{"id":7994,"date":"2019-02-17T18:36:40","date_gmt":"2019-02-17T17:36:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7994"},"modified":"2024-07-14T19:59:10","modified_gmt":"2024-07-14T17:59:10","slug":"perrin-valerie-changer-leau-des-fleurs-2018","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7994","title":{"rendered":"Perrin, Val\u00e9rie \u00ab Changer l&rsquo;eau des fleurs \u00bb (2018)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteure<\/strong>\u00a0: Fran\u00e7aise, n\u00e9e \u00e0 Gueugnon , 1967, Val\u00e9rie Perrin est une photographe, sc\u00e9nariste et \u00e9crivaine. Elle travaille aux c\u00f4t\u00e9s de son mari, le r\u00e9alisateur Claude Lelouch (1937).<br \/>\nSon premier roman, \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Perrin, Val\u00e9rie \u00ab Les oubli\u00e9s du dimanche\u00bb (2015) 409 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=16535\">Les oubli\u00e9s du dimanche<\/a>\u00ab\u00a0<\/span> (2015), a re\u00e7u de nombreux prix, dont celui de Lire \u00c9lire 2016 et de Poulet-Malassis 2016. En 2018, elle a re\u00e7u le prix Maison de la Presse pour son deuxi\u00e8me roman \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7994\">Changer l&rsquo;eau des fleurs<\/a><\/span>\u00a0\u00bb (Albin Michel, 2018). \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Perrin, Val\u00e9rie \u00ab\u00a0Trois\u00a0\u00bb (2021) 768 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20551\">Trois<\/a><\/span>\u00a0\u00bb parait en 2021 ( Albin Michel, 2021) On suit l&rsquo;histoire de trois amis d&rsquo;enfance, des ann\u00e9es 80 aux ann\u00e9es 2000, sur fond de chansons du groupe\u00a0Indochine.<\/p>\n<p>.<\/p>\n<p>Albin Michel &#8211; 28\/02\/2018 &#8211; Prix Maison de la presse &#8211; 578 pages<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>: Violette Toussaint est garde-cimeti\u00e8re dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitu\u00e9s viennent se r\u00e9chauffer dans sa loge o\u00f9 rires et larmes se m\u00e9langent au caf\u00e9 qu&rsquo;elle leur offre. Son quotidien est rythm\u00e9 par leurs confidences. Un jour, parce qu&rsquo;un homme et une femme ont d\u00e9cid\u00e9 de reposer ensemble dans son carr\u00e9 de terre, tout bascule. Des liens qui unissent vivants et morts sont exhum\u00e9s, et certaines \u00e2mes que l&rsquo;on croyait noires, se r\u00e9v\u00e8lent lumineuses.<br \/>\nApr\u00e8s l&rsquo;\u00e9motion et le succ\u00e8s des Oubli\u00e9s du dimanche, Val\u00e9rie Perrin nous fait partager l&rsquo;histoire intense d&rsquo;une femme qui, malgr\u00e9 les \u00e9preuves, croit obstin\u00e9ment au bonheur. Avec ce talent si rare de rendre l&rsquo;ordinaire exceptionnel, Val\u00e9rie Perrin cr\u00e9e autour de cette f\u00e9e du quotidien un monde plein de po\u00e9sie et d&rsquo;humanit\u00e9. Un hymne au merveilleux des choses simples.<\/p>\n<p><strong>\u00a0Mon avis<\/strong>\u00a0: J\u2019ai ador\u00e9 ce roman. Un livre qui devrait enchanter toutes celles et ceux qui aiment les romans d\u2019Agn\u00e8s Ledig (<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?page_id=4754\">voir Auteurs E \u2013 L<\/a>) ou de Barbara Constantine (<a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1920\">\u00ab\u00a0Et puis Paulette..\u00a0\u00bb)<\/a>. Ces romans sensibles, tendres et doux, avec des personnages attachants.<\/p>\n<p>Gardienne de cimeti\u00e8re\u00a0? A priori pas folichon\u2026 Mais ce livre rayonne d\u2019humanit\u00e9. Violette est l\u2019\u00e9l\u00e9ment qui d\u00e9dramatise la mort et la vie par la m\u00eame occasion. Violette est l\u00e0, elle vous \u00e9coute, elle est humaine. Et pourtant si vous connaissiez sa vie, vous en pleureriez\u00a0! Une tr\u00e8s belle rencontre. Violette qui vous fait du bien, vous pousse \u00e0 faire un pas apr\u00e8s l\u2019autre, \u00e0 croire au positif et en l\u2019avenir. Et il n\u2019y a pas de m\u00e9lodrame, pas de tristesse m\u00eame s\u2019il y a des drames. La vie est faite de rencontres, de co\u00efncidences, de choix, de croisements\u2026 Saisissez les occasions d\u2019etre heureux quand elles passent\u2026 Et pour croire en la vie, les petits plaisirs simples, les amis, la chaleur humaine, les livres, la compagnie des animaux, la nature\u2026<\/p>\n<p><strong>Extraits\u00a0<\/strong>:<\/p>\n<p>Que veux tu que je devienne si je n\u2019entends plus ton pas, est-ce ta vie ou la mienne qui s\u2019en va, je ne sais pas.<\/p>\n<p>Le sang des vignes de Porto. Je ferme les yeux. Et je savoure. Une seule gorg\u00e9e suffit \u00e0 \u00e9gayer ma soir\u00e9e. Deux d\u00e9s \u00e0 coudre parce que j\u2019aime l\u2019ivresse mais pas l\u2019alcool.<\/p>\n<p>Mais comme je n\u2019ai jamais eu le go\u00fbt du malheur, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 que \u00e7a ne durerait pas. Le malheur, il faut bien que \u00e7a s\u2019arr\u00eate un jour.<\/p>\n<p>Moi, il n\u2019y a qu\u2019une \u00e9toile que je voulais attraper\u00a0: la bonne.<\/p>\n<p>C\u2019est sans doute pour cela qu\u2019il y a des \u00e9pitaphes plein les cimeti\u00e8res. Pour conjurer le sort du temps qui passe. S\u2019accrocher aux souvenirs. Celle que je pr\u00e9f\u00e8re est\u00a0: \u00ab\u00a0La mort commence lorsque personne ne peut plus r\u00eaver de vous.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le malheur, \u00e7a coupe la parole. Ou bien \u00e7a fait dire n\u2019importe quoi. Puis, peu \u00e0 peu, elle avait retrouv\u00e9 le chemin qu\u2019il faut prendre pour faire des phrases simples, demander des nouvelles des autres, des nouvelles des vivants.<\/p>\n<p>Ces gens qui viennent chaque jour sur les tombes, ce sont eux qui ressemblent \u00e0 des fant\u00f4mes. Qui sont entre la vie et la mort.<\/p>\n<p>C\u2019est important de mettre des photos sur les tombes. Sinon, on n\u2019est plus qu\u2019un nom. La mort emporte aussi les visages.<\/p>\n<p>Parler de toi, c\u2019est te faire exister, ne rien dire serait t\u2019oublier.<\/p>\n<p>Un jour, deux jours, puis trois. Ensuite, tout se confond. Les jours sont coll\u00e9s les uns aux autres. Comme un train dont ma m\u00e9moire ne distingue plus les wagons. Seul reste le souvenir du voyage.<\/p>\n<p>Il y a plus fort que la mort, c\u2019est le souvenir des absents dans la m\u00e9moire des vivants.<\/p>\n<p>Si Dieu n\u2019est qu\u2019amour, il trahit forc\u00e9ment\u00a0: le propre de l\u2019amour, c\u2019est la trahison.<\/p>\n<p>J\u2019ai pens\u00e9 qu\u2019elle avait fait son deuil. Parce que la plupart du temps, on finit par faire son deuil. Le temps d\u00e9tricote le chagrin. Aussi immense soit-il.<\/p>\n<p>S\u2019il poussait une fleur \u00e0 chacune de mes pens\u00e9es pour toi, la terre serait un immense jardin.<\/p>\n<p>Pourquoi va-t-on vers des livres comme on va vers des gens\u00a0? Pourquoi sommes-nous attir\u00e9s par des couvertures comme nous le sommes par un regard, une voix qui nous para\u00eet famili\u00e8re, d\u00e9j\u00e0 entendue, une voix qui nous d\u00e9tourne de notre chemin, nous fait lever les yeux, attire notre attention et va peut-\u00eatre changer le cours de notre existence\u00a0?<\/p>\n<p>Certaines personnes communiquent avec les morts et je les pense sinc\u00e8res, mais quand un \u00eatre est mort, il est mort. S\u2019il revient, c\u2019est un vivant qui le fait revenir par la pens\u00e9e. S\u2019il parle, c\u2019est un vivant qui lui pr\u00eate sa voix, s\u2019il appara\u00eet, c\u2019est un vivant qui le projette avec son esprit, comme un hologramme, une imprimante en trois dimensions.<\/p>\n<p>Le manque, la douleur, l\u2019insupportable peuvent faire vivre et ressentir des choses qui d\u00e9passent l\u2019imaginaire. Quand quelqu\u2019un est parti, il est parti. Sauf dans l\u2019esprit de ceux qui restent. Et l\u2019esprit d\u2019un seul homme est bien plus grand que l\u2019univers.<\/p>\n<p>s\u2019il y a une cl\u00e9 sur la porte de nos armoires, c\u2019est pour que personne ne les ouvre.<\/p>\n<p>Si la vie n\u2019est qu\u2019un passage, sur ce passage, au moins, semons des fleurs.<\/p>\n<p>Nous n\u2019avions absolument rien \u00e0 nous dire. Nous ne serions jamais amies. Nous resterions deux vies qui se fr\u00f4laient chaque jour.<\/p>\n<p>Dans le roman de la veille, elle avait lu qu\u2019un fil invisible relie ceux qui sont destin\u00e9s \u00e0 se rencontrer, que ce fil peut s\u2019emm\u00ealer, mais jamais se briser.<\/p>\n<p>Les autres, ceux pour qui on quitte quelqu\u2019un, ce sont des pr\u00e9textes, des alibis. On quitte les gens \u00e0 cause des gens, faut pas chercher plus loin.<\/p>\n<p>Je ne dormais pas, je n\u2019\u00e9tais pas \u00e9veill\u00e9e non plus. Je flottais dans une sorte de brume \u00e9paisse, un \u00e9tat second de cauchemar permanent o\u00f9 tous les sens sont anesth\u00e9si\u00e9s, tout sauf la douleur. Comme ces gens qu\u2019on immobilise pendant une op\u00e9ration mais qui ressentent tous les gestes du chirurgien. Le curseur du chagrin qui me broyait les os \u00e9tait pouss\u00e9 au maximum de l\u2019insupportable. Respirer me faisait mal.<\/p>\n<p>On croit que la mort est une absence quand elle est une pr\u00e9sence secr\u00e8te.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Que sont les \u00ab\u00a0larmoyances\u00a0\u00bb\u00a0?<br \/>\n\u2013\u00a0C\u2019est un mot que j\u2019ai invent\u00e9 pour r\u00e9unir la m\u00e9lancolie, la culpabilit\u00e9, les regrets, les marches avant et les marches arri\u00e8re. Tout ce qui nous emmerde dans la vie, quoi. Ce qui nous emp\u00eache d\u2019avancer.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0\u00c9pouser ou mettre en garde \u00e0 vue, \u00e7a revient au m\u00eame, non\u00a0?<\/p>\n<p>Doux sont les souvenirs qui jamais ne se fanent.<\/p>\n<p>Les gens sont dr\u00f4les. Ils ne supportent pas de regarder une m\u00e8re qui a perdu son enfant dans les yeux, mais ils s\u2019\u00e9tonnent encore plus de la voir se relever, s\u2019habiller, se pomponner.<br \/>\nJ\u2019ai appris la cr\u00e8me de jour, la cr\u00e8me de nuit, les roses poudr\u00e9es comme d\u2019autres apprennent \u00e0 faire la cuisine.<\/p>\n<p>Un souvenir ne meurt jamais, il s\u2019endort simplement.<\/p>\n<p>La mort d\u2019une m\u00e8re est le premier chagrin qu\u2019on pleure sans elle.<\/p>\n<p>L\u00e0 o\u00f9 mon c\u0153ur demeurera, le tien continuera de battre.<\/p>\n<p>le pass\u00e9 est le poison du maintenant. Ressasser, c\u2019est mourir un peu.<\/p>\n<p>Seule la cloche de l\u2019\u00e9glise qui sonnait chaque heure lui rappelait, de son timbre lugubre, que le temps passait et qu\u2019il ne se passait rien.<\/p>\n<p>Novembre est \u00e9ternel, la vie est presque belle, les souvenirs sont des impasses que sans cesse on ressasse.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteure\u00a0: Fran\u00e7aise, n\u00e9e \u00e0 Gueugnon , 1967, Val\u00e9rie Perrin est une photographe, sc\u00e9nariste et \u00e9crivaine. Elle travaille aux c\u00f4t\u00e9s de son mari, le r\u00e9alisateur Claude Lelouch (1937). Son premier roman, \u00ab\u00a0Les oubli\u00e9s du dimanche\u00ab\u00a0 (2015), a re\u00e7u de nombreux prix, dont celui de Lire \u00c9lire 2016 et de Poulet-Malassis 2016. 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