{"id":8063,"date":"2019-03-06T10:06:54","date_gmt":"2019-03-06T09:06:54","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=8063"},"modified":"2023-09-21T22:48:00","modified_gmt":"2023-09-21T20:48:00","slug":"bouysse-franck-vagabond-2013","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=8063","title":{"rendered":"Bouysse, Franck \u00ab Vagabond \u00bb (2013)"},"content":{"rendered":"<p><b>Auteur\u00a0<\/b>: n\u00e9 le 5 septembre 1965 \u00e0 Brive-la-Gaillarde, \u00e9crivain fran\u00e7ais, auteur de nombreux romans policiers. Professeur de biologie et d\u2019horticulture aupr\u00e8s de personnes en r\u00e9orientation, l\u2019auteur fait partie de cette nouvelle g\u00e9n\u00e9ration d\u2019\u00e9crivains en France, influenc\u00e9s par de grands auteurs am\u00e9ricains, qui sortent du polar citadin pour cr\u00e9er des intrigues au c\u0153ur de la France profonde, un peu oubli\u00e9e o\u00f9 la nature est ma\u00eetre.<\/p>\n<p><b>Romans<\/b>\u00a0:\u00a0\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14300\"><span style=\"color: #0000ff;\"><i>Trilogie \u00ab\u00a0H\u00a0\u00bb<\/i><\/span><b><i>\u00a0(<\/i><\/b><\/a><i>Le Myst\u00e8re H- Londres ou Les Ruelles sans \u00e9toiles \u2013 La Huiti\u00e8me Lettre) (2008-2010.2012 )<\/i><b><i>,\u00a0<\/i><\/b><i>L\u2019Entomologiste, Noire porcelaine,\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=8063\"><i>Vagabond<\/i><\/a><\/span><i>,\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=13277\"><i>Oxymort. Limoges\u00a0: requiem en sous-sol<\/i><\/a><i>\u00a0<\/i><\/span><i>(2014)<\/i>,\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=9893\"><i>Pur-Sang<\/i><\/a><\/span><i>,\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=9733\"><i>Grossir le ciel<\/i><\/a><\/span><i><span style=\"color: #0000ff;\">,<\/span>\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11964\">Plateau<\/a><\/span>,\u00a0<i>Glaise<\/i>,\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Bouysse Franck\u00a0\u00ab N\u00e9 d\u2019Aucune Femme\u00bb (2019) 336 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=18962\"><i>N\u00e9 d\u2019aucune femme<\/i><\/a><\/span>\u00a0<i>(2019), Orphelines (2020), <\/i><i>\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11812\">Buveurs de vent<\/a><\/span><i>\u00a0<\/i><i>(RL2020), Fen\u00eatre sur terre (2021), L&rsquo;Homme peupl\u00e9 (2022),\u00a0<\/i><\/p>\n<p><span style=\"display: inline !important; float: none; background-color: #ffffff; color: #333333; cursor: text; font-family: Georgia,'Times New Roman','Bitstream Charter',Times,serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: left; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\">Editions Ecorces &#8211; 2013 &#8211; 90 pages \/ Manufacture de livre &#8211; 22.09.2016 \u2013 136 pages \/\u00a0<\/span><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Un homme dont on ne conna\u00eetra pas le nom, , ses soir\u00e9es, il les passe \u00e0 jouer du blues dans les caf\u00e9s de Limoges, mais ce pourrait \u00eatre ailleurs. Mais pas n&rsquo;importe o\u00f9 : il faut que ce soit une ville avec des traces d&rsquo;histoire, des ruelles sombres, des vieilles pierres. La journ\u00e9e, il marche dans les rues, voyant \u00e0 peine les humains qui sillonnent d&rsquo;un pas press\u00e9 les rues, ceux qui ont quelque chose \u00e0 faire, une vie \u00e0 construire alors que la sienne, de vie, ressemble \u00e0 une ruine.<br \/>\nEt voil\u00e0 qu&rsquo;un soir appara\u00eet au bar une femme, une inconnue magnifique, pour laquelle il se met \u00e0 jouer sa propre musique, \u00e0 chanter ses propres mots. Ils boivent un verre, il la raccompagne au pied de sa demeure et rentre \u00e0 son h\u00f4tel miteux. La reverra-t-il ? Saura-t-il qui elle est ? Il rentre \u00e0 son h\u00f4tel pour dormir, pour r\u00eaver \u00e0 Alicia, celle avec qui il y a quinze ans il partageait la sc\u00e8ne, celle qui est partie et qui lui a bris\u00e9 le coeur.<br \/>\nAlicia est en ville. Elle chante au Styx. L&rsquo;homme sera au Styx, bien s\u00fbr, pour Alicia. Ca n&rsquo;est pas une bonne id\u00e9e, et il le sait. L&rsquo;apparition de ce fant\u00f4me va d\u00e9clencher chez l&rsquo;homme une plong\u00e9e dans le pass\u00e9, dans l&rsquo;enfance et la douleur. Bouysse bascule alors dans la po\u00e9sie, noire, violente, obsessionnelle, et ach\u00e8ve son roman en beaut\u00e9 et en d\u00e9sespoir, emmenant avec lui un lecteur consentant, d\u00e9concert\u00e9, pris.<\/p>\n<p><strong>Notes de l\u2019\u00e9diteur (Ecorce) \u00a0<\/strong> :<\/p>\n<p><em>Vagabond<\/em> rime avec <em>errance<\/em>. Une trajectoire incertaine, ou plut\u00f4t guid\u00e9e par des forces qui d\u00e9passent le personnage ou qui l\u2019habitent.<br \/>\nDes forces souterraines. S\u2019il est question d\u2019une intrigue dans ce court roman, alors c\u2019est dans la t\u00eate du personnage qu\u2019elle a lieu\u00a0; c\u2019est en lui que les n\u0153uds r\u00e9sident, m\u00eame si le monde est en mouvement autour, m\u00eame si les \u00eatres qu\u2019il rencontre sont bien de chair.<\/p>\n<p>Ils sont pr\u00e9cis\u00e9ment de chair, et celle du roman consiste en une m\u00e9lop\u00e9e d\u2019images complexes que l\u2019auteur a fa\u00e7onn\u00e9es comme des indices en mesure d\u2019esquisser son personnage ou de le d\u00e9construire. L\u2019esth\u00e9tique du r\u00e9cit, son grain soign\u00e9 autant qu\u2019\u00e9corch\u00e9, organise un conflit violent entre l\u2019ombre, la lumi\u00e8re et la confusion des effets produits. Autant d\u2019illusions que l\u2019auteur s\u2019applique \u00e0 d\u00e9truire \u00e0 mesure que son personnage \u00e9volue\u00a0; \u00e0 mesure qu\u2019il progresse le long d\u2019une voie \u00e0 d\u00e9fricher, r\u00e9solument intime et dangereuse.<\/p>\n<p>Franck Bouysse pose ici le doute. Il tranche la gorge des certitudes ou les d\u00e9masque simplement. On est loin des univers qu\u2019il a d\u00e9crit dans ses romans pr\u00e9c\u00e9dents, m\u00eame si l\u2019on pourrait en retenir, pour d\u00e9finir <em>Vagabond<\/em>, les mots <em>Myst\u00e8re<\/em>, <em>Ruelles<\/em> et <em>Noire<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Ah oui\u00a0! Depuis le temps que mes amis me disent \u00ab\u00a0Lis Franck Bouysse\u00a0\u00bb. J\u2019ai compris\u2026 je ne vais pas m\u2019arr\u00eater en si bon chemin\u00a0! Quelle plume\u00a0! J\u2019en redemande\u00a0! C\u2019est un bijou\u00a0! Et en plus cela commence par des citations de Toni Morrison et Alain Bashung\u00a0!<\/p>\n<p>Un homme, tout en ombres et nuances de gris et noir, \u00e0 la lisi\u00e8re du r\u00eave et de la r\u00e9alit\u00e9. Un \u00eatre en errance, qui d\u00e9rive lentement vers le pr\u00e9cipice. Au fil des notes de musique, les souvenirs et les images d\u00e9filent. Que per\u00e7oit-il\u00a0? des songes enfuis, des r\u00e9miniscences du pass\u00e9, la vraie vie\u00a0? Et puis est-ce bien le sujet\u00a0?<\/p>\n<p>Des id\u00e9es sombres, une atmosph\u00e8re nocturne, des caf\u00e9s, des bars sombres et enfum\u00e9s, un h\u00f4tel miteux, un village de campagne qui sombre dans l\u2019oubli\u2026 une ambiance en demi-teintes, un clair-obscur permanent, tant autour de l\u2019homme que dans sa t\u00eate\u2026 L\u2019homme et les d\u00e9cors se fondent, la nostalgie monte vers le ciel en notes poignantes qui vous remuent les tripes. On a l\u2019impression d\u2019\u00eatre l\u00e0, de vivre ces moments o\u00f9 la musique tutoie le ciel, o\u00f9 une bulle se forme et o\u00f9 la guitare chante, pleure, g\u00e9mit, crie \u00e0 l\u2019unisson avec les doigts qui font vibrer les cordes. Toutes les cordes vibrent d\u2019ailleurs et les sensibles ne sont pas en reste\u2026<\/p>\n<p>Un roman certes, mais avant tout de la po\u00e9sie \u00e0 l\u2019\u00e9tat brut, un po\u00e8me en musique, des mots magnifiques \u2026 le blues des mots \u2026 le blues dans son essence m\u00eame, qui traduit la tristesse, les maux, les peines, les malheurs pass\u00e9s. Jusqu\u2019\u00e0 Alicia, symbole de sa descente en enfer, qui ira m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 l\u2019entrainer vers le Styx, l&rsquo;un des fleuves et points de passage des Enfers \u2026<\/p>\n<p>C\u2019est le portrait d\u2019un fracass\u00e9 de l\u2019existence, tout en nuances, tout en lueurs, ombres et zones sombres, entre nuit et brouillard, entre r\u00eave \u00e9veill\u00e9 et vapeurs d\u2019alcool, quand la lumi\u00e8re s\u2019estompe pour faire place \u00e0 la p\u00e9nombre, puis \u00e0 l\u2019obscurit\u00e9 qui s\u2019installe sur la ville et sur la vie\u2026<\/p>\n<p>Ce \u00ab\u00a0Vagabond\u00a0\u00bb m\u2019a fait penser \u00e0 un autre musicien, celui d\u2019Antonio Mu\u00f1oz Molina dans son livre \u00ab\u00a0L\u2019Hiver \u00e0 Lisbonne\u00a0\u00bb (<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7038\">voir article sur le blog<\/a>)<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Il avait jou\u00e9 comme un dieu qui aurait perc\u00e9 l\u2019essence de la musique\u00a0; le c\u00f4t\u00e9 intemporel qu\u2019il devait \u00e0 Robert, Django, Sonny et Charley, et tous les autres. Alors les doigts de l\u2019homme se mirent \u00e0 naviguer instantan\u00e9ment sur des fils invisibles, sa m\u00e9moire d\u00e9sarticulant ses phalanges sur Sweet Home Chicago. Quel dieu aurait pu jouer aussi bien que lui\u00a0?<\/p>\n<p>Puis il avait relev\u00e9 les yeux sur le quai apr\u00e8s une vir\u00e9e en pleine mer, entre les vagues et sur les cr\u00eates. Parce qu\u2019il aimait la haute mer et qu\u2019il ne savait jamais o\u00f9 jeter l\u2019ancre et encore moins o\u00f9 s\u2019amarrer.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s quelques m\u00e8tres, il se retourna et vit la t\u00eate de l\u2019homme se balancer d\u2019avant en arri\u00e8re, comme la porte d\u2019un saloon.<\/p>\n<p>Il marcha longtemps, croisant des gens qui lui paraissaient aussi vides que lui, qui cherchaient s\u00fbrement \u00e0 perdre le souvenir du jour.<\/p>\n<p>Il songea \u00e0 la vie qui m\u00e8ne les hommes sur des routes incertaines, parfois lisses, parfois caillouteuses, ou finissant parfois en impasse.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait un autre monde. Il n\u2019y avait rien d\u2019autre \u00e0 retenir que la chose v\u00e9cue, et la chose r\u00eav\u00e9e n\u2019\u00e9tait pas douloureuse et les souvenirs n\u2019\u00e9taient rien de plus que des sensations qui disparaissaient par la seule force de l\u2019instinct de survie. Et le monde devint ce qu\u2019il est, quand les hommes se mirent \u00e0 vivre plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 survivre.<\/p>\n<p>Les cris muets de son enfance \u00e0 lui, qui l\u2019avaient amen\u00e9 \u00e0 fuir bien des fois, parce que la fuite est la seule chose qui reste aux hommes civilis\u00e9s.<\/p>\n<p>Elle avait l\u2019air triste, malgr\u00e9 le luxe qui lui faisait v\u00eatement. Elle avait l\u2019air ailleurs. Elle avait l\u2019air perdue, comme ces \u00eatres qui abdiquent pour d\u2019obscures raisons.<\/p>\n<p>Je pense \u00e0 l\u2019imposant d\u00e9dale dans lequel on se cherche, dans lequel on se perd et duquel on s\u2019\u00e9chappe pour sombrer dans un autre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: n\u00e9 le 5 septembre 1965 \u00e0 Brive-la-Gaillarde, \u00e9crivain fran\u00e7ais, auteur de nombreux romans policiers. 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