe z\u00e9ro est le n\u00e9ant. On ne commence rien avec le z\u00e9ro. Avec le 1 oui car le 1 est le v\u00e9ritable d\u00e9but.\u201d<br \/>\nCertains math\u00e9maticiens appellent le z\u00e9ro nombre fant\u00f4me.<\/p>\n<p>\u201cL\u2019espoir de cr\u00e9er une \u0153uvre extraordinaire accompagne tout peintre face \u00e0 une toile \u00ab\u00a0non touch\u00e9e\u00a0\u00bb, une toile encore blanche.\u201d<\/p>\n<p>On sait toujours quand ce sont les premi\u00e8res fois, celles qui touchent au corps ne s\u2019oublient pas, elles s\u2019impriment dans les zones les plus sensibles de la m\u00e9moire, on se souvient de l\u2019endroit, du temps qu\u2019il faisait.<\/p>\n<p>Les derni\u00e8res fois sont plus impr\u00e9visibles, elles se d\u00e9voilent comme telles souvent apr\u00e8s, sont nomm\u00e9es ainsi dans un temps d\u00e9cal\u00e9.<\/p>\n<p>Son travail est une causerie du temps qui passe et de l\u2019\u00e2ge qui nous conditionne, nous impose une fa\u00e7on d\u2019agir, une attitude de vie avec des permissions et des renoncements.<\/p>\n<p>le chemin \u00e0 parcourir est aussi important que le but \u00e0 rejoindre.<\/p>\n<p>Avant de s\u00e9cher, les nombres brillent, on dirait des perles de nacre. Aussit\u00f4t secs, ils s\u2019estompent dans la toile. Le blanc se perd dans le blanc.<\/p>\n<p>L\u2019\u0153uvre prend le nom d\u00e9finitif de 1965-2011\/1-5607249.<\/p>\n<p><strong>Prochaine fois que je vais \u00e0 Venise<\/strong>\u00a0: la scuola di San Giorgio degli Schiavoni : Un magnifique Carpaccio, La vision de saint Augustin.<\/p>\n<p><strong>Paradoxe de Z\u00e9non<\/strong>\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.philo5.com\/Textes-references\/ZenonD%27Elee_LyceeInternational.htm\">voir l&rsquo;article<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: N\u00e9e en 1961, Claudie Gallay vit dans le Vaucluse. 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